Les fêtes à Sydney

J’ai un autre blog sur les aventures concernant mon logement à Sydney déjà quasiment terminé, mais j’avais envie d’en poster un autre article sur les fêtes en Australie, pendant que c’est encore un peu la saison.
Car on m’a souvent demandé au cours des dernières semaines comment étaient les fêtes de fin d’ année à Sydney, voici donc un petit aperçu de comment ça s’est passé pour moi cette année.

Noël

Si j’avoue ne pas être très sensible au mal du pays en général, s’il y a bien un période de l’année où j’ai toujours un coup de blues d’être loin de la France et de mes proches, c’est bien Noël.
Comme vous le savez peut-être, au Japon c’est une journée comme les autres – travaillée -, juste attendue avec impatience par les couples car c’est LA fête romantique par excellence. Toutes ces illuminations, ces petites décorations mignonnes et clignotantes, ces événements spéciaux dans les parcs à thème et autres lieux de loisirs… Tout est fait pour donner aux Japonais l’envie de profiter de cette atmosphère féérique lors d’un rendez-vous galant main dans la main avec l’être de vos pensées.
Ainsi, à partir du mois d’octobre, ce n’est pas à une course aux cadeaux à laquelle on assiste, mais à la course à l’amoureux.
Les célibataires vivent dans l’angoisse de passer un Noël de la loose en célibataire, et donc dès l’automne venu, ça recrute une moitié dans tous les sens. Si vous cherchez un amoureux, l’automne est définitivement une bonne saison : vous offrez à monsieur l’opportunité de se vanter à Noël d’avoir eu une soirée romantique en bonne et due forme.
Souvent, les tourtereaux ne s’offrent même pas un cadeau (enfin je suis mauvaise langue, un de mes ex m’avait offert un paquet de barbe à papa pétillante au 100 yens shop… Wow; trois ans après j’en suis toujours sans  voix), c’est juste une occasion de se donner un peu de temps l’un pour l’autre entre deux « isogashii », d’écouter pour la 120000ème fois la chanson de Mariah Carey « All I want for Christmas is you » devant des illuminations médiocres et pour certains, en couple déjà depuis trop longtemps, de trouver une excuse pour remplir leur devoir conjugal annuel.
(Ne riez pas, j’ai déjà entendu des histoires de couples mariés – même franco-japonais – qui ne baisaient qu’à Noël, alors relativisez sur vos vies, vous n’êtes pas si malheureux que ça…).

Bref, pour toutes ces excellentes raisons, pour moi Noël au Japon, ça a toujours sonné un peu creux et j’ai souvent eu le blues à cette période de l’année.
J’aime passer des heures à cuisiner des trucs mignons à ne savoir qu’en faire, la confection des cadeaux pour chacun, le sapin, les retrouvailles avec la famille, les parties de tarot jusqu’à une heure pas raisonnable de la nuit et autres joies de fin d’année…

Je me demandais donc comment j’allais passer cette fête symbolique pour la plupart des Français dans cette terre inconnue qu’est l’Australie. Arrivée depuis peu et n’ayant pas de connaissances très proches, je me doutais que ça n’allait pas être très traditionnel, mais ça reste un pays à l’éducation chrétienne, donc peut-être que l’esprit de Noël allait être un peu plus là.

Alors soyons honnête, à Sydney, les Australiens ne lésinent pas sur la décoration, les sapins, les illuminations et « l’esprit de Noël » un peu partout.
Ainsi, dès le début du mois de décembre, tout est décoré et illuminé en fonction un peu partout :

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On a même droit à des illuminations qui ne sont pas sans rappeler La Fêtes des Lumières lyonnaise (bon en moins bien, bien entendu), sur quelques uns des monuments de la ville :


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Tout est décoré pour nous mettre dans l’ambiance, jusque dans les bus :

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Mais pour diverses raisons, la magie n’a pas du tout opéré sur moi… Déjà les événements du Lindt Café (la prise d’otage, pour ceux qui auraient vécu dans un bunker ces dernières semaines) ont déjà pas mal entaché l’effervescence de l’esprit de Noël.
Ainsi, on pouvait même trouver des messages concernant les événements sur les sapins de Noël , pour nous demander de nous rappeler que malgré les terribles événements, Noël était une période de générosité, d’ouverture d’esprit et de bonté.

