Rencontre avec George R. R. Martin

Chers amis, encore quelques semaines sans vous donner de nouvelles. Pour un coup, ce n’est ni par syndrôme de la page de blog blanche du à une auto pression ridicule, ni par excès de procrastination, mais seulement parce que je croule sous une tonne de boulot depuis des semaines.
Le monde du jeu est ainsi fait, on a parfois des périodes de rush à la limite de l’inhumain, avec des deadlines impossible à tenir.

Et jeudi, après une bonne vingtaine de jours à travailler 10 à 12h par jour, même pendant le weekend… C’était jour de repos ! Un jour entouré en rouge sur mon calendrier depuis un moment : ma rencontre avec  George R. R. Martin !

Aux cancres impardonnables du fond de la classe qui  osent se demander qui est ce petit bougre qui motive un nouvel article sur sonyan, ce n’est autre que l’auteur –entre autre- de la célèbre série littéraire Le Trône de Fer  (dont le titre original de la saga est A song of Ice and Fire, j’y tiens), qui a inspiré la série télé la plus vue au monde qu’on ne présente plus : Game of Thrones.

Et comme -vous le savez maintenant- je suis une fangirl et que j’aime bien raconter ma vie passionnante ( ? ) sur des pages et des pages au lieu d’en venir directement aux faits, voici un petit topo sur mon amour grandissant pour George R. R. Martin, cet auteur qui ces dernières années a un peu grillé la priorité aux Stephen King et autres Paulo Coelho pour se placer en toute première position dans mon cœur. Il va de soi que les opinions exprimées ci-dessous sont entièrement subjectives donc n’engagent que moi (les goûts et les couleurs, tout ça tout ça), mais je vous invite tout de même à en savoir plus sur ma petite obsession George Martienne grandissante d’années en années. Si vous vous foutez de mon blabla fanatique (et ce serait tout à fait légitime), vous avez le droit de passer directement à la partie où je raconte la séance de dédicace.

G.R.R.M et moi

Comme pas mal de personnes de ma génération, j’ai été (et suis toujours) une très grande fan d’Harry Potter (et encore une fois, je parle des livres, pas des adaptations cinématographiques plus ou moins heureuses…). J’ai grandi avec Harry Potter pendant une petite décennie, et je dois avouer que cette période de ma vie, au rythme des parutions des tomes, est extrêmement nostalgique. Rêver de sa lettre pour Poudlard, compter les jours avant la sortie du prochain tome, le commander en anglais (et augmenter sa moyenne en langue) pour ne pas avoir à attendre la traduction, s’enfermer dans sa chambre pour le dévorer en une nuit pour ne pas tomber sur un spoiler, puis regretter ensuite de l’avoir déjà fini sans avoir pris le temps de le savourer… Sans parler de ces heures passées sur les forums à se conseiller les bonnes fanfictions,  débattre sur nos différentes théories sur la fin (Harry mourra, mourra pas), faire des tests de personnalité pour savoir si on était plutôt un Serpentard ou un Gryffondor, se jeter du haut d’un pont en découvrant qu’on est en fait plutôt Poufsouffle…
Des souvenirs d’adolescence magiques, jusqu’au jour aussi attendu que redouté : la sortie du dernier tome.

Outre une déception sur le déroulement de la fin tout à fait personnelle… Le grand vide. Un gros creux dans la poitrine, on m’arrache une partie de mon quotidien. La merveilleuse aventure Harry Potter était finie.
J’ai mis des années à en faire mon deuil. J’avais beau chercher une nouvelle série littéraire qui me donnerait la fièvre et avaler tout ce qu’on me conseillait, impossible de revivre la transe HP.
Moi qui lis énormément, j’ai lu pléthore de livre en tous genre, de nombreuses saga aussi, et si certaines étaient excellentes, d’autres addictives… aucune n’a pu re provoquer la passion dévorante que j’ai pu avoir pour  les petits sorciers de Poudlard.
Aucune, jusqu’au Trône de fer.

Il y a quatre ans, quand la série est sortie et que tout le monde a commencé à regarder, moi avec mon quotidien tokyoïte surchargé et mes 3 jobs du lundi au dimanche, je passais complètement à côté.
Mais on n’arrêtait pas de venir à moi « Tu devrais vraiment regarder, c’est tout à fait ton style d’histoire, c’est obligé que tu sois à fond dedans », mais je remettais à plus tard, faute de temps. Jusqu’à ce que finalement on me dise que c’était tiré d’un roman.
Oui, bizarrement moi qui lis, entre autre, pas mal de fantasy, j’étais passée à côté. J’avais pourtant déjà entendu parler de George R. R. Martin, notamment au détour de l’excellent billet de Neil Gaiman qui avait fait le buzz en 2009 et m’avait marquée tant je l’avais trouvé juste : « George Martin n’est pas votre pute ».
Après ce billet, je m’étais dit que je devrais peut-être essayer George Martin un jour, puisque l’attente des prochains tomes faisait tant enrager ses fans, c’est que ça devait être prenant. Et quand j’ai vu que la série provoquait autant l’engouement général, alors le roman ne pouvait être que bon.

J’ai donc décidé de ne pas regarder la série jusqu’à avoir tout lu jusqu’à la fin, pour me plonger dans la lecture du roman sans rien en connaître. Ce ne fut pas forcément facile avec un emploi du temps chargé, et des milliers de pages très denses mettant en scène des dizaines et des dizaines de personnages aux noms et relations pas toujours faciles à retenir.
Mais très vite… j’ai été délicieusement prise au piège. Ce n’était plus une lecture divertissante entre deux occupations pour passer le temps, mais un besoin vital de connaître la suite, une passion dévorante pour cette histoire complexe et extrêmement bien construite, un attachement de plus en plus fort pour les personnages, bons ou mauvais.

Je vais essayer de ne pas m’attarder sur le pourquoi cette saga est juste monstrueusement excellente sinon ça va durer 20 pages, mais je dirai au moins, histoire de vendre mon produit et peut-être donner l’envie à une ou deux personnes de ne pas se contenter seulement de la série télé, que entre autres qualités, c’est le roman avec les personnages les plus travaillés que j’ai jamais lu.

Ce ne sont pas de simples personnages avec qui on fait un petit bout de chemin et qu’on oublie une fois le livre refermé pour aller piquer un roupillon. Ils existent réellement. Ils ont une psychologie tellement aboutie, une histoire si détaillée, un passé et une évolution tellement travaillée…Rien n’est laissé au hasard. Et c’est la première fois que je lis un roman de cette hauteur, qui ne tombe pas dans le manichéen facile, et le « ben lui il est comme ça, parce que c’est comme ça et que ça m’arrange pour l’histoire ».

Ce grand monsieur a créé un monde, avec différents continents, différentes contrées, et pour tous ces lieux : des coutumes, une histoire sur des siècles et des siècles cohérente, des dynasties, des langues, des religions construites et détaillées… Tout est incroyablement réel.
Alors d’accord, il n’est pas le premier, d’autres maîtres comme Tolkien ont déjà eu ce trait de génie, et même en bien plus poussé. Mais la démarche littéraire n’est pas du tout la même, donc je trouve ce genre de comparaison assez inutiles en fait.

George R. R. Martin, là où il m’impressionne et force mon admiration, c’est qu’il a non seulement créé un monde pour son roman, mais donc EN PLUS aussi détaillé tous ses personnages. Personne ne fait quelque chose gratuitement, tout le monde a ses raisons d’agir et de penser comme il le fait. Et quand on pousse le bouchon jusqu’à construire des profils aussi aboutis pour des dizaines et des dizaines de personnages, pour les faire interagir avec une cohérence proche de la perfection, moi je dis chapeau bas l’artiste. Sans oublier que c’est un roman intelligent, qui pousse le lecteur à réfléchir et donc rend la lecture beaucoup moins passive. On finit par chercher, essayer de faire des liens entre les différentes histoires simultanées, on s’investit.

