Salut, TCA bien ?

Avant que vous n’avanciez plus loin dans cette lecture, je me dois de vous prévenir : vous n’allez pas rire.

Je sais que beaucoup de mes lecteurs réguliers viennent ici pour se fendre la poire aux dépens de ces pauvres Japonais (sans cœur que vous êtes), mais ça m’arrive, parfois, d’écrire des trucs pas drôles.
Donc comme ça me tient à cœur de faire cet article et qu’il y a trop de vécu pour que ça puisse être réellement poilant, aujourd’hui on va peut-être pas se pisser dessus. Désolée pour les zygomatiques en berne. En plus, ce post sera long… Mais il est important pour moi donc je serai reconnaissante à tous ceux et celles qui pendront la peine de le lire jusqu’à la fin quand même.
Mais bon, c’est pas comme si vous aviez payé une place à 30 boules pour un spectacle de Florence Foresti, donc j’ai le droit de vous laisser sur votre faim de temps en temps.

Justement, la « faim », le thème d’aujourd’hui.
A dire vrai, ça fait déjà un an que je me tâte presque quotidiennement à l’écrire, ce foutu billet. Et si je le fais, est-ce que le je traite comme un dossier sur le Japon qui ne me concerne pas, est-ce que je le tourne en dérision sans rentrer dans les détails ou est-ce que je vous balance tout dans la gueule… ?
Au risque de le regretter et me terrer dans ma honte quelques mois après avoir balancé mon pavé dans la mare, j’ai opté pour la dernière option. Déjà parce que ce billet est important pour la compréhension de certains billets qui suivront.
Mais aussi parce qu’il semblerait que je commence à être lue par pas mal de gens immunisés au rose donc si ça pouvait servir à quelqu’un qui est concerné (et j’en connais déjà une bonne poignée qui l’est…), si je pouvais vous remuer dans vos culottes et dans vos crânes l’espace de cinq minutes, alors c’est l’occasion et je serais lâche de pas le faire.
Assumons qui nous sommes.

Je ne suis pas toujours aussi forte que mes expériences racontées jusqu’ici peuvent vous le faire croire.
Au Japon, j’ai résisté aux horaires de 80h par semaine, aux jobs de merde, aux différences de coutumes,  aux typhons, aux tremblements de terre, à la menace nucléaire et tout plein d’autres choses comme l’odeur des salarymen dans le train et les moustiques (ne sous-estimez jamais les moustiques nippons).

Mais au Japon,  j’ai aussi perdu une immense bataille.
Je suis devenue anorexique et boulimique vomitive.

Historique personnel

Ce serait un raccourci grotesque et erroné de dire que c’est  à cause de la vie au Japon que je suis devenue malade, même si à mon humble avis, ça y a largement contribué.
Mais je pense aussi que j’ai toujours été prédisposée aux TCA (troubles du comportement alimentaires). Du moins qu’avec mon parcours, ça me pendait un peu au pif.
Pour une raison dont je ne suis pas sûre de me souvenir (sur-nutrition ? traitement médical ? tendance familiale au surpoids ? les trois ?), j’ai été obèse dès l’âge de quatre ans. Sur les photos de classe de maternelle, la grosse dondon au double menton graisseux et doigts boudinés, c’était déjà moi. Et en plus, j’avais une coupe de merde : bouclés, court devant et long derrière la tête. La rockeuse de diamant de Catherine Lara version loose ultime.
Dommage que ma mère n’ait pas été visionnaire à propos des tags Facebook, elle aurait peut-être empêché les massacres capillaires de ma grand-mère chez sa coiffeuse préférée « La Gilette » (ça ne s’invente pas).

L’ijime étant une notion malheureusement universelle, il va de soi que j’ai eu une de ces enfances où on se fait régulièrement insulter, que mon deuxième prénom était la « grosse patate pourrie » et que depuis que les crevures de mon quartier m’avaient attachée à leur vélo pour me faire courir en gueulant « sue et maigris grosse vache ! », je prenais grand soin de rester chez moi le mercredi après-midi à faire des dessins de Sailor Moon plutôt que de tenter l’aventure d’aller jouer dehors. Ça se finissait toujours mal.
Rassurez-vous, je n’étais pas une enfant martyre pour autant, je faisais des caprices de chiasse de compétition au rayon Barbie comme tout le monde.
Pardon maman, cette cuisine de Barbie était vraiment indispensable à ma survie et me paraissait à l’époque plus importante que tes fins de mois.

A 9 ans, je suis envoyée dans le sud de la France dans un établissement appelé Les Oiseaux qui soigne les enfants obèses (et enfants à problèmes, ma voisine de dortoir était maigre comme un coucou mais s’était fait poignarder par sa mère…Joyeux.). J’en ressors quelques mois plus tard avec presque dix kilos de moins ce qui est énorme pour un enfant de moins de dix ans.

Je suis restée assez mince quelques années puis à l’adolescence… la nature a fait son travail et j’ai retrouvé mon cul, mes hanches et mon bide. A à peine 12 ans, je venais déjà de passer de longues années à faire des régimes, surveiller tout ce que je mangeais, monter sur la balance chaque semaine pour marquer dans un cahier mon poids et justifier chaque prise de poids même pour 200 pauvres grammes de merde en jurant que « non », je n’avais pas triché. Peu de monde devait se rendre compte de l’ampleur du truc, mais ça régissait vraiment toute ma vie d’enfant et je subissais de nombreuses pressions de personnes dans mon entourage très certainement bienveillantes mais franchement pas pédagogues ni compréhensives…
Alors après quelques années, j’ai commencé à en avoir ras-le-cul de la dictature du régime.
D’autant que j’étais trop jeune pour comprendre que ma prise de poids était aussi due à ma croissance, plutôt qu’à une reprise de graisse et chaque prise de poids inexpliquée me mettait au bout du rouleau.
Incapable de relativiser, je prenais cela comme un échec, et au bout de quelques années, j’ai fini par tout envoyer valser.

Foutez-moi la paix avec vos régimes à la con, j’en ai ras le cul. Mes copines ne se prenaient pas la tête, elles, pour s’enfiler une demi-baguette couverte de Nutella, flinguer les paquets de smarties à la chaîne devant Le Miel et les Abeilles et dépenser tout leur argent de poche en paquets de bonbons monstrueux. Pourquoi moi je me gênerais et culpabiliserais à chaque fois puisque de toute façon les chiffres enflent quand même ?
J’ai donc fait comprendre subtilement aux adultes entourant le suivi de mon alimentation qu’il était temps qu’ils aillent tous se faire foutre car j’en avais ras la minette.

Et comme je n’avais plus de balance, plus de compte à rendre sur des chiffres et que je pouvais enfin manger sans me poser de questions, eh bien c’est ce que j’ai fais : manger.
C’est venu petit à petit, de légèrement enrobée passant à un bon surpoids, pour à la fin du collège, être de nouveau obèse.
Avec tous les complexes et le mal-être qui vont avec.

Mais psychologiquement, il m’était impossible de refaire un régime ou de le tenir. Tout de suite je repensais aux cahiers tenus, à la pesée obligatoire hebdomadaire, à ce mot culpabilisant qui sous-entendait que j’avais peut-être pris deux morceaux de pain plutôt qu’un : « tricher ».
Même plus de quinze ans plus tard, ce mot me fout les nerfs.
Dès que je me remettais au régime, j’avais de nouveau l’impression d’être épiée, de devoir rendre des comptes.

J’ai continué à grossir bien gentiment, ayant une aversion pour le sport assez monumentale (ça me rappelait immanquablement les moqueries en EPS à l’école), de plus en plus complexée et m’enfermant dans des hobbies de plus en plus sédentaires : les livres, les films, la geekerie.

Je me suis passionnée un temps pour la danse, mais trop complexée, j’ai fini par arrêter. Impression d’être la risée de tout le monde. Après tout, qu’est-ce que foutrait cette grosse barrique d’huile pataude dans un groupe de danseurs souples et gracieux.
J’ai arrêté. De toute façon j’avais envie de mourir à chaque fois qu’on me regardait, peu pratique pour danser me direz-vous.

Je ne sais plus à quel âge j’ai passé le stade symbolique des 100 kilos mais je pense que ce devait être autour des 19-20 ans.
Et même si j’avais tendance à passer mon stress et mon mal-être en grignotant, je ne pense pas que j’étais malade. Je grignotais en continue dans la journée mais ce n’était pas des crises de boulimie.  Ou alors de la boulimie douce, juste de temps en temps quand j’étais déprimée mais bon, même gourmande, je ne pensais pas à la bouffe 24h/24, c’était inconscient.
Je pense qu’il est important de faire la petite différence entre la boulimie et l’obésité. Après je ne suis pas médecin, donc peut-être que des spécialistes ou d’autres personnes concernées qui tomberont sur ce billet ne seront pas d’accord avec moi.
Ce n’est que mon humble avis, l’auto-analyse de quelqu’un qui essaie de se comprendre, déterminer pourquoi on est  tombé si bas pour pouvoir essayer de se relever.
Je disais donc, à l’époque, je n’étais pas une vraie boulimique.
C’est assez honteux à dire, mais j’avais une mauvaise hygiène de vie, voilà tout. J’ai mis plusieurs années avant de me l’admettre et ne plus me chercher d’excuses mais c’était le cas. Certains sont malheureusement obèses à cause d’une maladie, mais pas moi. C’était juste de ma faute.
Je restais toujours à la maison à regarder un film ou dévorer un roman, et le reste du temps, j’étais posée devant mon ordi à faire des sites et des montages à la con. Le tout en descendant coca sur coca, grignotant du chocolat, me nourrissant de pâtes et pizzas à profusion parce que han la la, les légumes c’est pas bon.
Pauvre fille.

A 20 ans, les choses se sont compliquées puisque je suis tombée malade des intestins. Pendant deux ans j’ai enchaîné les crises, où la crise la plus violente j’ai perdu 15 kilos en moins de trois semaines.
Pour calmer les crises, on me foutait donc sous cortisone qui – chaque personne ayant déjà pris cette merde le saura – a pour propriété de faire gonfler comme un ballon. Je reprenais donc à chaque fois tout ce que j’avais perdu avec bonus en quelques semaines.
Après deux ans de yoyo entre les crises et la cortisone, je dépasse les 110 kilos.

J’ai 22 ans, je sors d’un traitement de plus de trois mois à forte de dose de cortisone, j’ai le visage boursouflé à s’y méprendre avec un ballon de foot… et c’est l’année de mon échange universitaire au Japon à Osaka.
Si j’étais déjà un gros caisson en France, autant vous dire qu’au Japon, j’étais juste hors norme. Ce qui avait le don de me complexer énormément, je ne vous le cache pas.
Impossible de trouver des vêtements où je rentrais ne serait-ce qu’un bras, très souvent à l’étroit sur les sièges, détonnant complètement sur les photos de groupes au milieu de mes grignettes de copines nippones.
J’ai vécu au cours de cette année-là un nombre assez considérable de mésaventures et d’humiliations dont je vous ai déjà plus ou moins parlé dans cet article donc je ne vais pas revenir là-dessus, sauf peut-être pour vous raconter un des événements qui a provoqué mes premiers comportements à risque.

Pendant les vacances scolaires de printemps, j’ai participé à une soirée spéciale dans un bar. J’ai passé une excellente soirée, à discuter avec plein de monde, boire, rigoler, faire connaissance avec des gens, échanger avec des Japonais.
Je suis rentrée au petit matin, et l’après-midi au réveil, encore toute enchantée de ma super soirée, je me connecte sur la communauté de ce bar pour suivre les conversations sur le sujet. Je vois qu’il existe un topic parlant de la soirée d’hier et espère y retrouver des gens avec qui j’avais discuté la veille.
Mais en haut du topic, une phrase assassine.
「昨日楽しかった!クソデカイ外人がいたんだけど!こんなデブすごいわ!」
« C’était cool hier ! Mais y’avait une étrangère énorme ! Incroyable une grosse pareille ! ».

De ce commentaire, s’ensuivait une conversation peu élogieuse sur ma morphologie. Le topic servait bien plus à se foutre de ma gueule qu’à parler de la soirée en question, tout le monde s’en donnant à cœur joie. Alors qu’on avait passé la soirée à me cirer les pompes à me dire que j’étais mignonne et jolie et que j’avais de la chance d’être Française…
Evidemment, comme j’étais absolument la seule étrangère de la soirée (la salle étant relativement petite), le doute n’était pas permis sur la cible des quolibets.
Autant vous dire que ma soirée cool et enchanteresse avait tout à coup un arrière-goût amèrement dégueulasse. C’était pas la première fois qu’on se foutait de ma gueule, j’ai donné pendant des années, mais je ne sais pas pourquoi, ce jour-là ça m’a fait plus mal que les autres fois. Peut-être parce que les commentaires étaient impitoyablement méchants et moqueurs alors qu’on m’avait encensée à la japonaise toute la soirée avec le sourire.
Ma réaction fut sans appel : je n’ai rien mangé en 8 jours sauf un yaourt. J’ai bu un peu d’eau mais c’est tout.
Au bout des huit jours, mes dents étaient jaunes, mes gencives flasques et avaient perdu de leur couleur, ma bouche pâteuse et blanchâtre. Je n’avais plus de force et ai passé presque toute la semaine à dormir.
Et puis quand j’ai vu les changements dans ma bouche, que je perdais mes cheveux et que la rentrée approchait, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête ça et me remette de cette histoire minable. Je me suis donc remise à manger. Un peu.

