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Le blog de l’année !

Le blog de l’année.
J’aimerais pouvoir vous dire que c’est parce que c’est le meilleur, mais c’est plus parce qu’il n’y en a qu’un par an…

Après des mois sans y avoir mis les pieds, je reviens, comme chaque année, dépoussiérer ce blog mort.

Un peu parce que vous me manquez, un peu parce que j’en ai envie, et aussi parce qu’OVH vient, comme chaque année, réclamer ses deniers pour me laisser le droit de laisser mourir ce blog sur la place publique.
D’habitude, je mets la main à la carte bleue sans réfléchir pour renouveler l’abonnement, mais je dois avouer que cette fois-ci, je me pose la question.

Est-ce que je dois vraiment renouveler encore une fois, peut-être pour rien ? Est-ce que je ne ferais pas mieux de m’épargner 70 euros l’année pour un site où je ne mets plus les pieds ?

Remise en question

Comme j’en ai déjà parlé récemment, ceux qui me suivent sur Twitter savent que je vis ma petite crise existentielle des réseaux sociaux et de ma présence virtuelle en ce moment.
J’ai réalisé ces derniers mois que j’avais une sorte d’autocensure chronique sur le fait de poster un truc ou un autre.
Une des raisons étant que mes comptes ne sont depuis longtemps plus du tout anonymes. Avant, je n’avais qu’une petite poignée de gens de mon entourage parmi les gens qui suivaient mes aventures, pour une grosse poignée d’inconnus. Maintenant j’ai l’impression que c’est le contraire.
Des contacts professionnels, des amis d’amis, des personnes que j’ai rencontrées dans un cadre précis, et qui font que, pour une raison ou pour une autre, je ne vais plus oser dire telle ou telle chose.
Il y a une certaine liberté dans le fait d’être complètement anonyme. On peut se permettre d’arrêter de suivre une personne qui nous ennuie, alors que quand il y a une connexion avec le réel, le geste a parfois des conséquences. Il y a tous ces nouveaux outils de « mute », de filtrage et compagnie, mais dans le fond le trouve ça un peu hypocrite aussi.
D’un côté c’est bête, j’ai appris depuis longtemps qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde et je suis bien assez grande pour écrire ce qui me plaît et n’interagir qu’avec les personnes qui m’intéressent. Mais je crois qu’il faut une phase d’adaptation pour pouvoir dépasser ça, et je n’ai pas encore suffisamment apprivoisé mon je-m’en-foutisme.

Donc voilà, il y a une certaine liberté dans le fait d’être complètement anonyme qui me manque un peu.

Au delà du côté auto-censure, j’ai parfois du mal avec le fait d’être hyper connectée tout le temps avec tout plein de gens « du réel » dont on a pas forcément envie d’avoir des news ou connaître les états d’âme toutes les 5 minutes.
Je ne sais pas si c’est Black Mirror qui me monte à la tête, mais je trouve notre façon de communiquer en permanence avec les gens qu’on connait un peu tordue, et malsaine parfois. 
Attention, je suis la première utilisatrice de tous ces moyens de communication, et je trouve merveilleux qu’on puisse rester en contact avec des personnes qui ont partagé ne serait-ce qu’un court instant de notre parcours de vie, etc. C’est juste que parfois, je trouve les limites difficiles à délimiter pour que ça ne devienne pas étouffant.
Je vais sonner comme une vieille avant l’heure, mais avant les réseaux sociaux, il y avait (en tout cas pour ma part) une véritable séparation entre ma vie réelle et ma vie virtuelle.
Les gens que je voyais en cours, au boulot, dans mes activités extra-scolaires, et ceux avec qui je parlais sur les forums que je fréquentais et les sites que j’administrais étaient complètement différents, nos sujets de discussions aussi.
Aujourd’hui, tout est un peu mélangé, il n’y a plus de limite précise. Et l’objet de nos publications est bien souvent la mise en scène de nos propres vies. 
Je fais partie de ce système, je le nourris, et pourtant moi aussi parfois, il m’épuise et j’ai besoin d’une pause.

A l’époque où mon blog était mis à jour et un peu populaire, c’était même parfois malaisant. Très régulièrement, je pouvais croiser des gens de mon entourage qui me disaient « J’ai vu que tu avais blogué, mais désolé(e), je n’ai pas encore lu. »

Deux fois, je suis tombée sur des personnes qui me disaient «Je lis tout ce que tu écris ! Tous les articles ! J’adore ! » alors que ce n’était manifestement pas vrai.
Une fois, je ne sais plus exactement le propos, mais j’ai répondu en faisant une allusion à mon tristement célèbre article sur les TCA.
XX : TCA ? C’est quoi ?
Moi : Troubles du comportement alimentaire… ?
XX : Oh. Je lis tout sans faute, donc j’ai dû le lire il y a longtemps mais tes blogs sont tellement longs, je ne me souviens pas de tout par coeur !

Oui, alors… Pour le coup, permettez-moi de douter très fort qu’on puisse oublier celui-là si on l’a vraiment lu.

Pourquoi mentir, je ne demande pas de compte, moi ?
Je veux dire… Pas de malaise, hein ? Je ne fais pas d’interrogations surprises, je le promets. Concrètement, je ne force personne à lire ou commenter ce que j’écris. Se connaître IRL ou même être amis ne pousse à aucune obligation.
Je ne me définis même pas comme blogueuse. Ici, c’est juste un défouloir quand j’en ai l’envie, le temps ou l’inspiration.

Je suis contente si on me lit ou si on me dit un petit mot, les encouragements qui boostent le moral ont un effet salvateur, je ne vous le cache pas. Mais ça me touche si on le fait parce qu’on en a envie et qu’on passe un vrai bon moment sur ces pages, sinon je m’en fiche pas mal, et je ne me définis pas seulement par un article écrit tous les 4 mois en période de grande forme. 
Si ça peut vous déculpabiliser, sachez que moi, je ne lis quasiment aucun blog des gens que je connais, et pour le coup, je ne culpabilise pas une seconde.

Bref, je ne sais pas, à un moment donné, ce blog avait légèrement biaisé la relation que j’avais avec les gens IRL. A fortiori une fois revenue au Japon, puisque c’est dans la communauté nippophile que mes articles ont le plus été lus.
Entre ceux qui croyaient  tout connaître de moi grâce à mes articles (spoiler : non), ceux qui avaient une image très précise de moi qui ne correspondait pas forcément à la réalité avant de me rencontrer, et certaines personnes déjà proches qui se sentaient obligés de lire ou suivre par loyauté…
A une période, j’avoue avoir trouvé ça un peu oppressant et je dois avouer que je n’avais pas envie qu’on me parle de mon blog en dehors du moment où j’étais en ligne pour m’en occuper.
Je sais que souvent ces personnes n’avaient aucune mauvaise intention donc ce n’est pas un reproche, c’est juste que comme tout le monde faisait un peu pareil, ça revenait régulièrement pour moi et a fini par me mettre un peu mal à l’aise. 
Mais le problème vient de moi, car j’ai la chance jusqu’ici d’être relativement épargnée par les haters, donc pour le coup, je ne peux pas dire qu’on m’ait dit des choses désagréables.

Et dire que je me plains de la pression en ayant eu que quelques milliers de lecteurs à un moment donné, heureusement que je ne suis pas EnjoyPhoenix, car je ne sais manifestement pas gérer le fait d’avoir un petit auditoire (et je n’y connais rien en produits de beauté de toute façon).

Je n’arrive pas à savoir si ce que je dis est ingrat ou non… ? 

En un sens oui, on est toujours heureux d’avoir des gens qui vous suivent et qui vous lisent.
Et je reçois bien souvent des messages bienveillants qui font aussi chaud au coeur (et pour lesquels je vous remercie du fond du coeur).
Mais je n’ai pas bien su gérer la partie IRL et la partie virtuelle, que ce soit ici ou sur Twitter, et à un moment donné tout s’est mélangé et je n’ai plus ressenti la même liberté qu’avant pour m’exprimer.

Crise de confiance 

Au delà de ça, ces dernières années ont été un peu compliquées, l’année 2017 particulièrement difficile, et j’y ai laissé quelques plumes.
Je vous ai souvent teasé à propos d’un projet que je préparais depuis plusieurs années et qui était la raison de mon retour coup de théâtre au Japon.

Et bah patatatra, ce projet ne verra jamais le jour.

En tout cas, pas avec moi et pas au Japon (c’est ballot).

Et mon ressenti vis à vis de ça est extrêmement complexe.
Je vous passerai les raisons troubles de ce terrible échec humain (une histoire qui pourtant vous passionnerait puisqu’elle inclut courses poursuites en voitures de police dans les montagnes japonaises avec girophares arc-en-ciel, fratricide, coup d’état, violence, sexe, drogues et Benjamin Castaldi en crocs sur une plage de Normandie), mais le fait est que ça a été un gros coup de pied dans le château de cartes fragile de ma vie.

D’un côté, je sens au fond de moi que c’est une bonne chose. Car comme je n’étais pas seule dans cette histoire, j’avais tendance à m’oublier et mettre de côté mes propres désirs pour ça, voire à ressentir une certaine culpabilité si j’avais d’autres envies et ne plus oser à 100% faire des activités rien que pour moi.
Aujourd’hui, mon destin m’appartient de nouveau, et si on essaie d’être positif, c’est plutôt une bonne nouvelle.

Le problème, c’est que moi qui suis à la base quelqu’un qui aime travailler seule, j’ai réfléchi et fonctionné à deux pendant trois ans où j’ai eu tendance – inconsciemment – à bloquer mes envies personnelles et mes besoins.

Aussi, avant d’aller en Australie, je sortais d’une relation amoureuse avec une personne qui s’est avérée très toxique et qui avait déjà salement cassée mon estime de moi (déjà qu’elle vole pas bien haut de base).

Résultat, j’arrive à une période charnière de ma vie, où je dois me relever seule, m’écouter, savoir ce que je veux et croire en moi pour y arriver.
La belle affaire.

Parce que quand sur les quatre dernières années, on vous a détruit psychologiquement et que vous avez fait l’erreur de vous reconstruire non pas seule mais en binôme et en vous reposant sur cette personne, c’est devenu quelque chose de super difficile.

Pour la première fois depuis des années, j’ai l’impression d’être seule avec moi-même et de ne plus être capable de rien.
Il y a un côté d’exaltant dans le fait d’être de nouveau maître de ses envies et cette impression que tout est possible… Mais c’est aussi terrifiant de se dire que cette fois on ne suit plus personne, car dans le fond « je ne suis qu’une merde et je ne vaux rien. »

Cela fait des années que je ne dessine plus, que je n’écris plus, que je ne créé plus rien. Que je n’ai rien fait de valorisant complètement seule.
Rien qui n’appartienne qu’à moi et qui aurait pu m’aider à reconstruire l’estime de moi envolée aux quatre vents.