Le roman n’est pas parfait, parfois inégal (on sent la difficulté qu’il a eu à écrire l’intégrale 4 par exemple), avec quelques histoires qui peinent à avancer (j’envisage de relancer l’émission Perdu de vue pour Benjen Stark, ça fait juste 5000 pages qu’on sait pas où il est…), mais j’ai envie de dire vulgairement : putain, le mec se pose là quoi.
Je veux dire, pour me frotter de plus en plus à cet exercice tortueux et casse-gueule qu’est l’écriture, notamment un peu de fiction, je ne peux que me rendre compte du travail de MALADE derrière ces milliers de pages. Je ne sais pas si vous avez déjà tenté l’expérience, mais c’est déjà tellement dur de créer UN héro crédible, cohérent, avec un passé et une évolution et une psychologie qui tient la route… Imaginez faire ça pour 30 personnages, plusieurs continents, des dizaines de familles/clans avec leurs différentes cultures et arriver encore à lier le tout dans un scénario prenant et surprenant.
Ajoutez à cela une multitude d’intrigues, qui se recoupent toutes avec logique à un moment donné, des trahisons et des coups de théâtres qu’on ne voit pas arriver à n’en plus finir, et des mini indices cachés toutes les 500 pages pour nous tenir éveillés et rendre fous les Sherlock refoulés…

Tous les ingrédients magiques pour forcer mon respect et le ticket gagnant pour m’enflammer de nouveau pour des années. Quel grand fan du roman n’a pas tergiversé des heures à propos des véritables parents de Jon Snow, en extrapolant à mort sur 3 pauvres phrases glissées au milieu de 4000 pages…

Au-delà de son travail pour le Trône de fer, je me suis évidemment intéressée à l’auteur lui-même, et je dois dire que le bonhomme m’a plu. Déjà sa relation avec les fans (il s’est quand même marié avec l’une d’entre elles, le bougre, ça a du bon d’être célèbre !), les histoires épiques de ses soirées arrosées avec son fan club, La Fraternité des Sans-Bannières et autres récits truculents de son parcours.
Il se sert également de son statut « d’homme les plus influents des Etats-Unis » (il a reçu ce titre en 2011 par le Times) pour défendre la cause animale, notamment celles des loups à travers son association.
Pacifiste, féministe, ami des loups, George R. R. Martin est un « nerd » complètement assumé, passionné, bon vivant et proche de ses fans. Le personnage me plaît, et j’avoue que c’est la première fois que je m’attache à un auteur en tant que personne, et non pas seulement pour les histoires qu’il écrit.
La pointe d’admiration commence à dépasser le « simple » fait d’être l’auteur d’une des meilleures saga de fantasy que j’ai jamais lue.

Comme je ne suis pas une fille facile et que je ne donne pas le statut d’auteur préféré le premier soir, j’ai donc finalement commencé à me frotter à ses autres oeuvres. Romans de science-fiction, contes, nouvelles angoissantes… Monde réel ou inventé, épouvante ou livre pour enfants, j’ai tout aimé. Et si je n’ai pas encore lu toute sa bibliographie, le fait est que plus j’en lis, et plus je l’aime. Au-delà d’apprécier le divertissement en lui-même, je ne peux qu’admirer son talent.
En fait, il écrit juste ce que j’aurais aimé écrire si j’en avais eu les capacités. C’est je pense ce qui le rend particulier à mes yeux. Je peux très bien adorer un livre sans me dire « Ouah, c’est exactement le livre que j’aurais aimé écrire si j’en avais eu le talent », alors que pour lui, c’est ce que je me dis quasiment à chaque fois que je termine le bouquin. On a tous quelqu’un qui nous inspire et nous impressionne dans un domaine où on aimerait exceller.
Pour moi, cette personne c’est lui.

Et depuis un peu plus d’un an, l’admiration est devenue telle qu’il ne se passe presque pas un jour sans que je pense à ce monsieur et l’envie de le rencontrer pour lui dire à quel point je le respecte.

G.R.R.M à Dijon ?

Je vous avais dit dans le précédent billet que je m’étais permis une petite escapade à New York entre copines. Evidemment j’ai fait les classiques (Statue de la Liberté, Empire State Building et j’en passe), mais j’avais UN caprice que je tenais absolument à assouvir pendant ces dix jours, quitte à brûler une vieille pour parvenir à mes fins.
Je voulais aller dans un « Game of Thrones Bar » le dimanche soir, ces bars où les fans se retrouvent pour regarder sur écrans géants le dernier épisode diffusé en direct et partager tous ensemble les coups de théâtres qui rythment la vie à Westeros. Je reviendrai peut-être un jour sur cette excellente et épique soirée (pur moment de transe dans un bar de fans en ébullition), mais le fait est que le soir, j’en étais complètement bouleversée de awesomeness, avec plus que jamais l’envie de rencontrer le monsieur à l’origine de toutes ces aventures géniales qui égayent mon quotidien. Au point que, prise par la fièvre du fan en délire, j’en ai rêvé le soir-même qu’il venait en France et que je le rencontrais.  Autant vous dire que je me suis réveillée le lendemain un chouya chiffonnée que ce ne soit qu’un rêve.
Et voilà que pas moins de cinq jours après ce rêve, je lis sur facebook (merci encore Sarah !!!), que le monsieur est annoncé pour une séance de dédicaces à Dijon en juillet.

Après m’être demandé un quart de seconde si mes nouveaux cheveux rouges ne me donnaient pas quelques dons de visions façon Mélisandre, je frise l’infarctus.

Alors déjà qu’il vienne en France (alors qu’il n’y a pas mis les pieds depuis plus de 20 ans) pour une rencontre avec ses fans, pile au moment où moi-même je suis en France et pas à l’autre bout du monde, c’est déjà quelque chose.
MAIS A DIJON ???? Genre à 50min de chez moi ?!!!

Je n’ose y croire.  C’est tellement énorme, qu’évidemment en bonne égocentrique, je m’invente une histoire de signe du destin, d’alignement des planètes où je ne sais quoi : une chance pareille c’est juste pas croyable.

Mais l’information est bien gardée, quasiment pas évoquée dans la presse, aucune date indiquée exactement, rien sur son site officiel ou sur celui de la librairie en question. Je cherche désespérément sur le net, découvre qu’il y avait déjà eu des rumeurs de sa venue il y a 4 ans qui n’avaient pas abouti, et j’ai le cœur en berne.
Du coup je n’ose plus tellement y croire, et guette en silence l’arrivée éventuelle d’annonces officielles. Bonjour l’ascenseur émotionnel si ce n’est pas fondé…

Pendant presque un mois, j’ai donc dû attendre, vérifiant régulièrement la presse horriblement silencieuse à ce sujet et n’osant rien prévoir en juillet de peur que ça tombe ce jour-là, avant qu’ENFIN, l’événement soit confirmé sur le site de George Martin et quelques médias dijonnais. Georges R. R. Martin passerait donc par la France avant son festival du film en Suisse, et serait à Dijon le jeudi 3 juillet pour une séance de dédicace à la librairie Grangier de 14h à 18h.

affiches
J’exulte.

Alors est-ce pour éviter une foule incontrôlable, mais le fait est que l’information n’a quand même que très peu filtré jusqu’à la fin. A moins d’avoir un œil de lynx, en mode fouine sur les différents sites officiels (et ça c’est ma spécialité), difficile de tomber sur l’info de cet événement sans précédent.

Incroyable, un monstre de la littérature américaine débarque pour la première fois depuis son succès chez nous, et personne ne le sait.

Je m’inscris à la page de l’événement sur Facebook pour suivre l’actualité, et découvre que pour l’arrivée de Sir Martin, Dijon a fait les choses en grand : bloquer une partie des rues alentours pour prévoir des animations telles que La Compagnie Gentes Dames et Chevaliers présente pour proposer sous tentes trois initiations thématiques à l’art de l’herboristerie, des métiers à tisser, des armes et armures. Ou encore une troupe féminine de danse du Moyen-Age, des spécialistes en arts martiaux historiques et européens, une Garde de Nuit à cheval pour protéger le Mur de fans désespérés d’attendre, des spécialistes de jeux de rôles médiévaux (dont les jeux de cartes du Trône de Fer, et j’en passe).

Ça promettait d’être épique.