Cette semaine chaotique de mon séjour à Osaka, personne ne le sait ou presque. Déjà parce que je savais que c’était bête de ma part, mais aussi parce qu’à l’époque, toute à mon amour démesuré, j’étais très soucieuse de l’image que je pouvais donner du Japon et n’avais pas envie d’aborder les expériences réellement négatives.
Bon depuis, j’en ai un peu rien à foutre et balance le très bon comme l’inacceptable. A l’époque je n’avais pas envie de parler des points négatifs de mon séjour car je n’y étais qu’un an et avais envie de ne garder que le meilleur.

Après ce chaotique épisode, la rentrée d’avril a eu lieu et me disant que c’était et l’occasion de me faire des amis et celle de perdre du poids, je me suis inscrite dans un club de sports de la fac. Et au Japon, les clubs sportifs universitaires ne rigolent pas du tout, c’est limite s’ils ne se préparent pas pour les jeux olympiques. Je me suis donc retrouvée, moi sédentaire confirmée depuis plus de vingt ans, avec dix heures de sport par jour avec des enragés.
Je détestais cela, j’étais la plus nulle et le capitaine devait me faire un programme spécial car j’étais la seule dondon du groupe et faisais office de véritable boulet, mais je suis restée jusqu’à la fin.
Ma « punition » pour être ce que j’étais.
Et je l’avoue aujourd’hui, jusqu’à la fin de l’année, je me suis nourris d’un seul et unique onigiri par jour, tous les jours où je n’avais rien de prévu avec des amis.
J’ai perdu 15 kilos entre avril et août 2007, où je suis rentrée en France.
Même si j’étais toujours bien au-dessus de 90 kilos, tout le monde trouvait cette transformation absolument géniale : le Japon m’avait affinée et embellie dites donc !
J’ai donc attribué à tout le monde mon sourire le plus hypocrite en disant que je m’étais mise au sport, ce qui m’avait fait fondre. Ce qui était en partie vrai, mais tout en passant sous silence que je carburais à 300-400 calories par jour maximum, les jours où je n’avais pas à sortir avec des amis.

En rentrant en France, j’ai complètement arrêté ce comportement. Je ne ressentais plus cette pression, ce besoin de maigrir à tout prix. Je n’étais pas belle et loin d’être « bonne », mais je ne me sentais plus inhumaine.
J’ai  repris ma vie d’avant… maison-université, sédentarisation et malbouffe. Accompagnée d’une énorme déprime sur de longs mois pour avoir retrouvé une vie morne et solitaire en France après un an de sorties et activités en tout genre au Japon.
En un an, j’ai repris 20 kilos.

Je l’ai extrêmement mal vécu et c’est pas peu dire. Mais tomber aussi bas (ou aussi haut en poids…) m’a mis la claque dont j’avais besoin. Pour la première fois de ma vie, j’ai admis que si j’étais comme ça, c’était essentiellement de ma faute. Je n’étais pas malade, et le fait d’avoir un corps sujet au surpoids ne faisait pas tout. Je n’avais pas une bonne hygiène de vie, je ne devais mon reflet dans le miroir qu’à moi-même.
C’est dur d’arrêter de se voiler la face, vous savez.
Mais se rendre compte et admettre honnêtement ses travers est le premier pas pour s’en sortir.

En plus je comptais retourner vivre au Japon en 2010 et dans ma tête, j’étais formelle : je ne retournerais pas au Japon obèse. Plus jamais je ne voulais vivre les différentes humiliations que j’avais vécues, (et, comme raconté dans le lien plus haut, venais de revivre quelques semaines plus tôt avec ma Japonaise francophile complètement conne et sa photo de merde).
Je faisais plus de 115 kilos et j’avais un an et demi devant moi pour changer.

J’ai pris la solution de facilité et très à la mode en 2008 : le régime Dukon.
Et j’ai perdu quasi la moitié de mon poids en 11 mois.
Bon, sans cracher dans la soupe, je n’oserais pas vraiment recommander ce régime avec du recul. Déjà parce que même en surveillant, j’ai fini avec de nombreuses carences, des étourdissements réguliers (qui cinq ans après sont toujours là), et à cause des protéines j’ai fais une crise d’acide urique sur la fin et n’ai pas pu marcher pendant plusieurs semaines.

Mais j’étais mince. Pour la première fois de ma vie, j’avais un petit cul mignon qui rentrait fastoche dans du 38. Et quand on plafonne à plus de 100 kilos depuis la fin de l’adolescence, c’est pas rien.
La consécration.
Après 25 ans de complexes, je me trouvais bonne. A moi les fringues sexy et les photos en duck face !

Contrairement à la plupart des gens qui ont fait ce régime, j’ai plutôt bien géré l’après. Je me suis stabilisée à un poids pendant plusieurs mois et suis partie au Japon début 2010 avec ce nouveau corps dans lequel je me sentais bien. Je ne ressentais pas le besoin de maigrir plus, je ne me sentais plus mal dans ma peau et avais tellement envie de me maintenir à ce poids de forme que je maintenais une alimentation variée et un minimum équilibrée.
Et vu que pour la première fois de ma vie je m’étais réellement prise en main, que j’avais réussi quelque chose d’énorme en perdant plus de 45 kilos en moins d’un an et changer complètement de physique, que je faisais enfin partie de la norme et faisais mon shopping comme tout le monde, je dois avouer que jamais je n’aurais pensé qu’on m’emmerde sur mon poids et ma silhouette par la suite.

Mais ça, c’était sous estimer les Japonais.

 Perte de contrôle

Lorsque je suis arrivée au Japon en janvier 2010, ça faisait déjà 5 mois que j’avais arrêté mon régime et stabilisé au même poids. Je ne souffrais pas tellement à ce moment-là des effets yoyo, ni de reprises de poids incontrôlables.

J’étais plutôt bien dans mes pompes, pensant que les mésaventures du moi obèse d’Osaka seraient loin derrière moi et que je n’aurais plus jamais à vivre d’humiliations liées à mon poids.
Mais j’avais tort.
Juste ce n’était plus du même acabit. A Osaka, on a été obligé d’arrêter un manège à cause de moi parce que mon format n’était pas conforme aux normes de sécurité et autres humiliations sans nom… mais je dois avouer qu’à part dans mon dos, comme lorsque j’ai découvert ce qu’on disait de moi sur Internet, on ne m’avait jamais fait de réflexion sur mon poids.
Les Japonais n’abordent pas franchement les problèmes visibles, ils les taisent. Donc un grand machin de 115kg, c’était trop hors normes pour se permettre de faire une quelconque réflexion. On n’aurait jamais osé.
On préférait donc plutôt me passer de la pommade à me conter combien j’étais mignonne et charmante, même si on en pensait peut-être pas moins.

C’est donc, contre toute attente, quand je suis revenue dans une taille 38 que j’ai commencé à m’en prendre plein la tête : mon cas n’était plus désespéré, donc plus tabou.
A l’école, au baito, ou avec des amis, je me prenais très régulièrement des réflexions par la gent masculine du genre « Tu manges du chocolat ? Tu ferais plutôt mieux de faire un régime, attention le ventre. »,  « Sonia, tu as du bide et du cul, tu devrais faire plus de sport »,  « Dommage que tu ne sois pas aussi mince qu’une Japonaise… Mais bon on peut rien y faire, les étrangères sont grosses c’est comme ça. » et j’en passe.

Merci pour l’estime de soi. Au Japon, les hommes ne sont pas tendres et aiment vous rappeler que vous n’avez pas le corps de Kate Moss. On se permet sans complexe des réflexions sur votre tour de taille, de fesse, sur ce que vous mangez, etc. Et ce, devant tout le monde.
Tout le monde ne se permet pas ce genre de choses évidemment, mais ça revient régulièrement.
Les filles, elles, ne font  pas trop ce genre de remarques mais savent quand même vous mettre mal à l’aise avec des: « Tu finis ton assiette ? Oh non, moi je ne peux pas, je n’ai pas un si gros estomac… ».

Même si j’essaie de ne pas tout prendre au pied de la lettre, assez vite, les complexes reviennent, et avec mon IMC à 21, je me sens énorme.

Je suis à nouveau grosse dans ma tête.
Je ne pense pas à maigrir pour autant mais ressens le besoin de surveiller mon poids, pour ne surtout pas redevenir comme avant.
Je me procure donc une balance et le rituel de la pesée recommence.

Avec les différentes sorties, mon poids balance mais toujours de deux-trois kilos et je reviens toujours à mon poids de forme. Tout va plutôt bien, même si je me rends compte que malgré mes efforts, je suis généralement considérée comme toujours en surpoids ici.

En septembre 2010, je tombe amoureuse d’un Japonais rencontré pendant l’été. Je fréquente la personne quelque temps, ça se passe bien. Jusqu’à ce que l’intéressé me dise «Je t’aime bien et tu me plais… mais moi j’aime les filles maigres donc ton corps, je peux pas. Si tu maigris un peu, peut-être que ça irait mais là tu es trop grosse, ça me bloque. ».
Je me prends la réflexion comme un gros coup de massue dans la gueule. Après avoir passé un an à perdre la moitié de moi-même, je ne pensais vraiment pas rebouffer de ce genre d’excuse un jour.
Si aujourd’hui j’aurais le caractère assez fort pour suggérer à cette personne d’aller se faire sodomiser par une poutre en bois vermoulue du 50cm de diamètre, il y a trois ans j’étais encore douce et désespérée.
J’ai donc refais un régime à base de viande et poisson en force et me suis mise à courir tous les jours pour reperdre 6 kilos en un temps-record. J’arrive au poids le plus bas que j’avais jamais atteint dans ma vie d’adulte.
Je revois l’intéressé, fière de mes efforts et de mon nouveau tour de taille en moins.
Mais le verdict est sans appel : « Ça ne suffit pas… il te reste du gras sur le ventre et les cuisses et je peux pas. Je veux que quand on me voit avec ma copine, on soit envieux. Franchement, avec toi j’aurais honte de me promener dans la rue. Vu où t’en es, t’as encore bien 10-15 kilos en trop.».
Lorsque je lui fais remarquer que si je perdais encore 15 kilos, j’avoisinerais les 45 kilos pour 1m75 (et un IMC de 15…), ça ne semble pas le perturber. Oui, et alors, tu serais maigre au moins non ?

Bon. Trop c’est trop, je veux bien être un peu conne mais il ne faut pas abuser non plus. Il était bien sympa au début mais j’ai cerné le connard maintenant, je décide de ne plus le revoir.

Quelques mois plus tard, au début de l’année 2011, je rencontre un autre garçon (je ne m’en rendrai pas compte tout de suite, mais c’est le jaloux psychopathe dont je vous parlais dans le chapitre 1 de la drague). Je le rencontre via une communauté d’anciens obèses. Javoue qu’après mon Pro-ANA de l’été et les commentaires que je me prends régulièrement depuis un an par la gent masculine je suis un peu traumatisée, et j’avais besoin de parler avec d’autres Japonais(e) dans mon cas, pour savoir comment ils vivaient la chose.
Forcément avec ce garçon, je me sens complètement décomplexée puisqu’il a lui-même perdu 50 kilos, il connaît donc aussi bien que moi toutes les souffrances et difficultés liées à l’obésité et au régime à long terme.
Il se montre extrêmement compréhensif et pour la première fois je suis rassurée, je ne me sens plus grosse et je crois avoir trouvé une personne apte à m’accepter comme je suis sans me rabaisser.

Sauf que non. Car au bout de quelques semaines, je me rends compte qu’il souffre de gros troubles du comportement alimentaire, à commencer par de la boulimie.
Très régulièrement, il sort au milieu de la nuit pour acheter un immense sac de bouffe, rempli de tout et n’importe quoi, qu’il dévore en moins de dix minutes. J’avoue en rester pantoise.
Il prend rapidement du poids tandis que j’arrive à maintenir le mien tant bien que mal, ce qui ne semble pas lui plaire.
Il vit mal le fait que j’arrive à stabiliser mon poids depuis plus d’un an alors que lui enchaîne les yoyos violents. Pour reperdre le poids pris après ses crises de boulimie, il ne se nourrit que d’eau pendant des jours.
Puis il recommence.
Lorsque je me rends compte de ce qu’il fait, j’essaie de lui faire comprendre que c’est mauvais et qu’il ne pourra pas s’en sortir, qu’il faut qu’il rééquilibre son alimentation, mais évidemment il dédramatise la chose, ne m’écoute pas.
Pire, il commence à m’acheter des quantités industrielles de bouffe pour que je mange avec lui, parce qu’après tout « je suis mince maintenant, je peux me permettre ! ».  Il semble ne pas vouloir grossir tout seul. Sans avaler tout ce qui passe, je commence à reprendre quelques mauvaises habitudes de grignotage la nuit et de surconsommation de junkfood caloriques quand je suis avec lui. Mon rythme est cassé.
Lorsque pour une longue liste de raisons, je décide de mettre fin à la relation, j’ai repris 7 kilos.