Ça a pris une éternité mais ces derniers mois l’inspiration est revenue. L’envie aussi.
Mais la confiance n’est plus là. Et au moment de me mettre à l’attaque, je me sens moins que rien, et rien ne sort.

Je me rends compte que je me sens vivante et légitime d’exister que quand je fais quelque chose de vraiment extraordinaire : faire le tour d’Australie seule, sauter d’un avion pour un skydiving (alors que je tremble de vertige sur un escabeau…), nager avec des raies manta ou plier ma langue en forme de U.
Alors je suis fière et j’ai de l’estime pour moi et je me sens capable.
Cinq minutes.

Et puis tout s’écroule de nouveau.

Je suis devenue incapable de garder cet esprit de conquérante au quotidien. Je vais regarder un clavier ou une feuille blanche en me disant « j’ai envie » et ressentir un immense blocage que je n’avais pas avant.
Et plus mon envie est forte, plus ce blocage devient frustrant et démoralisant.

  

Aussi, j’ai eu l’opportunité de devenir manager du service international d’une entreprise cet été.
Je n’en avais aucune envie, déjà parce qu’après trois ans à bosser à la maison en pyjama, dans des cafés en musique ou en road trip à l’autre bout du monde, revenir m’enfermer 9h par jour dans un open space me donnait envie de me tirer une balle. Aussi, parce que ne plus travailler avec des Japonais c’était un peu ce qui m’avait réconcilié avec le Japon, et j’avais peur que devoir de nouveau rentrer dans le moule du travail japinois me tape sur le système nerveux assez rapidement (spoiler : oui).
J’ai finalement accepté parce qu’avec l’échec de mon projet, je n’avais plus aucune visibilité sur mon avenir et sur ce dont j’avais envie et que j’avais besoin d’un coup de pied au cul.
Je me suis dit qu’au lieu de broyer du noir, devoir être obligée de me lever tous les matins pour rendre des comptes à un patron serait un bon stimulant. Et puis, je me suis dit que diriger une équipe, apprendre à analyser des chiffres et des budgets pourrait m’apprendre des choses et que ça me servirait pour mes projets futurs.
C’est le cas, moi qui n’ai qu’une formation littéraire et culturelle, j’apprends, malgré mon amateurisme, plein de choses.

Mais ce qu’on ne m’avait pas dit avant, c’est que si on cherchait un manager d’urgence, c’était parce que l’entreprise était en train de se casser la gueule et qu’il fallait très vite quelqu’un pour recadrer le truc et empêcher le Titanic de couler.
En fait, plus que manager, j’ai été embauchée dans le rôle de rustine.

 

Donc autant vous dire que mon retour dans le monde standard du travail aurait pu être plus joyeux et moins stressant, et que comme il fallait mettre les bouchées doubles, les premiers mois ont été terribles, avec de nombreuses journées au bureau jusqu’à minuit ou une heure du matin.
Résultat, plus le temps d’aller au sport, plus le temps d’aller danser la salsa (tristesse, j’écris ton nom), le cul posé sur une chaise 14h par jour, stressée H24, peu de sommeil…
→PRISE DE 20 KILOS EN SIX MOIS.

Bim.

 

Voilà voilà.
En plus, je suis la professionnelle des kilos émotionnels : dès que quelque chose ne va pas dans ma vie, que je garde quelque chose pour moi, que je me sens mal dans mes pompes, je continue de gonfler comme un putain de ballon sans raison.

Vous commencez à me connaître, je vous laisse imaginer mon état psychologique actuel et mon désespoir face à un miroir.

Et donc, énième prise de poids, détestation de sa personne et de son image, baisse d’estime de soi, s’il en reste.
Le cercle vicieux s’accélère.

Ajoutez à cela d’autres soucis de la vie, une période générale de creux dans tous les domaines et une année épuisante derrière soi, et ça vous donne une Sonyan qui a le pelage rose en berne.
Je n’ai pas le moral, j’ai du mal à retrouver l’envie (qu’on me donne l’enviiiie, l’envie d’avoir enviiiiie… Voilà, mon hommage à Johnny moi aussi), à m’amuser pour de vrai, à rire de bon cœur et à accepter le fait que je doive vivre seule et pour moi.

J’ai l’impression de jouer la comédie la plupart du temps où je suis en société, pour m’effondrer dès que je suis rentrée chez moi.
Alors comme toujours, j’essaie de m’occuper pour ne pas penser. Ces derniers temps je décore un peu mon appartement qui ressemblait un peu à une chambre d’hôpital, et je me bas avec mon chat qui détruit au fur et à mesure ce que je fais.
Enfoiré.

Un peu de positif, bordel !

 

Bref, on vient de passer 5 pages à chialer dans les chaumières, on va peut-être s’arrêter là et passer à autre chose.
Non, 2017 n’a pas été un bon cru. Une petite piquette de bas étage, tout au mieux.

Mais ça ne change rien au fait que je crois que la chance ne vient pas, et qu’on la crée soi-même.
Alors c’est ce que j’ai fait.

En 2017, j’ai commencé l’année en fanfare en faisant le tour de la Nouvelle-Zélande pendant un mois (île nord et sud), et avant de m’enfermer dans les bureaux de l’entreprise, je suis aussi allée crapahuter dans le sud de Taïwan.
Deux beaux voyages qui m’en ont mis plein les mirettes.
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Aussi, comme j’en avais envie depuis très longtemps, et que je souffre terriblement de la solitude, j’ai adopté un chat.
Comme je pourris UN PEU mon snapchat de sa perfection immaculée, je pense que pas mal d’entre vous le savait déjà.
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(D’ailleurs, pour éviter le spam trop intensif, mon roi a son propre instagram : @king.balerion) 

Cet être diabolique pourri mes nuits en me sautant sur le visage et bousille mes murs pour faire sa manucure (oui il a un arbre à chat, oui je lui ai acheté des trucs de cartons et autres, et oui, j’ai des mis des protections sur mes murs, BUT STILL è_é), mais je l’aime plus que tout au monde.

Il a changé ma vie.

Déjà, je n’ai plus aucune chaussette sans trou puisqu’il adore jouer au foot avec et les décortiquer.  Donc j’ai régulièrement les doigts de pieds au frais.
(Quand je vous disais que c’était un enfoiré).
Mais surtout, je n’ai plus ces crises d’angoisses quand je rentre à la maison le soir et qu’il n’y a personne.
Cela faisait des années que je ne rentrais pas chez moi avant 23h ou minuit pour éviter de me retrouver seule, des années que j’avais des insomnies, des années que je n’arrivais plus à apprécier un film et une série car le sentiment de solitude une fois rentrée à la maison était tellement oppressant qu’il me rendait impossible le moindre moment de détente en solo.

Résultat, j’ai des années de séries en retard, et une amie m’a donné son compte Netflix.


Adieu vie sociale

Maintenant, limite il me tarde de rentrer chez moi le soir pour le retrouver, l’instant glandouille devant une série avec lui qui ronronne dans mon cou est le meilleur moment de la journée, et si je ne dors pas la nuit, c’est seulement parce que ce fifrelin a décidé qu’il était l’heure de me mordiller les doigts de pieds.

 

Voilà, je suis passée du côté obscur des vieilles à chats, gaga de leur boule de poils.
Cliché de la trentenaire célibataire, je suppose.

Sinon, j’ai décidé que mon expérience à temps plein dans le monde de l’entreprise avait assez duré, mais comme je voulais conserver mon travail, un salaire, et mon titre de manager pour plus tard, j’ai demandé à ne travailler plus que le matin dans les bureaux. 

Je viens le matin, je fais le tour des chiffres, de ce qu’il y a à faire, je fais le point, et je me casse ensuite pour faire ma vie. Je travaille tranquille sans bruit de gens qui machouillent la bouche ouverte où se râcle le fond de gorge toutes les deux secondes, et si j’ai besoin de faire une pause d’une heure ou deux pour aller marcher, courir, faire une course ou autre, hé bien je le fais.

Je dois encore apprivoiser ce nouveau rythme, mais ne plus rester enfermée dans un bocal dans le même bureau avec les mêmes personnes du matin au soir me fait déjà du bien.

En 2017, j’ai fait une immense peinture d’1m50 sur 3m qui a pris un bon mois à réaliser, à deux.
Bon, ce n’était pas pour moi donc ce n’était pas sur un sujet qui me parle beaucoup (le portrait d’une équipe de foot…), mais moi qui n’avais jamais peint avant, je me suis peut-être découvert un autre hobby.
C’était vraiment relaxant de rentrer chez soi le soir, et peindre en musique.

Si j’arrive à vaincre ce foutu blocage, j’aimerais bien recommencer pour quelque chose de plus personnel et ancré dans mon univers cette fois.

En 2017, j’ai battu mon record de concerts de Miyavi sur l’année. Ils étaient tous merveilleux (la question ne se pose même pas), et je remets ça dès le mois de mars.
J’ai ainsi achevé en beauté ma 14ème année de fangirl.

En 2017, j’ai déménagé dans un appartement plus grand, et pour la première fois depuis plus de 10 ans que j’ai quitté le cocon familial, j’ai un vrai appartement qui n’est ni une coloc, ni un petit studio. Enfin un grand espace pour moi (enfin je veux dire pour le chat, il a la gentillesse de me laisser squatter les lieux).

En 2017, j’ai retrouvé des idées, des objectifs personnels, et des projets.

Oui, des projets

Après des années à avancer avec en tête un objectif qui a disparu, ça a été vraiment le trou noir.
Que faire de ma vie ?

J’ai eu au moins raison sur un truc dernièrement, c’est que revenir en entreprise m’a un peu remise sur les rails.
Je recommence à délimiter ce que je n’ai pas envie de faire (travailler) et ce que j’ai envie (danser nue sur la plage un mojito à la main).
A avoir de vrais projets (si si), qui m’appartiennent.

Le seul problème, c’est ce que je vous écrivais plus haut.
Arriver à surmonter le blocage qui s’est créé ces dernières années, ce manque de confiance.

Alors comme on me l’a conseillé, je vais essayer de commencer petit à petit.
Avec des choses anodines. Recommencer à lire, à faire des photos. A tenter un dessin par là, peut-être encore une peinture.
A écrire.
(Le sachiez-tu : j’ai trois articles de blogs entamés sur ce disque dur jamais achevés « parce que c’est nul ». Tss.).

Peut-être qu’en faisant ça, j’arriverai à ressentir un peu de satisfaction à faire quelque chose de valorisant et arriverai à reprendre confiance.