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Mais outre ce tragique fait divers, un gros obstacle venait entacher pour moi la magie de Noël…et pas des moindres : L’ETE !!!!!
Pardon, mais les guirlandes dans les palmiers, c’est juste pas crédible !! Ca sonne juste comme un gag pour moi.
Pourtant, même les gens y mettaient du leur, et dès mi-décembre, on voyait la moitié des personnes à Sydney portant des bonnets de Noël ou des déguisements… Mais le Père-Noël torse poil, en short ou en chemise Hawaiienne, la fashion police du Pôle Nord dit juste NON !

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Enfin, même si la ville est beaucoup plus petite et plus calme, Sydney me fait beaucoup penser à New York. C’est une ville de passage : beaucoup d’étudiants, beaucoup de jeunes venant faire un bout de carrière, énormément de touristes. Les « vrais » locaux sont beaucoup moins visibles, plus retirés en banlieue ou alors de retour dans leur ville natale pour les fêtes. Ainsi en ville, il ne restait plus que les gens comme moi : les gens de passage.
Des gens qui n’ont pas de famille et se réunissent pour faire la fête histoire de ne pas se retrouver seul.
Pour ma part il a été un peu dur d’organiser un semblant de Noël à la maison puisque les trois quart de mon entourage  sont Thailandais, et que pour eux Noël est à peu près aussi important que le Nouvel An Chinois pour ta grand-mère (sauf si ta grand-mère est chinoise, mais là tu triches).
Ainsi, difficile de les motiver ou de leur faire comprendre à quel point c’était important pour moi.
Du coup, le 24 au soir, je suis donc allée avec un ami à une soirée regroupant les étrangers de passage à Sydney qui n’ont pas de famille sur place, histoire de ne pas réveillonner seule. Il y a même eu un petit feu d’artifice sur Darling Harbour, c’était, certes pas très traditionnel, mais très sympa.

Le lendemain, pour le cliché du « Noël en été », avec mon Pote-de-l’aventure que je me suis faite ici, on a décidé d’aller passer la journée du 25 à Bondi Beach, la plus célèbre plage d’Australie.
Mais manifestement, on n’était pas les seuls Rémi sans famille à avoir eu l’idée, puisque la plage était noire de monde et de groupes de petits Père-Noël qui faisaient la fête sur la plage :

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Après avoir mangé (on a remplacé la dinde par un test de la viande de Kangourou histoire de marquer le coup), on a décidé de faire une petite marche de 6km le long de la côte est qui relie les plages de Bondi beach, Tamarama Beach, Bronte Beach et enfin Coogee Beach.
A chaque nouvelle plage, des groupes de Père-Noel en short autour d’un barbecue australien, la bière à la main. L’ambiance est bon enfant, tout le monde parle avec tout le monde, on s’arrête pour faire connaissance avec des groupes avant de continuer notre chemin.
A la fin de la journée, tout ce beau monde est passablement éméché et se hurle des « Merry Christmaaaaas » tonitruant, en titubant les uns vers les autres pour s’offrir des câlins bien imbibés. On distribue nous-mêmes quelques câlins à des inconnus, y’a pas de raison.
La police est partout pour vérifier que ceux qui ne sont plus sobres ne se baignent pas.

Vers 18h, le soleil australien estime qu’il a assez donné de sa personne pour la journée, et un énorme orage éclate. On finit donc par rentrer chez nous. Trempée et la température ayant chuté de dix degrés en pas longtemps, je me pose dans mon lit avec un chocolat chaud devant Harry Potter à l’école des sorciers… Qui sera peut-être le seul moment de la journée qui ressemblera un tant soit peu à un jour de vacances de Noël.

Conclusion : Noël à Sydney, ce n’est pas vraiment Noël non plus. L’été et le nombre impressionnant de personnes de passage aidant, on dirait plus un espèce de gros carnaval… Mais j’ai quand même bien apprécié que même si le véritable esprit n’y était pas, cette fête reste importante pour tout le monde qui voulait marquer le coup.
Une expérience plutôt sympa, et surtout super marrante avec un groupe de potes.

facebook(Bien entendu, texte à lire en chantant sur l’air de la chanson d’Olaf…)