L’attente

Enfin le jour J est arrivé ! Je voulais mettre les petits plats dans les grands pour l’arrivée du Grand Maître mais comme avec ma tonne de travail, je suis restée collée à mon ordinateur jusqu’à la veille à 21h, je n’ai rien eu le temps de préparer de vraiment spécial à lui donner. J’ai donc juste fait le minimum mais le plus important, soit saisir certainement l’unique chance que j’aurai de ma vie de lui transmettre tout le respect et l’admiration qu’il m’inspire dans une lettre. Histoire de ne pas tomber dans le pathos et vous épargner certains aspects de ma vie (vous en savez déjà beaucoup trop de toute façon), je n’en raconterai pas le contenu, mais elle faisait quand même déjà six bonnes pages bien remplies, sur un papier à lettre fait maison à la dernière minute… Le tout accompagné d’un petit quelque chose souvenir qui rentre dans une enveloppe, et d’une carte postale de Besançon suggérée par ma mère, toujours prompte à vendre sa région.
Ce qui fait qu’au lieu de dormir tôt pour être bien reposée pour cette journée de folie, j’ai fait mes trucs de fangirl jusqu’à 3h du matin pour me lever à 6h45…

lettre

La gueule enfarinée le lendemain, je me mets le centimètre d’épaisseur de maquillage adéquat pour masquer le manque de sommeil, prépare l’appareil photo, le livre à faire signer (même plusieurs au cas où je me ferais attaquer par un manant et me ferait voler le mien, on est jamais trop prudent), le miroir et le maquillage pour les retouches histoire de pas ressembler à une serpillière à toilettes publiques au bout de 5h d’attente, évidemment ma précieuse lettre à lui remettre en main propre, et une multitude d’autres choses inutiles qui pourraient sur un malentendu devenir utiles…
Mais mon QI ayant rechuté à 2 sous le coup de l’émotion, dans le feu de l’action, je n’ai pensé ni à de l’eau, ni à un sandwich.
Boire et manger, c’est tellement surfait que voulez-vous.

Sans compter que, vu le soleil étincelant,une crème solaire indice maximum aurait été nettement plus utile qu’un rouge à lèvre pour ne pas ressembler à rien à la fin de la journée…
Malgré tout, tout s’annonce sous les meilleurs auspices : il fait beau, je vais réaliser un de mes rêves et ceci en excellente compagnie puisque j’y vais accompagnée de mon génial cousin que j’aime à la folie furieuse. Même si le bougre est encore plus nul que moi, puisque non seulement il n’a pensé ni à la bouffe, ni la boisson, mais lui il avait même carrément oublié son bouquin… AH BEN BRAVO !
Tu parles d’une équipe de bras cassés, heureusement que l’événement avait lieu dans une librairie, offrant donc la possibilité d’en racheter un…

Nous voici donc fin excités dans la voiture dès 8h le matin, en route pour la cité des Ducs de Bourgogne.

Les organisateurs avaient prévenu sur leur site qu’il était recommandé de venir assez tôt et s’armer de patience pour obtenir la petite signature tant convoitée, et comme il était hors de question de faire partie des déçus qui attendraient pour rien, on avait décidé d’un commun accord de jouer la carte des fans assidus jusqu’au bout en arrivant tôt le matin. Bon suite à des contres temps  on est arrivés avec une bonne marge de retard sur notre programme en débarquant à 9h45 devant la librairie, mais déjà, on trouvait des centaines de personnes agglutinées devant les portes, alignés entre une file de barrières couvrant des centaines de mètres.

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Même pas peur.

Comme entre gens merveilleux, on se reconnaît assez facilement, ça faisait pas 5 minutes qu’on était sur les lieux, qu’on faisait la connaissance d’autres personnes – venues seules – avec qui on a sympathisé et rigolé toute la journée.

C’était la première fois que je faisais la queue pour rencontrer un auteur et non pour un concert ou un spectacle, et je dois avouer que l’ambiance était autrement meilleure, vraiment excellente. Pas de mauvais esprit, pas de tension débile qu’on retrouve facilement en concert entre les gens qui attendent longtemps à coup de « Vas y, moi je suis là depuis tôt ce matin donc y’a pas moyen que tu me dépasses » et autres. Personne ne crise parce qu’un copain rejoint son groupe en cours de journée sans faire la queue, bref la zenitude et j’ai envie de dire : CA CHANGE.
Tout le monde parle avec tout le monde, les gens ont ramenés des jeux de cartes, chantent The Rains of Castamere, lisent du Tolkien ou du Terry Pratchett pour tuer le temps. Quand je vois que certains lisent encore le tome 2 ou 3 du Trône de Fer, j’hésite à les menacer de me laisser leur place devant sous peine de spoiler le tome 5, mais je me retiens.
Pas de violence, c’est les vacances.
Certains sont évidemment là depuis la veille, ont traversé la France, sont venus depuis la Belgique, d’autres même ne viennent pas pour eux mais se sont dévoués pour un ami ou un membre de la famille qui n’a pas pu venir.

Arrivés un peu avant 10h, on se situe au premier tiers de la queue, tiers pourtant déjà estimé à plus de 700 personnes aux alentours de 11h. Vu que les gens n’ont cessés d’affluer jusqu’en milieu d’après-midi, la queue s’allongeant sur l’aller retour de toute une rue, avec de nombreux abandons en cours de route pour les moins téméraires (ou moins optimistes quant à la possibilité d’obtenir le Graal), je pense sincèrement que le nombre de personnes ayant fait le déplacement pour Sa Majesté Martin se compte en milliers. (Tiens, ben je viens de lire 3000 personnes selon France Bleue) .
Le tout sans publicité massive, j’ai envie de dire : respect.

Heureusement que l’entente entre les fans est bonne, qu’il y a quelques animations, qu’on se marre et discute de tout, parce que quand même, l’attente est longue. Principalement à cause du temps.
Le soleil monte impitoyablement, et tape fort. Pas un poil d’ombre, pas une bouteille d’eau, juste un soleil cuisant qui frappe vicieusement sur le crâne et rôti nos cuissots bien blancs…
On commence à souffrir.
Je ne savais pas que Dijon faisait partie du Maghreb. Si j’avais su, j’aurais troqué ma robe contre une tenue de bédouins.

Comme j’ai sorti mes habits de lumières pour l’occasion et qu’il serait indigne d’une Dame d’escalader une barrière et exposer la gracieuse culotte de mon cul généreux à la vue de tous, j’envoie mon écuyer de cousin chercher des vivres pour se sustenter et survivre à la fournaise. On ripaille de mets presque délicats dénichés dans une taverne acceptable du nom de la Brioche Dorée et on soupire d’aise en sentant enfin l’eau couler dans nos gorges desséchées.

Après déjà des heures à épuiser les discussions possibles, sur nos projets de vie, le recyclage et qui consomme ou non des œufs de poules en batterie (oui, nous sommes des nerds à tendance écolo), on fatigue. Le soleil tape depuis bien trop longtemps sur mon crâne, je perds de ma magnificence et m’auto saoule avec des blagues de moins en moins drôles. Heureusement, le public est indulgent et mes compères se contentent de manger leurs tomates au lieu de me les balancer.
Le soleil nous à tous assommé.
La file d’attente ressemble de plus en plus à une tribu Dothraki perdue en plein désert rouge. On voit un camion de pompier passer et se rendre au début de la file, et on les soupçonne quand même de faire semblant de sauver des vies pour nous passer devant.
Vive l’abus de pouvoir.

Puis à 14h, la foule proche de passer l’arme à gauche se lève d’un bon, s’agite, reprend vie. Au fond de la rue, on aperçoit une rangée de personnes à cheval habillées de noir, et au milieu de cette Garde de Nuit… George R. R. Martin !
Sa Grâce est généreuse, elle ne nous fait pas le coup d’une entrée de voleur par une porte dérobée, caché derrière la librairie. Non, elle arrive en bon roi des Andals et des Premiers Hommes pour saluer tous ces pauvres fidèles sujets se laissant joyeusement cuire à point pour sa belle barbe.
Il s’est même fait beau pour nous en ayant troqué ses inséparables bretelles pour un veston brodé. Ca se bouscule à peine mais les gens restent civilisés. J’en profite donc pour voler tant bien que mal quelques clichés.

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Un Martin et ça repart, nous voilà de nouveau tous au taquet. Tant pis pour la migraine et les traces de bronzages ridicules sur les bras et le bout du pif.
Il les vaut bien tous ces coups de soleil, et les coups d’amour et coups de je t’aime qui vont avec. On est trop loin pour voir ce qui se passe à l’entrée de la librairie, mais les animateurs habillés en chevaliers du Moyen-Âge, un groupe de fan français de la Garde de Nuit, achèvent la haie d’honneur tandis que la foule entame un ban bourguignon.