Et Mars 2011 n’arrange rien non plus. Je reviendrai en détail sur 2011 plus tard, mais entre le tremblement de terre, la pénurie de bouffe dans les combini qui pousse à l’achat compulsif quand on en trouve, la solitude, la peur… Je passe mes nerfs sur la nourriture seule dans mon lit.
Puis j’entre dans le monde du travail, dans l’événementiel.
Chanteuses, actrices et mannequins à la taille 32 font mon quotidien. Evidemment, il convient de bien présenter, aussi les remarques que je me prenais depuis que j’étais arrivée au Japon passent au stade supérieur.
Comparaisons régulières entre ma taille boudinée et celle filiforme des mannequins, réflexions désobligeantes, accueil le matin des collègues avec des « Sonia, tu as encore grossi ? Faut faire un régime-là ! ». Quand des clients nous offrent à manger, j’encaisse parfois du « Bon Sonia, toi, pas besoin de t’en donner, tu dois te mettre au régime non ? ».

J’ai repris du poids et déjà que je le vis mal, ces réflexions quotidiennes et cet environnement me rendent malade. Alors que j’ai encore un IMC tout à fait normal et qu’objectivement, je ne suis absolument pas grosse, je me sens de nouveau obèse. Mais pas que dans la tête cette fois, même physiquement.
Je suis prête à tout pour maigrir et avoir enfin la paix. Qu’on me laisse tranquille, qu’on arrête de m’emmerder et me faire des remarques. Que je respire.

J’enchaîne les régimes surprotéinés très stricts. Le Japon pullule de sachets étranges, compléments alimentaires et pilules en tous genre. J’essaie tout.
Si Dukan n’était déjà pas génial point de vue santé, cette fois je suis désespérée et me nourris essentiellement de blancs de poulet, de thon en boîte dégraissé et de sachets protéinés dégueulasses.
Je perds une dizaine de kilos en moins d’un mois, je suis soulagée.

Frustrée par autant de restrictions, ajouté au fait non-négligeable qu’on me laisse rarement prendre ma pause midi avant 16 ou 17h, je suis prise de fringales absolument incontrôlables.
Sans me rendre compte, j’adopte le même genre de comportement que mon ex-copain en partant parfois m’acheter des sacs de nourritures que je dévore en peu de temps. Je me sens mal après, lourde et coupable. Mais sur le moment, j’ai besoin de m’apaiser en dévorant des tonnes de bouffe.
Le début de la boulimie.

Evidemment, après m’être nourrie exclusivement de sachets protéinés pendant des semaines, la boulimie ne pardonne pas. Moi qui avais réussi à stabiliser mon poids pendant presque deux ans, cette fois-ci c’est foutu.
J’ai tout foutu en l’air et l’effet yoyo m’arrive dans la gueule comme une baffe de papa qu’on a pas vu venir. Je reprends tout ce que je viens de perdre avec bonus en peu de temps.

C’est pas grave, je l’ai déjà fait plein de fois, je peux le refaire.
Je rachète des sachets et des compléments alimentaires. Quand les fins de mois sont dures, je me contente d’un yaourt ou d’un onirigi.
Je passe de plus en plus de temps dans les supermarchés, je regarde le nombre de calories d’absolument tous les aliments.
Au-dessus de 150 kcal, je repose.
Je suis obsédée par le nombre de calories que j’ingurgite. Pas plus de 700 par jour.
Le corps s’habitue, au bout de quelque temps, on ne maigrit plus.
Bon alors 500 calories par jour, faisable, tranquille.
Mince, j’ai du mal à maigrir comme ça aussi, mais pourquoi ? Bon, alors un seul repas par jour à 300, ça devrait passer.
Le début de l’anorexie.

Je tiens deux, trois, quatre semaines maximum. Je reperds ma dizaine de kilos, puis je craque.
Et revient la boulimie incontrôlable.
Il faut que je mange, tout, n’importe quoi, maintenant. Dans des quantités industrielles, j’en ai plein la bouche, c’est limite si je peux mâcher tant je fourre tout en même temps.
Ça me détend, me soulage.
Et après je me sens mal. Lourde. Grosse. Grasse.
Je me dégoûte.
Pourquoi j’ai fais ça ?

Bon demain, j’arrête. Je remange normalement, c’est quand même pas bien difficile.
Mais le lendemain, on me retraite comme de la merde au boulot, on m’empêche de prendre ma pause midi jusqu’en fin de journée, je suis stressée, énervée, je n’ai rien mangé depuis tôt le matin… Je sens l’envie de bouffer revenir. Et je cède.

Encore une fois je regrossis. Chaque fois un peu plus.
Je continue de couper mes séances de boulimies par des séances de régimes très strictes qu’on peut franchement appeler anorexie. L’engrenage de ce cycle infernal s’est complètement refermé sur moi et je n’ai plus aucun contrôle.
Ma vie change, ma vie sociale est petit à petit influencée.
Car les invitations à manger d’amis commencent à m’angoisser. Je sais que s’ils me coupent « mon élan », si je remange normalement une fois… C’est ouvrir la boite de Pandore. Le barrage va céder, je n’arriverai plus à me retenir de manger et je me gaverai jusqu’à la nausée. Je mangerai pendant la soirée, puis rachèterai un repas en rentrant chez moi, puis ressortirai pendant la nuit acheter du sucre… et répéterai ce manège jusqu’à ce que je ne rentre plus dans aucun vêtement et sois obligée de retourner à mes yaourts dégraissés et mes sachets de poudre quelques semaines.
J’ai envie de pleurer à chaque fois qu’on me dit, « il faut absolument qu’on se fasse une bouffe ! », ça me terrorise. Car je sais que je perdrai le contrôle. Et à Tokyo, il y a beau y avoir un million de choses à faire, les gens ne vous invitent toujours que pour boire ou manger.

En été, ça fait déjà bientôt six mois que je suis entrée dans mon cycle sans fin d’anorexie-boulimie et mon corps en fait les frais. Je suis capable de prendre 7 kilos en seulement une semaine, la moindre prise de nourriture normale se paye très cher sur la balance, sur laquelle je monte environ 10 fois par jour.
A force d’enchaîner les régimes de protéines en poudre et rien d’autre, j’ai de plus en plus de problèmes de transit.
Je n’arrive plus à aller aux toilettes, j’ai mal au ventre. Il est gonflé et tout dur, on dirait que j’ai grossi alors que je ne mange qu’un repas par jour depuis des semaines.
Dépitée, je vais à la pharmacie demander des laxatifs.
Je prends une dose, me vide, me rend compte que la balance affiche un kilo de moins.
Comme j’ai perdu mon cerveau depuis longtemps, je suis contente de ce résultat.
Le début des laxatifs.

A la fin de 2011, je n’ai que mon poids en tête. Je monte sur la balance tout le temps. Au réveil, après être allée aux toilettes, après avoir déjeuné, les cheveux mouillés, les cheveux secs et j’en passe.
Les chiffres m’angoissent. Quand je ne travaille pas, il m’arrive de jeûner jusqu’au soir pour que le chiffre soit un peu plus bas quand je monte sur la balance.
Je refuse 90% des sorties avec d’autres personnes.
Je prends des laxatifs tous les soirs. Au début une simple dose, puis double parce que ça ne fait plus effet, puis plus.
Je calcule l’heure pour que ça ne me dérange pas en journée au travail. Je me réveille chaque nuit entre 2h et 4h pour me vider, je ne fais aucune nuit entière.
Je bousille mon sommeil en même temps que le reste.

Malgré mes yoyos, j’arrive à maintenir mon poids à un IMC normal, mais ça reste de plus en plus dur, et je suis de plus en plus à la limite du surpoids.
Après presque un an célibataire, je retente le jeu de l’amour avec l’Autochtone, un petit gars que je connaissais depuis quelques mois et semblait posé et sympa… mais comme d’habitude, je me plante et une fois la relation officialisé (traduction : la période de séduction terminée), il a revêtu son costume de Super Connard, comme les autres.
Si la crevure était relativement gentille à deux, en public il se plaisait à m’humilier grâce à des piques assassines devant ses amis.
Par exemple lorsque, pour faire connaissance, un de ces amis me demande si j’aime le sport, l’être « aimé » répond très élégamment : « Attend, t’as vu son corps ? Ça répondrait à ta question, vu comme elle est foutue, c’est clair qu’elle en a jamais fait de sa vie, ha ha ha ».
Élégante façon de parler de sa moitié.

Ayant compris depuis deux ans que les blagues sur le poids des femmes n’étaient pas rares au Japon, je le prends en privé pour lui souligner que c’est le seul sujet sur lequel il ferait mieux de ne pas trop me charrier car j’y suis assez susceptible.
Manifestement le message ne passe pas puisque le soir de Noël – soirée romantique par excellence au Japon… -,le rabouin a, après de nouvelles piques, insisté pour me faire monter sur la balance devant son meilleur ami pour « rigoler » et voir la différence avec le poids des Japonaises.
Gentleman.

Inutile de vous préciser que la relation n’a pas duré, et qu’après cette énième déception, j’ai renoncé à ma vie amoureuse. Le célibat est morne, mais se passe de commentaire désobligeant et c’est déjà ça.

Enfin, pas besoin d’un petit ami pour vous humilier en public.
Début 2012, je rentre dans une nouvelle entreprise après une année d’enfer dans l’événementiel. Je suis contente de repartir de zéro, où les employés ne seront peut-être pas psychopathes et où je pourrai peut-être retrouver une hygiène de vie. Car je perds petit à petit du terrain et affiche, lorsque je suis au plus bas, maintenant 10 kilos de plus que mon poids de croisière, j’oscille donc entre normalité et surpoids.

La première semaine de travail se passe bien ; à la fin de la deuxième, on organise ma soirée d’intégration (la tradition dans les entreprises japonaises).
L’angoisse des repas en société est toujours d’actualité, et je dois déjà me battre contre moi-même pour aborder cette soirée de beuverie avec confiance.
Je suis assise au milieu de la rangée puisque la soirée est en mon honneur, entourée de tous mes nouveaux collègues et mon nouveau patron. Tout le monde est plutôt sympathique.
Mais au milieu de la soirée, tout tourne mal.
Le collègue assis à côté de moi -qui a un peu abusé de la bière pression et du saké chaud- a un sacré coup dans le nez. Il m’appelle d’une voix tonitruante de mec bourré, une voix assez forte pour que tout le monde tourne la tête de notre côté et me balance devant tout le restaurant : « Hé Sonia ! Pourquoi t’es foutue comme ça. Non mais c’est vrai quoi ! T’as un beau visage, tu pourrais être mignonne, mais c’est quoi ce corps ? Pourquoi t’es grosse ? En plus tu as le visage fin, alors que tout soit gras à partir du cou, ça gâche vraiment tout ! Tout ce qui est en dessous du menton : à jeter ! C’est vraiment du gâchis, tu devrais faire un régime ! ».


Je repense à mon passé d’obèse, je repense aux efforts que j’ai fait pour m’en sortir, que j’avais réussi. Je pense aussi au fait qu’à cause de ce genre de commentaire que je me prends depuis deux ans -ALORS QUE J’ETAIS NORMALE BORDEL DE MERDE- que j’ai commencé à faire n’importe quoi. J’ai eu du mal à m’en rendre compte, mais c’est vrai. Depuis un an j’ai tout foutu en l’air, je suis devenue malade. Et je ne m’en sors pas, et je ne sais pas quoi faire.
Alors surtout, qu’il la ferme ce sac à merde. Car 3 grammes dans le sang qui lui font dire de la merde ou pas, il sait pas qui je suis, il sait pas ce que je vis, il sait pas qu’à cause de ces phrases, je passerai les trois prochaines semaines soit à ne rien manger, soit à m’empiffrer, mais que quoiqu’il en soit, la plaquette de laxatifs y passera pour vider ce corps au maximum, jusqu’à l’épuisement pour me punir d’être qu’une grosse vache.

Tout le monde a un petit air gêné, mais on est au Japon. Alors on sourit timidement, et surtout personne ne lui intime de se taire, on fait comme si ce que j’étais en train d’encaisser est parfaitement normal.
Le problème est qu’il ne s’arrête pas.  Il continue à m’humilier devant tout le monde de sa voix pâteuse d’homme ivre.
Je finis par lui demander de s’arrêter, que j’ai bien compris le message mais que j’aimerais bien passer à autre chose maintenant. Il n’a rien à me dire sur le sujet, il ne me connaît même pas.
Mais il continue : « Pourquoi tu le reconnais pas ? Pourquoi tu fais pas un effort pour maigrir ? C’est quand même pas dur d’arrêter de manger et et de faire du sport ! T’habites pas trop loin, pourquoi tu viens en train ? Faut que tu viennes en vélo et comme ça tu maigriras et tu seras plus grosse comme ça ! Car là, un beau visage comme ça sur un corps gras, c’est dégoutant (kimochi warui dans le texte) ».

C’est trop.
Je fonds en larmes devant tout le monde, c’est incontrôlable. Je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer. Vous savez ces gros sanglots bruyants et pathétiques qui vous déforment le visage, pas ceux dont les larmes roulent discrètement sur les joues.
Et le pire… c’est que tout le monde m’a regardé avec étonnement.
Je me fais allumer depuis 15 minutes devant tout le personnel de ma nouvelle entreprise par un homme que je ne connais pas, c’est normal. Mais que je craque, ça c’est étonnant.
Une collègue veut dédramatiser : « Il ne faut pas pleurer pour ça ! Moi aussi on me dit souvent que je devrais maigrir et que je mange trop, mais j’ai jamais pleuré ! ».

