Keep calm, and procrastinate

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Les amis, je dois vous faire part d’une effroyable découverte.

Après le Japon, j’ai fait mes adieux à ma douce Corée au matin calme et suis rentrée depuis quelques temps en France déjà. Je prépare petit à petit le grand départ Australien, en m’occupant de moi et de mon compte en banque, histoire de bâtir l’aventure océannienne sur de bonnes bases.
J’aurai tout le temps pour écrire des kilomètres de pavés fourbes et sournois pour mes fidèles lecteurs ! pensai-je. Ben oui, en étant de retour temporairement chez maman, avec rien d’autres à foutre que bosser en pyjama en écoutant la BO de la reine des neiges et mettre les pieds sous la table pour manger, je me disais que j’aurais tout le temps pour écrire.

Et voilà que je croule sous les choses indispensables à faire : lire, dessiner, voyager un peu partout en France, participer à des enregistrements d’émission de télé (ça mériterait un blog…), aller à des concerts et même rencontrer certains d’entre vous (que des belles rencontres !), regarder des séries, jouer à Disney Hidden Worlds et perdre du temps à m’envoyer des vies via mes différents comptes pro et perso pour pas faire chier les autres, convertir ma mère à Game of Thrones, essayer d’apprendre à faire du crochet, abandonner, convaincre ma mère de prendre un chiot, jouer avec ce chiot, ramasser les pipi caca de ce chiot, aller au cinoche, voir des amies, programmer d’autres voyages avant l’Australie pas prévus à la base histoire d’être toujours un peu fauchée quand même, et j’en passe…

Bon je vous rassure, je fais aussi des trucs sérieux et chiants comme de la paperasse, des visites médicales et des avancées sur des projets divers, mais quand même… Ca glande sec.

Mais comment faisais-je pour bloguer une fois tous les 8 jours au Japon quand j’avais trois jobs du lundi au dimanche, dix heures de sport par semaine, et un grand départ à préparer ?
Peut-être que retrouver après tant d’années un peu de liberté m’a rendue boulimique de loisirs ?

Mais j’ai finalement une théorie nettement plus crédible.
Je crois que la maison de ma mère est maléfique. C’est une envoyée du Malin pour lutter contre ma productivité. Elle a manifestement placé divers vortex temporels aux quatre coins de la maison, et c’est pour ça que je me retrouve à regarder des vidéos des Tuto de Camille quand j’étais censée commencer à écrire.
Je ne vois pas d’autre explication, et me voilà fort bien démunie. Que faire face à une telle force surnaturelle de la glande ?

Bref, ce petit billet est un bien piètre mot d’excuse, car je suis complètement dans les choux, aussi bien dans les délais d’écriture, que dans mes réponses à vos emails/commentaires. Mais c’est en court, ça va venir.
Comme le savent les vieux de la vieille, avec moi tout vient à point à qui sait désespérer que ça vienne un jour.

Si ça peut vous rassurer, je pense quand même à vous et j’ai commencé tout à l’heure le post tant attendu sur le mariage, donc si ma maison est clémente, elle me laissera peut-être le finir et le mettre en ligne d’ici quelques jours.
Et la surprise dont je vous parle depuis juillet l’an dernier (et que tout le monde a oublié, à force) est toujours en cours, même si je m’arrache les cheveux dessus car je me suis un peu surestimée.
Mais même si je doute, je me dois de vous rappeler qu’elle va venir, rien que pour me forcer à aller au bout.

Voilà, je suis toujours là, même au ralenti.

Les beaux jours reviennent (les bestioles aussi…), profitez et prenez le temps de prendre soin de vous. Ne serait-ce qu’une journée, une heure ou une minute.
Un moment rien qu’à vous, sans pollution externe, sans nuisible. Le petit instant égoïste dont on a tous besoin.
Le temps d’une ballade, d’un film, d’un spa, d’une chanson écoutée les yeux fermés, d’un dessin, d’une profonde expiration ou d’un mars, et ça repart.
Parce que des fois, ça fait aussi du bien de prendre son temps.

Et après ce petit moment chacun pour soi, on se donne rendez-vous ici (quand même pas dans dix ans, n’en déplaise à Patrick), même blog, même URL, pour de nouvelles aventures pleines de mauvaise foi et de gags ras des pâquerettes.

Sur ce, je vais terminer cette petite parenthèse avec vous et aller de ce pas terminer de lire Peter Pan, assise nonchalamment au soleil dans mon jardin.

Ma maison est  machiavélique.

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Au pays des zizis

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Chers amis, je vous ai fait voter via la page Facebook pour le prochain sujet d’article que vous souhaitiez voir publié. Et vous avez voté pour l’intitulé le plus mystérieux de tous : ma visite la plus WTF de Corée !
Et attention, c’est du lourd.
Voici le reportage en exclusivité de ma passionnante visite en une belle matinée ensoleillée de novembre, au beau milieu des montagnes de Gyeongju.
Gyeongju que je vous avais déjà présenté lors de mon premier voyage en Corée ici. Ancienne capitale coréenne, ville historique aux nombreux trésors nationaux, région touristique à ne manquer sous aucun prétexte, châteaux, temples, tombes royales, et Histoire à foison.
Mais pas que, Alors accrochez-vous bien à votre slip.

Tout d’abord, je m’adresse à toi petit chenapan, qui me lit en douce depuis le bureau au lieu de bosser (glandu !), depuis l’amphi du cours de linguistique pour te tenir éveillé, ou même à toi, jeune innocent, qui lit sagement dans les transports en commun pour passer le temps : éteins vite cet écran que je ne saurais voir avant de te retrouver emmerdé avec des photos de zizis arc-en-ciel plein ton écran et te taper l’affiche de ta vie. D’ailleurs, si tu n’es pas majeur, va-t’en vite de là faire tes devoirs avant de me mettre le CSA, la CNIL, Interpol et le FBI au cul.

Oui, j’ai visité l’épique parc à thème «Love Castle Sex Museum ».
Donc blague à part, les photos qui vont suivre seront pour certaines très explicites, alors si tu es trop jeune/pas très à l’aise avec ça, ce post n’est pas pour toi. Mais si tu veux, j’ai aussi des articles tout public sur Sailor Moon, y’en a pour tout le monde, je suis pas contrariante.

Alors les grands fana de Corée du Sud qui me suivent en auront très certainement déjà  entendu parler, mais mon lectorat reste quand même principalement des amoureux du Japon et des proches qui n’en ont rien à cirer mais me lisent pour pas me vexer (je suis un terrible bourreau en privé),  donc je ne peux pas ne pas faire le récit de cette visite mémorable.
Et peut-être n’est-ce pas celui-là dont vous avez entendu parler : en effet, il en existe deux dont le plus connu « Love Island » est situé sur l’île de Jeju (ansi qu’un troisième encore un peu différent : Penis Park… qui rien que par son nom semble absolument fantastique).

Et là vous vous dites « Quoi, un pays aussi conservateur que la Corée a au moins trois parcs à thème sur les zézettes et les quéquettes ? ».
Hé bien oui, c’est d’ailleurs en partie à cause de cet esprit conservateur que ces fabuleux parcs ont vu le jour.
Et c’est à ce moment-là que je vous en mets plein la vue avec ma science : après la guerre de Corée (bon elle n’est pas encore finie certes, arrêtez de chipoter et écoutez le Père Castor), l’île de Jeju au sud du pays, paradisiaque de surcroit, est devenue une des destinations les plus prisées pour les jeunes mariés coréens en pleine lune de miel.
Mais la plupart des couples étant des mariages arrangés (donc se connaissant à peine), et avec absolument aucune éducation sechuelle, les voilà bien emmerdés le soir venu, et ne sachant pas toujours quoi faire.