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La séance de dédicace commence enfin. Si on était pas trop mal placés dans la queue, le monde est tel qu’on a quand même mis plus de deux heures avant d’arriver devant la librairie (où la queue se prolongeait encore à l’intérieur…).
Finalement, après presque 7h d’attente sous le soleil de Mexico Dijon, enfin arrive notre tour d’entrer dans la librairie.

La rencontre

Au moment où la sécurité nous fait signe d’entrer, je ne sais pas ce qui me rend le plus heureuse : ma signature à venir ou la clim.
La boule au ventre monte, déjà que ça volait pas bien haut, ce que je raconte est de moins en moins intelligent et intelligible.
La queue se poursuit dans les escaliers menant à l’étage où George R. R. Martin est installé.. Au milieu de la salle, il y a un espèce de petit café/bar, et sur le comptoir, la majorité des livres de Martin traduits en français. La queue zigzague encore autour du bar pour arriver jusqu’à lui, où il est entouré de deux traducteurs pour faciliter l’échange avec ses fans et quelques membres du staff encadrant la rencontre.
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On prépare nos livres, je sors ma lettre bien épaisse. J’ai les doigts tout moite et j’ai pas envie de faire des tâches. Plus j’y pense, et plus je me dis que le plus important, c’est pas tant recevoir sa signature, que de lui donner mon enveloppe. C’est tellement une chance inouïe d’avoir la possibilité de dire personnellement à un artiste de cette envergure à quel point il influence votre façon de voir les choses et certains choix de vie. J’ai tellement mal au bide, que je fais passer les personnes avec qui je suis devant moi, histoire de m’accorder un peu de préparation psychologique.
Ce serait con de faire une crise cardiaque maintenant.
Voyant ma détresse, un membre du staff me confirme que de toute façon, il faudra bien que j’y passe quand même. Certes.

Finalement c’est à moi. Je lui tends mon livre, et comme je ne sais plus parler depuis longtemps je ne dis rien, un sourire béat me paralysant le visage. Il me débloque finalement avec un jovial « How are you ? » ,et j’ai l’impression d’être une gamine de cinq ans en face du Père Noel quand je lui tends timidement ma lettre. Je me sens un peu ridicule quand je lui dis que je lui ai écrit un courrier pour lui dire tout ce que je tenais à lui transmettre et que je serais vraiment heureuse s’il prenait le temps de la lire mais j’assume mes niaiseries.
Je me sens un peu mieux quand je vois qu’il est agréablement surpris.
Pour le coup, on est pas vraiment dans le même monde que celui des concerts japonais où j’ai l’habitude d’aller et des fans à moitié amoureux de leurs idoles ; là les gens sont généralement venus pour leur signature et le plaisir de rencontrer ce grand monsieur, mais c’est tout.
Ce qui est compréhensible d’ailleurs, moi-même je ne prépare pas quelque chose à chaque fois que je vais à un spectacle ou concert.
Et donc de ce que j’ai vu, assez peu de cadeaux ou de surprises pour l’auteur, à par quelques uns qui lui ont ramené une bouteille de vins pour alimenter sa cave. (Et comme Martin apprécie la bonne chère, je ne doute pas qu’il fera honneur à ses offrandes…).
Bref, sur les milliers de personnes présentes, assez peu on fait la démarche d’apporter quelque chose, et encore moins celle de lui écrire. Même la traductrice a poussé un petit « Oh » de surprise.
Alors en bonne opportuniste, d’un côté ça me rassure un peu. Je me disais vraiment qu’il aurait une multitude d’offrandes diverses de ses fidèles et que mon gribouillis ne serait qu’un petit paquet perdu parmi tant d’autres. Pour le coup, comme il avait l’air un peu surpris et content, je me dis qu’il y a des chances qu’il la lise vraiment.
La lire ne changera pas sa vie, ni la mienne, mais au moins ça me rend heureuse de l’avoir donné. Et tant que ça ne nuit à personne, toute joie est bonne à prendre.

Attention, Sonia au top de sa vie résumé en photos dans 3, 2, 1…

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Le brave homme est adorable et me répond avec bonhomie qu’il prendra le temps de la lire. Je me doute bien qu’il allait pas répondre « Je suis le maître du monde, j’ai pas que ça à foutre connasse », mais je m’en vais soulagée et surtout la jauge joie de vivre au top, mode « je peux mourir en paix ».
Ce moment a duré en tout et pour tout environ 10 secondes dans ma petite vie insignifiante, mais il valait son pesant d’heures passées à attendre debout dans le cagnard.

Et pardon, non je ne lui ai pas demandé quand sortait le tome 6 ni qu’il se bouge l’arrière train pour finir de l’écrire comme vous avez été nombreux à me le demander de le faire ! Déjà parce que je pense que des centaines de personnes lui disent déjà tous les jours et qu’il doit en avoir ras sa casquette de marin, et surtout parce qu’avec les crises de procrastination aiguë qui me prennent à chaque fois qu’on attend un blog de ma part, je me sentirais pas franchement légitime dans ma requête. Par solidarité et parce que ce serait carrément l’hôpital qui se fout de la charité, je ne demande rien du tout et attend sagement (mais en trépignant quand même en secret).
Positivons, autant qu’il prenne le temps et que la qualité reste.
De toute façon, voici ce qui arrive quand on lui suggère – même en chanson – de se magner le cul pour terminer son bouquin :

Leçon retenue tonton Neil, he’s not our bitch.

Je sors de la salle sur mon nuage. J’ai fait bonne figure et été digne devant lui, je peux donc maintenant réaliser l’immensité de la chose qu’il vient de se passer, me mettre à trembloter et pleurnicher en toute impunité.
Sonia qui ne fait pas sa pleureuse ne serait pas vraiment Sonia de toute façon.

Après tout, j’ai juste rayé une ligne de ma liste de rêves que je pensais laisser intacte toute ma vie.

Organisation

Je sais pertinemment que je viens déjà de vous tartiner dix pages sur quelques pauvres secondes de ma vie (mais bon, profitez des pavés quand y’en a), mais je tiens à revenir sur l’organisation de l’événement et les diverses animations proposées.

Histoire de terminer sur une grosse note positive, je commencerai par faire ma chieuse en parlant de ce dont j’ai été déçue, (en taillant sévère avec mauvaise foi parce que sinon c’est moins drôle) : à savoir les animations. Elles avaient été annoncées en grandes pompes et de façon très alléchante, donc la magie de l’imagination aidant, j’avais vraiment pensé à des stands proposant des activités et reconstitutions médiévales passionnantes et fournies. Mais je dois avouer que même si, certes, on pouvait admirer une armure, tester des reproductions d’épée du 12ème et 13ème siècles (ils passaient même dans les rangs pour nous faire tester quand on patientait, ce qui était très sympa) et autres, c’était quand même assez pauvret…

Déjà pour tous les stands d’initiations à l’herboristerie, les métiers à tisser et autres activités, puisqu’on était parqué derrière nos barrières, on y avais pas accès, donc autant dire qu’on en a rien vu ni entendu.

Ensuite une immense déception lors de la première arrivée dans la matinée de la « Garde de Nuit » annoncée fièrement sur le site officiel avec, je cite, « des costumes brevetés Trône de fer ».
Publicité mensongère !
Des hommes, et même des femmes ( hérésie !), à cheval avec, en guise de tenue, un bout de tissus noir par-dessus. Voilà la triste vérité mes amis !

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gardedenuit2

Non mais non.
Je veux bien concevoir l’idée qu’il y ait des problèmes de trésorerie et qu’on doive procéder à des restrictions de budget, mais la Garde de Nuit en K-way, c’est juste pas sérieux.
Heureusement qu’ils nous ont pas promis une reconstitution grandeur nature de Châteaunoir et du Mur, parce qu’on aurait fini avec une tente Quechua devant un bac à glaçons.
Au pire, la Garde de Nuit n’étant pas forcément à cheval, on aurait pu épargner les belles bêtes pour investir plutôt dans de vrais manteaux noirs. Quitte à crever de chaud de toute façon, on était plus à un ou deux degrés près.
Il y avait le groupe de fan français de la Garde de Nuit en cosplays bien plus réalistes avec certainement deux fois moins de budget.