Arriver aussi à surmonter mes problèmes de gestion de mes passe-temps virtuels qui empiètent un peu sur mes interactions IRL.
Pour l’instant, je suis un peu en ON et OFF.
Quand j’ai envie de poster quelque chose, je le poste.
Quand j’ai besoin de souffler et de me déconnecter de la vie des autres et qu’on m’oublie un peu, alors je désactive tout quelques jours ou quelques semaines.

Je suis en train d’envisager de reprendre un blog de créations (critiques de lectures, écritures de fictions, dessins, etc) que j’avais à un moment sous un autre pseudo.
Pour ce blog-là, peut-être que j’arriverai à finir ceux que j’avais entamés (faut que je paye OVH aussi…)
Je regarde aussi des stages et bootcamp divers à l’étranger dans des domaines qui me parlent et qui me feraient du bien.

Bref.
Petit à petit.
Pierre par pierre.
On va essayer.

Si vous entendez parler de moi cette année, c’est que j’ai réussi. Si je continue d’apparaître en pointillée, c’est que je me débats encore dans mon labyrinthe. 

Plus qu’un blog de nouvelles, ceci est un blog d’auto persuasion.
Tout écrire pour le graver quelque part, se motiver.

Aussi pour rappeler à ceux qui en ont besoin aussi que votre pire ennemi, c’est vous même.
Votre propre prison, c’est vous même.
Qu’il faut se battre, tout le temps. 
Même si des fois, on s’en sent plus la force.

 Allez 2018, on y croit.
Plein de bonnes ondes, des bisous, des câlins et bon courage pour vous aussi.

COMMENT LE JAPON M’A RENDUE NATURISTE !

Ah bah oui.
En me permettant de vous envoyer sur les monts venteux pendant plus d’un an sans un seul billet, il fallait bien au moins un bon titre putaclic pour vous faire revenir sur ce blog poussiéreux.
Les techniques de communication sur le web ont évolué, je m’adapte, que voulez-vous.

Bref, vous allez être déçus, je ne suis pas plus naturiste que Geneviève De Fontenay (Quoique… Après tout, on ne sait pas tout.)
Même si c’est vrai que depuis 2016, je me mets régulièrement à poil en public, mais je reviendrai plus en détails sur ce point plus bas.
(Et non, je ne suis pas devenue stripteaseuse non plus. Tu lis et tu arrêtes de m’interrompre, merci.)

Donc déjà un an que je n’ai pas blogué.

Je ne vais pas vous refaire en détails mes vœux de nouvelle année, car pour être honnête, ils ressembleraient ligne pour ligne à ce que je vous ai écrit l’an dernier.
Croyez en vos rêves, faites vous des listes de choses à accomplir, de la plus insignifiantes à la plus démesurée, et réalisez ce que vous pouvez sur le chemin. Et à la fin de l’année, malgré toutes les galères que vous avez eues, malgré les possibles maladies, les déceptions, le climat politique de plus en plus MERDIQUE (et franchement, le mot est faible), hé bien c’est ce que vous avez accompli que vous retiendrez. Et c’est aussi ça qui donnera à votre vie cette petite saveur spéciale qui la rend digne d’être vécue.
Moi c’est comme ça que je fonctionne. J’oublie tout ce qui ne va pas dans ma vie (et malgré les apparences, la liste est longue) en m’offrant tout ce que je peux m’offrir en expériences et en défis.
Et ça me rend triste quand je vois des gens qui rêvent en voyant la vie des autres sans oser.
Donc je recycle ma vieille rengaine, 2017 est vôtre, OSEZ FAIRE CE QUE VOUS VOULEZ.

Aussi, cela fait un an déjà que je suis retournée au Japon.
Et ça a été une année bien chargée.

Honnêtement, je ne saurais vous dire si ça a été une bonne année ou non. A la fin de l’année, j’avais tendance à dire que ça avait été une année de merde bien comme il faut, mais je crois que c’est surtout le climat anxiogène actuel du monde qui me donne ce ressenti.
D’un point de vue personnel, ça n’a pas toujours été une année confortable psychologiquement, mais je pense encore une fois en avoir bien profité, et avoir beaucoup avancé dans mes projets et mon travail sur moi-même.

Beaucoup m’ont demandé pendant l’année qu’est-ce que ça me faisait de retourner au Japon après deux ans et demi d’absence. Je vais en profiter pour vous faire un peu le point là-dessus.

J’ai déçu pas mal de personnes avec cette réponse, mais je dois avouer que ça ne m’a pas bouleversée plus que ça en fait.
J’ai été contente de retrouver certaines choses, d’autres me gavent toujours autant, et voilà. Je pense que j’y ai vécu trop longtemps et en ai été absente trop peu de temps pour vivre une véritable nostalgie. D’autant plus que j’y étais revenue 3 semaines en 2014 donc la coupure n’a pas été aussi nette que ça.

Donc non, je n’ai pas eu cette émotion qui vous prend aux tripes que beaucoup ont cru que j’aurais, j’ai juste eu l’impression d’être revenue à la maison après des vacances. 
Certaines choses ont changé, pas mal de mes adresses préférées n’existent plus, mais pas dans des proportions assez importantes pour que je me sente perdue.

Par contre, mon rapport avec le Japon en lui-même a lui beaucoup changé, et donc mon état d’esprit au quotidien aussi. Je pense ne plus du tout avoir la même vie que celle que je menais il y a 3 ans, et je ne vis plus du tout le même Japon qu’à l’époque. Et je pense que c’est pour le mieux.
Certains vont peut-être trouver ça triste, mais je n’ai plus cette passion du Japon, il ne me fait plus vibrer.
Ne vous méprenez pas, ça ne veut pas du tout dire que je n’aime plus le Japon, je l’aime toujours et je l’aimerai toujours. Il représente une partie bien trop énorme de ma vie pour devenir insignifiant un jour.
Mais il ne me passionne plus. Je ne lis plus beaucoup de littérature japonaise, je ne regarde plus trop de films japonais, je ne regarde plus de drama, niveau musique je n’ai aucune idée de ce qui passe à la radio… Et surtout, je ne cherche plus du tout à avoir des amis Japonais, à vivre à la Japonaise, ou à vouloir rester dans ce pays à n’importe quel prix.
Et c’est ce qui fait toute la différence.

Déjà, je ne serais pas revenue si ce n’était pas les conditions dans lesquelles je suis aujourd’hui. Je travaille seule, à mon compte, sans être obligée d’aller à l’entreprise. C’est un mode de vie très isolé et faut vraiment se sortir les doigts du cul faire des efforts pour arriver à se créer une vie sociale mais c’est aussi une liberté qui n’a pas de prix. Je ne me coltine plus les rush hour, les open space, les horaires fixes et compagnie.
Je vais à l’entreprise une fois par semaine pour un meeting d’une heure et point barre. Et même si j’aime bien cette entreprise, je suis heureuse comme ça et je n’ai pas envie d’y retourner.
A côté, j’ai mes loisirs et des projets qui m’appartiennent et m’épanouissent autant que possible.
Je ne serais plus capable d’accepter un job de merde, pour une paye de merde, avec des conditions de merde, juste pour avoir un visa comme je l’ai fait entre 2011 et 2012.
Je ne regrette pas de l’avoir fait plus jeune car c’était une étape à passer, et que ça a fait de moi qui je suis aujourd’hui. Mais je sais aussi ce que ça coûte psychologiquement à côté et que ça peut juste vous dégoûter de ce pays (ou de n’importe quel pays d’ailleurs).
Avant, parce que j’avais envie de m’intégrer, parce que je voulais améliorer mon Japonais, et parce que j’étais passionnée, je voulais avoir un entourage exclusivement Japonais.
Aujourd’hui, en toute honnêteté, ça me passe complètement au dessus. Je m’en fiche. J’ai toujours quelques amis Japonais, j’en rencontre aussi via mes loisirs, mais je ne cherche plus à tout prix à créer de liens. Ils se créent naturellement, ou non. Et soyons honnête, bien souvent c’est non.
Résultat, je n’ai plus toutes les déconvenues que j’ai pu vivre avant, et les fameux « Oh oui, il faut trop qu’on se revoit !!! » et ne jamais revoir la personne malgré moult invitations.

Aussi, je dois avouer que vivre en Australie m’a énormément changée. Retrouver un mode de vie occidental m’a redonné le goût des rencontres spontanées.
Peut-être par lassitude, je joue de moins en moins le jeu des conversations codifiées des Japonais et leurs figures imposées qu’on retrouve à chaque fois :
「どこから来たんですか?」« D’où est-ce que tu viens ? »,   「ええ、日本語うまいですね!」« Oooh, que tu parles bien le Japonais. », 「日本の何が好きですか?」 « Mais qu’est-ce que tu aimes au Japon ? » , 「日本料理が好きですか」 « Tu aimes la cuisine japonaise ? » et j’en passe…
Ca fait dix ans que j’ai cette conversation en boucle à chaque rencontre, que je réponds les mêmes choses et que j’obtiens exactement les mêmes réponses à la virgule près.
Je ne jette pas la pierre aux Japonais, cela fait partie de leur culture de communication que d’approcher l’autre avec ces questions neutres qui reviennent à chaque PUTAIN DE fois.
Et les premières années, quand on ne parle pas très bien la langue, quand on cherche à rencontrer de nouvelles personnes, quand on ne sait pas trop quoi dire pour ne pas faire de faux pas, ces conversations formatées sont rassurantes.
Mais au bout de dix ans, elles sont devenues –en ce qui me concerne- gonflantes.
Alors j’ai tendance à ne plus faire d’efforts pour entretenir ces conversations bateaux quasi obligatoires et les Japonais avec qui j’arrive à tisser des liens ont soit vécu longtemps à l’étranger, soit sont un peu perchés et sortent des cases.

Ces quelques détails ont changé ma vie, en mieux.

Je ne vis pas à la Japonaise, mon entourage n’est pas exclusivement Japonais, le Japon ne me fait plus rêver comme avant.
Et paradoxalement, j’en profite plus qu’avant.
J’ai plus de temps pour moi et je n’ai plus une paye qui m’enterre sous le seuil de pauvreté.

Alors je voyage. Rien qu’en 2016, je suis allée à Hokkaido, pour la première fois à Okinawa et à Kyushu, et plusieurs fois dans le Kansai.
Je sors beaucoup plus qu’avant dans certains quartiers ou jardins pour y faire de la photo, je tente de nouvelle expériences culturelles (comme une soirée épique au théâtre Nô… Il faut que je vous en parle un jour, j’ai failli en faire pipi dans ma culotte), parfois au musée (et me transforme en Samurai au passage).

image1 (2)Que trépasse si je faiblis !