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Hé ne rigolez pas les mecs, je vous rappelle que toute la jeunesse occidentale a rêvé sur Bella et Edward qui, quand même, ont commencé leur lune de miel en se regardant en chiens de faïence et en JOUANT AUX ECHECS  ! Après une plombe de chasteté à se regarder dormir comme des gros psychopathes, ils sont en pleine lune de miel et… sortent l’échiquier. Ils ont dû louper un chapitre du cours de biologie eux aussi, c’est pas possible. Comme quoi, même en Occident on peut avoir un petit coréen inexpérimenté qui sommeille en nous alors ne vous moquez pas.
Bref, le phénomène est tel qu’on découvre à la fin des années 80, que l’île est devenue une sorte de centre d’éducation sexuelle : il n’est pas rare que les employés des hôtels soient sollicités pour donner des conseils, briser la glace voire expliquer la chose (et peut-être même participer oui, mais arrêtez d’imaginer n’importe quoi bande de gros dégueulasses ! On parle de mariage et de romantisme là, pas d’un film de Marc Dorcel ! Raah, vous me dépitez).
Au point que, certains hôtels ont fini par proposer des programmes d’éducation sexuelle aux nouveaux mariés pour leur apprendre que comme le Père-Noël et la petite souris, les roses et les choux n’étaient qu’une vaste traîtrise de plus de ces fourbes d’adultes.
Alors arrivé au 21ème siècle, il semble qu’on ait décidé de dire adieu (en partie) au Moyen-Âge, et en 2004 a été ouvert le parc de Jeju (interdit au moins de 18 ans) composé de nombreuses œuvres d’arts érotiques (crées en 2002 par les étudiants de l’université Hongik à Séoul), exposition d’objets historiques et explications éducatives et j’en passe et des meilleures.
De son côté, a ouvert également un parc à Gyeongju, autre région extrêmement touristique du pays et populaire pour les couples en voyages, sur le même esprit.

Enfin je vous rassure quand même, même si on parle rarement librement de sexe et que les films pornos sont officiellement interdits (pas comme au Japon où on te vend ton magazine hard à côté des yaourts dans les combini…) les Coréens n’ont pas attendu la visite de ces parcs pour se décoincer et connaître bibliquement tout ce qui bouge si le cœur leur en dit : Internet a largement décoincé la chose. Au point qu’on peu atteindre d’autres extrêmes : quand j’étais en Corée cet automne, gros scandale sur un fait divers où deux écoliers du primaire avaient été pris en flagrant délit de galipettes après s’être rencontrés sur Kakao Talk et décidé de faire comme les grands… Splendide.

Bref, l’avion pour Jeju étant trop coûteux (puis novembre n’ est pas la période la plus agréable pour visiter l’île), j’ai renoncé et me suis donc contenté du parc de Gyeongju, qui vaut déjà son pesant de cacahuètes. Un pur moment Nutella.

Point Visite

Bon alors déjà, autant vous dire qu’on en chie un minimum pour trouver ce foutu Love Castle. Je ne sais pas si un tel lieu dans une ville historique n’est pas vraiment assumé, mais il n’est pas toujours indiqué sur les cartes touristiques, et il n’y a quasiment aucune indication en anglais sur comment s’y rendre (tout est en coréen sur le site).
Heureusement, je l’avais aperçu par hasard de mon bus en allant visiter autre chose et en cherchant on peut trouver quelques blogs de touriste anglophones, mais on ne peut pas dire que la ville offre énormément de visibilité à son parc caché au milieu de rien dans les montagnes…

D’extérieur, l’endroit semble charmant.

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Une fois entrés, on est tout de suite accueilli par les CHARMANTES mascottes du parc, Ppussy et Cockssy,  qui nous guideront nos pas durant la visite :

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D’ailleurs, pour être sûrs qu’on ne se perde pas au milieu des zizi géants si on ne lit pas le coréen, notre chemin est savamment fléché tout en images…

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Le parc est divisé en différentes parties : le jardin extérieur composés principalement de statues et œuvres d’arts diverses, une partie musée historique autour du sexe dans divers pays (où on retrouve les peinture pornographique Ukiyo-e japonaises ou encore les vitrines rouges d’Amsterdam), une partie éducation/représentation sexuelle et enfin un magasin/exposition vendant divers objets que je vous laisse imaginer, bande de coquins.
Les parties historiques et culturelles sont intéressantes, mais gros point négatif : tout n’est pas traduit en anglais… Du coup, quand on a un peu séché les révisions de coréen, on passe à côté de la moitié des explications et c’est dommage.

Dans le jardin, on trouvera aussi plusieurs aires de repos, mais attention, on reste dans le thème nan mais oh !

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Le parc se visite en une bonne heure, voire plus si on prend le temps de regarder toutes les vidéos, faire des photos (il existe de nombreuses statues faites spécialement pour prendre des photos cocasses…), et se poser sur un banc phallique au soleil pour admirer le merveilleux jardin de verges multicolores qui s’offre à nous, digne d’un magnifique wonderland créé sous poppers.

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Point Education

Bon alors je vous ai fait toute une tartine sur le pourquoi du comment de tels parcs à thème plus haut, soit éduquer nos pauvres jeunes mariés coréens qui croyaient que ce qu’ils avaient en bas ne servaient qu’à pisser un bol.
Alors, je sais bien que vous, chers lecteurs avides de science, de culture et de savoir, vous brûlez de savoir si oui ou non, on apprend des choses dans ce parc, si le visiter vous donnera toutes les clés pour réussir sa nuit de noce !
Alors oui, mais en bonne rabat-joie, j’y mettrai quelques petits bémols quand même, parce que râler est un petit peu ma raison de vivre dans la vie.

Tout d’abord, j’ai noté dans les diverses représentation un léger problème au niveau des proportions…

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Ah non mais pensez bien que moi ça m’inquiète hein ! Pauvre petits couples ignorants… Déjà de un, monsieur risque d’angoisser à mort en ne se pensant pas aux normes, mais en plus madame, soit elle risque de flipper jusqu’au moment fatidique de se retrouver face au monstre du Loch Ness, soit elle risque d’être déçue et se sentir flouée sur la marchandise. D’autant plus que sans faire la mauvaise langue, nos amis Coréens sont un peu en bas du classement en ce qui concerne la moyenne mondiale. Alors on comprend la frustration, mais le mensonge paie rarement et ces représentations sont loin d’être honnêtes !

Ensuite, je veux bien qu’on donne des idées pour ne pas s’ennuyer, mais pour une approche pour débutants, j’ai trouvé les exercices proposés un chouya difficiles quand même…

PHOTO-13Sans les mains et en portant des lotus ! Youhou, trop facile,  les doigts dans le nez !

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Avouez que c’est un peu comme si on donnait un sujet de math sup à quelqu’un qui vient à peine de retenir ses tables de multiplications. J’espère que je ne me fourvoie pas sur les positions de bases du commun des mortels, sinon malheureusement moi et ma souplesse de parvis d’église, on a plus qu’à déclarer forfait et s’inventer pro-chasteté.

Aussi, le parc vous apprend ce qu’est la beauté féminine, je vous laisse en découvrir le secret en lisant la légende de la statue…

PHOTO-18(Traduction pour les myopes : « Plastic surgery beauty »)

Enfin, je trouve que leur technique pour maîtriser le french-kiss joue-à-joue est quand même pas bien pratique, c’est tout de même un peu plus facile l’un en face de l’autre…

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Où alors, c’est une technique secrète pour permettre à certains relous de continuer à suivre le film quand ils viennent se bécoter au cinoche.

Pour compléter l’apprentissage, il y a également une salle vidéo diffusant des vidéos d’animaux en train de s’accoupler… mais bon au pire, il y a toujours les reportages animaliers sur arte.

Ceci dit, je ronchonne, je ronchonne, mais j’aurai quand même appris  quelque chose, soit à quoi ressemblait une ceinture de chasteté masculine (ma culture en la matière s’arrêtait à la version féminine de sacré robin des bois…) :

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Point Artistique

Bon écoutez, je n’ai jamais été très sensible à l’art contemporain, donc je vais me passer de tout commentaire et juste vous laissez apprécier ( ? ) l’art et la création dans toute sa splendeur :

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Même si je dois avouer que, le cadre aidant ou pas, j’ai quand même trouvé un peu de poésie dans quelques unes :

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Point culturel

Trêve de galéjades et de moqueries gratuites, n’oublions pas que nous sommes là pour nous cultiver non d’un chien ! Bon malheureusement, faute de traduction en anglais je suis passée à côté de pas mal d’explications, mais j’ai trouvé le peu qu’il y avait assez intéressant.

Notamment, la découverte du « Chunhwa byeoljeon » (à tes souhaits).Une antique pièce de monnaie érotique coréenne, utilisée comme talisman pour la santé et la fertilité de la personne en possédant. Sur la pièce était gravées quatres positions sexuelles et on en offrait généralement une comme à sa fille en guise de cadeau de mariage pour lui apprendre comment faire (hé oui, à l’époque pas parc à thème, que voulez-vous).
Byeoljeon signifie « pièce spéciale » et évidemment n’était pas utilisée comme monnaie, bien qu’elle soit fabriquée dans un métal précieux.