Le 26 décembre : Boxing Day

Vivre en Australie m’aura permis de découvrir un nouveau jour férié que je ne connaissais pas : le Boxing Day !
C’est une fête qui existe dans plusieurs pays du Commonwealth (et wikipédia m’a appris que la Saint Etienne en Alsace en serait une variante).
Sur le papier, cette fête sonne plutôt bien : au lendemain de Noël, on offre des cadeaux aux plus pauvres… Que de bons sentiments !
Sauf qu’en 2014, cynique que nous sommes, bien entendu ce n’est plus vraiment une description bien fidèle.
C’est une fête bien commerciale comme il faut, où tous les magasins vident leur stock de Noël pour des prix dérisoires et où les gens se ruent sur les soldes en se tapant dessus, pour faire des bonnes affaires et des cadeaux… à leur propre gueule, bien entendu.
Alors pour être tout à fait honnête, je n’ai pas participé au Boxing Day. La première raison étant un problème de salaire… Je mets déjà plusieurs jours à recevoir ma paye du Japon jusqu’en Australie, mais entre le 23 décembre férié au Japon pour l’anniversaire de l’empereur, suivi de Noël et Boxing Day fériés en Australie, puis du weekend, j’ai reçu ma paye avec une semaine de retard.
Du coup étant un peu juste, j’ai préféré éviter une séance shopping.
Mais en toute honnêteté, vu le MONDE qu’il y avait partout dans les magasins en ce jour, je ne regrette pas car c’était juste abominable…
Aperçu :

boxingdayBoxing day, ou le jour où t’as bien envie de rester chez toi…

Surtout que c’est super con d’y aller en fait… Puisque dans la mesure où ça reste une opportunité non négligeable de se faire du pognon, les soldes du Boxing Day continuent généralement toute la semaine jusqu’au nouvel an.
Ainsi, j’y suis allée après avoir enfin reçu mon salaire, soit trois jours après tout le monde quand y’avait plus grand monde dans les magasins et j’ai pu faire mon shopping à -40% quand même.
Tout benef.

Nouvel An

Je l’attendais ! Il était sur ma liste des rêves à accomplir : être à Sydney pour être une des premières dans le monde à passer le nouvel an, en regardant un des feux d’artifices considérés comme les plus grandioses du monde.
A Sydney, les feux d’artifices sont tirés dans plusieurs endroits de la ville, mais ceux tirés du Harbour Bridge et de l’Opera House sont THE PLACE TO BE.
C’est THE événement.

A tel point, qu’il faut être motivé. A moins que vous vous y soyiez pris très tôt et cassé la tirelire en réservant une fête sur un bateau ou près du port, vous aurez tout intérêt à dire adieux à votre sommeil pour venir réserver votre place assez tôt.
En effet, les plus motivés viennent camper dans les plus beaux spots de la ville jusqu’à deux jours avant les feux d’artifices pour être sûrs d’avoir une vue imprenable, pire qu’un concert de Michael Jackson revenu exprès d’entre les morts.
Personnellement étant arrivée à Sydney à la fin du mois de septembre, le temps de me faire des amis etc., je n’ai pas réservé ni acheté de ticket pour une fête de réveillon.
J’allais pas payer un prix exorbitant pour le fêter seule, comptant sur mon capital sympathie pour me trouver des potes avec qui le fêter d’ici là.

Beaucoup étaient rebutés à l’idée d’attendre des heures pour ces feux d’artifices, mais je n’en ai pas démordu ! Les feux d’artifices du Harbour Bridge sont sur ma Dream List australienne, pas moyen que je les rate, c’est sûrement la seule occasion de ma vie que j’aurai de les voir ! Alors tant pis s’il faut attendre la journée pour ça !
Le souci : les personnes partantes pour les voir avec moi travaillaient. Hé oui, pas de repos pour les braves. Vu les centaines de milliers de touristes débarquant à Sydney exprès pour ces feux d’artifices, c’est une des journées les plus occupées de l’année, donc pas de repos pour tout ceux qui bossent en café ou restau.
Je ne me suis pas laissée abattre : comme moi je suis en congé, j’irai attendre seule et réserverai les places pour les autres !

Je n’ai pas eu la foi d’aller dormir sur place, mais me suis levée à six heures du matin, tout le matos déjà préparés la veille : sandwichs, boissons à profusion, couverture, liseuse avec cinq nouveaux bouquins dedans, jeu de cartes, musique, veste pour me couvrir, crème solaire, l’appareil photo et les différents objectifs, le trépied…
Chargée comme un bourriquet, à 7h du matin j’arrive près du port.