Oui mais j’en ai rien à foutre connasse que tu dises amen à tout ce que des pauvres machos au QI négatif te balancent en public. Je suis ni sourde, ni soumise, ni mis ma fierté dans ma poche. Et puis surtout, j’ai très certainement beaucoup plus de problèmes avec la bouffe depuis un an que toi en toute une vie, donc ta gueule.
Dans ma tête, je l’incendie. En vrai, je ne dis rien.
Ce n’est pas lui qui a ruiné la soirée en m’insultant, mais manifestement moi en mettant tout le monde mal à l’aise avec mes larmes.
En voyant l’effet de sa longue tirade, mon collègue est choqué et s’excuse. Il me disait ça « pour mon bien. » Il se met à genoux devant moi, le front au sol en répétant avec théâtralité qu’il est désolé, qu’il ne voulait pas me faire mal.
J’ai envie de shooter dans sa tête.
Mais je souris, et m’excuse d’avoir perdu mon sang-froid.
C’était puéril de ma part de le prendre à cœur, bien entendu.

J’attends la fin de la soirée avec impatience, désolée de ce nouveau départ professionnel.
Par la suite, le collègue en question s’est révélé plutôt sympathique (à jeun) et ne m’a plus jamais fait de commentaires sur mon poids directement. Mais lui, comme quelques autres arrivés par la suite et n’étant pas au courant de mon inoubliable soirée d’intégration, feront souvent le compte des bonbons ou autre que je mange en travaillant, comptant les papiers dans la poubelle pour me faire remarquer que j’abuse un peu trop du sucre.
Par contre, personne ne semble remarquer que je ne « mange » qu’un verre de lait à midi pendant des semaines alors que par la suite, j’ai de la bouffe plein le bureau.

Je continue mes yoyos, mes cycles destructeurs, les laxatifs que j’accompagne parfois encore en plus de thé facilitant le transit vendus en pharmacie.
Et bien sûr, je continue de grossir sur la continuité.

En mai, trop de choses s’enchaînent. Un retour en France, un mariage, trois anniversaires, des sorties pendant la golden week… Toute cette vie sociale et ces sorties m’angoissent, l’impression de ne faire que manger du soir au matin et je le vis mal. Je ne tiens plus les régimes à 400 calories, j’y arrive une semaine pour enchaîner sur un mois de boulimie.
Ça et une série de sorties inévitables, je me sens pleine, énorme, prête à exploser.
Alors un soir, après une soirée anniversaire où je me dégoûte d’en d’avoir tant dans le ventre, je franchis le pas et mets mes doigts profondément dans ma bouche.
Et je vide tout.
Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, jusqu’à ce que je me sente épuisée et tombe comme une mouche pour m’endormir d’un sommeil de plomb.
Le lendemain… je n’ai pas grossi malgré ma sortie.
Je suis soulagée et contente.
Le début de la boulimie vomitive.

Je sais que c’était bête et qu’il ne faut pas que je recommence. Mais… pour la première fois depuis un an et demi, j’ai mangé sans prendre un gramme, sans avoir à en payer le triple de ce que ça vaut, sans avoir à m’arrêter de manger des jours pour effacer cette soirée.
Je décide de me faire plaisir une fois, rien qu’une fois.
Alors je vais au supermarché, j’achète tout ce que j’ai envie de manger. Un sac entier.
Je rentre, je mange tout, et je vomis tout.
Voilà, je me suis fait « plaisir », je ne recommencerai plus.

Mensonges.
Je recommence dès le lendemain, après une énième crise de boulimie.
Puis le surlendemain. Et en moins de deux semaines, je suis passée vraie boulimique vomitive, tous les jours.
Et je suis incapable de m’arrêter, la perte de contrôle est encore plus rapide et irréversible que tous mes autres travers.
Vomir devient la parade à chaque sortie au restaurant. Je recommence à accepter de sortir avec les gens, mais rien ne reste dans le ventre.
Désolée à toi qui lis ses lignes et es sorti avec moi entre le printemps 2012 et 2013 : quand j’allais aux toilettes, c’était pas pour pisser un bol. Quand je revenais des chiottes avec le nez et les yeux qui coulent, c’était pas les allergies.

Je ne sais pas lequel est le pire, mais les vomissements ont remplacé l’anorexie. Cette fois, je gère mes crises de boulimie à coup de laxatif et de doigts dans la bouche. Evidemment, je prends bien soin de prendre les petits médicaments après m’être déjà vidée, sinon ils risqueraient de ne pas faire effet ! Ce serait ballot !
J’ai bien compris que ça ne faisait pas maigrir, mais je ressens ce besoin de tout vider, je ne supporte pas l’idée de la nourriture en moi.

A la fin de l’été 2012, je suis en dépression profonde. Ça y est, j’ai pris conscience. Je suis vraiment malade.
Et je n’arrive pas à m’en sortir.
Je me déçois. Car je pensais être quelqu’un de posé et pas trop con. Je n’ai jamais eu d’addiction spéciale, jamais fait de grosses conneries, jamais « mal tourné » si tant est qu’avoir été fan des Worlds Apart ne soit pas considéré comme de la petite délinquance.
Et il a fallu que j’arrive à 26-27 ans pour en arriver là.
Pourtant je sais… je sais que les laxatifs ne font pas maigrir, que je perds de l’eau et des selles mais en aucun cas de la graisse. Je sais que c’est dangereux, autant que vomir.
Je sais que ne pas assez manger ne fait pas maigrir, juste le corps s’habitue et fait des stocks pour la prochaine famine, et c’est pour ça que je prends 2 à 3 kg par repas normal.
Je sais tout ça.
Mais quand je monte sur la balance où qu’un aliment passe le seuil de mes lèvres, tout disparaît. Je n’ai plus aucune raison, plus aucun recul. Tout est compulsif, désespéré, incontrôlé.

Et en septembre 2012, j’en suis là.
J’ai pris quinze kilos, je ne rentre plus dans mes vêtements, je prends double à triple de dose de laxatifs tous les jours, je vomis deux à trois fois par jour en me jurant à chaque fois que c’est la dernière fois pour recommencer dès que j’avale quelque chose.

Ma vie est régie par mes vomissements. Je passe parfois jusqu’à une heure à tourner dans les rayons à la recherche de ce que je vais manger. J’ai envie de manger, d’engloutir n’importe quoi, mais une fois que je suis devant la nourriture, elle m’écoeure et je n’ai envie de rien.
Car je sais quel goût elle aura quand elle repassera par ma bouche en sens inverse, sa consistance, sa couleur, la douleur. Et parce que c’est à cause d’elle que j’en suis là.
Je choisis les aliments non plus pour le plaisir qu’ils me procurent mais en fonction de la difficulté à vomir : « non, ça, ça fait trop mal…, ça ouais, ça passe tout seul ». Je peux dépenser jusqu’à 30 à 40 euros de bouffe, je rentre, j’engloutis, je vomis.
Et après, je suis fatiguée et lasse. Je me déteste. J’ai envie de pleurer.
Je me promets encore que c’est la dernière fois, c’est quand même pas si terrible d’arrêter non ?

Mais je n’arrête pas, ça empiète ma vie de partout. Il m’arrive de le faire au travail quand je suis stressée, plusieurs fois dans la même soirée avec des amis. Je ne profite de rien, j’angoisse à chaque nouveau plat sur la table mais garde le sourire et lance les blagouzes qui détendent. Faudrait pas que je manque à ma réputation de rigolote quand même.
Chaque jour je perds un peu plus d’estime de moi-même, je suis une merde.

Si vous êtes déjà allés au Japon, vous aurez certainement remarqué qu’ici, l’eau des cuvettes des toilettes est remplie presque jusqu’au bord de la cuvette.
A se demander si ce n’est pas pour prévenir le vice qui est le mien, puisqu’à chaque fois que je fais mon affaire, le tout gicle dans l’eau pour me rebondir dessus.
Ça me rebondit sur le visage, les vêtements, les chaussures. Je dois tout nettoyer avant de ressortir avec le sourire. Marion Cotillard peut aller se rhabiller, l’Oscar de la meilleure actrice, c’est pour moi.

Je sais, c’est dégueulasse, vous n’avez pas envie de lire ça. Je ne suis pas obligée de tout vous dire dans ces moindres détails.
Mais putain si, je le suis.
Pour toi là, qui peut-être me lit et qui complexe de ton corps. Qui serait prête à tout pour maigrir et a déjà commencé à avoir des comportements dangereux comme une petite pilule par-ci par-là. Et je SAIS, pour vous avoir déjà écouté, que y’en a qui me lisent.
Je veux que tu sois dégoûtée en lisant ça, je veux que tu te dises « je ferai jamais ça pour un kilo perdu», je veux que tu te dises que les remarques des autres ne valent pas de tomber aussi bas.
Et surtout, je veux que tu te dises que ça peut arriver à n’importe qui, même toi. La perte de contrôle ne prévient pas.
Même moi qui suis généralement considérée comme une fille posée, réfléchie et mûre, j’ai chié dans la colle.
Et j’ai rien vu venir.

Donc si je décide de me mettre à poil pour raconter ça, c’est pas pour édulcorer les détails. C’est pour-si j’en ai le pouvoir-  que ça serve à quelque chose comme mettre une baffe à celles qui se pourrissent la vie pour une taille de vêtement. A la longue, on peut déraper et personne n’est à l’abri.

En septembre-octobre 2012, mes dents ont jauni comme quelqu’un qui fumerait comme un pompier depuis 20 ans alors que je ne fume pas, mes gencives pissent le sang pour rien, c’est un remake de Dracula à chaque fois que je me lave les dents.
Je perds mes cheveux, certaines dents commencent à se déchausser.
Putain, c’est ça mon rêve japonais ?

J’ai la visite médicale annuelle imposée par l’entreprise. Les résultats sont envoyés directement à mon patron (le Japon et les joies d’une société patriarcale). D’ailleurs, comme j’avais peur de cette visite médicale et de la réaction du Big Boss, une semaine avant je me suis nourrie que de protéines pour perdre un maximum avant le Jour J. Sympa ce petit système d’intrusion de l’entreprise dans ta vie et les comportements à risques qui en découlent.
Evidemment, les résultats sont mauvais et on note une prise de poids considérable en un an, mon patron me demande de surveiller mon alimentation et perdre un peu de poids.
HA HA HA HA.

Cette fois, j’ai réellement envie de m’en sortir. J’essaie, mais évidemment je n’y arrive pas.
Alors je tente d’en parler à quelques amis… Pas de réaction.
Au final – désolée encore pour les personnes concernées qui lisent – le peu de personnes à qui j’en ai parlé ne m’ont jamais apporté aucun soutien.
Dans la plupart des cas, aucune réaction sur le moment, ou alors un « courage ! tu vas y arriver ! », et après, on ne m’en parle plus jamais. On ne m’a jamais demandé si j’étais toujours malade, si je m’en sortais, si ça allait. Soit j’en parle et on me répond par demi-syllabe (ou mieux, un smiley… j’adore la communication du 21ème siècle), soit je n’en parle pas et on fait comme si je n’avais jamais rien dit.
Comme si ça n’avait jamais existé. On peut dire des Japonais, les Français sont aussi très doués pour faire l’autruche quand on leur parle d’un truc qui les dérange.

Ce n’est pas un reproche, ces personnes ne sont pas médecins spécialisés dans les TCA et n’ont sûrement aucune idée de l’attitude à adopter. Qu’est-ce qu’elles auraient pu faire pour moi au juste ? Rien, certainement. Je ne peux pas leur en vouloir de ne pas savoir gérer un problème de cette envergure et fermer les yeux sur ma détresse.
Moi-même, je ne suis pas sûre que j’aurais pu être une bonne amie dans ce cas de figure, allez savoir, je ne suis pas plus médecin qu’elles.

Mais cette indifférence m’enfonce un peu plus. J’ai l’impression d’être intéressante que si je suis le moulin à blagues ou que je peux rendre service pour telle ou telle chose, mais sinon, je peux patauger dans ma merde, tant que je ne demande rien à personne, ce n’est pas bien grave.
Je me sens insignifiante, abandonnée, moche, grosse, sale.

Mais allez savoir pourquoi dans la vie, il se passe de drôle de choses.
Fin 2012, j’ai perdu ma joie de vivre, j’ai grossi, d’énièmes déceptions humaines annexes de mes problèmes de bouffe achèvent de me faire me rendre misanthrope, je suis au plus bas… et alors que je suis comme un chien abandonné sur la route, un petit bout de Corée tout migon, me ramasse et me prend sous son aile.