PHOTO-27A l’époque, pas besoin de s’emmerder avec un parc à thème, ça tenait dans la poche.

Enfin, j’ai aussi découvert entre autre que le célèbre Ukiyo-e érotique japonais avait son équivalent en Corée, le Chunwha (littéralement « Images du Printemps). Soit des peintures populaires représentant des scènes de sexe très réalistes et exprimant la décadence de la fin de l’ère de la Dynastie Chosun.

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Point WTF

Bon, je suppose que vous avez vu assez de choses étonnantes, mais il y en a quand même encore deux trois qui laissent sans voix et font se poser des questions sur l’inconscient de son auteur…

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Adieu enfance… Celui qui a créé la dernière est un monstre. Qu’il soit pendu haut et court.

Et enfin pour la fin… alors que je me promenais tranquillement dans le parc désert (j’y suis allée un matin en semaine), j’arrive dans un côté du jardin très joliment fleuri, avec une jolie vue en hauteur et décide de me poser quelques minutes sur un siège extérieur pour profiter du beau temps et du joli paysage.
A peine je pose mes augustes fesses sur le siège qu’une voix tonitruante vient faire trembler le calme du jardin en déblatérant un charabia coréen incompréhensible suivi d’un bruit de karsher.
Sous l’effet de la surprise, je me relève en sursaut et en criant, misérablement hystérique. Je me retourne du côté où venait la voix et me trouve nez à nez avec mon interlocuteur :

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La trouille de ma vie, le personnel du parc était mort de rire.
Bref, si vous y allez, ne posez pas vos fesses n’importe où, les conséquences sont considérables.

Le parc ne contient pas seulement des statues aussi étranges que kitch, la sortie se termine sur une note beaucoup plus romantique avec des mots laissés par les couples passés par là :

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Enfin un peu d’amour dans ce monde de brutes !

En gros, une visite assez rigolote à faire si vous avez un peu de second degré et que le sexe ne vous met pas trop mal à l’aise, parce que c’est quand même un peu la foire au phallus. Jai eu peu remercié le bon Dieu qu’il y ait personne, car certaines choses laissaient perplexes et j’étais toute honteuse là au milieu…
Sortie à faire plutôt à plusieurs que tout seul pour le fun (bon, on fait comme on peut), ne serait-ce que pour prendre des photos aux endroits proposés qui peuvent être bien marrant et l’occasion de se faire des souvenirs un peu décalés.
Il y aurait encore eu beaucoup de choses à vous montrer et vous dire, mais quand même, je vous laisse de quoi découvrir si jamais vous y allez un jour.

Accès

Comme peu d’informations circulent en anglais et encore moins en français sur comment se rendre à ce merveilleux endroit, voici quelques infos utiles pour ceux qui préparent un voyage en Corée et seraient tenté de faire ce parc si de passage à Gyeongju :

Pour ma part comme j’ai tout fait mes déplacements en bus (relativement court – petit pays – et très bon marché), je suis arrivée au « Gyeongju Express Bus Terminal ».
Juste à côté se trouve l’  « Intercity Bus terminal » ou  s’arrête la plupart des bus (tous ?) de la ville.
Prenez le bus ligne 10 ou ligne 11 et descendez à l’arrêt  하동점마을 (Ha-dong-jeom ma-eul).
Malheureusement, il n’y a rien qui indique dans le bus le nom de la station (ni en anglais ni en coréen), mais vous pouvez l’indiquer au chauffeur qui vous fera signe, ou encore juste avant d’arriver,  si on écoute la voix qui annonce la prochaine station, on peut entendre au milieu en anglais « Love Castle ». Donc si vous êtes attentifs, vous devriez savoir quand descendre.
Comptez 1500 wons en bus (ou environ 17 000 wons en taxi si le bus vous fait peur).
Une place : 11000 wons.

Voilà, maintenant vous connaissez the-place-to-be pour votre lune de miel et être au taquet des connaissances dans le domaine.
Non, ne me remerciez pas.

La Corée du Sud de vos rêves

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Ah, la Corée du Sud. Ses cosmétiques qui transforment votre visage à s’y méprendre avec une calculatrice en véritable peau de bébé, ses palais et ses sites historiques à couper le souffle, sa nourriture goûteuse et bon marché, sa haute technologie, son verglas super traître, ses plages et ses gens très beaux mais pas toujours de naissance.
Cette nouvelle destination prisée des Français (pour ne pas dire jeunes françaises… les coquines), ce pays petit mais costaud qui résiste à l’envahisseur et charme de plus en plus les Occidentaux…

Ne rêvez-pas trop. Comme l’odeur des salarymen au Japon ou M. Pokora chez nous, la Corée du Sud a bien évidemment son envers du décor. Sa tare que l’on préfère taire. Son point noir sur le bout du nez.
Et bien entendu, en bonne briseuse de rêve, je m’en vais vous attrister un peu.
Je vous avais promis il y a un déjà un bon moment – j’ai un véritable emploi du temps de ministre de la flemme, que voulez-vous – un spin-off d’un de mes posts les plus populaires sur le Japon. Avec ce titre, vous comprenez qu’il ne s’agit que du fort traumatisant Le Japon de vos rêves.
Je vous rassure, je ne vais pas vous pondre dix nouvelles pages sur les cafards coréens accros au botox.
Pourtant, j’avoue avoir pris l’avion pour la Corée du Sud pleine de méfiance : on m’avait bien prévenue que le pays n’était pas épargné de l’envahisseur immortel aux grandes antennes.
J’avais espéré que, le pays étant très froid en hiver, l’été serait plus clément qu’au Japon et nous épargnerait ces horreurs luisantes. Mais non, le monde est sans pitié et on m’avait rabrouée d’un « mais bien sûr qu’il y a beaucoup de cafards en Corée, ma grand-mère les écrase à main nue ! ».
Charmant.
Rappelle-moi de ne pas serrer la main de ta grand-mère si tu me la présentes, merci.

Avec cette information fracassante, on avait détourné mon attention du véritable mal coréen. Je préparais mon petit cœur à de nouvelles aventures odieuses, à des matins calmes troublés par des chuintements de sacs et autres bruits suspects dans les murs comme dans ce bon vieux Japon.
Ainsi, on ne m’avait pas prévenue que la menace était ailleurs, bien plus fourbe encore.

J’avais pourtant eu des signes qui auraient dû me mettre la puce à l’oreille.
La Corée me riait au nez quand j’avouais ma phobie inconditionnelle des cafards et l’horreur de mes étés, trouvant cette peur cocasse quand il y avait en fait bien pire que ces petites bêtes insignifiantes.
Pire ?
Non, sincèrement j’en doute.

J’aurais également dû me méfier quand je voyais l’Autochtone braver fièrement une énorme blatte dans une chambre tandis que je me terrais courageusement dans une autre en pleurant sous la couette ; alors que cette même personne pouvait me taper un flan frisant la crise d’hystérie au moindre « Bzz » suspect dans l’appartement :
« Putain, rallume-tout et sors les spray ! Je ne dors pas tant que cette ordure est encore vivant ! Je préfère cohabiter avec mille cafards gros comme le doigt plutôt qu’avec une saloperie de moustique ! »
Que… quoi ?
C’est ça, ta terreur de Corée ? Un petit moustous de pacotille ? Attend, même MOI j’ai pas peur !
Mon compère me raconte alors, le regard fiévreux et les mains tremblantes, les nuits de gardes ainsi que les treks en forêt pendant le service militaire coréen, où les moustiques impitoyables les pompaient jusqu’à ce qu’ils ne ressemblent tous qu’à un énorme bouton de moustique ambulant.

Bonne âme, je compati et conclus à un traumatisme de l’armée.
Puis oublie cette malheureuse histoire, toute à mon angoisse d’affronter la version coréenne du cafard.
Aura-t’il des pouvoirs surnaturels lui aussi ?

Mais je dois l’avouer sans aucune déception, je n’en ai pas vu la couleur une seule fois en territoire de Corée, que ce soit en intérieur ou en extérieur. Ni lors de mon premier voyage en juillet, ni en octobre après avoir quitté le Japon.
Bon, comme le montre la photo ci-dessous, j’ai tout de même eu un petit comité d’accueil dès le premier jour dont je me serais bien passée, qui m’a bien fait comprendre que la taille des bestiaux locaux n’avait rien à envier à celle de ceux du pays voisin, et restais donc sur mes gardes.

insectecoreen(Enfoiré va.)