C’est déjà noir de monde. Je voulais aller à un point précis pour m’installer (Macquaries’ Chair pour les connaisseurs), mais je me rends compte que tout Circular Quay (le quartier où il y a l’Opéra et compagnie) est complètement bloqué, on ne peut y marcher que dans un sens et je ne peux pas accéder à l’endroit où je voulais aller à moins de faire un énorme détour qui me fera perdre bien 40 minutes de marche.
J’abandonne mon idée initiale et finis par suivre la seule et unique queue. Je passe le check point de sécurité où on doit déballer toutes nos affaires et se faire fouiller, et arrive devant l’Opéra.
Je trouve une place absolument parfaite, juste devant le Harbour Bridge, donnant une vue imprenable sur toute la baie et les feux à venir. Peu de gens devant moi, ce spot est rêvé.
Mais quelque chose me chiffonne.
On m’avait dit plusieurs fois qu’il y avait tellement de monde à Circular Quay pour le nouvel an, que généralement ils fermaient le quartier en début d’après-midi pour une question de sécurité.
Or, Pote de l’aventure qui est le dernier à devoir me rejoindre termine le travail à 17h… le temps qu’il arrive, il ne sera jamais là avant 18h30. Je demande à la sécurité, mais ils ne peuvent pas me donner une heure précise de l’heure à laquelle ils fermeront les portes, ça dépend du nombre de personnes, ça peut être à 13h comme à 18h…
Le spot est tellement bien je n’ai pas envie de l’abandonner et décide d’attendre un peu. Mais au bout de deux heures, force est de constater que le monde est impressionnant et que je suis trop bien placée. On ne pourra jamais me rejoindre là où je suis avec le monde qui s’accumule.
Ok, ce spot est terrible, mais comme chantait un grand monsieur : « les copains d’abord ». Je vais pas profiter de mes supers feux d’artifices en sachant que j’ai un ami refoulé qui ne verra rien du tout et passera le réveillon tout seul comme un con.

A la stupeur générale, à 9h, je décide donc de tout remballer et d’aller chercher un endroit un peu plus éloigné, donc peut-être moins populaire et dont l’accès ne fermera pas. Je dis adieu à ma belle vue juste en face du pont, et réfléchis à où aller.
Tout le monde me regarde comme si j’étais folle, à abandonner ce carré si bien placé après déjà deux heures d’attente, et plusieurs groupes commencent déjà à se disputer ce nouvel espace libre.

Je décide de quitter le centre, traverser la baie et aller chercher un point de vue de l’autre côté du port, au nord de Sydney.
Je regarde vite fait un plan de la ville et repère un endroit qui pourrait être sympa. J’ai perdu plus de deux heures à attendre à l’Opéra, donc je me dépêche d’aller prendre un train pour le nord et la recherche de ce nouveau spot.
A 15minutes de marche de la station choisie, je trouve ce point de vue parfait que j’avais deviné sur la carte. Evidemment, il est déjà 10h du matin, donc il est noir de monde et de tentes de gens qui ont passé la nuit là.

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Mais comme par miracle, je trouve un emplacement vide… Un emplacement juste parfait. Un petit chemin en hauteur qui passe à côté du terrain avec les tentes, mais surélevé et avec une barrière. Les gens se ruent sur le terrain en ignorant ce petit chemin à côté, à peine occupé.
Je me pose là, devant la barrière… Qui surplombe le parc noir de monde, avec absolument personne devant moi pour gâcher mes photos.

Et une vue imprenable sur le pont et l’Opera House.

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Je suis un peu moins près que mon premier spot, mais la vue avec l’opéra en prime est encore meilleure. Je m’installe donc, la couverture, le trépied, les sacs… Pour garder un maximum de place même en étant toute seule contre la foule de plus en plus importante et avide de trouver un carré libre pour s’installer.

Les heures passent, sous un soleil de plomb. En toute honnêteté, entre 12h et 17h, c’est l’enfer. J’ai beau mettre de la crème et me couvrir, le soleil Australien est impitoyable et je me sens cuire. Les gens venus en groupe se relaient pour aller acheter des ombrelles ou des parapluies, mais évidemment moi qui suis seule, je n’ose pas laisser mon espace ou mes affaires à des inconnus.
J’ai tellement peur de brûler que je finis par m’enrouler dans la couverture que j’ai apporté pour couvrir chaque partie de mon corps, alors qu’il fait déjà plus de 30 degrés… Je suis trempée de sueur enroulée dans mon plaid en polaire, du coup je bois quasiment toutes les boissons que j’avais apporté pour les autres histoire de pas finir déshydratée.