Donc paradoxalement, le Japon ne me fait plus vibrer, mais j’en profite beaucoup plus qu’avant. Je ne me mets aucune pression pour y rester à tout prix, pour avoir des amis Japonais, un mari Japonais (mon discours depuis 2012 et mes blogs sur le petit ami japonais n’a pas changé, je passe mon tour sur ce point et je vous les laisse) et « devenir Japonaise ».
J’en profite et j’apprends à redécouvrir le Japon en tant que pays d’accueil, sans me dire que je veux y rester, sans me déraciner… Et c’est la formule qui marche le mieux pour moi aujourd’hui.

Qu’est-ce qui a changé d’autre ?

– Je suis devenue une Roppongi-Girl.

Quelle horreur. Sachez que le moi du passé me jette actuellement une grosse pierre bien aiguisée en me jugeant, les sourcils froncés.

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Roppongi, le quartier que je déteste le plus par excellence. Le quartier glauque où quasi à chaque fois que j’y vais, je vois des mecs complètement bourrés se foutre sur la gueule, le quartier qui te rappelle la France avec son harcèlement de rue de merde, le quartier dégueulasse des rabatteurs qui te tirent sur le bras vers son boui-boui louche en te disant « Hey Baby ! Come in my bar !», le quartier qui sent le graillon avec ses Kebab tous les 2 mètres et le vendeur qui te crie inlassablement à chaque passage « No Kebab, No life !  No Kebab, No Life !».
Gros, j’ai rien contre les kebabs mais là il est minuit, j’ai mis mes habits de lumière pour faire ma belle sur le dancefloor, j’ai moyen envie de m’enfiler un Kebab au risque de baptiser ma nouvelle robe H&M de mayonnaise et avoir l’haleine qui pue l’oignon jusqu’au matin. Merci de ta compréhension.

C’est aussi, à d’autres heures de la journée, le quartier des boutiques de luxe et des restaurants hors de prix, mais ce n’est pas spécialement mon délire donc ça ne rattrape pas forcément les choses à mes yeux.

Bref, je n’aime tellement pas ce quartier qu’en ayant vécu 5 ans au Japon avant, j’avais dû y aller environ 2 ou 3 fois à tout casser. Dont deux fois sous la contrainte.
Et maintenant, j’y vais presque toutes les semaines. Pardon à tout ceux que j’ai déçu, je comprends… *se flagelle*
Pourquoi un tel revirement ? Parce que vivre avec des Colombiens en Australie a changé ma vie et que je me suis mise en tête d’apprendre la salsa et la bachata en 2016. Que c’est devenue ma passion et que les seuls endroits sympas où je peux aller danser toute la nuit sur un air latino, bah c’est Roppongi.
Alors je me maudis à chaque fois que je traverse ce triste quartier et qu’on me tire sur le bras, qu’on me fait un commentaire dégueulasse ou que je slalome entre deux âmes perdues qui font connaissance à coups de poings… Jusqu’à ce que je passe la porte d’entrée et que les rythmes endiablés d’Amérique Latine m’accueillent en me disant que finalement, ça valait la peine de faire la traversée des Enfers.

Donc oui, depuis que je suis revenue à Tokyo, la danse latine a pris une place immense dans ma vie. C’est pas très Japonais me direz-vous, mais c’est fort épanouissant et vu comme je suis mordue, ça ne risque pas de s’arranger.

  • Je me fous régulièrement à poil en public

Nous y voilà.
Je sais bien que c’est ce que vous attendiez de savoir depuis le début, bande de dégoûtants ! Pardon, la réalité est clairement moins croustillantes que le titre.
Mais habituez-vous, la vie est souvent comme ça. 

Bref, comme ceux qui me lisent depuis longtemps le savent, je suis la personne la plus complexée du monde.

En 2017, j’en suis toujours là, je hais mon corps. 

Expliquez-moi comment on apprend à s’aimer, parce que moi je commence à perdre espoir. Je ne pige pas quel est le secret de l’acceptation de soi (et pourtant j’en ai fait des trucs) et je ne sais toujours pas me regarder dans une glace sans éprouver un profond dégoût.
De ce fait, j’ai bien du mal à me déshabiller, voyez-vous.

L’Australie m’a réconciliée – un peu – avec le maillot de bain. Cela faisait plus de dix ans que j’évitais un maximum de me mettre en maillot pour me baigner. Au point que sur les 15 dernières années, je peux vous citer précisément les deux fois où je me suis mise en maillot en public sur une plage.
En Australie, même si j’ai été loin d’en profiter autant qu’une personne qui n’a pas ce problème, j’ai bravé le regard des autres avec mon deux pièces sur la plage quelques fois.
Les premières fois n’ont pas été faciles (surtout sur Bondi Beach où tout le monde semble être choisi sur casting…), mais j’ai fini par me faire violence.

Voyez qu’avec ce niveau, j’étais loin de pouvoir profiter d’un des plus grands avantages de la culture japonaise : les onsens.
Hé oui. Depuis la première fois où j’ai foutu les pieds au Japon en 2003, je n’avais jamais baqué mon cul dans les célèbres sources d’eau chaude qui font la fierté du pays du soleil levant.
Je me suis toujours cachée derrière l’excuse du « Je suis tatouée, je peux pas »pour éviter ce supplice.(Alors que concrètement, en cherchant, il y a des onsens où ça passe… Et il y a aussi les auberges avec bain privé, mais ça j’avais pas les moyens, ce qui est un autre problème) 

Mais ça m’a toujours titillé.
C’est que tout le monde a l’air d’adorer ça. Et que ça fait partie des « must-do » au Japon.
Imaginez l’effarement des gens quand je leur sors qu’après plus de 10 ans de Japon, je n’ai jamais essayé.

Et puis, comme je suis la douce @_Alicedelice_ sur Twitter ou Instagram, ambassadrice officielle des Sento (bains publics japonais) et de loin la personne la plus passionnée par les bains que je connaisse, ma curiosité n’a fait que s’amplifier.
Surtout qu’en partie grâce à son influence, la communauté française au Japon fréquente de plus en plus les bains publics et en vantent les mérites.
Donc j’ai commencé à me dire que j’avais envie d’essayer. Mais diantre, se foutre à poil en public quoi…
Résultat, les premières fois où des amies m’ont invitée à aller au sento, je me suis toujours défilée.
Pas prête.

Et puis finalement, en mars, avec une  amie nous avons décidé d’aller à Hokkaido… et de prendre un hôtel avec onsen.
Je me suis dit que c’était l’occasion rêvée. Je suis loin, je suis avec une des personnes avec qui je me sens le plus à l’aise au monde et en qui j’ai confiance…
Bref, pour la plupart des gens, aller au onsen pour la première fois est anecdotique, pour moi ça a été la plus grande révolution personnelle qui soit.

Je ne me suis pas dégonflée et je l’ai fait.

Même si pour être tout à fait honnête, au moment où je me suis déshabillée et que je me suis retrouvée nue, j’avais envie que la terre s’ouvre sous mes pieds et m’enterre à jamais. J’avais les larmes aux yeux, je me sentais mal, et j’avais envie de mourir.
Rien que ça.
Tout le passage de la douche avant de passer dans le bain a été un supplice, recroquevillée sur mon petit tabouret (oui, les Japonais se lavent assis, les bougres), me savonnant machinalement pendant que mon esprit sombrait complètement dans un sentiment d’humiliation complètement fabulé.
Comme quoi, tu peux accomplir tout ce que tu veux dans la vie, avoir été la risée de l’école à cause de tes bourrelets te poursuit toujours un peu. 

On est entrées dans le premier bain en intérieur, ce qui m’a soulagée car on me voyait moins, mais ce n’était pas encore l’éclate.
Donc autant vous dire que les 15-20 premières minutes de cette expérience ont été franchement une épreuve et que je ne voyais pas encore l’intérêt de m’infliger tout ça.

Et puis finalement, on a décidé de passer au bain extérieur.
Aller dehors nue comme un vers quand il fait -10 degrés. Concept.

Mais à peine a-t-on ouvert la porte, que l’expérience s’est métamorphosée.
Le bain charmant et son petit jardin, ses petites cascades, les pierres, les lanternes, la fumée qui s’échappe du bain, et la vue sur les montagnes enneigées…
La chaleur de l’eau dans le froid de l’hiver provoque une petite buée qui fait qu’on ne se voit pas trop les uns et les autres, il fait si froid que si plonger est un délice. La neige qui tombe sur le visage et les épaules pour te rafraîchir.
Et très vite, les minéraux rendent la peau douce et lisse…
Le bonheur.
Très vite, on s’en fiche d’être à poil. Surtout que, concrètement, les Japonais s’en foutent.

Personne ne te regarde, chacun kiffe son bain tranquille, et la magie de l’eau chaude qui détend chacun de tes muscles fait le reste.

J’ai tellement apprécié que j’ai voulu recommencer dès le lendemain. Impensable.

En rentrant de voyage, je me suis renseignée sur les sento de mon quartier et me suis dit qu’il fallait battre le fer pendant qu’il était encore chaud.
Donc j’ai commencé à y aller de temps en temps seule, après une longue journée de travail. Les bains chauds, les bains au citron, les bains massants, les bains en plein air avec vue sur petit jardin…
COMMENT J’AI FAIT POUR VIVRE SANS ?!

En juin, je me suis inscrite à la salle de sport. Et j’adore ponctuer ma séance par un petit sauna.
Mais le sauna au Japon, même combat, tout le monde à poil (hommes et femmes séparés, bien entendu). Alors en avant Guingamp, on fait tomber le T-shirt et le jogging trempés de sueur. 
Le moment de me déshabiller me coûte toujours un peu, mais il n’y a plus cette détresse, cette envie de pleurer, cette envie de mourir. Il ne me reste plus que ma pudeur.

Et c’est ainsi que moi qui ai évité les maillots de bain pendant plus de dix ans… ai fini en 2016 par me mettre complètement nue en public 4 à 5 fois par semaine.
Je connais tellement de gens à Tokyo pour qui ça ne pose strictement aucun problème, que ça paraît peut-être ridicule, mais je vous jure, pour moi c’est énorme.
Un petit pas pour l’homme, un saut de l’ange pour Sonia.

C’est aussi une excellente thérapie, car jamais de ma vie je n’ai vu autant de corps de femmes.
Et vous savez quoi ?
Ils sont tous imparfaits.

Bourrelets, cellulite, ventre rond ou qui pend, cicatrices, fesses plates, seins tombants ou inexistants… Au sento ou au sauna, personne n’est photoshopé.
On vient tous avec nos défauts. Et on se rappelle qu’on est normal.

Alors voilà, mon corps ne me plaît toujours pas. Je déteste mon ventre, mes cuisses, mon gras.
Si je pouvais signer un contrat avec Ursula en échange de ma voix pour m’en débarrasser, je mets mon nom direct.

ursulaL’une rêve d’être un squelette et l’autre cherche une amourette, et moi qu’est-ce que je dis ? JE DIS OUI !