Ensuite on a eu aussi un espèce de Marcheur Blanc défilant dans la queue sur ses échasses. Comme la critique et les moqueries gratuites sont de famille, j’avoue qu’avec mon cousin, on s’est un petit peu demandé comment il en était venu à un tel résultat avec son costume et si vraiment il avait pour but de ressembler à un marcheur blanc (l’histoire ne le dira malheureusement jamais…). C’était un peu comme s’il était allé dans son grenier, et avait choisi au pif tous les vêtements bleus et blancs en se disant que ça ferait l’affaire. Et avec tous les tuto maquillage qu’on trouve sur youtube, en  2014 on a plus le droit de faire ça.

marcheurblanc(On est méchant parce que c’est rigolo, mais respect quand même pour avoir déambulé en échasses sous cette tonne de fringues pendant des heures)

Ensuite les danses médiévales… Heu, vous avez dit médiévales ?! Bon, étant donné que mes connaissances en danse se limitent à la macarena, je ne suis pas spécialiste et je me trompe peut-être, mais je pense avoir tout vu sauf une représentation de danse médiévale. Enfin en tous cas, moi j’imaginais des danses de l’époque, comme la Carole ou le Branle, mais manifestement un peu trop emballée par les descriptions alléchantes, j’avais visé trop pointu. Et pour le coup, je me suis pas tellement sentie au Moyen-Âge.
D’ailleurs quand nos amies danseuses, dans un costume assez proche de celui d’une danseuse du ventre, une ceinture dorée autour de la taille se sont mises à onduler les hanches sur une musique orientale et que des gens dans la rue ont commencé à faire des youyou, j’avoue que je ne savais plus si j’étais dans la queue pour une dédicace de l’auteur du Trône de fer, ou pour fêter l’anniversaire de Faudel.
Bref, je ne blâme pas les danseuses en tant que telles, les demoiselles étaient charmantes et les chorégraphies avec éventails très esthétiques, mais on m’aurait vendu la chose comme « des chorégraphies inspirées de l’univers fantasy et foires médiévales», j’aurais certainement mis un peu d’eau dans le vin de mes attentes.

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Enfin pour ce qui est des représentations de combat et d’art martiaux historiques et médiévaux, les démonstrations étaient quand même un peu momolles. Ils croisaient le fer aussi vite que je sprint, soit à la limite du slowmotion. Si à l’époque les Anglais et les Français se battaient avec aussi peu de motivation, je comprends pourquoi la guerre a duré 100 ans.

combat

Après, j’ai quand même envie de modérer mon propos, naturellement un peu injuste (on est sur sonyan.fr, ne l’oubliez pas). Déjà parce qu’en fait j’y connais rien, mais aussi parce qu’au moment où on est enfin arrivé au niveau de la librairie d’où on pouvait assister aux animations, il était déjà 16h30 passé donc on avait quasiment tout loupé, et cela faisait déjà 7h que les animateurs étaient là à danser et se taper dessus pour notre bon plaisir. Et vu la chaleur, un grand respect pour eux qui se sont échinés à nous divertir sous leurs masques et déguisement tout au long de la journée.
Ensuite, quand j’ai regardé les photos et vidéos des articles sur cette journée, j’ai vu que les animations du matin et début d’après-midi (qu’on était trop loin pour voir) avaient l’air vraiment sympa, notamment des combats en armures. Nous le peu de démonstrations qu’on a vu, les armures avaient été troquées pour un bandana façon Jack Sparrow et des lunettes de soleil, ce qui bizarrement nuisait un minimum à l’atmosphère moyenâgeuse.

Bref, il semblerait qu’on ait loupé une bonne partie des animations, qu’on ait pas profité d’autres faute de mobilité derrière nos barrières, et surtout après 7h à s’échiner dans un four à 500°C, ils devaient être aussi fatigués que nous, alors on arrête les critiques et un grand merci à eux. Surtout que pour un coup, il y avait un véritable effort de proposer et diversifier les animations, ce qui est fort louable, peu d’organisateurs de dédicaces s’embarrassent autant.

D’autant plus qu’on a pu quand même apprécier des tenues en côte de mailles de guerriers un peu plus dépaysantes, tous toujours très sympa, enclin à discuter et se prêter au jeu des photos, même après avoir perdu 5 litres de sueur sous leur ferraille.

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Même si les retrouver quelques minutes plus tard en train de fumer une clope devant chez Hermès frisait à peine l’anachronisme.

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Mais, et c’est là que je commence la véritable critique de cette organisation, je tiens à exprimer un immense merci à la librairie Grangier pour son organisation IR-RE-PRO-CHA-BLE.
Vraiment, j’ai fait déjà un paquet de queue pour divers événements dans ma vie, et c’est de loin la meilleure que j’ai expérimenté. Déjà, on était très loin de l’ambiance des concerts où les vigiles méprisent à moitié les personnes qui attendent depuis des heures dans l’espoir d’approcher leurs idoles. Ensuite le staff a été très honnête, en prévenant avec humour dès le tout début d’après-midi les personnes qui arrivaient qu’elles pouvaient ne pas avoir leur dédicace vu le monde.

affiche2

Passé une certaine heure, ils ont même carrément fermé la queue, pour pas que les retardataires attendent pour rien. J’ai des amies qui ont fait la queue des heures à Paris pour la dédicace de Sophie Turner (Sansa) et Maisie Williams (Arya), et ont finalement vu la dédicace se terminer quelques personnes avant elles… de quoi gâcher une belle journée. Ici, ils ont au moins mis les formes pour éviter un maximum ce genre de déception.
De plus, on ne peut vraiment pas dire qu’ils y aient mis de la mauvaise volonté, puisque la séance de dédicace qui devait terminer à 18h a été prolongée pendant presque 1h pour faire le moins de déçus possible. Même si j’étais passée depuis longtemps et que ça me concerne pas vraiment, on ne peut que remercier la librairie et GRR Martin pour leur bonne volonté.
Ensuite, la librairie avait aussi prévu des boissons fraîches et passait régulièrement dans les rangs pour vendre des rafraîchissements en nous évitant de sortir de la queue. Certains sont même passés en nous donnant de la glace pilée pour se rafraîchir.

Au-delà de l’organisation irréprochable, j’ai senti une véritable bienveillance du personnel vis-à-vis des fans. Ils avaient l’air fier d’accueillir un aussi grand auteur, mais également réellement contents pour nous de nous donner la chance de le rencontrer. On nous a juste demandé de préparer notre livre à la bonne page et de ne demander qu’une signature par personne, mais pour la première fois, on ne nous a pas assommés d’interdictions à n’en plus finir.
Il n’y avait même pas d’obligation d’acheter un livre sur place (toutes les dédicaces que j’ai faites jusque ici étaient avec obligation d’achat -peut-être parce que c’était au Japon ? -) et on pouvait très bien venir avec ses propres livres. Enfin, tout était fait pour rendre les fans heureux, notamment la mise à disposition de deux membres du personnel, chargés (et avec le sourire !) de prendre nos appareils photos pour photographier la rencontre, pendant qu’on recevait le précieux paraphe. J’ai trouvé ça super sympa dans la mesure où c’était un compromis vraiment intelligent pour nous donner l’occasion d’immortaliser cette rencontre, sans pour autant ralentir la queue et laisser le temps à un maximum de personne de passer.

Bref, un immense merci et un chapeau bas, même MOI, je n’ai rien à redire à cette organisation. Tout était à l’heure, pensé, calibré, avec même un stand de la croix rouge pour les victimes d’insolation, et  un personnel super amical et souriant.
20/20.