Le soleil est haut, les nuages rares, y’a pas un poil d’ombre… La journée est longue, heureusement qu’il y a les bouquins. Et puis, on est tous dans la même galère, alors on fait connaissance avec les voisins, des Chinois, des Italiens, quelques Français, des Indonésiens. On boit, on discute, on passe le temps. Ils nous passent de la musique et les gens chantent et dansent. Malgré l’enfer de la fournaise, tout le monde garde sa bonne humeur et prend son mal en patience.

Mais là, c’est le drame. En fin d’après-midi, alors que mes amis sont enfin censés venir me rejoindre… On m’appelle pour me dire qu’ils ont fermé l’accès et que la police ne laisse plus passer personne !
Raaaaah, quoi ?!
Genre ça fait 10h que j’attends dans un putain de four à 200 degrés qu’on pourra bientôt faire du papier à bulles avec mes cloques à venir, et on peut pas me rejoindre ?!

Vague de désespoir. La fatigue étant, je me sens un peu au bout du rouleau.
Les deux premiers bougres à venir me rejoindre n’ont pas la foi de bagarrer et décident donc tour à tour d’abandonner et d’aller trouver un autre spot moins bien ailleurs .
Les ingrats, peste soit sur leur deux maisons !!!! (Pour info, ils ont finalement finit dans un endroit où ils n’ont quasiment rien vu et regretté amèrement de ne pas m’avoir rejoint plus tôt, BWAH HA HA HA HA).
En désespoir de cause, je donne leurs places aux Italiens avec qui j’ai sympathisé et qui se trouvaient un peu derrière avec une vue pas terrible, gâchée par des panneaux, alors qu’eux aussi avaient apporté un pire matériel de photographie.
Entre amateurs de photo, faut s’entraider.

A 19h, c’est au tour de Pote de l’aventure qui sort du travail de tenter sa chance et me confirmer qu’ils ne le laissent pas entrer. Mais bon, je viens de me taper 12h d’attente seule dans le cagnard, donc il décide de ne pas abandonner si vite. Surtout que c’est d’autant plus stupide de ne pas le laisser entrer que j’ai largement la place pour lui sur le bout de terrain que j’ai gardé. Il tente d’accéder au point de vue par différentes rues, mais tout est bloqué.
Il demande à chaque point de sécurité, et à force d’insister et de jouer les trémollo « mais mon amie attend depuis des heures et va finir par passer le réveillon seuuuuulee », on lui dit finalement qu’à 21h auront lieu les « Family Fireworks » pour ceux qui sont là avec des enfants en bas âge.
Après ces premiers feux d’artifices, généralement ces familles rentrent chez elles et libèrent des places, donc qu’ils laisseront de nouveau passer quelques personnes.
Alors s’il veut me rejoindre, qu’il attende la fin des feux d’artifices de 21h et après ils le laisseront passer.
Ragaillardie par cette nouvelle, je retrouve espoir et garde plus fermement que jamais notre espace, de plus en plus soumis à des tentatives d’invasion chinoises.
Enflures de Chinois, je croyais qu’on était amis.

A 20h, on assiste à un premier show avec un avion qui nous a offert des figures de grande voltige. C’était plutôt impressionnant, voire même angoissant tant plusieurs fois on aurait dit qu’il était à deux doigts de se crasher sur l’Opera ou la foule. Et comme la psychose d’attaque terroriste était un peu partout ces dernières semaines, la plupart des gens regardaient le show avec les avions avec un peu de crainte.
En effet, depuis l’histoire du Lindt Café, il y avait de nombreuses légendes urbaines sur de possibles attentats pendant les feux d’artifices, le premier ministre lui-même ayant fait une petite mise en garde allant dans ce sens (histoire de bien nous rassurer quoi).
La police avait passé la journée à errer partout et tous nous fouiller, que ce soit sur terre, sur mer (des bateaux de police passaient sur la baie et s’arrêtait pour interpeller les autres bateaux) ou même en l’air, puisque on a été survolés par des hélicoptères de police toute la journée.
Autant vous dire qu’ils n’ont pas lésiné sur la surveillance.
En tous cas, même si tout le monde a regardé ce spectacle d’avion en poussant des cris d’effroi, au final cette menace potentielle ne nous a pas empêché d’être plus d’un million à se masser sur le bord de la baie pour ce spectacle malgré les recommandations « ne pas aller dans les endroits très fréquentés le soir de la St Sylvestre ».
Fuck le terrorisme, vive les feux d’artifismes.