Mais le fait est que maintenant le problème est purement personnel et je le sais. Je ne me pose plus la question du regard des autres, car finalement les autres, avec leurs corps différents, elles sont quand même comme moi. Donc je me fiche pas mal de ce qu’elles pensent, et d’ailleurs, très certainement qu’elles ne pensent rien. Elles ne me regardent même pas.
Le problème est avec moi-même, les autres ne me stressent plus.

Et voilà qu’aujourd’hui, même avec toutes les casseroles que je me traîne, me mettre nue en public ne me pose plus tant de problème. 
J’ai toujours des réserves à y aller avec des personnes que je connais, je préfère être avec des inconnus, mais le fait est que quelque chose qui m’a été impensable pendant une décennie fait partie de mon quotidien aujourd’hui.
Et quel pied, parce que ça fait tellement de bien ces moments de détente dont je me suis privée si longtemps !

Une si belle découverte que j’ai bien envie de vous écrire un jour sur le sujet des onsens/sento plus en détails, donc si ça vous intéresse n’hésitez pas à me le dire et je creuserai un peu le sujet pour vous en parler en plus de mon expérience personnelle.
En attendant, n’hésitez pas à suivre Dame Stéphanie ici pour en découvrir un peu plus.

  • Les menus en anglais

Les jeux olympiques de 2020 se rapprochent à grands pas et ça se sent ! De plus en plus de choses sont mises en place – à Tokyo en tous cas – pour faciliter la vie des étrangers touristes au Japon. Dont, de l’anglais un peu partout.
Quand je repense à mon premier Tokyo d’il y a 13 ans où tout était en Japonais partout et démerde-toi, c’est vraiment le jour et la nuit.
Et donc, j’ai eu la surprise de constater à mon retour que maintenant, la plupart des restaurants et des cafés ont un deuxième menu entièrement en anglais.
Donc évidemment, quand mon visage pâle entre dans un nouvel établissement, on me refourgue bien souvent le menu en anglais.
Bon personnellement je ne m’en offusque pas, ce n’est pas marqué sur mon front que j’habite ici et que je lis le japonais, alors menu anglais ou japonais, peu importe.

Sauf qu’à chaque fois que je commande avec leur menu en british, il se passe une couille.
Le guss comprend pas ce que je commande, ou bien ne se souvient plus à quoi ça correspond en japonais et ne m’apporte pas ce que j’ai commandé. En résulte des situations un peu loufoques où je me mets à commander en anglais avec le meilleur accent japonais possible ou que je tente de traduire moi-même le nom du plat pour être sûre d’avoir ce que je veux.
Bref, l’intention est là mais nos amis japinois ne sont pas au point et va peut-être falloir prendre quelques cours du soir pour paufiner tout ça…
En attendant, bah je fais mon arrogante et finis par leur demander le menu écrit en Japonais quand je vois la personne me tendre le menu anglais, les mains tremblantes et la sueur au front en mode « Pourquoi c’est tombé sur moiiiii ? ».

(Ils ne sont pas tous comme ça, mais en rajouter est ma marque de fabrique.)

– La France fait moins rêver.

Combien de fois sur ce blog me suis-je plaint que les Pimponais me gavaient à résumer la France à un sac à main Vuitton et à la fantasmer romantique, propre et élégante (qu’elle est parfois, mais pas toujours, admettez.).
Autrefois, quand on me demandait d’où je venais et que je répondais que j’étais Française, on me répondait par 「おぉ、フランスはおしゃれですね!」(« Oh, comme la France est raffinée ! ») ou 「素敵です!」(« C’est merveilleux ! ») et je devenais le sommet de l’élégance sans même avoir rien fait.
Aujourd’hui, la réponse est toujours systématique d’une rencontre à une autre, mais a changé de registre.
Maintenant j’ai droit à 「テロは大変でしたね 」(« C’était terrible, vos attaques terroristes. »).
Hé oui, après Charlie Hebdo, le Bataclan et Nice, on est passé du luxe et du raffiné au terrorisme.
Je ne suis plus au sommet de l’élégance mais une pauvre enfant de la guerre.

Les deux fois où je suis rentrée en France en 2016, j’ai eu à chaque fois un ou deux gugusses pour me dire  d’un air malheureux「テロは気をつけてね。頑張って!」 « Fais attention au terrorisme ! Courage ! ».
Merci coco de me casser mon groove alors que j’étais au taquet de retrouver ma mère et mon chien.
Bon, je ne le prends pas vraiment mal car je sais que ça part d’un bon sentiment mais… On ne vit pas encore sous les bombes non plus.
Et j’aimerais bien qu’on m’explique comment on fait attention à pas se retrouver dans un attentat. Le principe d’une attaque terroriste c’est que c’est surprise-surprise. Je vais peut-être pas aller au géant casino acheter mon fromage de chèvre avec un gilet par balles, un casque et des chaussures de sécurité. (On y viendra peut-être ceci dit.)
Je ne leur jette pas la pierre, Pierre, mais c’est vrai que passer d’un truc réducteur à un autre sans transition me blase un peu, surtout que je ne sais pas toujours quoi répondre à leur air grave et désolé.
Et ce que je dois prendre un air triste ? Est-ce que je dois balayer le sujet avec un sourire avec un « Ca va aller ! » ?

Surtout quand on m’enchaîne des commentaires du type 「イスラムは怖いですね。日本はそういう問題がないので、ここに来てよかったね!」 (« L’Islam, ça fait peur, hein ? Au Japon on a pas ce genre de problèmes, donc heureusement que t’es venue ! » ou 「昔のフランスの方がよかったなぁ…」(« La France, c’était mieux avant… »).

Bref, encore une fois je sais que ça ne part pas d’un mauvais sentiment et que la complexité du problème leur passe un peu au dessus, mais je ne sais jamais vraiment quoi répondre à chaque fois qu’on me fait ces réflexions. Et je ne sais pas si c’est encore moi qui ai pas de chance, mais j’ai ce genre de réflexions de plus en plus souvent.
 
Voilà en gros pour les choses qui ont changé dans ce nouveau Japon que j’expérimente depuis un an.
Sinon, il reste fidèle à lui-même…

Les sushis, c’est la vie.
La pollution sonore est insupportable, le bruit dans les gares me stresse (mention spéciale à Shinjuku) et me donne parfois envie de me taper la tête contre les murs.
On se sent en sécurité et personne ne m’emmerde dans la rue et ça n’a pas de prix.
Il y a trop de monde partout et les fils électriques qui gâchent 95% des paysages me dépitent.
Tout est super pratique et à portée de main.
Les cafards sont toujours au rendez-vous.
On trouve tout, à n’importe quelle heure et c’est génial. 
La plupart des bâtiments sont moches.
Le Fuji est si majestueux qu’il me donne envie de pleurer à chaque fois que je l’aperçois.
Il faut faire la queue pour chaque truc sympa.
Les massages du crâne chez le coiffeur sont un cadeau des dieux.
Les Japonaises parlent avec le nez.

Bref, du bon, du moins bon, du génial, de l’horripilant, de la détente et du stress.
Le Japon dans toutes ces extrêmes et ses nuances.

Ainsi s’est passé 2016.

Et ainsi commence 2017. Ou presque.
Puisque si vous me suivez sur les réseaux sociaux (Twitter, Instagram, Snapchat… Non je n’ai pas de vie, oui je suis dépendante de mon téléphone), vous savez que j’ai passé tout le mois de janvier en Nouvelle-Zélande pour accomplir ma quête de l’anneau unique.
Je rentre à peine au Japon en fait.

Je vous ai promis plusieurs fois en 2016 le retour du blog et en bonne politicienne, j’ai menti à chaque fois. Mais j’ai vraiment travaillé comme une dingue jusqu’en automne avec un petit burn-out des familles début d’été tellement j’étais pressée comme un citron et que je n’en pouvais plus.
Depuis j’ai fait embaucher 3 personnes et mon travail a été divisé par 4 donc autant vous dire que ma vie a littéralement changé, mais j’avais tellement plus de jus et j’en avais tellement marre d’être assise devant mon ordinateur que dès que j’avais fini de travailler, je le fuyais… Pas pratique pour bloguer me direz-vous.
J’ai mis toute la fin d’année à récupérer, retrouver l’envie et me réorganiser.

Aujourd’hui ça va, et j’arrive petit à petit à redébloquer un peu de temps pour moi et pour mes loisirs.
Et comme écrire me manque, ce blog fait partie de mon Top 3 des choses à faire cette année.

Alors j’espère que ce ne sont pas des promesses dans le vent, surtout que je vous dois toujours certains sujets et que j’en ai d’autres sur le feu.
Et si vous avez des requêtes, je suis toute ouïe.

Croisons les doigts pour que je ne retombe pas dans mes vieux travers du surmenage et que j’arrive à reprendre mon clavier en main.

C’est le dernier jour de janvier donc j’ai encore le droit : Je vous souhaite une excellente année 2017.
Elle sera pourrie, bien entendu (regardez les news pour en être convaincus) alors n’hésitez pas à la prendre en main vous-même pour vous créer votre propre bonheur au milieu de toute cette merde.
N’attendez pas le bonheur, allez le chercher.

Je vous embrasse et remercie aussi toutes les âmes bienveillantes qui m’envoient régulièrement des petits mots réconfortants alors que je n’écris rien.

A très vite.
Avant 2018.
Promis.

Le 2016 de l’impossible

Chers lecteurs,

J’ai failli à ma promesse facebookienne de bloguer avant la fin de 2015. Pourtant le sujet est déjà choisi, les vannes sont déjà préparées et j’avais même demandé l’accord des personnes concernées pour écrire dessus…
Mais le temps me manque, comme d’habitude.

Vous allez finir par vous lasser de cette excuse, mais si ça peut vous rassurer, d’ici quelques semaines, cela devrait se calmer (un peu).

Je vais donc juste vous faire un petit mot pour vous souhaiter mes voeux pour 2016.
Qui vont être tellement banals mes pauvres, que vous pourriez vous en passer.

Evidemment, l’amour, la santé, la joie, bla bla bla.

Mais mes vrais voeux pour 2016, c’est tout simplement de vous souhaiter, comme d’habitude, de croire en vos rêves et en vos objectifs, aussi démesurés soient-ils.
Et de mettre la main à la pâte et d’aller les chercher avec les dents s’il le faut. Vous n’aurez peut-être pas toujours exactement ce que vous vouliez, mais vous en aurez toujours plus que si vous n’aviez rien fait.

