Les sumos tant attendus

Bonjour les gens !
Désolée d’avoir mis tant de temps avant d’écrire sur ce blog, mais depuis deux semaines ma vie ici est pas mal mouvementée en tous genre, donc du coup je n’ai pas vraiment le temps de me poser pour bloguer. C’est triste car j’ai plein de trucs à vous raconter en plus !

Mais voilà, je suis entrée dans la secte des « isogashii ». Isogashii en japonais ça veut dire « occupé ». Et retenez bien ce mot car pour peu que vous fréquentiez des Japonais, vous entendrez ce mot régulièrement dans votre relation. Isogashii c’est un peu le mot clé, le mot parade à toute situation telle que :
« Ca te dit un ciné dans un an ? »
– Non je suis isogashii dernièrement.
Un français espèrerait une explication plus détaillée, une action concrète, un pourquoi et un comment tu es occupé et que tu ne peux pas me voir sur au moins un an.
Au Japon non, tout le monde est solidaire du « isogashii », car tout le monde est « isogashii » alors accepte cette magnifique excuse sans broncher.
Donc voilà les gens, j’étais isogashii et ne pouvais pas bloguer. Vous n’avez plus qu’à accepter cette réalité. 

D’ailleurs je ne suis pas d’une forme olympique aujourd’hui et je m’écouterais, je dormirais plutôt que d’écrire. Je ne sais pas si c’est le temps ou le fait que je n’arrête pas depuis deux semaines, mais mon corps ne suit plus, je suis morte.
Paix à mon âme.

Bon trêve de blabla !
Alors !

Même si c’est un peu tard, il faut que je vous raconte ma journée au match de sumo ! En plus pour une fois qu’il y’a un endroit au Japon où on a le droit de prendre des photos et des vidéos, je ne me suis pas privée et j’ai plein de choses à vous montrer !
J’avais l’intention de vous mettre les photos au fur et a mesure du récit mais finalement wordpress est un peu chiant pour ça (car j’ai pas mal de photos et encore je vous les montre pas toutes) donc finalement je vous laisse un petit diaporama à la fin du post !

Alors, c’était samedi 30 janvier, il y’a déjà deux semaines !
L’évenement commençait à 11h30, mais comme il parait qu’au début c’était pas spécialement intéressant, les professeurs nous avaient donné rendez vous à 12h à la gare proche du dôme.

Dans le métro, je suis à côté d’un japonais obèse en kimono avec un chignon gominé… Je me dis que je dois être dans la bonne direction.
C’est con, mais rien que pour ça j’ai été impressionnée, malgré tous mes pèlerinages au Japon c’était la première fois que je voyais un Sumo pour de vrai !
Pour la petite info (et je vais essayer de vous en apprendre un peu plus sur le monde du sumo via ce petit article), un lutteur de sumo s’appelle en japonais un « Rikishi » et non pas « Sumotori ». En fait on utilise aussi le mot sumotori mais il désigne généralement les lutteurs débutants ou en apprentissage, donc appeler un lutteur professionnel comme ça est un peu rabaissant…

J’arrive sur place, les professeurs cochent mon arrivée. Je ne sais pas le prix des places en gradins, mais en ce qui concerne nos « masu seki » elles avoisinaient les 80€, donc pour le coup ils vérifiaient bien que ceux qui s’étaient portés volontaires pour participer à la sortie venaient réellement et ne foutaient pas en l’air le fric de l’école.
Je ne vois pas Sumai…
Je l’appelle pour savoir où elle est : « Sonia ! Je suis cachée au MacDo ! Viens me rejoindre discrètement ! »

Cachée au Mac Do… ? 

Heu, bien.

Je cherche un mac dans le coin, et la vois cachée derrière un mur en compagnie d’une Japonaise.
« La chinoise qui devait venir avec nous vient pas et m’a donné sa place, donc j’ai invité ma copine à la place ! Mais faut la faire passer pour la chinoise devant les profs ! Sonia, aide nous ! »

…?

Punaise, je viens voir un match de sumo cool raoul et me voilà enrôlée dans une mission commando ultra secrète d’infiltration sino-nippone… Mission acceptée.
Mmmm…
Réfléchissons.
Comment faire passer une Japonaise pour une Chinoise ?
Facile, elles ont les yeux bridés. Suffit qu’on ne voit plus que les yeux.
Ni une ni deux, on se rend au 100 yens shop le plus proche (tout à 80 centimes d’euros, si vous préférez) acheter un chapeau de fortune et un masque de malade.
En France ce serait louche, mais au Japon dès qu’ils ont l’ombre d’un rhume, ils portent un masque donc tout va bien.