A 21h, les feux d’artifices familiaux commencent. Ils sont déjà plutôt beaux pour une simple mise en bouche et l’excitation pour ceux de minuit commence à monter.

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Comme promis par le policier, après ces feux d’artifices, une majorité des familles avec des enfants en bas âges quittent le spot, ce qui me redonne espoir quant à la possibilité de passer nouvel an avec un personne que je connais, même si les personnes rencontrées sur place étaient bien sympa…
De son côté, Pote de l’aventure attend de pied ferme avec une foule d’autres personnes espérant pouvoir faire partie des heureux élus à passer la barrière et accéder au point de vue.

Trente minutes plus tard, notre vœux est exaucé ! On se retrouve au ralenti en tombant dans les bras l’un de l’autre, la larme à l’œil et la musique tragique en bande son.
Enfin réunis !!! On a réussit !!!!
Trop heureux d’avoir pu se retrouver et passer le réveillon ensemble comme prévu, c’est là que la fête a vraiment commencé. Du coup, les 2h30 restant jusqu’à minuit sont passées en un clin d’œil, on avait l’impression qu’on s’était retrouvés depuis 5 minutes que le compte à rebours commençait déjà.
On a bu, discuté et rigolé tout en admirant la vue qui s’offrait à nous :

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Les quelques minutes précédant minuit, des frémissements d’excitations sont palpable dans la foule. On commence à faire le bilan de notre année, nos espoirs et objectifs pour celle à venir.
Puis le compte à rebours se met en route, et c’est la transe dans la foule.
A zéro… le spectacle commence.

Et là, je ne saurais trouver aucun mot pour vous décrire à quel point c’était beau. Juste que c’était tellement magnifique que j’ai fini par fondre en larmes et que les 17h d’attente semblaient un bien piètre prix à payer pour avoir la chance de voir quelque chose d’aussi beau.
Ca partait de partout, du pont, de la baie, de l’Opéra, on ne savait même plus où regarder. 15 minutes d’exclamations d’émerveillement où personne n’a même pensé à se souhaiter bonne année.
Partagée entre l’envie de profiter un maximum de ce moment et celle de prendre des photos pour l’immortaliser, je n’ai pas pris énormément de clichés (et aussi pas mal de ratés je dois l’avouer… les photos de nuit, à fortiori de feux d’artifices, je ne maîtrise pas vraiment), mais voici un aperçu qui ne transmet même pas un centième de l’émotion provoquée par la beauté de ces feux.

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A la fin de ces quinze minutes de beauté parfaite, qui redonnent foi en l’humain et sa capacité à ne pas faire que de la merde mais aussi créer des choses merveilleuses, quelques petites secondes d’abasourdissement. Et enfin, chacun se souhaite bonne année et ses meilleurs voeux pour 2015.
Pendant que la foule se lève petit à petit pour se diriger vers la station, on décide de prendre notre temps et éviter les bousculades. On reste donc pour parler aux gens à côté de nous, prendre nos premiers clichés de 2015, remarquer que le peu de parties de mon corps que j’avais laissé découvertes (à savoir mon nez, mes mains et mes pieds) sont complètement cramés et que je suis complètement ridicule, en plus de souffrir atrocement de ces coups de soleil à deux balles.
(Mais je n’ose imaginer mon état si je n’avais pas pris la sage décision de m’enrouler dans une couverture…).
Finalement, monter dans un train pour retourner en ville nous prendra 3 heures (qu’on a passé positivement en buvant et discutant), et encore, la foule était loin d’être dissipée.
En ville, les gens font la fête, des agents de la sécurité souhaitent bonne année aux passants le micro à la main en leur recommandant d’avoir pour première résolution de faire attention à eux pour cette première nuit de 2015.

J’étais invitée à une autre fête après les feux d’artifices, mais comme il était déjà 3h passé, que j’avais passé une très longue journée et que mes coups de soleil me brûlaient le pif et les phalanges, j’ai décidé de rentrer, sans regret, me coucher.

Ainsi se sont pour moi terminées les fêtes de fin d’année à Sydney.

Voilà, on y est les enfants. On est en 2015. L’année où on devrait tous être en mesure de s’acheter des baskets qui se lassent toute seule, aller au boulot en hoverboard et accueillir Marty le 21 octobre autour d’une pizza qui triple de volume au micro-onde.