Buffet à volonté sur ma gueule

Malgré mon horrible naïveté et mon entêtement à ne pas vouloir me rendre à l’évidence (ne serait-ce que les rayons entiers à l’avant des supermarchés coréens proposant mille et une manières d’organiser un génocide de moustiques en famille), je n’ai pas mis bien longtemps à réaliser l’ampleur du problème et m’excuser platement auprès de mon compagnon d’aventures.
Oui, le moustique coréen est une véritable plaie biblique.
Quelques nuits seulement au pays du kimchi, et je ressemblais à un clafouti aux cerises.

Et pourtant, on a tenu à faire les choses bien. La première obsession en arrivant, a été d’installer une moustiquaire, colmater les trous potentiels vers l’extérieur, acheter un stock de sprays à tous les parfums et scotcher le dessous de la porte d’entrée, car les petits sournois ailés passent par en dessous de la porte.
Au début on est naïf, on croit que c’est assez pour faire reculer Edward Cullen et sa bande, et on se permet de dormir en petit short et sans couverture.
Mais quand on se réveille le lendemain avec 3L de sang en moins, en train de se frotter le dos compulsivement contre les murs pour calmer les démangeaisons, on comprend très vite qu’il faudra se montrer bien meilleur stratège pour avoir la paix.

Il faut savoir que l’enfoiré est partout, vorace et en plus, il attaque en bande. Oui, il n’a pas les cojones ne venir nous affronter seul, et invite toute la famille au banquet qui aura lieu sur ta gueule. Si j’ai une tendance à l’exagération (si peu), notez bien que la phrase suivante est cent pour cent véridique : on pouvait défoncer jusqu’à TRENTE putain de moustiques par soir et se réveiller malgré tout avec des piqûres supplémentaires le lendemain.
Pendant que vous passiez vos soirées d’été indien bien tranquilles devant une bonne série ou à la terrasse d’un bar branché, moi j’étais en combinaison de ski, œil hagard et cheveux hirsutes, tapette à la main, à fixer obsessionnellement les murs et les points lumineux, prête à attaquer pour défoncer ces petits salopards briseurs de vies.

Très vite, la chasse au moustique régit votre vie du soir au matin.
Le quotidien devient un vaste n’importe quoi. Vous ne vous étonnez plus de voir votre compagnon se mettre des grosses baffes dans la tronche sans raison et acceptez avec abnégation quand c’est à vous qu’il en met une.

slap(Selon les chercheurs de sonyan.fr, 80% des cas de violences conjugales en Corée auraient pour origine la chasse aux moustiques.) 

Vous passez votre temps à nettoyer les murs qui se transforment de plus en plus en un monument aux morts. Le Père Lachaise du moustique. Le Verdun de Microcosmos.
Lorsque vous sortez ou recevez de la visite, vous carrez la politesse bien au fond du derrière de vos amis en leur refermant la porte d’entrée sur le minois s’ils ne se dépêchent pas : l’ouvrir plus d’un quart de seconde est synonyme d’invasion. Je ne plaisante pas, il y avait régulièrement trois quatre moustiques posés sagement sur la porte d’entrée, attendant patiemment qu’elle s’ouvre pour s’engouffrer sans invitation à l’intérieur de l’appartement.

Mais pourquoi attendent-ils sur VOTRE porte d’entrée ? La psychose du moustique intelligent prend petit à petit forme dans votre esprit malade.

Vos conversations sont constamment entrecoupées car votre interlocuteur a cru voir un suceur de sang dans un rayon d’un mètre et ne vous écoute plus. Vous vous retrouvez à mettre de grandes claques un peu partout autour de vous au hasard pour faire sa fête au gêneur, vous êtes ridicules à brasser de l’air chacun de votre côté et tout ça, sans manquer de vous faire piquer quand même au passage.
L’avantage étant toutefois que cet exercice quotidien vous dispense du cours d’aérobic.
Il n’y a pas de petites économies.

Les offices de tourisme oublient souvent de vous en parler, mais grâce aux moustiques coréens, vous découvrirez les joies de l’insomnie forcée. En Corée, c’est un peu le Ramadan du sommeil tous les jours.
Malgré votre génocide quotidien avant de rejoindre Morphée, pour une raison à la limite de l’ésotérisme, il y aura toujours une poignée inexplicable de survivants qui viendront bourdonner à votre oreille une fois l’œil clos, enroulé comme un maki dans votre couette épaisse alors qu’il fait 25 degrés.
Lorsque le « BzzzZZZZzz » narquois viendra vous narguer les tympans, vous saurez alors que vous avez perdu une nouvelle fois la bataille. L’enfoiré est encore venu en surnombre, cachant son élite de guerriers bien au chaud derrière la machine à laver pendant que vous vous excitiez sur ses petits soldats insignifiants de première ligne. L’ennemi est trop fort pour vous, vous le savez. Vous ravalerez alors vos larmes, boucherez vos oreilles et espérerez être endormie avant que les démangeaisons ne commencent.
Seulement bien souvent, celles-ci vous réveillent.
La plupart du temps, les piqûres de mes impitoyables agresseurs n’étaient pas effectives bien longtemps : au bout de deux jours, le bouton était devenu minuscule et ne me grattait presque plus.
Mais c’est les premières heures qu’elles sont le plus terribles. La peau enfle en un horrible bouton blanc et la démangeaison est à la limite de la brûlure, douloureuse et insupportable.
Chaque nuit, je me réveille en train de m’enfoncer les ongles dans la jambe, provoquant le soulagement et augmentant la sensation de brûlure à la fois. Grattant de toute votre âme, vous virez psychopathe en imaginant le soulagement intense que ce serait si vous vous écorchiez vif vous-même.
Vous luttez de toute votre âme pour ne plus vous gratter et essayer de vous endormir, recroquevillé sur vous-même sous la couette étouffante et vous réveillerez le corps meurtri de courbatures le lendemain.

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Humide, la salle de bain est bien évidemment envahie.
Chaque jour, je comptais une dizaine de petits Dracula aux aguets au moment de la douche. Pensez-vous ! De la bonne chair fraîche à nue dont le propriétaire a encore la gueule dans le cul de ne rien avoir dormi la veille, la belle aubaine !
Vous inonderez donc chaque jour votre salle de bain, passant bien plus de temps à bombarder chaque recoin de la pièce au rythme des déplacements de l’agresseur avec votre bazooka d’eau bouillante improvisé, qu’à vous décrasser.
Sans parler de toute la délicatesse avec laquelle vous devrez vous laver pour ne pas réveiller les démangeaisons : se savonner devient la traversée d’un terrain miné.

Si le moustique n’inspire pas la même terreur qu’un bon gros cafard bien noir des familles, force est de constater que la fourberie de cette petite merde est sans égal. Il vous pourrit la vie petit à petit, sur tous les terrains, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Très vite, je comprends le côté obsessionnel de mon compère qui prenait bien soin de défoncer le moindre petit moustique au Japon.
(Notez que le moustique japinois est aussi un vorace, mais beaucoup moins agressif en intérieur que le coréen).
Très vite, je ne supporte plus ces petits parasites qui me foutent les nerfs à vif autant que la peau. Je ne fais plus aucune nuit complète, je m’épuise à faire du kung-fu dans le vent du soir au matin contre un ennemi quasiment invisible. J’en pleurerais de voir mon quotidien pourri par d’aussi petites choses.
Comme dirait l’autre, « C’est pas la petite bête qui va manger la grosse ».
EH BIEN SI FIGUREZ VOUS.