Ainsi est le résultat :

 

Impressionnant n’est-ce pas ?

Et bah c’est passé comme une lettre à la poste figurez-vous ! Les profs n’ont rien vu et nous ont pris 15000 fois en photos pour les souvenirs de l’école sans tilter une seule fois qu’ils avaient quelqu’un qu’ils n’avaient jamais vu sous le nez (et qui parlait un japonais parfait, soit dit en passant…).

Bref, rien que cette anecdote rend cette journée épique. J’aime les opérations commando.

Arrivées dans le hall, on prend des photos avec des rikishi, dont la star de la journée Otsuka-san qui se retire du monde du sumo et dont on verra la cérémonie de départ.

On arrive dans le dome et rejoint nos places. C’est immense.
Et bien que nos places soient déjà relativement chères et bien placées , on se trouve quand même au 15ème rang. Je n’ose imaginer le prix des personnes tout devant.
Enfin c’est bien connu, généralement les riches ne paient pas, ils sont invités.

Avant la cérémonie, on a le droit à des matchs de sumo humoristiques… Je n’ai pas pu prendre de vidéo car… pour tout vous dire j’avais oublié de recharger mon appareil photo et je voulais économiser ma batterie faiblarde pour le reste.
Surtout que pour tout vous dire, je n’ai pas toujours tout compris à l’humour sumo… Des fois j’avais l’impression qu’il se passait rien, mais toute la salle explosait de rire…( ???).
Mais j’admet qu’il y’avait des passages impressionnants digne de catch où ils se lançaient les uns les autres d’un bout à l’autre du cercle…
Voir un homme de 150 kilos à moitié nu voler à travers une scène, c’est… conceptuel.

Pendant les pauses, Sumai va chercher du ravitaillement.
Chocolat et bière… J’avais pas prévu de boire de la bière, mais c’est pas mal venu. Le truc c’est qu’ayant du mal à me lever je n’ai pas pris le temps  de manger alors la bière a fait son petit effet.
Mais sachez que regarder du sumo avec un petit coup dans le nez peut s’avérer fort divertissant en fait. Je vous recommande donc.

Après environs une heure de lutte comique ( ?), petit discours et arrivée de Otsuka-san, le sumo qui se retire pour sa cérémonie de départ.
On l’appelle le Danpatsu-shiki, soit la cérémonie où l’on coupe les cheveux. Pendant toute leur carrière active de lutteur de sumo, les rikishi sont coiffés les cheveux lissés à l’huile maintenus en chignon (qu’on appelle chon mage). Au moment du départ à la retraite, on peut donc couper le chon mage.

Pour tout vous avouer, je n’avais strictement aucune idée de comment se déroulait le danpatsu-shiki.
Si j’ai été heureuse d’y assister, je vous cache pas que j’ai été plutôt déroutée…

Otsuka-san arrive, s’incline devant la foule et s’assoie au milieu du Dohyo (car j’ai cherché, non ça s’appelle pas un ring…).
On a le guguss de cérémonie (car lui j’ai pas trouvé son nom… dire que je suis diplômée d’un master de japonais… si mes professeurs lisaient mon « guguss de cérémonie » ils seraient désespérés…) qui se tient à côté avec un petit coussinet et une paire de ciseau.
Un annonceur appelle au haut-parleur une par une toutes les personnes importantes du monde du sumo (sponsors, coachs, meilleurs lutteurs) et présente leur activité. La personne en question monte sur le dohyo, s’incline, le guguss de cérémonie lui passe les ciseaux et lui montre une mèche en dessous du chignon à couper.
Une fois fait, la personne appelée dit un petit mot d’encouragement ou autre à Otsuka-san qui se laisse gentiment tailler les tifs, et à la personne suivante.