Pour ma part, 2014 n’a pas été une mauvaise année.
Ca a été une année parfois longue, parfois dure, mais extrêmement positive. J’ai travaillé dur sur moi toute l’année, planté mes graines… et je commence ces derniers mois à en récolter les fruits.
J’accueille donc 2015 à bras ouvert, avec optimisme et l’espoir qu’elle continuera comme s’est terminée 2014.
Ce sera aussi une année de travail et de graines à planter pour la récolte de 2016, mais j’y crois. No pain, no gain, comme on dit.

Je vous souhaite aussi à tous une excellente année 2015, pleine de bonheur, de joie, d’amour, de découvertes, de rêves réalisés, de santé, de rencontres, de folie.
Et surtout prenez le temps de penser à vous. Car on oublie souvent de le préciser, mais la clé du bonheur, c’est pas l’argent, l’amour ou quoi, c’est vous-même.
Prenez le temps cette année, ne serait-ce qu’un instant, de peser le pour et le contre, vous demander ce qui vous rend heureux dans votre vie, et ce qui au contraire vous mine et vous fait du mal.
Débarrassez-vous de tout ce qui ose vous polluer gratuitement, n’ayez pas peur des séparations nécessaire.
Ne laissez pas les gens vous marcher sur les pieds ou vous faire croire que vous ne méritez pas d’être heureux.
C’est important, soyez la personne la plus importante de votre vie. Entreprenez tout ce que vous voulez, ne renoncez pas à vos envies et folies, faites un énorme fuck à ceux qui osent vous critiquer ou vous contrer. N’oubliez jamais que tant que c’est réfléchis, préparé et que ça ne cause de tord à personne, la vie n’a AUCUNE limite.

Et ceux qui veulent vous faire croire le contraire, proposez leur gentiment d’aller se faire cuire le cul, comme dirait la merveilleuse et inspirante Dame Fanny.
Je vous envoie un million de bisous, je vous remercie pour être sur ces pages, et je vous envoie plein d’ondes positives.

Plein d’amour et excellente année 2015 à vous tous <3

24 Louanges

  1. Aaaaw, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas vu un feu d’artifice…

    Hé bien, bonne année ~
    Bonheur, amour, santé, réussite, prospérité.
    (+ paix sur la terre, c’est pas de refus)

    Au final, est-ce que tu as pu faire du papier bulle avec ton nez, tes mains et tes pieds ?

    • Alors que moi je n’ai jamais autant vu de feux d’artifices que depuis que je suis ici… Je me suis souvent dit que Sydney devait être pétée de thunes pour en faire tous les weekends…
      Bon pas tous ce de standing évidemment.

      Bonne année à toi aussi !

      J’ai pas fait de bulles non, mais par contre maintenant je me la joue nagini : je pèle comme un serpent qui mue.

  2. cracotte

    Franchement… C’est ma-gni-fique!! Bonne année 2015 à toi, Sonyan de mon cœur!!

    • Merci mon soeur, à toi aussi <3

  3. Joëlle

    Merci Sonia pour ce magnifique reportage et ces superbes photos. Elles sont très réussies.
    Je te souhaite également une superbe année 2015, beaucoup de belles aventures… et surtout continue de nous faire rêver et bien rire ! Je t’embrasse.

    • Pour les photos, un trépied ça change la vie ! Et j’ai un ami qui me donne beaucoup de conseils, j’ai un peu progressé 🙂

      Bonne année à vous aussi !!

  4. zazator

    Bonne année à toi aussi Sonyan ! Je rêve de voir ces feux d’artifices moi aussi. Donc merci pour ce reportage et ces photos !

    • Merci à toi pour le commentaire. Si tu as l’occasion de les voir un jour (n’oublie pas le parasol…), franchement je te les recommande. Il y a du monde, c’est long tout ça… Mais si beau!!

  5. saramdam

    merci pour ces lignes, pour nous avoir fait vivre ça avec toi (parce que non, moi je ne ferai pas 17h d’attente pour un feu d’artifice, même extraordinaire, j’avoue – par contre j’ai fait ceux d’Amsterdam a la st sylvestre, et je te conseille: toute la ville EST un feu d’artifice géant, et ce toute la nuit… c’est incroyable (parce que c’est gratuit de tirer des feux d’artifice cette nuit la, donc tout ceux qui n’ont pas décrocher de contrat et/ou veulent d’entraîner y vont!)), bref, beaucoup de bonnes choses toi aussi, et plein de bonheurS!!!