Crucifix, ail et pieux dans le cœur

Comme pour les cafards, il va de soi que je ne vais pas vous laisser dans le désarroi le plus total, après vous avoir coupé toute envie de prendre un billet d’avion pour le pays du matin presque calme s’il n’était pas troublé par la mafia Mosquito.
Après quelques semaines d’enfer, j’ai bien entendu décidé que je n’allais pas me laisser réduire à néant par ces petits suceurs de sang sans pitié.
Etape numéro 1 : connaître son ennemi.
Me voilà donc à appeler mon meilleur ami Google pour cerner l’adversaire et adapter ma stratégie de défense.
Je me dis que j’ai été bien bête de ne pas prendre plus au sérieux les mises en garde avant de venir : un pays chaud en été, humide et aussi couvert de forêts et de montagnes que la Corée n’est qu’un vaste Eldorado pour cet enfoiré.
J’apprends au passage via cet article d’Aujourd’hui la Corée, qu’il est officiellement considéré comme l’ennemi numéro 1 de Séoul.
Je comprends très vite que toute cette mascarade avec la Corée du Nord n’est que faribole, comptine pour nous endormir et nous cacher que la seule menace imminente dans le coin, c’est les moustiques.
Pareil pour l’armée. Je décrypte très vite les récits d’anciens soldats, et réalise que toutes ces randonnées de reconnaissance de terrain et tour de garde n’ont pour autre but que de débusquer les nids. Le service militaire coréen n’a été instauré que pour préserver la population de ces parasites et lutter contre l’envahisseur avant que les gens ne s’immolent par le feu pour mettre fin aux démangeaisons.

soldier

Oui mesdames et messieurs, la guerre de Corée n’est qu’un vague prétexte monté de toute pièce pour nous cacher la vérité, si la Corée du Sud est un des pays les plus militarisé au monde, c’est pour lutter contre ces goules miniatures.
A moins que ces foutus moustiques ne soient en fait envoyés par Pyongyang. Ca se tiendrait aussi…
Raah, je ne sais plus où est la vérité.
Fiévreuse – le paludisme aurait-il finit par m’atteindre et me fait délirer ? – je continuer de cliquer de lien en lien au fil de mes découvertes fracassantes, et me rend compte par-dessus le marché qu’évidemment – sinon ce serait trop facile – certains moustiques coréens sont également porteurs de maladie et qu’il faut s’en méfier comme le conseille gentiment nos ambassades et autres vétérans présents sur les sites de voyages.
Si je me plains, je me rends compte que comparés à quelques touristes qui témoignent sur leur blog, je ne suis pas celle qui a le plus souffert des dons du sangs forcés par l’oppresseur : clique si tu l’oses.

Désemparée, je cherche toute les solutions possibles pour retrouver une vie normale, une vie où la population ne semblerait pas être sous l’emprise d’une épidémie passagère de la Tourette, se frappant elle-même sans raison à grands cri ressemblant vaguement à une traduction littérale en coréen de « CREVE ENCULE ! ».
Je ne tarde pas à investir dans toutes les merdes sur le marché : bougies et divers objets dont l’odeur est censée repousser les moustiques (peut être efficaces mais franchement pas suffisant).
J’achète aussi l’arme que doit posséder tout bon coréen qui se respecte (et qui semble être également produite en France depuis quelques temps) : la raquette électrique.

lionheart(La Lion Heart du moustous hunting)

Parfait pour le petit névrosé des insectes que vous êtes : vous n’avez ni à toucher la bête, ni à nettoyer la trace de son trépas sur vos quatre murs. La petite explosion que provoquera l’électrocution de l’enflure sur votre raquette vous ravira les oreilles, et vous n’hésiterez pas non plus à foutre un petit coup de jus gratuit à votre compagnon de galère pour vous venger des baffes prises malencontreusement les semaines d’avant.
Enfin, autre petit accessoire qui m’a changé royalement la vie, offert gracieusement par un proche coréen sensible à ma détresse et à qui je vaudrai une reconnaissance éternelle : la tente moustiquaire.

bunker(Îlot de survie)

Ok, votre chambre ressemble alors à un camping et vous ne pouvez plus sauter sur le lit en vous trémoussant sur Big Bang, mais ENFIN, vous faites des nuits complètes.
Vous avez alors une pensée émue en pensant comprendre pour la première fois les mamans dont le bébé fait sa première nuit.

Bien entendu, ne croyez pas que le moustique abandonnera la partie si rapidement, il sera toujours à l’affut quand vous entrerez ou sortirez de la tente pour s’y faufiler (j’ai dû compter quelques nuits de batailles à nouveau perdue, je l’avoue), mais en prenant bien soin de surveiller les entrées dans votre petit dôme, vous devriez être capable de retrouver un minimum de sérénité. Cette zone de 2m² sera l’Eden de votre appartement et vous y réfléchirez à deux fois avant d’en sortir.

Après, nous sommes en Corée du Sud, pays de l’innovation, de la technologie et du smartphone, il va donc de soi qu’ils ont réfléchis à tout. En effet, depuis 2004, les coréens ont inventé les sonneries de portables ayant un son qui éloigne les moustiques comme indiqué dans cet article. J’avoue ne pas avoir cherché, mais je suppose qu’en dix ans, les techniques pour se protéger de cette vermine avec son dernier Samsung Galaxy ne doivent pas manquer.
Mais notez que si la Corée du Sud essaie de faire profil bas en tentant de trouver des moyens écologiques pour lutter contre ces suppôts de Satan, elle use aussi de méthodes beaucoup moins soft et super sympa pour les poumons de tout le monde, notamment le camion tueur de moustiques, qui passe gazer les rues d’un mélange de kérosène et différents pesticides. Petit exemple en vidéo (si le nom de l’entreprise est marqué en kanji, la scène se passe bien en Corée du Sud), où l’ont peut constater que le camion a un double avantage, il ne se contente pas de gazer les insectes, mais aussi tous les mioches du voisinage par la même occasion. D’une pierre, deux coups.

 

Et voici au passage deux trois blogs sympas de victimes que j’ai trouvé lors de mes clics, comme « Korean Bloodsuckers » ou encore la petite BD de « Dear Korea« .

Enfin, comme j’ai pas mal bougé en Corée et testé plusieurs appartements, j’ai pu constater que la vie était nettement vivable en hauteur que dans les premiers étages. En effet, le moustique est vaillant mais flemmard et ne se fatigue pas à voler trop haut quand même. Aussi, j’ai été nettement plus tranquille à Ulsan où je dormais dans un appartement au dixième étage qu’ailleurs.

Notez enfin que le moustous coréen est nettement plus résistant au froid que chez nous, et que l’invasion a perduré (du moins dans le sud du pays) jusqu’à mi-décembre. La trêve a en effet commencé entre le 10 et 15 décembre dans le sud du pays, sûrement un peu plus tôt du côté de Séoul.
Mais jusqu’à quand… ?

Quand je pense à l’horreur des périodes estivales au Japon et en Corée du Sud, l’effroi s’empare de moi et je suis prise de sueurs froides. Quelles horreurs vais-je vous raconter le jour où je serai en mesure de vous écrire « L’Australie de vos rêves »…
Arg.

Perles, Acte II : Japonais, Coréens, même combat

Je vous avais promis un petit pavé spin-off de mes aventures au Japon version Corée du Sud, mais le temps manque à la pavification en cette fin d’année riche en aventures et en déplacements divers.
Je vous propose donc en attendant, un autre petit post en suite à celui-là, article léger pour digérer la bûche et le foie gras : les perles !

Et au cours des derniers mois, s’il y a bien quelque chose que j’ai compris, c’est que les Japonais n’ont pas le monopole de la connerie. Attention les mirettes neuronnes.

Spécial voyageurs :

Team Japon

« Non je n’ai jamais voyagé en dehors du Japon, ni pris l’avion. Même pour un vol national, pour aller à Osaka j’ai dû prendre le train car j’ai même pas de passeport ».
Moi aussi un coup, j’ai voulu faire Paris – Marseille mais j’ai renoncé. J’ai oublié de faire un visa et mes vaccins n’étaient pas à jour.

Team Corée

« Mais le Brésil, c’est en Afrique ? »
Oui, juste en dessous de la Norvège.

Spécial gastronomes :

Team Japon

Je fais mes courses pour mon repas du soir et demande au mec du supermarché s’ils vendent du mascarpone.
Regard embêté : « C’est pour quoi ?
– Faire un dessert. »
Son visage s’illumine et il m’emmène d’un pas vif… au rayon des spatules.
« Voilà ! »
…Merci Bro.

Team Corée

Premier foie gras.
« Alors c’est bon ?
– Oui c’est pas mal. Ca ressemble au thon en boîte en fait ! »
Astuce : Pour des fêtes de fin d’année économes, remplacez Labeyrie par Saupiquet.

Premier champagne.
« Ah, mais c’est amer le champagne ! Je vais mettre du sirop dedans pour adoucir.
– Mais on a pas de sirop ?
– Oui, ben on a du Nesquik ! »
Touche à ce Nesquik et je t’empale sur un couteau à beurre, hérétique !

Spécial linguistes :

Team Japon (en français)

« Alors quel temps fait-il aujourd’hui ?
– Il fait beau, il y a du sommeil. »
Ah, bah c’est dimanche matin hein.