Quand je suis au top de l’anti-séduction, on s’intéresse à moi. Je suppose que c’est de là que vient le très exaspérant adage « C’est quand on s’y attend le moins… ».
L’animal est drôle et divertissant, je me rends compte qu’il vaut le coup d’être fréquenté lors de notre première soirée à deux, où j’ai tellement ri et me suis tellement amusée, qu’en rentrant chez moi j’ai passé la soirée à me remémorer ses conneries et sourire.
C’est qu’une fois dans mon lit, à moitié endormie, que je me suis rendue compte que j’avais mangé sans me poser de questions, oublié de passer par le combini pour acheter à manger, manger, vomir et prendre mes poisons pour me vider une deuxième fois pendant la nuit.
Première fois depuis une éternité… même pas que je m’étais retenue : je n’y avais juste pas pensé.
Comme si ça n’avait jamais existé.

Alors quand la relation s’est concrétisé un peu plus tard, j’ai préféré être honnête et dire que j’étais malade, que je voulais m’en sortir mais que ce n’étais pas évident.
Avoir quelqu’un dans ma vie ne pouvait qu’être une motivation pour reprendre une vie saine, je ne veux pas imposer ça à quelqu’un au quotidien.

Alors j’ai arrêté. Tout. Du jour au lendemain.
Bizarrement, quand je fais les choses pour quelqu’un d’autre que pour moi, je suis nettement plus forte.

C’est beau l’amour, vous direz-vous. Il suffisait qu’elle rencontre le prince charmant pour que la vie reprenne son cours, quel magnifique happy end !

Non.
On ne sort pas indemne de presque deux ans de TCA violents et quotidien comme les miens, même avec toute la volonté du monde.
Arrêter les laxatifs et les vomis a un prix.
Le mien a été d’une prise de 20 kilos supplémentaire en moins de trois mois. Tout ça pour ça : je flirtais de nouveau avec l’obésité.
Déjà parce qu’à force d’anorexie et de vomis, mon corps a largement baissé sa consommation de calories par jour. Si une femme adulte normale doit avoir une consommation de 1500 à 2000 calories par jour selon son activité, mon corps grossissait pour une consommation supérieure à 700.
Ensuite, un an et demi de grosses doses de laxatifs quotidiennes ne pardonnent pas. Impossible d’aller aux toilettes, je n’y allais qu’une fois tous les huit ou neufs jours et au prix d’immenses souffrances et ballonnements.
Là où j’ai une chance inestimable, c’est qu’on s’est beaucoup investi pour que je ne replonge pas en cherchant tous les aliments facilitant le transit, et en établissant tout mon programme alimentaire, quitte à se lever tôt pour me cuisiner des repas sains et riches en fibres à emporter au travail.
Pour que j’arrive à aller aux chiottes comme Mr et Mme tout le monde, ça a pris cinq mois.

Ensuite, comme je ne me fais pas traiter médicalement (compliqué ici, nous y reviendrons plus bas), j’essaie de trouver tous les comportements palliatifs qui m’empêcheront de faire une crise de boulimie et de vomir.
Notamment du sport, beaucoup de sport. Il paraît que c’est une forme de TCA aussi d’ailleurs… mais bon.
Au début un peu de temps en temps, car vous l’aurez compris, j’avais pas ça dans le sang. Et puis de plus en plus au fil des mois. Aujourd’hui je me lève 5 à 6 jours par semaine à 6h pour faire un peu de musculation et courir 10 kilomètres avant d’aller au travail.
1) Pour me déstresser et me sentir plus zen
2) Pour reperdre petit à petit les 25 kilos que j’ai toujours en trop.
3) Pour renforcer ma masse musculaire. Plus on a de muscle, plus le corps consomme de calories. Alors j’essaie de renverser la vapeur pour pouvoir manger des repas normaux sans grossir en augmentant un maximum mes dépenses d’énergie.

J’ai reperdu un peu, quelques petits kilos, mais c’est très lent car pour l’instant je me contente de faire du sport mais de ne pas faire de régime alimentaire précis. Je ne veux pas me refrustrer, j’ai besoin de temps. Je ne suis pas encore prête à me limiter ou à penser régime, alors je mange ce que je veux, quand je veux, juste je ne mange plus après 19- 20h pour ne pas me coucher le ventre lourd et ressentir l’envie de tout vider. Je me contente de courir pour déculpabiliser.
Je ne vomis plus quotidiennement, il m’arrive même d’avoir des périodes fastes où je ne le fais pas du tout pendant plusieurs mois. Mais je rechute parfois en cédant au stress, j’avoue.
Comparé aux trois fois par jour d’il y a un an, les erreurs occasionnelles d’aujourd’hui sont une belle victoire mais le chemin est encore très long pour que ça ne me démange pas après chaque repas copieux ou baisse de moral.
Je remange normalement sans grossir, à force de faire beaucoup de sport, j’arrive à 1800-2000 calories par jour sans exploser la balance.
Je ne me pèse plus 40 fois par jour, mais il a fallu la mettre sous clés quelques mois avant que je m’en détache.
Je n’ai pas repris un seul laxatif depuis presque un an.
J’emmerde profondément tous les connards qui me font une réflexion sur mon poids, qui en font en général sur le corps des filles (rondes ou maigres), des abrutis d’expats qui se foutent de la gueule des étrangères qui « cherchent à s’habiller comme les Japonaises alors qu’elles n’en ont pas le corps ».
Je sais, c’est personnel. Mais sachez-le, je vous exècre.

Le seul combat sur lequel je n’ai absolument pas avancé est que je n’accepte toujours pas mon reflet dans le miroir et me dégoûte toujours autant. Alors je ne me regarde plus, sinon tout l’équilibre que je tente de construire menace de s’écrouler.

Je me sens toujours sur le fil, prête à basculer d’un côté ou de l’autre. Et je me demande toujours si j’arriverai à avoir un rapport normal à la nourriture un jour. Je suis assez fataliste en me disant que non. Même si aujourd’hui ça va mieux et qu’il y a des progrès notables, il y aura toujours un risque.
J’essaie d’assumer toutes les conséquences de ce que je me suis infligée –m’inflige encore parfois-, les cheveux abîmés, les dents abîmées, la mâchoire disloquée, la fatigue, et je redoute d’autres conséquences au long terme comme mon foie que j’ai très certainement empoisonné bien comme il faut.
J’espère ne pas payer trop cher le prix de mes conneries dans quelques années.

Aujourd’hui, j’essaie de changer de mentalité. Ne plus penser en termes de poids mais en termes de santé.
Je ne cherche plus le Graal de la taille 36, mais celui de l’esprit sain dans un corps sain.
Je tente parfois aussi des séances de yoga pour canaliser mes angoisses. Vu ma souplesse de baobab, je pourrais finir à un million de vue sur Youtube tant c’est cocasse, mais ça a le mérite de me détendre.
J’ai encore du chemin à faire, et tant que je ne serai pas suivie par un vrai médecin, je continuerai  de devoir me battre comme une lionne pour sortir de la toute seule.

Finalement cette partie sur moi est bien plus longue que ce que je pensais. Mais désolée, elle était nécessaire. Parce que, même si les TCA existent évidemment partout et que la France n’est pas en reste, vous n’avez aucune idée du nombre de Françaises (et autres étrangères ?) qui pètent un boulon ici à cause de la pression morale concernant leur poids.
La plupart penseront « mais non, il n’y en a pas tant que ça ! », mais n’oubliez pas à quel point j’ai été bonne comédienne longtemps.
Depuis que j’assume plus ou moins ouvertement (bon à partir d’aujourd’hui, plus qu’ouvertement) mes problèmes alimentaires, de nombreuses personnes viennent se confier à moi.
Je l’ai constaté à mes dépens, les personnes pas concernées ne réagissent pas ou peu à ce genre de problème et ne manifestent pas vraiment de soutien. On va donc naturellement rechercher des personnes souffrant des mêmes soucis pour se confier. Et depuis que je ne cherche plus à me cacher, on vient à moi.
Mais là où ça me choque, c’est quand j’apprends que des connaissances de longue dates qui avaient toujours été bien dans leur peau en France, ont commencé à prendre des laxatifs ici pour « maigrir » et ne peuvent plus s’en passer pour se « rassurer ». Des personnes qui ne sont pas du tout en surpoids.
J’en connais au moins deux.
Dire que je ne savais même pas que prendre des laxatifs était une forme de TCA et que j’ai développé ça « au hasard » sans savoir que ça se faisait… je suis loin d’être la seule en fait.
Les anorexiques et boulimiques, je ne les compte même pas. Et je sais qu’elles me lisent. Ainsi que d’autres, « juste » complexées.

Donc comme je pense être allée plus loin que la plupart d’entre vous dans les régimes boiteux et comportements à risques, ce billet est pour vous.
Pour vous montrer à quel point c’est triste, vain, misérable et juste destructeur.
Et puis surtout… que ça ne vous fera pas maigrir, hein. Au contraire.
Ça vous fera juste réduire votre espérance de vie, votre santé et votre chance de mettre au monde des petits chiards en bonne santé.
Ne croyez pas qu’on peut se nourrir d’un œuf dur par jour, se gaver de laxatifs ou qu’on peut se faire vomir quotidiennement sans aucune séquelle.
On paie toujours nos travers dans la vie. J’ai payé une partie des frais tout au long de cette année et je ne suis pas certaine d’en avoir fini.
Et franchement, je suis bien placée pour vous le dire, un tour de taille ne mérite pas une telle souffrance physique et mentale. Je le répète, la descente aux enfers ne prévient pas, et vous ne savez pas jusqu’où peut vous mener un régime boiteux.
En espérant que le message ne soit pas complètement vain et parle au moins à une ou deux personnes.

Passons cette – très – longue partie « témoignage », et passons à la partie dossier.

La société japonaise, propice au développement des TCA ?

Les fans invétérés du Japon n’aimeront pas ce titre. Mais ils n’y connaissent sûrement rien.
D’abord entendons-nous bien : le Japon N’est PAS responsable de mes comportements à risque. C’est moi, et seulement moi, qui ai perdu mon combat contre moi-même et suis tombée si bas. D’autant que j’avais des antécédents facilitant la susceptibilité. Tout le monde n’est pas aussi sensible que moi sur le sujet.
Mais l’environnement ici, pousse quand même au vice. Je reste persuadée que je n’aurais jamais été jusque-là en France.

D’abord comme vous l’aurez sûrement remarqué, ici se prendre des réflexions dans la gueule sur son poids, notamment quand on est une femme, c’est récurrent. Ou alors j’ai vraiment pas de chance, mais je doute être la seule.
Pas besoin de faire une taille 46 pour se faire tailler en pièces.

L’Occident aussi bien sûr, entretient le culte de la minceur. Même si les choses tendent à se bousculer légèrement pour montrer des silhouettes bien en chair dans certaines publicités, la majorité revient quand même à l’encensement du ventre plat.
Mais au Japon… le phénomène est poussé à son extrême, à un niveau assez malsain.

Revenons par exemple aux magazines féminins. On vous propose des pilules plus que douteuses pour perdre jusqu’à 20 kilos en un mois, mais surtout on vous vend ça :

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Ici, on vous propose le plus naturellement du monde, de peser en dessous de 40 kilos. Par exemple, la demoiselle photoshopée à gauche est censée faire 37 kilos.
Oui je sais, les otakus du Japon me diront « oui, mais les Japonaises sont plus petites, donc c’est normal ».
Non, sombre abruti, ce n’est pas normal. 37 kilos c’est le poids d’un enfant de 11 ou 12 ans, pas d’une femme adulte. Les Japonaises ne font pas toutes 1m40, faut arrêter d’être con au bout d’un moment.
Je n’ai rien contre les personnes qui pèsent pas lourd (ou le contraire, on s’en fout !), mais il faut relativiser, on ne peut pas conseiller à tout le monde de faire ce poids. Ce n’est absolument pas une question d’esthétique mais une question de santé.

Ci-dessous, on vous propose de se créer un corps pour « se sentir en confiance pour porter des bikinis et faire l’amour ! », le dossier ne parle pas forcément de régime mais aussi d’épilation etc. Mais regardez le mannequin choisi…

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Tout est fait pour nous conditionner à penser que ce genre de corps doit être la norme, jusqu’aux très appréciés purikura.

Lors de mon premier voyage au Japon il y a dix ans, les purikura c’était des petites photos sympas qu’on décorait avec des petits mots et des petits lapins rigolos.
Il y a quatre ans, quand je suis revenue, plus moyen d’avoir un visage normal sur un purikura : ils vous déforment les yeux pour qu’ils fassent la moitié du visage et que vous puissiez avoir de grands yeux de Roswell  biches. Supayr.
Mais depuis peu, les purikura servent aussi à vous allonger et affiner les jambes pour vous faire des super photos souvenirs, dignes d’un poster Pro-ANA.

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Conclusion : les purikura, c’était mieux avant.
Maintenant, on ne peut même plus se prendre en photo tranquillement sans se souvenir qu’il convient de se montrer aussi maigre que possible. Ce serait dommage de se montrer tel qu’on est quand même.Bref, même un simple purikura est devenu un reflet de plus de cette société moisie et de cette façon de penser gerbante.

Ce sont des petites choses : des pubs, des purikuras, des icônes… Mais le problème, c’est qu’à force, on tend à penser que la norme c’est ça. Et les filles arrêtent de bouffer, et les mecs se permettent d’être odieux.
On nous fait complexer sur une multitude de petites choses via des publicités et dossier divers. Ici,  par exemple, on vous propose une méthode pour maigrir (parce que la version de gauche est grosse ?), parce qu’un jean est mieux porté lorsqu’il y a un écart entre les deux cuisses.