Voilà pour cette excellente journée qui s’est terminée pour moi en pleurs dans le train en y repensant (rah mais quelle chouineuse !), encore pleine de rencontres sympa et de bons souvenirs. Un grand merci à nos compagnons de queue pour leur sympathie tout au long de ces sept heures et qui ont rendu l’attente fort agréable, au staff et aux animateurs pour leur super travail, un immense merci à mon adorable cousin, magnifique écuyer (un bon 8 sur l’échelle de Podrick) qui a fait un détour de plusieurs centaines de kilomètres pour venir me chercher rien que pour le plaisir de faire le trajet aller jusqu’à Dijon ensemble, et enfin un immense merci à George R.R. Martin pour sa simplicité, sa jovialité, son génie et l’endurance de son poignet.
Cinq heures de signatures à la chaîne non-stop, on le remercie les larmes aux yeux pour ce petit moment hors du temps et on lui pardonne un autographe qui nous rappelle vaguement l’ordonnance de notre médecin de famille.
autographe


[EDIT] 

Maintenant que je vous ai raconté cette fabuleuse journée avec mes yeux naïfs de spectatrice dont les connaissances en Moyen-Âge se limitent au film des Visiteurs, je vous propose maintenant de lire une petite version côté animateur ! En effet, le hasard fait bien les choses, j’avais parmi mes lecteurs une demoiselle qui fait partie de l’association de mes Jack Sparrow en slowmotion et qui m’a donc écrit en privé pour m’en dire plus ! Comme que ce serait dommage qu’il y ait que moi qui en profite et que ça peut en intéresser d’autre, je me permets donc -avec son accord- de copier-coller son message ici. Merci à elle pour son humour et ses précisions sans rancune 🙂

« […] Alors je ne sais pas trop comment tu vas prendre ce message mais voilà. Je te lis depuis quelques temps (un an à peu près, je me souviens être tombée par hasard sur ton post sur Hokkaido, avoir aimé le style, avoir lu plus haut, lu plus bas, et avoir fait mon nid de lectrice lurkeuse qui n’ose jamais écrire de commentaire) et là j’ai vu passé ton post sur la venue de George R. R. Martin. J’y étais aussi et je me sens l’âme d’une redresseuse de mythe.

Je fais partie de l’association des types en noirs qui se battaient en épée devant la librairie (en fait, j’étais même présent à ce moment.). Du coup quand j’ai lu ce que tu as dis sur nous, je me suis dit que ça méritait une mise au point (ce n’est pas méchant, je ne suis pas vexée ou rageuse, c’est juste que comme je t’admire, je veux dissiper des malentendus. Après je redisparaîtrais comme le chat de Cheshire (qui a longtemps fait partie du top 3 de mes terreurs d’enfant)). J’espère que tu ne le prendras pas mal (en plus j’aime vraiment ce que tu écris, j’espère que tu ne le prendras pas mal).

Notre pratique (les arts martiaux historiques européens) vise à retrouver, étudier, comprendre et diffuser un savoir qui du fait des évolutions de l’Histoire européenne a totalement disparu : évolution technologique, évolution des pratiques, désastres en tout genre détruisant les liens de transmission oraux (la Peste Noire ou la Première guerre ont fait pas mal de ravages, dans tous les domaines, pas seulement dans la manière de vaincre son prochain ^^). On est plus dans de la reconstitution martiale, de l’archéologie expérimentale et plein de mots qui font universitaires poussiéreux (alors que les universitaires, ils sont plutôt en minorité chez nous). Si le Moyen-Age et les épées à deux mains sont les plus représentatifs de notre pratique (tout le monde veut être un chevalier), on va en fait des combats de gladiateurs aux duels à la baïonnettes dans les tranchées.

Du coup, les « prestations », ce n’est pas notre truc. On en fait, parce que c’est ainsi qu’on informe le public, qu’on fait découvrir et qu’on recrute, mais nous ne sommes pas là pour « divertir » (il y a des gens qui se font payés pour, et on aimerait pas leur voler leur gagne pain). Du coup, on ne se costume pas par exemple. Parce que cela n’apporte pas grand chose à notre démarche.

D’où les lunettes de soleil et le foulard à la Jack Sparrow. Et le combat en slow motion : à ce moment là ils étaient dans non pas un combat de démonstration, mais l’étude de techniques de rapière, exécutées dans un temps lent de manière à éviter de se blesser (même si elles ne coupaient pas, les rapières restent des machins effilées qui rentrent facilement). A d’autres moment on portait masques d’escrime et protections modernes de manière à se battre à vitesse réelle, et sans chorégraphie. Exceptionnellement deux de nos amis étaient venus avec leurs armures (pour qu’on ait un meilleur visuel), mais il n’étaient que 2 parce que ça coûte un rein de Lannister pour s’en payer une sur mesure et d’après les répliques d’époque.

Par contre, souvent, les gens pensent qu’on est moins sérieux que les types qui ont mis une cotte de maille mal montée, un joli tabard et une « épée super lourde » alors que c’est le contraire. Pour donner un exemple c’est un peu comme si les gens estimaient que tu ne connais rien au Japon parce que au contraire de la fille à côté de toi tu ne portes pas un kimono kawai qui est en fait un cosplay de Yuki dans XXXHolic. Et qu’en plus tu l’entends débiter des choses fausses. La compagnie que tu as vu fait de l’évocation, c’est-à-dire qu’ils se soucient peu de la vraisemblance historique, et sont plus dans l’évocation d’un Moyen-Age fantasmé (ça tombe bien, on était là pour promouvoir un monde médiévalo-fantastique. Et puis ils sont sympas on a bien rigolé ensemble. Mais ce ne sont pas de vrais chevaliers en armure).

Quant au minima des animations, en fait, la librairie n’avait tout simplement pas de budget. Du coup, à part de l’eau et de la gloire (on est un peu Stark) toutes les assos sont venues à titre bénévole (et même pas pour la dédicace, plusieurs de mes camarades n’avaient pas lu les livres).

Voilà, je m’excuse d’avance pour ce long message plein de parenthèses. J’espère que je ne t’ai pas saoulé avec. Je souhaitais simplement lever des malentendus. J’aime beaucoup la volonté que tu as de présenter le Japon et sa culture telles qu’ils sont (et non pas telles qu’ils sont fantasmés). Et du coup, pour une fois, je peux te renvoyer l’ascenseur. C’est une manière de te remercier pour tout ce que tu as écris. »

Et pour les intéressés qui aimeraient en savoir plus sur comment casser du Bolton dans les règles historiques de l’art :
L’association De Taille et d’Estoc
Fédération Française des Arts Martiaux Historiques Européens

 

29 Louanges

  1. Une note ! <3
    Toujours pile quand je veux aller me coucher, ahlala…
    J'ai dévoré l'article, mais je n'ai pas grand chose à dire, hormis que je suis fan de la photo où G.R.R. Martin tient ta lettre entre les mains, j'espère qu'il va la lire (et que le contenu fuitera afin d'assouvir la curiosité de la fouine qui vit en moi). 🙂

    • C’est vrai que j’ai remarqué avoir une fâcheuse tendance à poster au moment où tu dis que tu vas te coucher ! Et j’ai même plus l’excuse du décalage horaire…

  2. Marion

    J’ai fait la bêtise à 6h de checker mon smartphone et de voir ce nouveau post, du coup je n’ai pas pu résister à la curiosité, me voilà parfaitement réveillée. Mais de bonne humeur ! :3

    « Si à l’époque les Anglais et les Français se battaient avec aussi peu de motivation, je comprends pourquoi la guerre a duré 100 ans. » x’D
    J’ai les images d’une bataille « démotivée » qui tournent dans ma tête du coup.

    Super article en tout cas, à bientow~~

    • C’est les vacances, je peux plus vous empêcher de bosser/étudier, donc faut bien que je trouve autre chose pour nuire à votre quotidien… :p

      Une guerre de 100 ans en slowmotion, ça pourrait faire un épisode de Kaamelott ça, hé hé.

      Merci pour le commentaire !

  3. J’ai découvert Game of Thrones par hasard en téléchargeant des séries. Un petit tour sur l’ami Google pour savoir de quoi il était question car le synopsis était assez peu détaillé et j’ai téléchargé le premier épisode juste pour voir. J’attends avec impatience la suite, venant de terminer l’épisode 10 de la saison 4. Je suis devenue accro. Je n’ai pas acheté les bouquins pour le moment, mais après avoir lu ton post et d’autres critiques sur le net, je vais le faire car beaucoup disent que, même si la série est très bien, les bouquins sont encore mieux. Au moins en faisant comme ça, je ne serai pas déçue de voir que l’adaptation n’est pas fidèle aux livres comme j’ai eu la déception avec les Harry Potter ou le Seigneur des anneaux pour ne citer qu’eux. Hé oui, j’adore ce genre de littérature aussi. Je suis contente de voir que l’un de tes rêves s’est réalisé, contente de savoir qu’il va lire la lettre que tu lui as écrite, si si, il va la lire. Un peu déçue en voyant la photo où il arrive de voir une femme dans la garde noire, et de voir leur costume. Ok, vu la chaleur, je les voyais mal en peaux de bête, mais comme tu le dis, un manteau noir aurait déjà été un peu mieux. Pour le marcheur blanc, il me fait penser à des bonhommes qu’on a au carnaval chez nous. Bravo pour la pancarte de la librairie et bravo pour leur humour.