Autour de moi, j’entends tellement de gens rêver d’une chose et d’une autre, frustrés de vivre une vie qui ne leur ressemble pas parce que « c’est pas possible », « c’est pas réaliste », « je n’ai pas d’argent », « je n’ai pas le temps » ou qui se laissent tout simplement démonter par le défaitisme de l’entourage.
C’est dommage.

Généralement, rien ne tombe tout cuit dans la bouche. Il faut suer, il faut batailler, il faut se prendre des baffes, encaisser.
Mais faut pas avoir peur d’y aller.
Non on est pas trop vieux, non on est pas trop nuls, non c’est pas grave si on repart de zéro, non tu n’en demandes pas trop, oui on peut se casser la gueule et non ce n’est pas la honte.
Tu te relèves, et tu recommences.

T’as envie d’apprendre la salsa : Just do it.
Tu veux aller voir une Aurore boréale dans le Grand Nord : Just do it.
Tu veux plaquer ton job pour devenir pizzaïolo dans les îles : Just do it.
Tu veux te lancer dans une carrière artistique : Just do it.
Tu veux te teindre les cheveux en bleu : Just do it.
Tu veux traverser l’Europe à pieds : Just do it.
Tu veux te faire tatouer le visage de Nadine Morano sur le dos : Just… Heu… Joker.

Je crois que dans la vie, rien n’est impossible. C’est juste que quand c’est impossible, c’est plus long pour arriver à ses fins. Faut pas partir sur un coup de tête, faut s’organiser, être patient, y aller petit à petit suivant sa situation de départ.
Mais c’est tout.
Arrêtez de vous mettre des barrières et de vous empêcher de vivre.

En 2016, comme tous les ans, il y aura des moments durs. Un climat politique de merde, des attentats et la guerre dans le monde, des déceptions humaines, amoureuses, des coups durs au travail ou en cours, vous tomberez peut-être malade, ou alors un proche… Bref, c’est pas de nous souhaiter la bonne année aujourd’hui qui provoquera le petit tour de magie qu’on attend tous et rendra notre quotidien merveilleux du jour au lendemain. On vous a déjà souhaité bonne année le 1er janvier 2015, et devinez quoi ? Vous en avez chié quand même.
Non, ce sera la même merde que d’habitude, y’a pas de miracle.

Ce qui fera la différence, ce sera toutes ces petites décisions que vous prendrez pour vous-même, en emmerdant royalement le qu’en dira-t-on et les prétendus « impossibles ».
Vous mettre au tango ou apprendre le népalais sera peut-être ce qui fera la différence cette année.
Ce qui provoquera LA rencontre. Ce qui vous donnera cette bouffée d’oxygène.

Tous les ans, j’ai une liste improbable de rêves à réaliser. Qui vont du plus futile (voir la comédie musicale de Dirty Dancing en anglais…), au plus ambitieux (envisager un changement complet de carrière et apprendre un nouveau métier de zéro…).
Et sur cette liste complètement folle, je check, petit à petit, ce que j’ai accompli de ma « dream list ».
Je n’arrive jamais à un 100% de fait, mais chaque case cochée est une victoire de canard.

2015 n’a pas toujours été facile. Pas besoin de jouer à la vie parfaite comme tout le monde se plaît à le faire sur les réseaux sociaux, j’ai mes moments de loose ultime aussi, photos australiennes de rêve ou non.
On me pose souvent la question, alors j’y réponds, oui j’ai toujours des problèmes importants de TCA.
Ma vie sentimentale ressemble un peu à l’outback Australien depuis deux ans : du désert sur des milliers de kimomètres. (Avec un petit chameau sauvage de temps en temps, mais à peine on l’aperçoit qu’il a déjà fuit au loin).
Des longues périodes d’isolement qui vous font sentir comme une petite crotte insignifiante perdue dans l’univers.
Et j’en passe, car je vais pas m’étendre sur les trucs privés.

MAIS.
En 2015 j’ai nagé avec des tortues, des baleines, des dauphins, des raies manta et des requins.
J’ai vu le lever et coucher du soleil sur Uluru dans le désert rouge Australien en écoutant « Circle of Life » du Roi Lion.
J’ai pris des cours de surf à Surfer’s Paradise.
J’ai campé (!!!!).
J’ai fait une soirée filles, champagne et petits fours en plein milieu du désert, sous la voie lactée avec des illustres inconnues qui sont devenues des amies précieuses.
J’ai appris à danser la bachata.
J’ai fait le tour de l’Australie.
J’ai appris la photographie.
J’ai nagé dans la barrière de corail et pleuré sous l’eau d’émotion. Et je peux vous dire que c’était vraiment pas pratique de chouiner avec mon masque et mon tuba.
J’ai organisé des soirées Game of Thrones (qui aura son cru 2016 dès le mois d’avril !).
J’ai caressé un Koala.
Etc.

Et je ne retiendrai de 2015 que ça.

Imaginez si je m’étais dit « Sonia, tu gagnes pas grand chose, tu as l’âge de te poser et pas de partir en sac à dos, tu as peur des bêtes, tu connais pas l’Australie, tu devais partir en couple et finalement tu te retrouves toute seule… ».
Bah ce qui a rendu 2015 si EPIQUE ne serait jamais arrivé.

Donc voilà, mon seul souhait pour vous en 2016, c’est de ne pas vous oublier. C’est de ne pas vous négliger. Et de ne pas avoir peur.
Ayez votre petit jardin secret avec vos rêves dedans, du plus simple au plus démesuré. Et prenez le temps de les réaliser, petit à petit. Personne d’autre le fera pour vous.
Et vous verrez à la fin de l’année, que ces souvenirs prendront le dessus sur le reste et que cette auto-satisfaction n’a pas de prix.

Ne prenez pas que des résolutions auto-flagellation du type « arrêter ci ou arrêter ça », et choisissez plutôt « commencer ceci, entreprendre cela ».
La vie vous flagellera pour vous, donc bon, pas besoin d’en rajouter une couche.

En 2015, au dela de mon voyage initiatique, j’avais d’énormes défis à relever pour préparer les projets de 2016.
Je me suis imposé l’impossible pour ça. En me disant moi-même que je ne voyais pas du tout comment j’y arriverais quand j’ai fait cette promesse d’y arriver…
En faisant insomnies sur insomnies, me disant « Dans quoi je m’embarque, je ne pourrai jamais tenir les objectifs… »

Et pourtant.

Il est encore trop tôt pour que je vous en parle. (Teasing teasing)
Tout ce que je peux vous dire, c’est que c’est la principale raison pour laquelle vous ne me voyez plus bloguer depuis un moment.
Je travaille 7j/7, de tôt le matin jusqu’au milieu de la nuit.
J’en déprime, j’en fatigue, j’en ai marre. Je suis tellement crevée que je passe du rire aux larmes, des moments d’euphorie d’être près du but à une humeur de chien tellement je suis frustrée de ne plus rien faire ni voir personne.
J’ai mis ma vie entre parenthèse depuis quelques temps rien que pour ça, et cette période d’isolation et de transition est longue.
Mais on a rien sans rien.

Et j’en vois le bout.

2016 est là, année de tous les défis pour moi, encore une fois.
L’année du grand saut dans le vide, au sens propre et figuré.

Ce que je peux vous dire…?!

C’est que contre toute attente (même si vous êtes déjà quelques uns à le savoir), je retourne vivre au Japon.
Dans deux semaines.

Je pensais l’avoir quitté pour de bon, mais en 2014, un petit ange sur mon passage a décidé qu’il fallait que j’y retourne, et les choses ont continué à jouer dans ce sens… Alors malgré les défis de taille, j’ai décidé de suivre le petit ange.

Entre deux phrases énigmatiques, vous l’aurez compris : je n’ai pas fini de râler contre les Japinois et leur folie, et les articles à l’ancienne risquent de revoir le jour. Hé hé.

Alors je vous dit à très bientôt. Dès que je retrouve un semblant de vraie vie.
Pour des souvenirs Australiens, pour des anecdotes farfelues pimponaises, et pour vous en dire plus sur ce que je retourne faire au Japon.

Des bisous, et excellente année 2016.

Paris is titanium


Je n’arrive pas à travailler. Je n’arrive pas à me concentrer.
Je suis noyée dans un océan de travail qui atteint le plafond, et je n’arrive à rien.
Pourtant, en Australie, j’ai travaillé dans des bus (avec l’envie de vomir qui va avec), dans des trains, dehors la nuit, les doigts gelés sur le clavier alors qu’il faisait 6 degrés, sur un lit de dortoir avec 7 personnes autour de moi qui faisaient la nouba… Et j’en passe et des meilleures.
On en riait avec des amis : Sonia l’employée de l’extrême, l’aventurière aux heures sups, son ordi et son wifi portable sous le bras en toutes circonstances, penchée sur son photoshop et ses fichiers excels même dans le désert centre rouge Australien.
Et là, je suis seule au chaud dans ma chambre, au calme, le cul posé dans un fauteuil de président, une connexion internet parfaite… A part un petit chien chiant chou qui, à intervalle régulier, vient squatter mes genoux pour taper sur le clavier à ma place, toutes les conditions sont réunies pour que je sois efficace.

Mais depuis 24h, je n’ai pas écrit une ligne. Je n’ai rien fait.
Hier soir, j’étais encore le nez perdu dans mon fichier excel quand j’ai reçu un message, « Tu as vu ce qui se passe au Stade de France ?! ».
Alors, j’ai allumé la télé… et c’était fini. Je ne suis jamais retournée devant mon clavier.

Je ne vais pas vous décrire ma soirée à pleurer jusqu’au milieu de la nuit, à angoisser devant les images, et faire tout mon répertoire parisien pour s’assurer que tout le monde est sain et sauf.
Vous avez, pour la plupart, sûrement vécu la même nuit.

A vrai dire, je n’ai même rien d’intelligent à dire sur le sujet.
Rien de plus que ce qui se dit déjà partout.

Mais comme les idées tournent en rond dans ma tête sans que je puisse penser à autre chose et que je me remets à pleurer indéfiniment (hyper-sensibilité, j’écris ton nom), je me dis que peut-être que si je couchais noir sur blanc tout ce qui me vient en tête, j’arrêterais de tourner en rond et broyer du noir.
Ecrire a toujours été thérapeutique. Je préfère le faire dans d’autres circonstances mais bon.
Et comme je le répète souvent, même si j’aime bien vous faire plaisir quand je peux, ce blog est avant tout un blog personnel, un défouloir, un endroit où j’écris quand je veux (quand je peux) mais surtout ce que je veux.
Là je veux me vider de tout ce qui me pollue le crâne depuis hier.