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Au Japon, la minceur se calcule aux genoux cagneux et à l’os des hanches qui ressort. J’avais d’ailleurs vu dans un reportage un jour, que c’était pour ça que les lolitas avaient la cote au Japon : elles ont encore les os des hanches qui ressortent, ce critère de beauté et de minceur.
L’Indice de Masse Corporel, on peut se le foutre au derche, il ne semble pas faire partie du paysage.

Le Japon, c’est aussi la foire aux régimes à la con. Oui en France aussi, certes. Mais ici, on a quand même son pesant d’or en régimes foireux et limites niveau santé.
Les pharmacies pullulent de rayons régimes (et croyez-moi, je les connais par cœur) vendant tout et n’importe quoi. Des repas en sachet à 20 calories seulement, aux pilules capteurs de graisses qu’on ne sait pas trop ce qu’il y a dedans concrètement, aux trucs dans lesquels ont doit s’enrouler pour comprimer notre corps et perdre en taille.

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Bon, ce n’est pas tant la pratique qui me dérange, il y a pire comme méthode pour perdre des centimètres. Ce qui me gêne surtout, c’est que dans cette pub, la demoiselle insiste sur le fait qu’elle veuille maigrir… alors qu’elle est déjà très maigre !

Une entreprise de régime par patch (pour réduire la faim etc.) s’est même emballée dans ses pubs au point de présenter un « résultat » tellement photoshopé qu’il n’en est même plus humain. A part une envie de vomir, ça ne m’inspire vraiment pas grand chose.
Mais qu’est-ce qui se passe dans la tête de ces marketeux ?

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Je ne parle pas de ces fameux magazines dont je vous ai parlé la dernière fois, dans lesquels j’ai trouvé des dossiers minceurs où on donnait tous les conseils possibles pour arriver à arrêter de manger.
Le top conseil de ce dossier pour arrêter de manger et lutter contre la faim ?
Dormir.
Sans commentaire.

Tout est fait pour se sentir gros et mal dans sa peau. Et on vous encourage à faire n’importe quoi comme si c’était normal dans l’indifférence générale.

Au delà des régimes de merde, il y a toute une mentalité et des codes hommes femmes derrière la nourriture.

Par exemple, on m’a dit à plusieurs reprises que manger peu était une forme de « féminité ». Eh oui, pour certaines personnes ici, finir votre assiette remettrait en question votre féminité. Ah, la jeune demoiselle frêle à l’appétit d’oiseau, l’image même de la grâce de la femme !
Vous n’avez pas idée du nombre de filles/femmes ici qui laissent la une partie de leur assiette, a fortiori lorsqu’il y a des hommes à table.
D’ailleurs, ça gêne souvent ces derniers au final. On m’a dit plus d’une fois qu’il était plus agréable d’avoir à table des filles qui mangent plutôt que des filles qui font les précieuses (alors qu’elles crèvent surement la dalle…) et se retrouver à manger seul.
Ainsi, on saluera souvent le fait de manger avec appétit… mais comme ici rien n’a de logique, pour ne pas hésiter derrière à vous proposer de faire un régime ou faire attention.
Une fois – avant que je ne tombe dans mes travers- on m’a demandé de but en blanc de manger  lorsque j’étais accompagnée mais que je m’abstienne et sois au régime le reste du temps. Comme ça je reste mince, mais ma compagnie reste agréable.
Ou l’art d’être une petite poupée qui mange sur commande, bien entendu.

On note aussi d’autres codes culturels. Comme le fait que la viande serait plutôt pour les hommes et le poisson pour les femmes. Rien de bien méchant mais qui font parfois naître des complexes absurdes comme celui d’aimer un steak.
Lors du lunch mensuel obligatoire avec mes collègues, je remarque parfois que certaines n’osent pas prendre un plat « masculin » soit avec beaucoup de viande. C’est seulement quand j’en commande un sans complexe (j’en ai déjà bien trop pour ajouter celui-là) que parfois une de mes collègues change d’avis pour annoncer avec un sourire gêné : « bon, alors finalement moi aussi ».
Rien de dramatique en soi, mais ce sont des petites choses que je trouve tristes.

Il faut être mince, il faut être féminine en se montrant délicate avec la nourriture, mais il faut savoir aussi enchaîner les beuveries entre amis et entre collègues, les nomikai étant un peu le pilier de la vie sociale au Japon.
Sans oublier que les Japonais sont de fins gourmets, adorent manger et qu’ici, aller manger au restaurant, ce n’est pas une fois de temps en temps comme chez nous, mais quotidien.
Ajoutez à cela une vie speed (notamment dans les grandes villes) où le travail occupe la majeure partie de la journée. On part tôt, on rentre tard, on mange sur le pouce au bureau. Tout est fait pour ne pas avoir le temps, pour se rabattre sur les plats tout préparés, la junk food, la mauvaise hygiène de vie. C’est valable dans chaque grande ville du monde, mais intensifié ici.
Combien, une fois entré dans la vie active, ne prennent plus la peine de rien cuisiner et se contentent de petits restos et bento de combini acheté sur le chemin du retour à la maison.
Je le sais, j’ai fais pareil.

C’est tellement tentant. On vous le sert tout chaud, on a la fausse impression que c’est pas cher (car on compare à la France, mais au quotidien ce n’est pas avantageux), tout est prêt, on vous donne même les couverts.
Mais vous êtes vous déjà penchés sur les étiquettes des bentos tout prêts ?
La plupart frisent les 1000 calories. Du riz, de la mayonnaise, et A CHAQUE FOIS, des aliments frits. Que ce soit des katsu, des karaage ou des tempura, il y a des éléments frits dans chaque repas préparé.
Je ris doucement quand j’entends ceux qui débarquent s’extasier sur ces repas nettement plus équilibrés qu’un Mc Do et sur la bouffe japonaise tellement saine.
Car je doute qu’ils se nourrissent exclusivement de soupe miso, de wakame et de konjac.

Peu de temps pour bien cuisiner, de la malbouffe partout déguisée en plat équilibré, des nomikai à n’en plus finir… mais on se doit de rester mince.
Tomber dans les travers des petites pilules, sachets de poudre et compléments alimentaires est un jeu d’enfant quand on essaie de combiner les deux (et beaucoup essaient).
Et quand on est pris d’une envie de se gaver, les combinis ouverts 24h/24 ainsi que la multitude de chaînes proposant bouffe et boissons à volonté sont là pour répondre à nos désirs de gavage. Tu as honte de recommencer dès le lendemain ? Pas de problèmes, des combinis y’en a tous les dix mètres, il suffit de changer et faire un roulement, personne ne saura tout ce que tu es capable d’engloutir en une soirée.
L’air de rien, être boulimique au Japon est encore plus difficile à maîtriser qu’ailleurs. Ta crise peut venir un dimanche à 2h du matin, tu trouveras toujours tout ce qu’il faut d’ouvert pour te vendre ta dose de gras et de sucre. Et comme la plupart des produits vendus sont en édition limité, on a toujours de nouvelles choses à se mettre sous la dent, à acheter en stock avant que ça ne disparaisse des rayons et j’en passe.
Toutes ces choses de la vie quotidienne qui se transforment en enfer quand on est malade.

Enfin, pour se pencher un peu plus sur le cas des étrangères expatriées au Japon, sans forcément développer des troubles du comportements alimentaires, un large pourcentage développent de gros complexes sur leur corps au bout de quelques mois.
Pourquoi ?
Bon, déjà y’a qu’à regarder dans la rue. La plupart des nanas font la moitié de nous-même. On se sent assez vite hors norme.
Et si en France on faisait son shopping sans problème, au Japon on peine à s’habiller même pour une petite taille 38 ou 40.
Des hanches un peu larges ? Adieu le beau jean. Une paire de sein au delà du bonnet B ? Va reposer cette robe tout de suite.
Tu es venue au Japon parce que tu adores la mode ? Tu adoreras surement aussi  la Tour 109 dont la dizaine d’étages ne propose quasiment que des vêtements entre le 32 et un petit 38.
Pour espérer trouver un 42 ou un 44 (voire un 46 mais au delà faut quand même pas déconner), on peut toutefois se tourner vers des chaines étrangères comme H&M, mais si tu rêvais de vêtements visu ou gyaru made in Japan, arme-toi de patience pendant ton shopping, ici le public visé se doit d’être filiforme et petit.
Et tant pis pour les quelques japonaises grandes ou enrobées, elles avaient pas qu’à !
Quelques enseignes japonaises comme UNIQLO font dernièrement l’effort d’ouvrir éventail de leurs tailles pour aller jusqu’au XXXL.
Mais sur la publicité ça donne quoi ?
Deux japonaises frêles pour les tailles XS et M et une étrangère nettement en surpoids pour la taille XXXL (et pas de tailles entre ?).

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Le message est d’une finesse… Je vous laisse méditer dessus.

Bref, une société qui favorise une hygiène de vie discutable mais qui cautionne en même temps les corps filiformes et les régimes en tout genre, le tout avec quelques piques supplémentaire pour toi l’étrangère qui a un format king size comparée à la norme locale.

Si tu es déjà bien ronde et complexée, outre le problème des vêtements, tu ne vivras peut-être pas forcément mal ton embonpoint ici. Comme je l’ai dit plus haut, à Osaka mon surpoids étant tellement énorme qu’il en devenait un problème, donc un tabou. Donc, on ne m’a jamais trop embêtée.
Par contre, si tu vis ici au long terme et que tes rondeurs n’atteignent pas encore le seuil du tabou, prépare-toi a encaisser si tu es susceptible sur le sujet.
(Apres tout, certains ne se formalisent pas pour si peu non plus).
Faut pas renoncer à la vie au Japon pour autant, mais savoir se blinder le mental.

Et les malades dans tout ça ?

Bon, j’ai parlé beaucoup de moi, j’ai parlé du Japon… et les malades de TCA au Japon alors ?
Je ne saurais vous faire un dossier complet (sinon on est encore la pour 50 pages) mais je peux aborder un minimum le sujet.
Il y a un an, lorsque je touchais le fond, que j’étais désespérée et que j’ai compris que mes amis ne me donneraient pas l’épaule que j’avais besoin pour pleurer ma misère, j’ai essayé de chercher des personnes dans le même cas que moi, ne serait-ce que pour me renseigner au niveau des traitements et suivis psychologiques possibles au Japon.
J’ai été effarée par ce que j’ai trouvé. Le Japon, ou l’art de me faire perdre toujours un peu plus foi en l’humanité.
Lorsque j’ai fais des recherches en français, je suis tombée sur des forums et communautés de malades et proches de malades cherchant des solutions, racontant leur parcours pour s’en sortir, ou demandant de l’aide.
Lorsque j’ai fais la même chose en japonais avec les mêmes mots clés (traduits) pour essayer de trouver des témoignages qui m’aideraient à trouver un traitement adéquat sur place, je suis tombée sur des communautés plus malsaines les unes que les autres.
Suivies par des milliers et milliers de jeunes filles, les conversations n’avaient en aucun cas pour but de s’en sortir ou de guérir.
Non, on racontait avec fierté ses exploits (tant de vomis dans la journée, moins de 200 calories depuis deux jours et j’en passe) et on S’ENCOURAGEAIT en tenant un journal, chacune se soutenant les unes les autres dans leur connerie.

Je suis passée sur mixi, un forum sur la boulimie vomitive. Aucun topic d’entraide ou de proposition de traitement. Non, à la place, des topics pour apprendre à bien vomir, la liste des aliments faciles à rendre, ceux qui font mal, et j’en passe.
Le tout, sans aucun modérateur.

Ça a touché le fond (et j’avoue en avoir pleuré tant j’étais choquée) avec un topic de photos, où chaque participante devait mettre la photo de la main avec laquelle elle se faisait vomir, afin d’y exposer en trophée la cicatrice laissée par les dents lors des vomissements.
Et chacune légendait sa photo avec le nombre d’années que ça avait pris, le nombre de vomis par jour et j’en passe. Certaines postaient leur main en disant « je n’ai commencé il n’y a que quelques mois donc ça se voit peu, mais ça va venir ! Gambaru ! »…
Les bras m’en sont tombent.

Quand bien même elles soient dans un délire d’autodestruction complètement aveugle, comment est-ce que les administrateurs peuvent laisser vivre des communautés aussi malsaines ?

Facebook est peut-être la lie d’Internet, mais il me semble pas que de telles activités resteraient ouvertes au public sans censure ni suppression de page.
Ce jour-là, j’ai explosé de colère et envoyé un mail explosif à l’équipe de mixi ou j’ai déversé toute ma haine et frustration dans un argumentaire bien senti.
Le topic de photos glauques a été effacé après cela, mais pas les communautés qui existent toujours et sont toujours actives…

Au début de l’été, quand j’ai décidé de ne pas me dégonfler et écrire cet article, pour la première fois depuis des mois, je suis allée voir si ces communautés existaient toujours.
Evidemment oui.

Parmi elles, ma « préférée ». Une communauté suivie par plus de 5200 personnes et active en toute impunité depuis 2006. Le titre de la communauté annonce la couleur (ainsi que sa photo de profil) : « Maigrir de façon malsaine»…

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La description de la communauté est toute aussi éloquente (« les régimes sains c’est chiant »), mais je l’epargne aux non-japonisants pour passer directement au contenu.
Le topic le plus populaire, actif depuis 2007 s’intitule sobrement « Allez, arrêtons de manger ! ».