Donc c’est très sympa, tout le monde apporte sa petite pierre à l’édifice en coupant la mèche de cheveux mais au bout de 20 min ça commençait à faire longuet… Au bout de 40 aussi…
Et au bout d’une heure je me demandais si tous les gradins allaient y passer aussi.
Finalement ça a duré bien une heure trente et je vous avoue que malgré ma bonne volonté, je ne suivais plus du tout, trop occupée à raconter des conneries avec Sumai et Shein (notre japonaise déguisée en chinoise).
Une fois qu’à peu près toute l’élite japonaise ait coupé trois cheveux de notre sumo sagement assis sur sa chaise, les lumières se sont éteintes pour n’éclairer qu’otsuka-san au centre du dome et la voix off a fait une petite biographie émouvante de sa vie de sumo et de ses rêves devenus réalités.
Bonne poire, j’ai évidemment versé ma larme d’émotion (alors que 10min plus tôt je trouvais la cérémonie abusément longue… oui le mot abusément n’existe pas, mais je vous emmierde. Et toc.)
Une fois ce petit discours tire larme terminé, on rallume les lumières et on achève le chignon une bonne fois pour toute ! YeaY !
Pouvaient pas faire ça depuis le début ?

La cérémonie est terminée, on va passer aux matchs.

Avant ça, on a le droit au « dohyo iri », soit littéralement « l’entrée dans le dohyo ». Une cérémonie d’entrée de tous les rikishi des deux meilleures divisions où ils défilent en cercle autour du dohyo (vous avez tout en image en bas hein).
Ensuite on a le dohyo iri des Yokozuna.
Oui je sais, y’a trop de mots japonais et vous comprenez plus rien à ce que je raconte, mais concentrez-vous nom d’un chien !
Bon, les rikishi sont catégorisé selon leurs forces, et les plus fort ont le titre de Yokozuna. Actuellement il y’en a deux (ceci dit un des deux se met à la retraite ce mois-ci…) et d’ailleurs les deux ne sont pas Japonais ! Le sumo n’est plus ce qu’il était mes bonnes gens, que voulez-vous tout se perd… lol
Les Yokozuna se repèrent parce qu’ils ont une corde sacrée nouée autour de la taille en plus du string habituel (qui s’appelle en fait un mawashi mais je vous autorise à ne pas retenir).
Voici leur petite démo en image :


Enfin une fois tout ce cirque terminé (oh je suis cynique…mais en vrai je trouvais ça vraiment intéressant) , les matchs commencent enfin.
Comme toujours dans le sumo, bien plus de préparation et de cérémonie d’avant match que de match lui-même qui finalement ne dure que quelques secondes.
Mais même si ça ne me passionne pas corps et âme et que je ne connais pas toutes les règles, ça reste impressionnant et intéressant. A voir dans une vie je crois, pour peu qu’on s’intéresse au Japon ou qu’on ait l’esprit curieux.

Pour finir votre initiation au Sumo, je vais vous montrer les petits rituels d’avant match en vidéo.
Alors on a le shiko : les lutteurs chassent les mauvais esprits en frappant le sol avec le pied après avoir levé très haut la jambe. Et c’est là qu’on se dit que finalement, ils sont plus souples que nous…lol
Ensuite le kiyome no shio : on lance une poignée de sel pour purifier le dohyo.
Comme vous remarquerez, purifier la zone de lutte avant le combat est très importante. Et bien j’ajouterai pour la petite note féministe agacée, que pour justement ne pas souiller le dohyo, l’accès est interdit aux femmes.
Ben voyons..
Et c’est qui qui les met au monde vos sumo supers purs ?
Et enfin, les rikishi se mettent l’un face à l’autre et s’affrontent du regard.
Puis se lèvent, et recommencent le rite de purification.
Ils font ça deux trois fois, et quand enfin ils sont à croupis et qu’ils touchent les mains au sol, alors seulement le combat commence.

Et comme vous le savez surement, le combat termine dès qu’un des deux rikishi a réussi à mettre l’autre hors du cercle.

Voilà, vous êtes presque incollable sur le sumo !

On a regardé quelques matchs, puis Sumai et Shein en ont eu un peu marre et ont voulu partir. Je serais bien restée jusqu’à la fin, mais bon ça faisait déjà 5h qu’on était là et il ne restait plus que 20min, je pouvais bien laisser tomber…

Je vous raconterais bien comment cette journée s’est terminée en boite de nuit à coup d’harponnage de coréens perdus dans Tokyo, de jeux avec gages où j’ai terminé avec de la fourrure sur la tête à accrocher le barman et autres magasins vendant des strings pour hommes cloutés tout à fait édifiants mais… ça n’a plus grand-chose à voir avec le sumo, il est 2h27 du matin et j’ai déjà écrit 5 pages alors… je vous raconterai mes folies nocturnes une autre fois !!!