Je n’ai jamais été vraiment heureuse en France.
Evidemment comme tout le monde, j’ai mes bons souvenirs, mes amis, mes lieux de nostalgie.
Mais pour diverses raisons très personnelles, je n’y ai jamais été heureuse.
De toute façon, bien souvent les personnes qui quittent leur pays ni pour le travail, ni pour un conjoint, fuient souvent quelque chose qui les mine.
Sauf opportunité ou obligation, on ne cherche généralement pas à quitter un endroit où on se sent bien.

Moi, même sans opportunité et sans un sous, j’ai vite rêvé de partir très loin, même pour retrouver d’autres galères.
Ne m’ayant jamais été sentie à ma place dans ce pays qui m’a vue naître et qui m’a élevée, je n’ai jamais eu l’âme très patriote. L’ingratitude de l’enfant envers sa maman je suppose.
Je ne voyais pas ce que la France avait de si extraordinaire.
En toute honnêteté, je pense que chaque pays a quelque chose de merveilleux, juste à l’époque je ne voyais pas tellement ce que c’était pour la France.

Comble d’ironie, je suis partie m’installer au Japon, pays où la France est bien souvent vénérée. Quand je suis entrée dans le cercle des japonisants et que mon entourage s’est petit à petit composés de Japonais, à chaque fois qu’on me vantait les mérites de la France, je les regardais un petit peu ahurie en me demandant ce qui justifiait tant de passion.
Oui, le pain c’est bon, m’enfin bon.

Il m’a fallu partir pour comprendre et voir les bons côtés.
Après des années de Japon, j’ai appris à apprécier nos villes et leurs vieux bâtiments. Notre architecture remplie d’histoire, nos vieux appartements, nos châteaux, notre gastronomie.
Jusqu’à ce que je m’expatrie, ces paysages, ces plats, c’était l’évidence. Je n’avais pas de point de comparaison, je les avais vus toute ma vie, alors j’y étais habituée.
Mais quand on a vécu dans un environnement extrêmement différent, on redécouvre tout ça.
Après plusieurs années au Japon où, en ville, la plupart les bâtiments sont modernes, ternes, et pris dans une toile de fils électriques, retrouver nos vieux centres villes pavés et aérés m’a émerveillée.

J’ai vécu cinq ans au Japon, quelques mois en Corée du Sud et un an en Australie.
J’ai adoré ces pays, j’y ai vécu des moments extraordinaires et vu des paysages époustouflants. Mais tous, là où ils pèchent, m’ont appris ce qu’il y avait de beau en France.

Au Japon et en Corée, la pression sociale, la culture de l’entreprise, la place de la femme (et même de l’homme) dans la société gangrénée par le sexisme, le rejet de l’homosexualité…
En Australie, je me suis prise le gouffre qui sépare les Australiens « Blancs » aux Australiens Aborigènes en pleine tête et je l’ai émotionnellement mal vécu.
Toutes ces choses m’ont fait ouvrir les yeux sur notre propre ouverture d’esprit, sur nos valeurs d’égalité, de droits de l’homme.
Que France, ça rimait avec différences et avec tolérance.
Que l’émotion n’édulcore pas trop le propos pour en faire un tableau enchanté qui n’existe pas : chez nous aussi, c’est loin d’être parfait. Nous aussi on a des problèmes de sexisme, on a les abrutis de la manif pour tous, et on se traîne nos casseroles d’intégration et de racisme.
Mais après avoir vécu dans des pays où la situation peut être plus extrême, on se dit que pour certaines choses, il fait quand même bon vivre en France.

Tout n’est pas parfait. J’ai encore du mal avec le harcèlement de rue, avec le sentiment d’insécurité, avec le côté arrogant et pessimiste bien franchouillard ou encore- ne me lynchez pas – le roquefort.
Aucun pays n’est utopique, la France ne sera jamais parfaite.

Mais être loin m’a appris à comprendre et aimer certaines de nos valeurs. A savoir pourquoi ce pays pouvait en faire tant rêver d’autres.
C’est dommage que je n’ai pas eu l’occasion de l’apprendre sur place et qu’il ait fallu que je m’en aille pour ça, mais mieux vaut tard que jamais.

Mon année de folie en Australie s’est terminée, et comme vous le savez certainement, je suis rentrée en France il y a déjà quelques semaines.
C’est encore une fois un passage temporaire, une petite période de transition pour préparer la prochaine aventure. Encore une fois, je ne compte pas rester.

En arrivant, petite bouseuse provinciale que je suis, la première chose que j’ai faite a été de prendre des billets de train pour Paris.
Une semaine dans la capitale pour retrouver les amis, et pour profiter – je l’avoue – du passage parisien de Miyavi lors de sa tournée européenne.
Quoi de mieux pour se consoler d’un départ de la merveilleuse Australie que des amis et un concert de Miyou ?!

Je suis restée une semaine, et les dieux de la météo étaient avec moi.
J’ai trouvé que Paris avait changé. Je ne sais pas si c’est parce que ça faisait un an, mais j’ai trouvé que la ville avait été mieux aménagée, les gares plus agréables.
Le beau temps rendait les jardins, l’opéra et autres quartiers clés de la capitale très beaux. J’ai passé quelques heures à flâner avec mon appareil photo pour des promenades détente à profiter du charme à la française.
Pour la première fois, je me suis dit que c’était peut-être vrai que Paris était une des villes les plus belles du monde.
J’ai même pensé, que si ce sentiment n’était pas qu’une impression, je pourrais presque envisager un jour de revenir vivre ici.
Bon alors ne vous emballez pas, c’est encore pas demain la veille, j’ai un million d’autres défis à relever ailleurs d’abord.
Mais SI un jour j’étais fatiguée, SI un jour j’avais besoin d’un retour aux sources, SI un jour je décidais d’être plus près de ma famille et de mes amis, alors peut-être bien que Paris serait envisageable.
C’est un conditionnel fort lointain, mais étant donné que pour moi la France a toujours été synonyme de malaise profond et que je n’ai JAMAIS envisagé la possibilité de revenir y vivre jusqu’à maintenant, je peux vous dire que cette simple hypothèse était peut-être un petit pas pour l’homme mais un saut de l’ange pour Sonia.
Je suis sortie avec mes amis, on a fait du shopping, ils m’ont emmenée dans leurs petites adresses parisiennes, on s’est pété le bide.
C’était bien.

Arrive le vendredi, jour tant attendu. Le jour du concert.
Le jour où j’allais retrouver toutes mes copines de concert, une partie de ma dream-team de Lyon, et où, à l’ancienne, on allait profiter ensemble d’un live enflammé de Dieu ( = Miyavi, suivez un peu).
Avant le concert, on s’est posé en terrasse pour parler de nos années respectives dans un coin différent du globe.
J’ai abusé des Mojito et je suis arrivée complètement pompette – et de fort bonne humeur –  dans la salle.
Là, deux heures de concert de folie.
On se moque de Miyavi qui nous refait à chaque fois ses speech cul-cul la praline sur l’amour, la paix, et sur le fait qu’il est là pour nous unifier grâce à la musique.
Car la musique n’a pas de nationalité, n’a pas de religion, n’a pas de physique, n’a pas de langue.
Elle unit les gens.
A un concert, tu peux triper avec la personne à côté de toi que tu n’as jamais vu avant et rencontrer des gens à qui tu n’aurais peut-être jamais adressé la parole en d’autres situations.
On aime bien se moquer de son speech qu’il nous recycle tous les ans pour prôner la paix, mais en vérité, en bon bisounours, moi je suis toujours un peu fier de lui qu’il insiste à chaque fois sur ces valeurs.
Car les paroles de ses chansons vont toujours dans ce sens, et que j’ai vécu des moments de solidarité avec ses fans comme rarement dans ma vie.

J’ai retrouvé toutes mes amies de concert ce soir-là (sauf Alexiel, petite pensée au passage ), j’ai même une de mes lectrices de l’ombre qui est venue m’aborder à la fin du concert (un bisou aussi si tu me lis).
J’ai retrouvé tous les miens, et c’était une soirée parfaite.

C’était il y a à peine un mois, et c’était au Bataclan.

Il y a un mois, pour la première fois – et après des années à en critiquer sa grisaille – je suis un peu tombée amoureuse de ma capitale. J’ai profité de ses bars, de ses restaurants, de ses jolies rues.
Et un vendredi soir, j’ai vécu un concert de folie au Bataclan à célébrer l’amour et la paix.

Hier, des gens qui profitaient des mêmes choses que moi, qui étaient aux mêmes endroits et vivaient exactement les mêmes choses, se sont fait massacrer.
Pour rien. Pour quelque chose qui ne les concerne pas. Gratuitement.

Un jour, tu te retrouves devant ta télé, et tu vois des images où tu reconnais le lieu où tu t’éclatais un mois plus tôt, terni par le bruit des coups de feu et des tâches de sang.
Un nom qui m’évoquait un super souvenir et qui me mettait la patate rien que d’y repenser est synonyme de boucherie ignoble pour d’autres.

Comment est-ce que ça peut être réel ? Comment est-ce que ça peut être le même monde ?!

Ces gens, ils étaient comme nous. Ils étaient sortis pour profiter d’un moment entre amis, en famille, pour boire un verre, pour se casser le ventre en se marrant, pour kiffer leur vie sur la musique de leur artiste préféré, sauter et pogoter avec des gens qu’ils ne connaissent pas.
Et jamais, comme vous et moi jusqu’à hier, ils se sont dit qu’ils pourraient ne jamais en rentrer vivant.
Et que même s’ils s’en sortaient, ce serait traumatisés à vie par ce carnage.

La convivialité, l’amour, les rires, la musique, le sport… Ces petites choses de la vie qui nous rendent quand même heureux dans ce monde de merde, c’est ce sur quoi on a tiré hier.
On a massacré le bonheur.
On a massacré ces petits épisodes de la vie qui nous font tenir le coup quand le reste nous accable.
On a massacré une ville que je venais tout juste de redécouvrir et apprendre à apprécier.

J’ai – malheureusement – une sensibilité exacerbée qui fait que je suis gravement touchée par tout et rien.
Je pleure tous les jours, pour tout et n’importe quoi, heureux ou malheureux. Une phrase qui m’émeut, un beau paysage, une belle chanson, un témoignage quelconque.
Si je me tiens un minimum au courant de ce qui se passe dans le monde, je ne regarde plus les infos, car je finis toujours déprimée.
La Syrie, les attentats, le conflit israelo-palestinien, les tremblements de terre, tout ce que vous voulez.
Je finis toujours en larmes. Je prends conscience. Je compatie. Je suis suis malheureuse pour eux.
Et puis finalement, je suis comme vous. J’éteins ma télé, et au bout d’un moment, même si je n’oublie pas,  le quotidien reprend le dessus.
Pas par insensibilité, mais par sentiment d’impuissance et parce qu’il faut bien que la vie continue.