    • J’avoue que je le ferais pas tous les ans, mais je suis ravie d’avoir pu les voir une fois dans ma vie !
      Je ne savais pas pour Amsterdam ! Si un jour j’ai l’occasion de passer le réveillon là bas, j’irai les voir !

      Bonne année à toi aussi et merci 🙂

  6. Aurélie

    Chère Sonia nous nous connaissons pas personnellement …. mais grâce à ta soeur je t ai suivi qq peu dans ton parcours de globe trotteuse. .. et aujourd hui j ai découvert cet article que j ai pris le temps de lire et d apprécié ! j ai été captivé par ton sens de l’observation de ta spontanéité et ton naturelle qui se reflète dans ton écriture. ( je retrouve un peu de ma carole dans tout ca ;)) .. je te remercie de m avoir fait participé indirectement à ton aventure …j espère que pour toi cette année 2015 t apportera tt se dont tu souhaites! Bisou à toi et good luck pour le reste de ton aventure australienne .

    • Merci Aurélie pour ton message ! Ca me fait plaisir 🙂
      En tous cas je suis flattée par tant de compliments (tu peux donc revenir commenter quand tu veux, ha ha), et te remercie d’avoir pris le temps de m’écrire.
      Bonne année à toi et prends bien soin de ma soeur pour moi 😉

  7. On est le 2 janvier, il est 9h21 et, comme quelques collègues, je suis l’un des rares à m’être fait -bip- et à bosser today.

    Cependant, ton dernier paragraphe m’a gonflé à bloc tant je m’y suis reconnu…
    Un grand merci encore pour toutes ces ondes positives, et te souhaitant aussi le meilleur pour cette nouvelle année.

    Bien amicalement
    (=^-^=) /

    • Ben tu commences bien l’année en me lisant au boulot, dis donc !! Coquin !
      Ha ha

      Courage petit scarabée, je t’encourage de mon côté du globe et merci pour tous tes commentaires, ça me fait toujours très plaisir 😉

  8. celine

    Je te souhaite une tres belle annee! Merci pour ces photos, c’est magnifique, trop degoutee de n’avoir pas pu participer a un tel spectacle!

    • Très belle année à toi aussi, j’espère que tout se passe bien de ton côté du globe !

  9. Cha'Lumeau

    Oh oui je te souhaite une belle année, tous mes voeux de récolte de petites graines!! \(^-^)/

    • Je te souhaite également tous mes voeux les plus agraires <3

  10. HélèneM

    Bonjour Sonyan !
    J’aime beaucoup ton blog, ta style d’écriture y est pour beaucoup ! Ce post m’a énormément émue (surtout le dernier paragraphe). Je te souhaite également le meilleur pour l’année à venir, mais tu t’en donnes les moyens, alors ça devrait aller 🙂

    • Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je te souhaite également une excellente année, et le courage d’aller au bout de tes envies 🙂
      En espérant te relire de temps en temps… <3

  11. Marie

    Ton post m’a rappelé beaucoup de bons moments quand j’étais en Australie.
    Les bouées en forme de sapin de Noël, ça a aussi son charme…
    Je me suis toujours demandée pourquoi ils ne fêtent pas Noël quand il fait vraiment froid : en juillet à Melbourne, la température descendait à 2°C ! Et les magasins vendent du vin chaud à ce moment-là seulement… Il y a aussi des pistes de ski aux alentours de Melbourne qui donnent un esprit de noël. Quelques expatriés le re-fête d’ailleurs à ce moment-là.
    Bon voyage !!

    • Sûrement qu’ils ne le fêtent pas en juillet/aout parce que l’Australie reste un pays assez chrétien, donc que ce serait pas bien de fêter la naissance de Jésus en pleine assomption ? xD
      Ha ha j’ai pas vu les boués en forme de sapin, mais ça m’aurait bien fait marrer tiens, xD

  12. Très belle année à vous Sonyan, que de belles choses pour vous et ceux que vous aimez. Passionné par le Japon, j’ai découvert par hasard (et pas rasé) il y a peu votre blog, ce que je regrette pas -vous savez écrire.

    • Comment osez-vous traîner sur ses pages pas rasé ? La brigade anti-poils rôde vous savez, vous pourriez vous faire prendre !

      Merci beaucoup et je vous souhaite également une très belle année !

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