On travaille le vocabulaire de la maison, je décris une habitation à mon élève qui doit la reproduire sur papier.
« Il y a deux salles de bains. Une en bas à côté des toilettes et une à l’étage, à côté de la chambre à coucher des parents.
– Deux ?
– Oui, deux. Généralement il n’y en a qu’une mais dans les grandes maisons il arrive que les Français aient deux salles de bain.
– Mais… vous voulez dire que tous les Français en ont au moins une ?!
– Ben, oui quand même… Je sais qu’on a la réputation d’être sales mais…
– Ah non mais c’est fantastique ! Jusqu’à deux par maisons, et à côté des chambres ! Ca, c’est vraiment la France ! Rah, je veux déménager en France ! »
Et là, je le vois écrire des étoiles dans les yeux « salle de vins » sur son cahier…

Team Corée (en anglais)

« C’était quoi le mot anglais déjà pour dire carrefour ?
– Crossroad
– Comme dans The Road of the Ring ? »
La route de l’anneau, oui ça aurait pu s’appeler aussi comme ça…

Spécial musulmans en herbe :

Team Japon

(Tweeté par ‏@_Alicedelice_ )
« Hallal, c’est pour les crevette aussi ? »
Oui, comme les haricots verts.

Team Corée

« Mais le Ramadan tout le monde triche non ? Comment tu peux vivre sans boire ni manger pendant un mois ? »
C’est un mois de sélection naturelle annuelle en fait, seuls les surhommes survivent.

Inclassables :

Team Japon

Je regarde mon boss à côté de moi, compter frénétiquement sur une calculatrice en regardant son écran, soupirer, recommencer et s’énerver depuis quinze bonne minutes.
« Qu’est-ce qui se passe ? Il y a un problème ?
– Il y a une limitation de caractères pour la publication de ce texte, alors je compte.
– Vous comptez quoi ?
– Ben les caractères !
– A la calculatrice ?!
– Ben oui ! Je compte le nombre caractères, que je multiplie par le nombre de lignes, et les lignes pas complètes je les ajoute en addition et…
– Ou sinon, vous pouvez aussi surligner et regarder le nombre de caractères en cliquant sur l’icône ABC de word.
– Ah… »
Ah bah oui.

Team Corée

« Ah, tu es fan de Disney ?! Moi j’adore la trilogie des Tolstoï ! »
Idem, j’ai adoré Buzz l’éclair dans Guerre et Paix.

Je sais ce que vous vous dites : du grand art.
Mais comme avant de se moquer du monde entier, c’est bien aussi de balayer de temps en temps devant sa porte, quelques perles françaises.
Avec leur adorable permission (j’ai quand même demandé avant de briser leur image à jamais), moquons-nous allègrement de mon propre sang :

Je visite Kyôto avec ma douce maman et l’emmène au Kinkaku-ji, le temple du Pavillon d’or, un bâtiment entièrement recouvert d’or, trésor national inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et j’en passe et des meilleures…
« Hé ben il est pas mal ce petit temple ! Il est peint en jaune, ça change. »
Et sinon, tu connais le dessin animé  « Les merveilleuses cités peintes en jaune ? »

Ma sœur : « On est où là déjà ?
– A Yokohama.
– Yoko Hama, c’était pas le nom de la femme de John Lennon ça ?
Non, elle c’était Ono Lulu.

Visite d’un temple bouddhiste, après avoir fait déjà fait une bonne tripotée de temples et sanctuaires en tout genre entre Tokyo, Kamakura et Enoshima.
Ma sœur : « Et sinon, les Japonais ils ont des lieux de culte ou de prière comme en France les Eglises et les mosquées ? »
Laissez-moi deviner… j’ai été adoptée, c’est ça ?

Allez, je vous laisse méditer sur ces perles en attendant un prochain pavé, et je vous souhaite à tous une excellente fin d’année !

Si toi aussi tu rêves de peindre ta maison en jaune, ne manque pas les réductions de fin d'année chez Leroy Merlin !

Si toi aussi tu rêves de peindre ta maison en jaune, ne manque pas les réductions de fin d’année chez Leroy Merlin !

Bilan

      14 commentaires sur Bilan

« Raah, mais quelle morue cette Sonyan ! Elle nous écrit un article qui fait le buzz, on se mobilise pour la soutenir, elle nous écrit un autre article de foufou nous promettant voyages et le monde à ses pieds alors on l’inonde de commentaires et d’encouragements, impatients et tout… et pif paf pouf, elle disparaît ! »

Hé oui.

Ca y est, j’ai dépassé les 500 fans sur Facebook, je suis un peu la Rihanna des blogs roses qui font mal aux yeux, donc je commence les caprices de stars. A quand les photos de moi à poil et la sex tape avec Jean-Edouard dans une piscine ?
(N’attendez pas trop là-dessus quand même a priori…)

Oui, déjà un mois et demi que j’ai quitté le Japon et que je ne vous ai rien écrit, même si je vous ai un peu pollué votre mur ces derniers jours avec la parution abrégée de mon article sur les TCA dans le Huffington Post. Mais c’est vrai qu’à part ça, je ne vous ai pas donné grand-chose à lire pendant vos heures de travail/cours en amphi, bande de petits voyous.
Donc avant que certains d’entre vous ne tombent dans une dépression profonde par manque de pavés et ne sombrent dans des extrêmes comme lire le blog de Jean-Marc Morandini à la place du mien pour tuer le temps, je me dévoue à m’y remettre.

J’ai déjà quelques idées qui bourgeonnent dans mon petit esprit malade, le tout peut être accompagnés de quelques dessins si mes mains acceptent d’obéir à mes idées et ont le bon vouloir de dessiner quelque chose de convenable.
Mais en attendant, un post de transition pour faire le bilan. Un bilan sur le Japon et mon départ.

Tout d’abord, je dois avouer que je ne réalise toujours pas que je suis partie. Le fait d’avoir gardé mon quotidien métro-boulot-dodo jusqu’à la fin a fait que ce départ n’a absolument pas eu le temps d’être enregistré par mon petit cerveau. Mais aussi, être partie pour un pays que je ne connais absolument pas où chaque jour est une découverte (malgré quelques similitudes avec le Japon, karaoke, combini, sac Chanel et Louis Vuitton…) fait que je ne suis pas toujours en train de penser à ma vie d’avant.

Quelques réflexions m’ont été faites plusieurs fois ces deux derniers mois, et je n’y ai pas toujours répondu vu le nombre impressionnants de commentaires (continuez comme ça :D), donc je vais m’exprimer ici.

La première étant, pourquoi être retournée au Japon/y être restée si longtemps avec toutes tes galères et tes TCA ?

Tout simplement parce que le Japon a une multitude d’aspects formidables. Je ne les aborde pas forcément ici parce que des milliers de blogs le font extrêmement mieux que moi, illustrés de superbes photos prises avec autre chose qu’un vieil iPhone cassé (je vais peut être organiser un SonyanThon pour que vous me financiez un reflex tiens). Et comme je n’ai pas envie de parler de ce dont tout le monde parle déjà, comme j’ai envie de montrer d’autres facettes méconnues, comme j’ai envie de vous parler des baffes que je me suis prises pour ne pas que vous vous preniez les mêmes, eh bien ce sont ces sujets là que j’aborde.
Mais le Japon reste un pays avec une langue que j’adore et qui me fascine, un patrimoine historique et culturel aussi riche que passionnant, des paysages qui m’ont mis les larmes aux yeux plus d’une fois (je ne parle pas des poubelles de Shinjuku à 6h le matin, on est bien d’accord) et un certain confort de vie assez remarquable.
Oui c’est appréciable d’aller faire ses courses n’importe quand, de ne pas avoir peur de se faire tirer son téléphone ou son portefeuille dans la rue, de recevoir une qualité de service généralement défiant toute concurrence. Même si au fil des années j’ai appris à déceler d’autres travers de la société nippones que cachaient ces merveilleux avantages, le fait est que quand on ne manque pas d’argent, il y a réellement moyen de vivre une vie de roi dans ce pays.
Pourquoi être revenue après mon séjour à Osaka malgré les mésaventures liées à mon obésité ?
Tout simplement parce que malgré cela, c’est une des meilleures années de ma vie. J’ai vécu quelques humiliations liées à mon poids qui m’ont certes blessée et complexée encore un peu plus, mais ma vie là-bas ne s’est évidemment pas résumé à ça. Ce ne sont que quelques épisodes éparpillés sur une année pleine d’expériences incroyables.
Ca ne m’a pas empêchée de vivre des choses uniques : la vie universitaire japonaise et ses événements comme la fête du sport ou de la culture, chanter dans un club à la fac et faire des concerts, faire le tour du Japon en sac à dos pendant les vacances d’Hiroshima à Sapporo, en découvrant au passage des paysages japonais improbables et souvent méconnus comme les dunes de Tottori.