Là c’est plus difficile, c’est chez nous. C’est les endroits qu’on connaît, qu’on fréquente. C’est là où vont les gens proches de nous, les gens qu’on aime.
Quand je vois les culpabilisateurs qui viennent troller en disant « Oui, c’est bien beau tout ça, mais y’a des pays où ça arrive tous les jours. », ça me gonfle.
C’est vrai, et putain que c’est triste.

Mais la différence, c’est qu’hier, on a tous eu peur. On s’est tous inquiété pour quelqu’un. On était dedans.
Quand l’horreur se passe sous ta fenêtre, ça rend forcément les choses plus intenses. Ca ne veut pas dire qu’on minimise ce qui se passe ailleurs (après, le traitement des médias est un autre débat, moi je vous parle des gens comme vous et moi) mais c’est justement que ça nous frappe plus fort quand on se sent au coeur du drame.
L’amour et l’instinct de survie fait que l’homme aura toujours une réaction plus forte lorsque quand c’est quelque chose qui le touche directement.
Alors je vois pas l’intérêt de culpabiliser les gens tristes en comparant avec les horreurs qui se passent dans d’autres pays. Pleurer la blessure de son pays ne veut pas dire qu’on méprise celle des autres.
A Beyrouth les gens pleurent très certainement plus leurs morts que les nôtres, et c’est normal.
C’est humain.
Dans la douleur, il n’y a pas d’échelle du plus méritant en matière de condoléances.

Les gens sont tristes pour des raisons qui leur sont propres, respecter ça est la moindre des choses.

Personnellement, rien ne justifie que je pleure et déprime depuis 24h au point de ne pas arriver à me concentrer sur autre chose.
Je vais bien, ma famille va bien, mes amis proches vont bien.
Je n’étais même pas sur place.

C’est juste le choc de cette réalité qui vous rattrape. De cette horreur qui existe vraiment.
De cette ignominie, qui t’attend là, au coin de la rue, alors que tu vis ta vie sans faire chier personne.
Mes amies et moi qui étions au Bataclan il y a peu, mes amis parisiens qui passent par ces rues quotidiennement, mon amie d’enfance qui avait l’habitude d’aller au Petit Cambodge, une autre amie qui adore Eagles of Death Metals et qui, si elle n’était pas en train de terminer son séjour australien, avait toutes les chances d’aller les voir en concert hier…
Dans la roulette russe de la mort, ça aurait pu être n’importe qui. Un timing légèrement différent, et ça aurait pu être moi, ça aurait pu être les gens que j’aime.
Car en vérité, il faut qu’on se le dise, ça n’arrive plus qu’aux autres.
Ce ne sont que des si, et au final je suis une chanceuse, je ne suis pas touchée. Mais ces si rendent la chose tellement réelle, tellement proche.
Les gens qui sont décédés hier, qui ont été blessés ou qui ont perdu quelqu’un, c’était vous et c’était moi.
Ces Français de l’ombre tellement loin des conflits, des délires extrémistes, des Kalachnikov et autre kamikazes.

Ce monde infernal alternatif est venu bousculer notre réalité paisible, il s’est incrusté dans notre monde.

Et puis, même si on est pas touché directement, on a tous un peu l’ami d’un ami…
Personnellement, ma timeline est remplie de gens qui pleurent un disparu. Ma vie nomade a fait que j’ai rencontré beaucoup de monde dans ma vie, et que comme souvent, on garde un lien – même superficiel – via les réseaux sociaux.
Et depuis hier, je vois quelques unes de ces personnes, qui ont été touchées par cette tragédie. Des personnes qui ont partagé quelques instants de ma vie seulement, alors je n’ose pas aller leur parler pour leur dire que je suis désolée, que je compatie.
Je vois juste leurs messages défiler et j’ai mal pour eux.

Comme selon les personnes la limite entre la décence et la curiosité malsaine est placée à un niveau différent, je préfère ne rien dire et laisser ces personnes se recueillir dans un cercle privé.
Mais sachez que je pense fort à vous et vous présente toutes mes condoléances.
Et vous autres aussi, que je ne connais pas, je pense à vous.

2015 a été une belle année de merde. Elle a mal commencé et se termine mal aussi.
Charlie Hebdo, décapitations et autres faits divers sordides, et maintenant ça.
Personnellement, j’ai aussi la prise d’otage de Lindt Café à Sydney sur mon CV, qui m’avait déjà bouleversée pendant des jours.
Je n’ai pas blogué dessus car je n’avais pas envie de faire dans le sensationnalisme, mais c’était à deux rues de chez moi, j’entendais les coups de feu de l’assaut depuis ma chambre en me disant, angoissée, « Putain, je suis au chaud dans mon lit et à 200 mètres des gens sont en train de se faire tuer. ».
Je passais devant Martin Place tous les jours, et le destin étant toujours aussi ironique, avec un ami fan de chocolat on s’était promis une virée au Lindt Café incessamment sous peu pour envoyer Dukan se faire foutre.
La prise d’otage du Lindt Café était un acte isolé – bien qu’inspiré d’ISIS quand même -, mais déjà à l’époque, je m’étais dit « Putain, c’est arrivé à deux pas de ta porte. ».

En mai, c’est quand j’étais à Melbourne qu’un raid a eu lieu à quelques kilomètres, empêchant une attaque terroriste à la bombe apparemment imminente dans le centre de la ville.

A quel moment le monde est tellement parti en couille que plusieurs fois dans l’année tu te trouves confronté à ça ?
Que se trouver face au terrorisme devient un événement récurent dans ton quotidien. Que tu te sentes plus en sécurité nulle part.

C’est plus à la télé les amis. C’est là, c’est partout.
C’est la merde.

Et ça me fait peur.
Après, comme en 2011 avec Fukushima, même si j’ai peur, je ne m’arrêterai pas de vivre. Je continuerai d’aller à des concerts, à des rassemblements, je continuerai de prendre l’avion (mais avec une peur en plus que celle du simple crash…)…
Je continuerai de faire ce que j’ai envie de faire, et profiter de cette vie qui peut t’être si injustement arrachée du jour au lendemain.

Et je vous invite à faire pareil.
A ne pas gaspiller votre énergie dans la haine facile et les débats contre-productifs, mais de regarder le ciel et de respirer. D’aimer vos proches, de profiter d’eux,  de prendre le temps.
Je me sens tellement nulle et impuissante, que je ne trouve rien d’autre à vous dire que ça.
Vivez.
Et vivez dans la bienveillance.

Tomber dans les discours haineux, c’est finalement continuer dans ce cercle vicieux qui plombe notre société depuis tant d’années et ne fait qu’empirer depuis le 11 septembre. C’est donner la victoire aux connards responsables de toute cette merde.
Pleurons aujourd’hui, car il faut le temps d’encaisser ce coup de poing.
Mais demain, on se relève, on se tient par la main et on se marre.

Répondez à la mort par un hymne à la vie.

C’est un blog un peu décousu, sans but précis, qui part un peu dans tous les sens. Je l’écris pas mal pour moi, je vous l’avoue.
J’ai juste vidé le trop plein d’émotions et de réflexions qui m’envahissent depuis hier.
J’espère que les débats nauséabonds en commentaires me seront épargnés, sinon vous n’aurez rien compris à ce message.

Une énorme pensée à toi Paris, qui saigne aujourd’hui.
Ce soir, j’ai mis pour toi sous ma fenêtre ma plus belle bougie.
Une bougie achetée l’an dernier, parce qu’il était écrit « Bougie de la Forêt des Elfes» sur la boîte. Je m’étais dit que je me l’allumerais un soir où j’aurais envie de rêver un peu, de fantasmer mes mondes merveilleux et féériques.
Ce soir, ma flamme brille pour pour toutes les personnes touchées par ce drame, de près ou de loin. Je vous offre un peu de mes chimères en attendant des jours meilleurs.
Car dans mon monde, les terroristes n’existent pas.

bougieparis
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You shoot us down but we won’t fall
We are titanium

(Parce que j’écoutais cette chanson en écrivant)
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Joyeux Tanjobi-wan Kenobi

Chers amis, rien ne va plus.

Je bascule chaque jour un peu plus du côté obscur des blogueurs disparus.

Dernier post écrit : le 19 janvier.
Sans parler de tous les adorables commentaires, lus bien entendu, mais laissés sans réponse…

Pire du pire ? Aujourd’hui, c’est l’anniversaire du blog.
Le 7ème.
Sachant que comme je ne suis pas très originale, le numéro 7 est mon chiffre préféré, alors je voulais faire les choses en grand.
Et résultat des courses… je n’ai même pas eu le temps ne serait-ce que de faire le blog traditionnel pour faire le bilan.

Je suis sincèrement désolée.

Que vous dire ?
Je suis en train de parcourir toute l’Australie seule, je n’ai pas internet (sauf un petit wifi portable qui me coûte les yeux de la tête mais que je n’utilise que pour le travail car les données sont limitées), je crapahute, campe, teste de choses nouvelles… et travaille le reste du temps, car faut bien se nourrir occasionnellement (non je ne chasse pas encore le crocodile à main nue).

Ma vie actuelle ne me laisse vraiment pas l’opportunité de bloguer, alors c’est bien misérablement que pour ce 7ème anniversaire, je n’ai rien d’autre à vous proposer que mes plus plates excuses.

Cette année a encore été pleine de rebondissements. Je réalise nombreux rêves de ma « dream list » (celle que je dois remplir avant de devenir vieille, sinon j’aurai raté ma vie), je relève les challenges que je m’étais imposée pour cette année, je m’amuse, je découvre, je m’émerveille, j’hésite,je papillonne, je me casse le nez, je ne sais plus où j’en suis, je me relève et j’avance.
Je prépare également 2016 qui sera une nouvelle aventure, différente mais toute aussi intense.

Un an en Australie m’aura apporté cent fois plus que je ne l’espérais ou même ne l’imaginais.
Le temps viendra d’écrire tout cela rose sur blanc, mais en attendant juste ce petit message pour vous dire merci d’être toujours là, de commenter, de partager, mais surtout d’attendre…
La patience est plus qu’une vertu au royaume du WTFLand, c’est une condition de survie !

En attendant, si le blog vous manque, j’essaie de partager un minimum mes expériences via Instagram ou Twitter, vous pouvez jetez un coup d’oeil si vous le souhaitez.

Un Joyeux Tanjobi-wan Kenobi au blog, ainsi qu’à Mimi, fidèle lectrice depuis bien des années.
Si j’avais une tradition à respecter du blog anniversaire, c’était bien de ne pas oublier de lui souhaiter !

Je vous embrasse tous, et que la force soit avec vous !

souslocean« Sous l’océan y’a pas d’internet, On déambulle, on fait des bulles, sous l’océaaaaan »