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Le premier post écrit pour lancer le topic propose de s’arrêter de manger pour ne boire que de l’eau. Et sur des pages et des pages, on a des commentaires suivant cette invitation.
« A partir de lundi, j’arrête encore de manger, je vais faire de mon mieux (*^o^*) ». La suivante répond qu’elle aussi elle s’y met, la deuxième qu’elle ne s’autorisera que des pilules de compléments alimentaires et a boire.
Parfait. Pas besoin de vous en dire plus, c’est ça sur 450 messages.

Dans un autre topic, les membres doivent se présenter et donner leurs objectifs de régime.

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Non : « 1m54, 45 kilos… Je suis enooormeee ».
Chiruko : « 1m58 pour 42 kilos. On m’a fait grossir pour soigner mon anorexie, et après être tombée en boulimie j’ai dépassé les 40 kilos. Je veux retourner a l’époque ou j’étais la plus maigre ! ».

Sur qu’a 42 kilos pour presque 1m60 elle doit friser le mètre cube.

La plupart des membres pèsent entre 45 et 30 kilos, et toutes veulent maigrir plus, a n’importe quel prix mais surtout pas celui de l’équilibre. Aucune ne dit a l’autre qu’elle n’a pas besoin de maigrir plus, je ne sais même pas si elles s’écoutent entre elles a part pour s’encourager dans leur dangereux délire.
Les communautés de boulimiques vomitives existent aussi toujours également, avec leurs topics pour apprendre a vomir et autres horreurs.
Par contre, je m’abstiens de traduire quoi que ce soit. J’ai pas envie de faire circuler malgré moi ce genre de conseils et donner l’envie à quelqu’un de tester.

Vu la mentalité générale, impossible d’essayer de parler de sa maladie avec les personnes concernées sur le net. Elles sont complètement déconnectée de la réalité, ne semblent avoir aucune envie de s’en sortir et se tirent les unes les autres vers le fond.
Le tout dans indifférence générale des administrateurs de mixi et autres forums japonais. Et certainement le silence de celles qui veulent vraiment s’en sortir.

Sur Twitter ? La même. Quelques bonnes âmes qui font la morale mais une majorité de tweets alarmants sur des régimes qui consistent tout simplement à ne plus manger du tout.

Bref, je n’ai pas besoin de vous traduire tout le web, magazines et retranscription de conversations. Je pense que vous m’avez compris et les japonisants peuvent chercher eux-mêmes.

Les TCA, ou une des nombreuses face cachée de l’iceberg Japon.
Encore une fois, pas que j’accuse en oubliant de regarder l’Occident ; l’Europe et l’Amérique sont loin d’être épargnés.
Mais à part des personnes vivant au Japon, on parle généralement de troubles du comportement alimentaire seulement en Occident, ces belles femmes asiatiques étant menues naturellement.
Même s’il est vrai que nous n’avons pas les mêmes carrures en général, le fait est que les maladies mentales liées à la nourriture se développent de plus en plus au Japon.
Dans un mémoire sur les troubles du comportement alimentaire au Japon (dont je vous laisse le lien plus bas), on apprend qu’au début des années 2000, 50% des jeunes étudiantes (entre 18 et 22 ans donc) avaient déjà fait un régime, 40% avaient déjà eu recours à des régimes à base de pilules et de boissons et que 18% avaient un IMC d’anorexiques.
Sachant qu’en dix ans, la situation n’a cessé de se détériorer. Dans le même mémoire, on apprend qu’en 1999, plus de 10% de femmes japonaise ayant un IMC normal avaient répondu prendre des laxatifs dans le but de maigrir et plus de 3% des diurétiques (et je vous le répète, ça ne fait pas maigrir…).

Et pour celles qui ont conscience d’être malade et veulent s’en sortir, qu’est-ce qui se passe ?
En Occident, nous avons des maladies mentales sur la nourriture, c’est connu, on ne s’en cache pas. On conséquence, même si je n’ai pas testé le système donc ne saurais dire s’il est efficace, on peut quand même se vanter d’avoir une palette de centres spécialisée, de médecins et psychologues dont la spécialité est les troubles alimentaires.
La journaliste Georgia Hania a fait un dossier poussé sur les TCA au Japon, et lève le voile sur l’insuffisance des médecins et les difficultés des malades cherchant a se faire soigner.
Sur 80 écoles de médecines au Japon, seulement trois professeurs spécialisés dans les troubles du comportement alimentaire.
Les listes d’attente sont longues, les établissements non spécialisés collectionnant les échecs sont nombreux, les établissements reconnus proposent des rendez-vous pour dans six mois a un an..
Peu de spécialistes, peu de docteurs juges compétents dans le domaine. Quand on a un docteur renomme et dont les méthodes ont fait leur preuve comme le Dr. Yamaoka, la liste d’attente pour un rendez-vous peut aller jusqu’a sept ans (sources dans les liens plus bas).
Les spécialistes se dédoublent et partent en déplacement dans les établissements en échec pour apporter leur aide et sont donc moins disponibles pour leurs propres patients.
Il y a quelques associations, mais peu de budget, des projets d’ouverture de nouveaux établissements mais toujours pas de spécialistes.
Si on abandonne les traitements spécialisés faute d’attente ou de suivi compétent pour faire une thérapie chez un psychologue, la séance peut aller jusqu’à 100 euros de l’heure.

Bref.
Je ne connais certainement pas toutes les solutions possibles, mais autant dire que dans la plupart des cas on se retrouve bien souvent tout seul avec ses démons.

Ce billet est déjà bien long, et ce sujet mériterait un propre mémoire pour pouvoir être abouti.
Je vous laisse donc avec une série de dossiers, d’études et d’articles de journaux sur le sujet.
Par contre, la francophonie n’étant pas tellement alerte sur le sujet, toutes les sources sont en anglais.
L’occasion pour vous de bosser un peu la langue de Shakespeare, bande de feignasses !

LIENS
PDF d’un mémoire de recherches sur l’émergence des TCA au Japon
PDF d’un dossier sur l’image du corps et les troubles du comportement alimentaire chez les adolescents Japonais
Reportage de Georgia Hanias sur l’anorexie au Japon
Blog sur les TCA au Japon
Article de journal
Article de journal
Article sur l’obésité devenue illégale au Japon

Merci d’avoir tout lu, en espérant – même si c’est surement présomptueux – qu’il aura fait réfléchir quelques personnes, et ouvert les yeux a d’autres mal dans leur peau.
L’important c’est surtout la sante, même si ça sonne barbant. J’espère non plus ne pas trouver des commentaires faisant l’apologie des rondes avec des propos virulents contre les maigres comme on en voit parfois, vous seriez passé à côté du sujet.
Ce billet n’est pas pour raconter mes malheurs mais une mise en garde, n’est pas engagé spécialement pour la cause ronde en particulier mais pour le respect du corps et des différentes silhouettes en général.
On est comme on est.

Allez, merci aux braves qui ont lu jusqu’ici et à tout vite, pour un billet beaucoup plus joyeux !

192 Louanges

  1. Bonsoir.
    J’ai lu tout votre article… Je n’ai presque pas eu de TCA, excepté une boulimie à un moment, où je ne pouvais manger que macdo en quantités industrielles… Aujourd’hui, malgré le fait que je fasse très attention à ce que je mange, mais ce de manière « sensée », je n’arrive pas à maigrir, je pèse 120 kg pour 1m69.
    Comme vous, je ne suis pas sportive, je n’aime pas ça, j’ai de gros problèmes personnels qui ne m’aident évidemment pas.
    Cette année, j’envisage une opération de chirurgie esthétique pour qu’on m’enlève des bourrelets, car je me rend compte que mon corps a besoin d’un déclic…
    J’admire votre courage, malgré les épreuves, vous n’avez pas laissé tomber.
    Si nous pouvions échanger, cela me ferait très plaisir, car pour une fois, quelqu’un semble être capable de comprendre que tout n’est pas qu’une question de volonté…
    Je ne sais pas où vous en êtes niveau poids, mais je vous souhaite de réussir à garder un poids idéal, même s’il est un peu au dessus de l’imc « normal » par rapport à votre taille (pour ma part, si je regarde l’imc, il faudrait que je pèse 64kg… Quand j’ai fait ce poids la dernière fois, j’avais 12 ans (et un physique de femme, certes, mais pas ma taille adulte, et pourtant je n’étais pas grosse).
    Comme vous le dites, l’important est d’être bien dans sa tête…
    Merci pour votre article, il me conforte dans l’idée que j’ai de ne pas faire de régime (je ne pourrais pas, psychologiquement, et je sais que cela m’amènerait à des TCA)…
    Bien à vous,
    Aurore.

  2. Frédérique

    Bonjour,
    Alors, je ne suis pas concernée par ce que tu décris, en dehors du fait que j’ai aussi quelques kilos en trop et assez de complexes pour que ce qui t’a menée à vivre tout ça me parle un minimum (mais je ne vais jamais au-delà de la décision de faire un régime léger – qui dure rarement plus d’une semaine). Mais, ayant lu ce message, je ne me voyais pas juste partir comme si de rien n’était, je trouvais que ça méritait plus que ça, même si ça n’apportera rien.
    Bref, ça m’a mis une bonne beigne dans la face de lire tout ça, et j’imagine que je suis pourtant encore très loin de totalement comprendre ce que ça a dû être, ne l’ayant pas vécu. Je ne prétendrai pas le contraire. Alors je voulais te dire merci pour ton témoignage, merci d’avoir eu le courage de t’arracher tous ces mots, parce que ça a dû être terrible ; merci d’avoir fait ça pour aider d’autres personnes, et j’espère que ça t’a apporté quelque chose à toi aussi. Bon courage pour la suite !

    • Chantal SANSEN

      J’ai 56 ans. Votre article m’a été indiqué par ma fille de 24 ans, japonisante.
      Quand j’étais jeune, j’ai connu un peu ce que vous avez vécu (pas de vomissement, mais beaucoup de régimes, de culpabilité et d’angoisse alors que je pesais 65kg pour 2m67).
      résultat : aménorrhée et dépression au 1er vrai problème dans ma vie.
      Donc, j’entrevois la douleur de votre parcours et je vous souhaite très fort d’arriver à un apaisement durable.
      2 histoires simples :
      – quand ma fille était ado, elle se trouvait grosse et voulait s’affamer. Je suis très contente d’avoir réussi à la dissuader d’emprunter ce chemin. résultat : elle oscille entre les tailles 38 et 40, se nourrit bien et fait un peu de sport chaque semaine.
      quel soulagement de ne pas lui avoir transmis mes problèmes.
      – J’ai une voisine, la soixantaine, qui a toujours été ronde. Son entourage l’a toujours acceptée comme elle est. résultat : elle n’a pas varié de poids de toute sa vie, et a gardé la forme car elle est tout le temps à jardiner.

      En fait, les gens un peu ronds qui s’acceptent sont souvent très bien vus par les autres,
      parce qu’avec eux on vit une vraie tolérance, et c’est un soulagement pour tout le monde.
      Si on vous reproche encore votre poids dites « et alors ? cela gêne ta vision du monde ? »
      Bonne continuation

  3. agnes

    magnifique article, merci

  4. Shu

    Coucou Sonia !
    Mon commentaire ne sera pas très différent des autres, mais je tiens aussi à te félicité d’avoir prit tout ce temps pour nous faire partager tout ce que tu as vécu pendant ces années. Je tiens également à dire aux autres filles qui ont fait de même dans leur commentaires que vous êtes aussi fortes tant que vous vous battez pour vous aimer.
    L’important, et c’est ce que j’aime dire, c’est n’est pas d’atteindre un idéale de beauté, comme en ce moment la mode de l’écart des cuisses (…), mais de trouver son propre idéale de beauté. Il n’y a rien de mieux qu’une femme qui s’aime, s’accepte !
    Je suis vraiment heureuse que tu ais trouvé ton petit bout de Corée, ça m’a vraiment fait chaud au cœur pour toi !
    Plein de bisous :3 !

  5. Mimi

    Un gros restera toujours un gros, pas physiquement, mais dans la perception de soi.
    J’ai, comme beaucoup ici, vécu une enfance en surpoids et bien qu’ayant actuellement un IMC « normal », et étant consciente de mon corps, je ne l’accepte pas.
    Bien plus qu’une tendance au surpoids, ou un manque de confiance en soi, il y a cette peur constante de décevoir.
    Je n’ai pris la décision de mincir qu’à partir de la seconde année de collège, un combat que j’ai mené seule. Mais je répète souvent que même si je regrette de ne pas avoir vécu une enfance dans un corps « normal » je n’ai plus honte de ce que j’ai été.
    Les personnes qui nous ont humilié ou qui nous ont pourries la vie nous ont forcément rendues plus forts en cherchant à nous démolir.
    J’étais (et je suis) quelqu’un d’hypersensible, je ne supporte pas l’injustice et je suis rancunière, mais c’est ce qui fait ma force.