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Sans parler de tous les endroits improbables pour sortir s’amuser qu’on ne verra jamais en Europe.
Merde, qu’est-ce que j’aurais été conne de dire non à tout ça pour un tour de taille. Je ne vais pas renoncer à mes rêves parce qu’une dizaine de connards se sont foutus de ma gueule sur le forum d’un bar quand même.
Après je me suis un peu brûlée les ailes dans mon entêtement car je suis malheureusement quelqu’un de très sensible, mais même pendant cette descente aux enfers, je continuais de vivre et de m’amuser. Les feux d’artifices, les matsuris en yukata, les spectacles, les comédies musicales, les lectures couchée dans l’herbe du parc Yoyogi, écrire un article de blog dans un café au 15ème étage d’une tour en regardant la vue, me prendre pour Lady Gaga au karaoke en sortant du boulot pour me détendre, me moquer des hosts en leur disant que je viendrai passer la soirée avec eux au club uniquement s’ils m’y invitent dans un français impeccable et les regarder galérer…
Et si je suis partie au final, ce n’est toujours pas à cause des réflexions qu’on m’a faites ou des baffes que je me suis prise. C’est juste un choix de vie car j’ai envie d’aller voir ailleurs, et parce que je pense que certains aspects de la société japonaise adulte ne sont pas adaptés à mes idéaux et à la vie de femme adulte que j’ai envie de mener. Parce que j’ai envie d’élargir ma vision des choses et du monde aussi. Et je ne regrette pas mon choix, si le Japon en lui-même me manque déjà, le quotidien pour l’instant pas tellement. Je me fais une joie d’y retourner plus tard régulièrement pour revoir mes proches et profiter des endroits que j’affectionne, mais je ne ressens aucun regret sur le fait d’avoir quitté ma vie.

J’ai vu aussi des personnes dire sur Twitter/en privé/en commentaires, que je les avais un peu dégouté du Japon, ou bien qu’ils avaient peur d’y aller et envie de renoncer, d’autant plus maintenant que j’avais décidé de partir,que ça leur enlevait un peu de la confiance qu’ils avaient en eux pour partir.
Je vais reprendre grosso modo une des réponses que j’ai faite dans un commentaire parce que je suis une flemmarde, mais si je comprends ce sentiment de perte de confiance, j’aimerais vous dire qu’il ne faut pas rester dessus, il faut dépasser cette impression.
Mon expérience au Japon est unique.
Ca ne veut pas dire qu’il n’y a que moi qui vivrai ca (à part peut-être graveuse d’inkan…), car je crois malgré tout que pas mal de gens se retrouvent des expériences similaires à travers mes écrits, mais ça veut dire que selon le milieu dans lequel j’ai évolué, des gens qui m’entouraient, des défis que je me suis imposés, il m’est arrivé ça, ça et ça.
Selon le milieu, certains ne vivent absolument rien de ce que j’ai pu raconter ici (et raconterai par la suite, hé hé) et vivent le Japon formidable que nous décrivent les offices de tourismes. Enfin, certains vont avoir le même genre d’expériences, mais selon leur sensibilité et façon de penser, s’en foutre complètement et passer outre.
Une majorité de japonisants croient avoir la vérité absolue sur le Japon qui est comme ci ou comme ça. En vérité, il y a mille et un Japon selon qui vous êtes et ce que vous y faites, la vision que je vous en donne, même si le vécu est 100% véridique, n’est qu’une de ces innombrables facettes. Il n’y a pas de vérité unique.
C’est pourquoi il ne faut pas trop appuyer ses choix de vie sur l’expérience des autres, car le fait est qu’on a tous un parcours différent.
J’ai entendu un million de fois (rien que ça) des gens me dire que je ne trouverais pas de travail au Japon, que les entreprises ne donnaient pas de visa, qu’avec un diplôme littéraire j’irais pas bien loin, que la belle époque où on embauchait facilement les étrangers était finie etc. Je n’ai pas écouté et j’y suis allée. J’en ai chié, mais j’ai réussi. Et je ne suis évidemment pas la seule, j’en connais même une poignée qui y arrivent sans même parler la langue. Tout est question d’énergie, d’efforts, de réseau et parfois un peu de chance, mais c’est possible.
J’entends pas mal de gens dire qu’en Australie c’est des têtes de cons, des racistes, que y’a beaucoup de Français (et souvent mal vus), trop de concurrence et pas de travail et je passe.… Mais je compte y aller quand même.
Pourquoi ? Pour me faire mon propre avis, tracer mon propre chemin.
Mais je me considère comme prévenue, j’y vais sans illusion, sans rêve illusoire, sans me dire que je vais mener la vie des grands ducs et que tout me tombera tout cuit dans la main.
Alors si tu fais partie des gens qui lisent mon blog (ou autres textes décrivant des expériences négatives au Japon), et si c’est vraiment ton rêve d’y aller, il ne faut pas s’en dégouter, car ce n’est pas mon but.
Mais il faut se sentir prévenu. Le Japon fait mal à ceux qui l’idéalisent, qui ne sont pas conscients de certains problèmes de société pourtant bien réels qu’ils se prennent en pleine gueule quand ils restent au long terme.
Quand j’aborde certains aspect révoltants ou négatifs du Japon, considérez-le comme de la prévention, comme ça quand vous y serez, vous constaterez sur place (ou non, selon chance) ce que moi et d’autres ont dit, et pourrez vous dire « oui bon, je le savais ».
Que ça vous aide à ne pas prendre les choses trop à coeur ou trop personnellement, que ça vous donne des armes pour ne pas être déçu et profiter pleinement de tous ses bons côtés.

Enfin, il ne faut pas prendre mon départ du Japon comme un dégoût ou un abandon à cause de trop de négatif. Ca aurait été le cas si j’étais partie en 2011 ou en 2012, où je cumulais les emmerdes et en avais ras la casquette, mais pas aujourd’hui. J’ai remonté la pente, et si je suis partie, c’est seulement parce que mon envie de voyages, de liberté et d’ouverture étaient les plus fortes. Mon amour du voyage et l’admiration de la vie nomade m’habite depuis aussi longtemps que mon amour pour le Japon. J’ai consacré 10 ans à ce dernier, je pense avoir vécu ce que j’avais à vivre et ai envie maintenant de tester d’autres choses. Si je n’avais pas cette envie de bougeotte et cette sensation que beaucoup d’aventures m’attendent ailleurs, alors je serais restée.
Car quoiqu’il en soit, le Japon c’est une part de moi maintenant.
Et ce n’est pas sans avoir pesé le pour et le contre pendant un an, tout en me demandant si j’étais capable d’abandonner tout cela. C’est un choix de vie complètement personnel, selon des désirs qui n’engagent que moi, mais qui ne veulent en aucun cas dire « Bon le Japon c’était nul et décevant, je me casse ».
Donc si vous aimez ce pays et rêvez de vous y installer, je ne peux que vous encourager à y aller.
Et ça ne concerne pas que le Japon, ou même un pays en fait. Quel que soit votre rêve dans la vie, c’est bien de se renseigner, s’organiser et se préparer à en chier pour ne pas se casser le nez sur la première vitre, mais faut pas que ça vous fasse renoncer non plus. Sinon personne ne ferait jamais rien.