    • Lledelwin

      …Oui, les livres sont vraiment mieux que la série, qui simplifie beaucoup l’intrigue (compréhensible) en la manichéisant (ça existe ce mot ? Non ? Alors j’invente !) et plus ça va, plus je trouve de sales relents BBB : Boobs, Bitches, Badasses. La finesse d’analyse des situations, des personnages, des caractères de la série se perd, et plus ça va plus ça me gène. Ou m’a gêné : j’ai arrêté la série.

      Bon, et je parle même pas des rôles qui changent d’acteur sans prévenir : la Montagne à Cheval en est déjà à son troisième, toujours plus gros et grand que son prédecesseur (là, c’est un culturiste Islandais. Pour faire plus mastoc, vont devoir trouver un géant des glaces, c’est plus possible autrement), Stannis a aussi changé d’acteurs, et ils ne se ressemblent que vaguement, mais le summum étant tout de même Daario Naharis où il n’y a même plus l’effort d’une vague ressemblance entre le premier (qui lui-même ne ressemble pas à sa description écrite) et le remplaçant (qui perd 20 cm de taille, 50 cm de cheveux, tout son charisme mais gagne une barbe de 15 cm).

      • Kasumi

        Stannis n’a pas du tout changé d’acteur, ça a toujours été Stephen Dillane :/ Ou alors je suis complètement aveugle ?

        Mais j’approuve pour la Montagne, je comprenais pas trop pourquoi il changeait de visage à chaque saison…Surtout le dernier acteur, qui doit pratiquement avoir vingt ans de moins que le monsieur qui joue Sandor, c’est un peu étrange quand on sait que la Montagne est son grand frère ahah

        • Je confirme, Stannis n’a jamais changé d’acteur, 🙂
          Par contre Daario oui, et le roi Tommen aussi (qui a pris 5 ans d’un coup, xD).

          Et je plussoie pour la Montagne dont l’acteur a 25 piges qui est censé être le grand frère de Sandor…

    • Tu aimes miyavi, Harry Potter, le seigneur des anneaux, Game of Thrones… dis, tes filles se sont jamais dit qu’elles avaient une maman qui roxait grave ?!

      Et oui, le déguisement de la Garde de Nuit était décevant, d’autant plus qu’il était décrit avec beaucoup d’entrain… Mais si on arrête de chipoter, c’était vraiment super et une initiative géniale de la part de la librairie et des associations.

  4. Edith

    Encore un article, que je viens de lire au réveil et que j’adore !!! J’ai regardé la série, j’ai tous les bouquins par contre pas encore pris le temps de les lire…ms j’adore…g aussi adoré HP et me rappelle être aller acheter le tome 6 à 00h00 (ça doit d’ailleurs être le seul truc foufou que g du faire ds ma vie !! Lol) ms qu’est ce que ta vie est chouette !! 😉 plein de bisous et continue à me faire rêver !!!

    • Il fait absolument que tu les liiiiises !!! Tu verras c’est si bieeeeng !!!
      Et puis, certain personnages sont tellement mieux. Genre dans les livre Jon Snow est un de mes préférés alors que dans la série il a un peu tendance à me gonfler par son insipidité (heureusement que Kit Harrington est beau quoi).

      Et merci pour tes commentaires toujours enthousiastes !

  5. Danie

    Je suis pas d’accord, le volume 4 est mon préféré de la série ! XDDD

    Mais autrement, ça fait plaisir à lire. Je t’avouerais que je suis super envieuse parce que ça a l’air de s’être vraiment bien passé. Pour le staff bienveillant, je ne suis pas trop surprise. Je me rappelle quand j’allais acheter Harry Potter à minuit le jour même (no comment XD), les gens étaient toujours très cools, nous offrait même le buffet, etc. Je pense qu’une très grosse partie du personnel sont souvent eux-même des fans de bouquins et savent ce que c’est que de rencontrer quelqu’uns qu’ils admirent. Puis je pense que les fans de bouquins ça doit être aussi un tantinet plus calme que les petites nénéttes fan de visu ;D

    Bref ça fait plaisir à lire. ♥

    • Danie, en même temps ton personnage préféré est Théon Greyjoy, dès le début t’es pas crédible, que veux-tu. xD
      Non mais pour le 4, j’avais peut être eu du mal au début car on voit aucun de mes personnages préférés. Heureusement que Jaime et Brienne commencent à roxer.

      C’est dommage que tu aies pas pu venir, j’aurais été tellement ravie de vivre encore une aventure avec toi <3

  6. Maud

    Quelle aventure ! : D

    Je n’ai personnellement pas lu les livres mais je pense que je le ferai quand la série sera fini. Comme j’ai commencé par la série (genre, deux/trois ans après tous le monde…) et que celle-ci me plait vraiment beaucoup, je préfère attendre qu’elle se termine avant de commencer les livres.

    Mais je me reconnais bien dans ce que tu racontes sur comment une œuvre littéraire peut à ce point être prenante ! Comme une série télé d’ailleurs… rien que pour Game of Thrones, moi qui n’était absolument pas intéressée, j’ai très rapidement craqué une fois que je m’y suis mise. Enfin… »rapidement », tout est relatif, haha. Pour la petite histoire, tous le monde me disait qu’il fallait regarder cette série. Tous le monde en parlait ! Et un jour, alors que j’étais en période de blocus (d’études pour mes examens de janvier), j’ai décidé de m’y mettre. (Parce que tout est plus intéressant que d’étudier, n’est-ce pas ?) En deux jours, j’ai vu les deux premières saisons… Je n’ai littéralement fait que ça pendant deux jours. Surtout parce que je n’avais pas envie d’étudier parce que je dois avoué que je me suis plutôt fait chier durant la première saison. (Jusqu’à l’épisode 9 qui m’a rendu accro.) Mais une fois accro… heureusement que je ne devais attendre que quelques mois pour la saison 3 !

    Et aujourd’hui, je suis comme tous le monde, à attendre désespérément l’année prochaine… Haha !

    • De toute façon, toutes les personnes que je connais qui ont regardé la série GoT après tout le monde ont bouffé toutes les saisons en quelques jours.
      Je crois que c’est un effet inévitable, même ma maman quand je l’ai mise dedans elle ne voulait plus s’arrêter et était prête à les re-regarder du début une fois les 4 saisons avalées, ha ha.

  7. Fantastique expérience, fantastique rencontre… Que d’émotion !

    Mesdames et messieurs, je suis témoin, Sonya a bien fait le rêve prémonitoire de voir débarquer G. Martin en France et d’aller lui serrer la pince, quelques jours avant de s’étouffer en apprenant la nouvelle de sa venue a Dijon… Tirez en les conclusions que vous pourrez 😉

    Bien évidemment, hors de question de lui demander en face de se dépêcher !! Il manquerait plus qu’on le vexe, en plus…
    Mais en coulisses, il est de notre droit de lecteur de nous liquéfier d’impatience et d’adresser des jurons à ce génial auteur pour nous avoir entraînés dans le gouffre de son incroyable et si laborieuse à mettre en scène dimension… On écrit pour se faire désirer, de toute manière, surtout des sagas pareilles ! Et le désir peut rendre déraisonnable… c’est qu’on meurt de soif quand on sait que lui seul peut nous désaltérer !…

    Bon point pour l’accueil qui lui a été réservé, félicitations à Dijon! Et je suis sûre qu’il lira ta lettre, il a l’air de prendre les missives et les lecteurs au sérieux !

    • J’aurais bien aimé rêver que je me mariais avec miyavi il y a quelques années, vu que manifestement ça marche… :p

      Je te rassure, je suis comme tout le monde, je trépigne, je jure, je grogne et je désespère de voir enfin la date de Winds of Winter publiée. Je m’imagine déjà dans mon bunker pour le lire sans me faire spoiler.
      Vivement qu’on en débate dans des emails enflammés <3

  8. celine

    Même si je ne suis pas fan de Game of Thrones, je me suis laissée prendre par ta prose, et surtout par la joie que t’a procuré cette rencontre! Du coup, j’ai tout lu avec plaisir, alors que vu le sujet, j’étais pas partie pour. Tu es très forte, tu vendrais un peigne à un chauve comme disait un prof.