Je vous laisse en image de cet après-midi bien sympatoches, avec (je précise pour les nullos en informatique !) un petit bouton pour pouvoir regarder les photos en plein écran – celui avec le petit carré à droite).
Bisous à tous, d’avoir attendu tout ça tout ça et pour vos coms.

A tout vite !

 

9 Louanges

  1. hotarukali

    Jamais été très fan de sumo, mais je suis fan de toi et en plus j’adore la copine soi-disant chinoise mdr! Ils sont fous ces japonais!

  2. Merci pour ce petit article. Tu m’as appris pleins de choses sur le sumo.
    Et j’étais morte de rire quand j’ai vu l’opération commando « transformer une japonaise en chinoise ». xD Elle a l’air marrante Sumai à t’embarquer dans des missions comme ça, genre « j’suis cachée, vient sans te faire repérer, mission secrète n°1 lancée ! »
    Ca donnait un peu cette impression c’est rigolo. <3

  3. Alice

    T’as le chic pour transformer la plus simple des journées en opération Sonienne…

  4. isabelle

    Merci !! Très intéressant ! Le monde du sumo était secoué par d’énormes affaires il y a quelques mois, ils en parlent encore là-bas ?

  5. Laetitia

    Wouahhh!! super cool le reportage spécial sumo!! du vocabulaire à apprendre, par contre 5h ça doit qd même être long 🙂
    Je vois que les amitiés avancent vite, j’aurais bien aimé le récit spécial dépravé de la nuit aussi, j’imagine que c’était une bonne soirée!!
    Sinon j’ai le même manteau que toi!! \/^_^\/

  6. Juju

    J’ai cru que j’allais pleurer de joie en lisant ces mots « je suis morte.
    Paix à mon âme. Lol »

    Dommage, j’en conclus donc qu’un sumo n’est pas venu s’écraser sur toi… VDM.

    Sympa cette petite mission sinon, quel talent de relookeuse vous avez, pfiouuuuu xD

    M..Merci pour les widéos sinon è_é Mais je comprends pas pourquoi tu as retiré tes vêtements pour enfiler une couche et aller affronter un autre sumo ? C’est qui qui filmait à ce moment là ?
    BOUAHAHAHAHAHAHAHAH

  7. Hotaru >> Et moi je suis fan que tu sois fan de moi… 😀 (Bonjour la megalomanie lol). Je te pardonne de ne pas accrocher le Sumo mi amor, tant que tu accroches Harry Potter… lol

    Alexiel >> Merci pour le com ! Je suis ravie de pouvoir vous apprendre des trucs entre deux conneries, 😉
    Sinon pour Sumai effectivement elle est excellente comme fille ! Vraiment syphonnée et sortir avec elle se révèle plein d’aventure et de n’importe quoi, j’adore \o/

    Alice >> Et heureusement, sinon j’aurais rien de drôle à vous raconter !

    Isabelle >> Et ben justement, je suis pas super savante sur le sujet mais effectivement y’a encore quelques petits scandales dans le sumo. Par exemple je suis pas entrée dans le détail mais dans mon article j’ai dit qu’un des deux Yokozuna prenait sa retraite. En fait apparemment c’est parce qu’il a cassé le nez d’un consommateur a une soirée où il avait un peu abusé de l’alcool… lol
    Le sumo n’est plus ce qu’il était…XD lol

    Laetitia >> En fait j’ai pas tellement trouvé le temps long, à part pour le Danpatsu Shiki car c’était vraiment super redondant, mais sinon non, surtout qu’il se passait pas mal de choses donc ça allait. Après comme je l’ai dit, le petit coup dans le nez aide aussi, XD.
    Et je suis ravie de t’apprendre du vocabulaire, même si pour le coup je suis pas sure que ce sera ce que tu utiliseras le plus quand tu viendras au Japon, lool.

  8. Juju >> Spèce de méchante. è_é Spa moi qui sumote !
    Et désolée, non je suis pas mourrue (même si j’imite très bien vu le peu de news que je donne).
    C’est quand que tu viens me rejoindre qu’on fasse des opérations commando ? è_é

  9. Juju

    Ah bon ? o_O
    Mais pendant toutes les vidéos je croyais que c’était toi… Ptain, jsuis déçue déçue.
    J’irai au Japon quand tu n’y seras plus, quelle question idiote o_O

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