Une des dernières questions qu’on m’a souvent posé ces derniers temps, c’est si je regrettais d’être partie au Japon.
Alors avec le speech coach de vie de comptoir que je viens de vous faire, je suppose que vous avez compris pourquoi ma réponse est MILLE FOIS NON, mais je vais quand même étoffer ma réponse, parce que j’aime bien en tartiner des caisses quand je pourrais faire court.
Si on aborde la chose d’un point de vue négatif, au Japon j’ai vécu des d’histoire d’amour plus que médiocres, j’ai développé des TCA, j’ai fais pas mal de jobs pas très épanouissants, j’ai fais un prêt pour une école hors de prix pour finalement trouver des postes pas très bien payés comparé à la moyenne tokyoïte.
Ok, ça c’est la liste déprimante que je me fais les jours de doutes et de Häagen-Dazs en pleurant devant Bridget Jones.
Mais pas que.
Ca va sonner très gnan-gnan consensuel mais c’est on ne peut plus vrai, le Japon m’a appris énormément sur moi, sur qui je suis et sur ce que je pense. Rien de tel que de vous exiler loin de votre petit nid douillet confortable pour découvrir ce que vous avez dans le bide. J’ai appris mes forces et mes faiblesses. Des aspects de moi plutôt badass que je soupçonnais pas, des faiblesses honteuses que je me dois absolument de corriger et dont je n’étais pas consciente.
Il m’a forgé l’esprit.
Et puis aussi il y a un aspect que j’aime au Japon, c’est que quelque part, si on s’en donne les moyens, j’ai l’impression que peut se lancer dans presque n’importe quoi.
Alors c’est vrai, je tape sur l’enseignement japonais et le fait que les étudiants en sortent souvent ignares, je tape sur les entreprises patriarcales et ces employés incapables de se détacher de leur manuel et d’anticiper un peu leur travail, mais il y a un truc que j’aime bien : à partir du moment où il existe cette culture de l’entreprise qui forme l’employé, avec un peu d’effort et de culot, vous pouvez travailler dans n’importe quoi, quelle que soit votre formation.
En France, si tu veux être vendeuse, il faut un diplôme de vendeuse. Si tu veux être caissière à Intermarché, il faut une licence d’hôtesse de caisse à Intermarché, si tu veux faire dame pipi, il faut un master Canard WC.
Même les jobs alimentaires les plus dérisoires, c’est une finale de Koh Lanta pour se faire embaucher, à coup de diplômes et noms de formation pompeux qui vous confinent dans un seul et unique domaine.
Oui, les réorientations professionnelles existent et s’imposer dans un secteur où on a aucune formation est possible, mais c’est le parcours du combattant.

Au Japon, quand on est encore dans la tranche des 20-30 ans (peut être même après), ca reste quand même beaucoup plus souple selon les entreprises.

Je suis arrivée au Japon avec mon master et quelques diplômes annexes, mais une formation, allez, on va dire à 90% littéraire. Je sais, ça ne mène pas très loin en 2013 d’étudier la littérature japonaise d’après-guerre et les poèmes en langue ancienne, mais je n’ai pas trop pensé en terme de carrière, mais en terme de « hé, j’ai envie de faire ça». Mais même si écrire un mémoire sur la condition des prostituées japonaises après la seconde guerre mondiale ne m’a jamais servi dans ma vie professionnelle, eh bien j’ai quand même réussi à faire ma place là où j’avais envie.
J’ai eu envie de travailler dans l’événementiel, allez hop, bon gré mal gré, j’y arrive.
J’ai envie de travailler comme traductrice japonais-français, quelques petits tests de traduction réussis, et hop j’y arrive.
J’ai envie de travailler dans une boîte qui développe des sites web et des applications smartphone (bon, et des inkans, arrêtez de troller), je montre deux trois designs et sites tout nazes que j’ai fais pour le plaisir, et hop, j’y arrive.

A part peut être la traduction car même sans avoir fait d’école spécialisée, j’ai beaucoup travaillé les langues, autant dire que je partais de zéro dans chaque domaine.
Dans ma dernière entreprise pour laquelle je travaille maintenant en freelance, j’avais un niveau horriblement amateur en tout. Mais petit à petit, j’ai appris à coder plus proprement, j’ai appris à maîtriser entre autre Photoshop et Illustrator. J’ai peut-être toujours pas le niveau de quelqu’un qui a fait une vraie formation professionnelle, mais je peux au moins me vanter de m’être fait ma place, d’apprendre avec des professionnels et améliorer mes compétences.
En France, je doute sincèrement qu’on m’aurait donné une chance comme graphiste ou autre sans formation, sans expérience, mais EN PLUS avec un niveau très amateur.

J’ai vu des gens au Japon se lancer dans tout et n’importe quoi : cuisinier, pâtissier, modèle, acteur, développeur, illustrateur, éditeur, graphiste, même tatoueur, à étudier en admirant le travail sur des fesses de Yakuza (dédicace à Mu ).
Alors se lancer dans un domaine en partant de zéro et même en dessous, ça veut aussi dire se donner à 100%, faire des sacrifices, accepter de mettre sa fierté dans sa poche et être un peu le larbin de son « maître » pendant qu’on apprend… bref, à la dure selon le domaine, mais on peut apprendre et se faire une place dans de nouveaux secteurs, oui.

Donc non, je n’ai jamais regretté malgré les baffes d’être venue au Japon. J’ai vécu de nombreuses choses inoubliables, développé une façon de penser et des compétences que je n’aurais sûrement pas acquises en restant dans mon adorable Besançon natal.

Et pour ne jamais oublier ces années de Japon uniques, fortes en émotions et en expériences variées, avant de partir, je me suis fait tatouer par mon amie apprentie tatoueuse cinq fleurs de cerisiers.
Une pour chaque année.

tattoosakura

Petite pub au passage, si vous voulez suivre l’évolution d’une apprentie tatoueuse au Japon, voici la page où vous pourrez la suivre, et vous renseigner sur le monde du tatouage/se faire tatouer au Japon.
Je pense écrire un jour dessus, mais vu mon rythme capricieux, autant vous laisser prendre les devants…

Si j’avais toutefois quelques petits regrets à exprimer, ils seraient les suivants :
– Ne pas avoir grimpé le Fuji. Chaque été, travail, mauvais temps ou typhon, un contre-temps à la con.
– Ne pas être allée à Okinawa, à Nagasaki et fait le pèlerinage des 88 temples de Shikoku.
– Ne pas être allée à la fête du pénis, je suis sûre que j’aurais eu un magnifique article à écrire.
– Ne pas avoir vu la comédie musicale de la Petite Sirène (tout complet sur des mois avant mon départ). Oui je sais, ça n’a rien à voir avec le Japon, mais elle n’est plus jouée dans beaucoup de pays et ne pas l’avoir vu représente un drame de ma vie.
– Ne pas avoir vu une des comédies musicale de Takarazuka (ville près d’Osaka), ces comédies musicales où tous les rôles, même masculins, sont jouées par des femmes. C’est aussi kitch que fantastique, je suis très très fan.

Et je crois que c’est tout… ? Car malgré tout, j’ai quand même vu un sacré paquet de villes et fait un sacré paquet de choses.
Pas grave, j’accomplirai ces derniers petits souhaits nippons les prochaines fois que je serai de passage.
Déjà, il faut que je continue mon périple « Sonyan in Wonderfood », qui consiste à faire tous les restaurants à thème Alice aux pays des merveilles…

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Voilà pour ce petit bilan que je tenais à écrire, pour moi et pour ceux dont les questions sont restés sans réponses.

Deux mois après, j’apprécie la vie en Corée même si je pige pas un mot et que chaque échange réussi avec l’Autochtone est une petite victoire de Canard. Tout ne se passe pas exactement comme j’avais prévu d’un point de vue privé, d’où un petit repli pour faire le point, mais la Corée du Sud en elle-même demeure fascinante et intéressante.
Jusqu’à maintenant, je suis restée principalement dans les « petites » villes, expérimentant la Corée à l’ancienne où on se lève à 4h du matin pour aller au port acheter son poisson frais au retour des bateaux ; je vais maintenant m’exiler à Busan et Séoul d’ici quelques jours pour découvrir la Corée des dramas, aux néons qui clignotent et aux visages refaits.

Sinon, pour le travail en freelance… Eh bien, ça c’est le pied. Pouvoir faire un travail qu’on apprécie sans devoir se taper les joies de l’open space, en mettant de la musique etc., c’est quand même un luxe.
Après, le fait de travailler à la maison rend ces journées de travail très sédentaires, je bouge nettement moins qu’à Tokyo où j’étais hyperactive et ça me chiffonne un peu.
Donc, se forcer à bouger me parait important, je me demande si je ne vais pas me déplacer pour travailler dans des cafés ou des bibliothèques de temps en temps. En attendant, j’essaie de partir me promener une heure le midi, ou après le travail histoire de prendre l’air.

Voilà donc pour ce post de transition et où j’en suis après ces deux petits mois de blanc.

Je reviens la prochaine fois avec un petit spin off d’un de mes posts sur le Japon mais version Corée du Sud… Devinerez-vous lequel ?!