    • Ha ha ha, oui il paraît que j’ai un don pour transmettre mes fièvres même sur des sujets dont on se fout royalement à la base.
      Quand je crois en quelque chose je me découvre des talents de commerciale insoupçonnés, :p

  9. Je suis une grande fan de Game of Thrones (comprendre donc : la série TV et non les bouquins). J’avais commencé le tome 1 mais étant donné que j’avais déjà vu la saison 2 et bien que ça soit passionnant, j’ai vite abandonné. Chaque année, vers le mois de juin, je me dit « IL FAUT QUE JE LES LISE BOWDEL DE MAYDE » mais à chaque fois…… bref trop de choses à lire, trop peu de temps toussa toussa.
    Mais la série TV je suis tombée amoureuse l’été 2011 (lors de mon 1er voyage au Japon en fait !) et je me suis bouffé toute la série en très peu de temps. Quand j’étais en France, je me levais à 6h du matin le lundi matin pour dl mon épisode et être première parmi mes amis à avoir vu l’épisode…. pour être sûre de pas me faire méchamment spoiler sur Twitter ou FB (et hélas on m’a spoilé les 2 morts les plus ‘importantes’ survenues dans la S04….. (-_-).

    J’ai adoré lire cette expérience ! Ça me rappelle (mais c’est bien différent) mon attente pour une dédicace de Obata Takeshi et celle de Katsura Masakazu (l’une au Virgin des Champs Elysées ou j’ai sympathisé avec une nana qui lisait mon skyblog (….) et m’a reconnue dans la queue / l’autre à Japan Expo où tu devais ACHETER un recueil de ses œuvres sur le stand où il dédicacer pour AVOIR DROIT de faire un TIRAGE AU SORT (!!!!!!!!) et tirer éventuellement un billet permettant de faire une dédicace. Je l’ai fait le vendredi et le samedi, Dieu merci je sais pas ce que je méritais mais j’ai pu avoir une dédicace pour moi le 1er jour et une pour mon grand frère le lendemain.

    Sinon l’organisation semble en effet au poil, c’est génial de voir que quand ce sont des fans/des pros qui organisent, ça devient tout de suite hyper chaleureux et plaisant.

    T’avais suivi la convention Winter is Coming dans le Sud de la France au passage ?

    • Je comprends tout à fait que tu aies du mal à les lire après avoir vu la série, c’est comme lire un truc complètement spoilé, c’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas regardé la série avant d’avoir fini tous les livres sortis.

      L’histoire du tirage au sort est complètement abusé, ils se foutent vraiment de la gueule des fans… La politique de s’en mettre plein les fouilles jusqu’à plus soif quoi…

      Sinon oui j’avais suivi la convention qui était prévue à Carcassonne, mais comme je suis plus fan des livres que de la série, j’avais pas l’intention d’y aller (c’est loin, cher etc…). Quand je vois comme ca s’est terminé en eau de boudin, je me dis tant mieux…

  10. Kasumi

    C’est toujours un plaisir de te lire !
    Tu as une de ces chaaaance d’avoir rencontré ce grand monsieur ! Je n’étais même pas au courant de sa venue, et Dijon c’est beaucoup trop loin pour moi et pour mon porte monnaie 🙁 De lui je n’ai lu que le Trône de Fer, qui doit être l’une de mes saga favorite au monde (avec Harry Potter ahah) mais il faudrait que je me motive à lire le reste un de ces jours.
    Bref, c’est complètement génial que tu aies pu le rencontrer et lui remettre ta lettre !

    • Dans ses livres si tu n’as pas beaucoup de temps, je te conseille aussi ses recueils de nouvelles, elles se lisent en moins d’une heure et certaines sont vraiment très prenantes.
      Et ouiiiiiiiiii, je suis tellement heureuse de l’avoir rencontré !! Merci <3

  11. Lledelwin

    J’abonde totalement dans le sens de la demoiselle qui parle de son expérience en reconstitution historique.

    Perso, je fais de « l’escrime de spectacle » càd des mises en scènes de combat totalement corrégraphiées, où on sait ce que chacun est sensé faire à chacun de nos mouvement et ou on n’improvise rien (on devrait mais on a du mal à improviser un mouvement quand on se rend compte qu’on a loupé son geste, comme l’acteur qui freeze quand il se rend compte qu’il a loupé sa réplique).
    Ce n’est pas de l’escrime historique. On a des positions d’escrime sportive et on se déplace surtout en ligne. On ne porte pas non plus de protection, parce qu’on est pas sensé se viser ni se toucher : les fentes se font à 20 cm de la personne, on doit pouvoir arrêter son coup avant de toucher si jamais l’autre rate sa parade, etc. Du coup on se permet de ne pas avoir de protection (ni gambison ni masque) alors que nos épées… ben c’est des répliques de modèles de rapières réelles qui ne sont juste pas aiguisées et parfois un peu mouchetées. La mienne fait 1m20 et pèse 1kg200. Certes, elle n’est pas aiguisée, mais c’est tout de même une pièce d’acier de 2 cm de large sur 2 mm d’épaisseur, avec un bout de 0.5 cm². Quand je l’ai reçue et déballée, toute contente, je me suis fendue contre le carton d’emballage. Pouf, carton transpercé. Je l’ai levé pour regarder la garde et j’ai cogné le plafond. Même pas fort, hein. Bim, petit trou dans le plafond. Il y a déjà eut des accidents lors de nos répétitions où on choppe le t-shirt du partenaire : pouf, t-shirt transpercé. Et pourtant on est sensé se battre « pour de faux », savoir ce l’autre va faire, savoir quand se fendre, quand parer… Et si on s’entraine en t-shirt et pantalon léger, c’est parce que deux heures d’entrainement en costume, non. Oscour, chaleur, malheur, tout ça.

    Cette année, j’ai vu une démonstration d’un petit club d’escrime historique : épée 2 mains, rapière, baton, et j’ai demandé à pouvoir échanger quelques passes, dans un combat totalement libre : là, les épées étaient très légères et très mouchetées et le port du masque d’escrime obligatoire (les yeux, c’est précieux et c’est plus seyant par paire). Et sinon voila une vidéo d’une démo de combat historique, non corrégraphiée, entre deux reconstituteurs : leur masque, il est plus proche de celui de soudeur que de celui de champion de fleuret https://www.youtube.com/watch?v=nZSGaqlpJgg

    • Merci pour toutes ces précisions ! C’est super intéressant, notamment pour moi qui n’y connaîs pas grand chose, mais qui m’intéresse quand même au sujet.
      Je trouve ces activités vraiment passionnantes donc c’est sympa d’avoir le point de vue de ceux qui les pratiquent et sortir de ma vision de spectatrice ignorante.
      Merci aussi pour la vidéo !

  12. rachel

    Sacrée Sonia ! Sacré ton Cousin ! Vous êtes géniaux tous les deux et vous êtes complètement fous, aussi, oui oui !!
    Mais je ne t’apprends rien, n’est ce pas ?
    Tu nous diras pas ce qu’il t’écrira GRRM mais tu nous diras quand il l’aura fait, hein ? A te lire, je ne vois pas comment il pourrait ne pas t’écrire personnellement en retour .. sauf à ce que tu ne lui aies pas laissé d’adresse ? 😉

    • Le-dit cousin a posé la même question, eh bien non je n’ai laissé ni nom, ni pseudo, ni adresse dans ma lettre.
      C’était purement désintéressé de tout retour (même si c’est clair que si ça avait été le cas, je l’aurais crié de bonheur sur tous les toits), je voulais juste lui transmettre mon message et toute mon admiration en fidèle anonyme 🙂

  13. Ca fait plaisir à lire de voir que les organisateurs étaient dans un réel esprit de faire plaisir aux fans.
    Comme tu le dis, ça change !

    Pfiou, pas fâché de m’être fait « pavifié » là hihi (enfin je dis ça mais c’est toujours un plaisir de te lire).

    Amicalement

    • Ouip, car je participe souvent à des trucs de fans, concerts et dédicaces, et c’est quand même assez souvent qu’on est regardé comme de la petite vermine méprisable.
      Rien que pour cette bienveillance et bonne humeur, cette journée valait le coup !

      Merci à toi 🙂

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