    Les complexes ne doivent pas nous empêcher pour autant de se faire plaisir de temps en temps, le problème c’est l’excès. Essayer de se contrôler et de rester constant. Se faire à l’idée/accepter que l’on n’est pas le genre de personne à pouvoir manger sans stocker, donc qu’inévitablement il faut compenser par une activité physique régulière.

    Pour la photo de pub sur l’écart entre les cuisses, je trouve ça pathétique !
    J’ai la nette impression que la personne et le poids sont identiques sur les deux photos, le seul changement sur la seconde photo, c’est que la personne est cambrée…

    Merci pour cet article qui a libéré plus d’une personne au vu des commentaires. 🙂
    Plein de bisous!

  6. Fantine

    Salut,
    Je comprend ton point de vue, je suis allé au Japon cet été et c’est affolant de savoir qu’ils trouvent ça « beau » une fille squelletique .Perso, je prefere les filles qui ont des formes « style Pin up », je n’envie rien du tout au Japonaise, elles ont l’air de petites filles de primaire, si les Japonais aiment les petites filles c’est leur problème, je ne changerais rien pour leur plaire

  7. Lodie

    Merci pour ce témoignage édifiant, clair et très touchant.
    J’ai toujours été fascinée par le Japon; c’est donc logiquement que j’y suis allée en voyage pendant deux semaines il y a 3 ans. J’ai adoré ce séjour…mais je me suis sentie mal dans ma peau durant 15 jours. Impression d’être trop grosse, trop laide. Je fais du 36, et je suis modèle photo. J’ai pensé que ce sentiment de malaise n’était dû qu’à moi, mais votre témoignage me soulage.
    J’admire votre courage.
    Merci.

  8. Amaurea

    Bonjour Sonia.
    J’ai lu tout le billet et j’espère vraiment que grâce à votre témoignage et à votre dossier + les divers liens que vous nous avez proposé que ça fera réagir des jeunes filles dans le doute, dans une mauvaise passe.
    Je ne pourrais jamais dire que je comprend ce que vous avez vécu. Mise à part les railleries sur le surpoids (je pèse 90kg pour 1m69 après grossesse et en pesait 75/80kg avant grossesse), j’ai toujours eu la flemme d’entreprendre un régime quel qu’il soit même quand j’étais ado et que je détestais mon corps (toujours eu des complexes mais j’apprends encore aujourd’hui à vivre avec tant que ça ne porte pas atteinte à ma santé)(je détestais mon corps, mais j’aimais trop la bouffe et j’aime encore ça aujourd’hui… peut-être que ce manque de… convictions pour maigrir m’a permis de passer à côté d’un sacré truc !!! BREF!). J’espère qu’aujourd’hui votre longue traversée du désert s’achève (si toutefois ça s’achève un jour !!!) et que le file sur lequel vous marchez constamment se transformera en brindille, puis en poutre et enfin en un sol bien stable ferme afin que tout ceci ne soit qu’un lointain souvenir. J’admire beaucoup le courage que vous avez eu car malgré ce que vous avez vécue, vous êtes resté vivre au Japon. Ca vous aura coûté, certes, mais vous avez une grande ténacité. En espérant qu’aujourd’hui vous trouvez ou trouverez « goût » à la vie !

    Merci pour ce dossier et témoignage.

  9. Mawoo

    Bonjour,
    Je suis votre/ton (hésitation hésitation uh…) blog depuis un petit moment déjà mais je n’ai jamais eu le courage de poster un commentaire. Disons qu’aujourd’hui sera le déclic haha ^-^ ! je ne me sens pas vraiment concerné par les TCA, étant assez… dans les normes je suppose (ma taille de géante aidant beaucoup en fait >3<). Mais j'ai tout de même étais choqué par les pubs japonaise que tu (oui j'ai fais un choix '^') nous montre. Mais… qui voudrait ressembler à une allumette pareille ?! Depuis que je te lis, je découvre de nombreux côté bien camouflé du Japon, mais ça n’altére pas le moins du monde mon amour pour ce pays haha~ ! Tout ça pour dire que je te trouve vraiment très forte d'avoir pu endurer tout ça et surtout l'écrire… En fait on pense tous la même chose je crois x)
    Je suis vraiment contente d'avoir trouvé ton blog et J'ADORE COMMENT TU ECRIS *q* (<- Oui ça méritait des majuscules ! x))
    Porte toi bien et profite de tout ! :3
    Mawoo~

  10. Hiroki Tsudjui

    Je n’en reviens pas ! Des Japonaises de 40 Kg veulent perdre du poids ? Si j’avais seulement 70 Kg je serais déja bien heureux… (pesant aux alentours de 90, très certainement ^^’).
    On se moque souvent de moi au lycée, mais ça, j’ai tellement l’habitude que ça me passe au dessus de la tête, le comportement des gens avec les personnes ayant du poids est tout simplement… Horrible en France, et alors là au Japon, quelle horreur !
    Après, je me sens bien dans ma peau, sauf quand je me vois de profil, je me dit « Mouais, bon, pas terrible xD Zut, ca y est on est déjà en automne, bientôt l’hiver et les trucs bons et sucrés en perspective, faut que je me gave pas trop cette année >__w</

  11. ArtCadius

    Très important, un article pareil !
    Bravo pour la sincérité, le courage d’écrire ça 😉
    Dur dur alors la vie au japon mais comme bien dit, en général dans la société d’aujourd’hui !

    Franchement quand on voit certains moments difficile, j’admire le courage nécessaire pour s’en sortir et dont tu as fait !!!
    En espérant que petit à petit les gens ouvrirons les yeux sur ce problème très dangereux et présent !

    P.S: les photos des magazines japonais et des forums m’indignent vraiment…

  12. Athena166

    Bonjour,

    Je vais faire un commentaire qui risque de paraître un peu moralisateur ou « mademoiselle-je-sais-tout » mais j’aimerais apporter ma pierre à l’édifice et sensibiliser aux TCA.

    D’abord, Sonya, merci pour ton article. J’avais été sidérée dans ton article « Bonjour, je suis une groupie » de la photo avant/après et me demandais si on pouvait changer ainsi du tout au tout sans conséquence. Je suis triste d’avoir la confirmation aujourd’hui que ce n’est pas le cas.

    Je souffre d’hyperphagie. Comme mentionné par Aurélie, c’est aussi un TCA : des crises compulsives où l’on mange énormément. A la différence des boulimiques, les hyperphagiques ne se font pas vomir. Ce trouble est apparu dans mon adolescence, à la suite de régimes yoyo. Il y a quelques années, j’ai eu une révélation : sur un blog que je suivais, je suis tombée sur un article sur Zermati. Avec un confrère, Apfeldolfer, il est en train de secouer un peu les mentalités en France.

    Son idée de base, c’est que les régimes sont mauvais. Toutes les sortes de régime ! (Même ceux qu’on surnome « alimentation équilibrée ») Se priver d’un aliment, c’est entrer dans ce qu’on appelle « la restriction cognitive ». On n’écoute plus son corps, ses sensations alimentaires, on se laisse guider par ses idées reçues. Le problème, c’est qu’il y a un retour de flamme : à se priver de quelque chose, on finit par tomber dans l’excès inverse, on souffre de TCA.

    Vous me direz : « oui, mais j’avais perdu du poids et je m’étais stabilisée, c’est juste ma faute, parce que je n’ai pas de volonté, que j’ai craqué ». C’est ce qu’on nous rabâche à longueur de journée, c’est ce qu’on nous fait croire. Et si ce n’était pas notre faute ? Et si c’était inévitable ? Pour Zermati, c’est « le retour de flamme », qui est presque inévitable…

    Alors, que faut-il faire ? Accepter ses kilos et manger n’importe comment sans broncher ? Non, il faut retrouver ses sensations de faim, d’appétence et de satiété, et apprendre à gérer ses émotions pour les rediriger ailleurs que vers la nourriture. Si vous arriver à cela, vous perdrez probablement du poids. Mais la perte de poids ne doit pas être une finalité première. Il y a une notion importante, c’est le poids d’équilibre. C’est le poids que vous pouvez maintenir sans effort en appliquant ces principes. Ce poids d’équilibre, malheureusement, c’est rarement celui auquel on rêve. Mais c’est le seul qui est maintenable sur le long terme. Il faut savoir que les régimes poussent notre poids d’équilibre vers le haut, plus on fait de régime, plus le poids d’équilibre augmente…

    Cette approche n’est pas évidente à mettre en oeuvre, il faut probablement se faire aider pour y parvenir. Moi, j’ai trouvé une spécialiste pas loin de chez moi et ça m’aide beaucoup. Il faut être prêt à sortir des idées reçues « 5 fruits et légumes par jour/repas équilibré/aliments interdits », il faut être prêt à tout envoyer valser.

    Pour plus d’informations :
    Le groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids : http://www.gros.org/
    (vous y trouverez un annuaire des spécialistes formés à cette méthode)
    Le blog qui m’a fait découvrir Zermati et ses articles/interviews en relation :
    http://www.penseesbycaro.fr/category/zermati-et-moi/
    Le site commercial de Zermati/Apfeldolfer :
    http://www.linecoaching.com/
    (il n’existait pas au début, mais c’est comme pour tout malheureusement, le surpoids est un business. Mais il a le mérite de pouvoir informer ceux qui n’ont pas accès aux spécialistes)
    Zermati et Apfeldolfer ont également écrit des livres. J’en ai eu un de Apfeldolfer, je n’ai pas été très touchée par son contenu, mais si ça vous intéresse ou que vous n’avez pas de spécialiste tout près, ça peut valoir la peine pour se familiariser avec les concepts.

    Si vous souffrez de TCA, avec ou sans surpoids, je vous conseille de vous renseigner à ce sujet et de vous faire votre propre opinion.

    (PS: ceci reflète purement mes idées personnelles. Je ne suis pas payée pour faire de la pub, mais ça a changé ma vie quand j’ai découvert ces informations et, si ça peut aider quelqu’un d’autre, ça vaut le coup)

  13. Anne

    Arrivée ici un peu par le hasard d’un lien facebook… J’ai lu, et je n’ai qu’un mot: MERCI !
    Je ne suis « pas » concernée… (je mets « pas » entre guillemets, car jamais eu de véritables troubles alimentaires, mais je suis une femme, de carrure normale, et ca suffit pour être forcément concernée par l’angoisse de la prise de poids depuis toute ado, les petits commentaires sur le poids qui te font sentir comme une vache alors que t’es normale, l’attrait des régimes, et les années et les années pour apprendre à s’aimer comme on est. Une femme normale quoi!)… Et comme 99% de mes consoeurs femmes je pense que je ne résisterais pas au traitement que tu décris, même à l’âge adulte; critiques ouvertes, petites piques et humiliations par ci – par là; ca donne des sueurs froides, je sens direct que mon estime de moi n’est pas en béton armé et que la boulimique/anorexique qui sommeille en chacune de nous n’aurait aucun mal à se réveiller avec un tel traitement.
    Merci de dévoiler tout ca dans toute sa cradeur, de te livrer comme ca; tu as vécu un enfer, qui en plus est considéré comme parfaitement normal vu depuis la surface. Bravo d’avoir su le raconter, ca a du te faire du mal et du bien. J’espère surtout du bien. Même si j’imagine que le sujet ne pourra jamais être évoqué sans faire mal.
    Je t’envoie toute ma compassion (parce que tu as vécu des choses très dures et que tu a du souvent rencontrer l’indifférence ou la minimisation), et toute mon estime (parce que tu as su le raconter d’une facon qui ne peut laisser personne indifférent, avec courage et lucidité, et que tu es une sacrée nana!). /Anne

  14. J’ai lu tout ton article, et il m’a beaucoup marquée. Je n’ai jamais vécu au Japon, j’y suis seulement allée en vacances 3 semaines cet été pour la première fois de ma vie, mais malgré tout j’avais déjà eu des échos de ce que tu racontes dans ton billet.
    En effet, l’année dernière j’ai rencontré beaucoup de japonaises durant mon échange Erasmus en Angleterre, et j’ai eu pas mal de témoignages assez dérangeants pour moi sur ce sujet… Même si les amies japonaises que je me suis faites sont loin d’être des japonaises « typiques », étudiantes à l’étranger oblige j’imagine, plusieurs d’entre-elles m’ont fait part de leur désir de maigrir pour se conformer au « modèle » japonais.
    « Tu sais, je suis considérée comme grosse au Japon. »
    « Toutes les filles sont très minces au Japon, moi je ne suis pas normale !! »
    Et d’autres de ce genre, qui m’ont beaucoup attristée et fait réfléchir…
    L’une de mes amies m’a même dit que son médecin lui avait dit qu’elle était considérée comme étant en surpoids, et même ses amis lui font souvent des « blagues » sur son poids… Merci les amis ! Et le pire, c’est qu’elle est tout à fait mince, et bien plus mince que moi ! Du coup je me suis sentie un peu mal aussi quand elle m’a dit ça…
    Enfin bref, en lisant ton article, j’ai compris ce qu’elles devaient endurer là-bas. Et d’ailleurs une de mes amies m’a dit que quand elle était au Japon, elle n’arrêtait pas de penser aux régimes et à la chirurgie esthétique, et que le fait d’être en Angleterre lui avait remis les idées en place et qu’elle pensait que c’était débile de se conformer aux normes. Mais elle m’a avouée que lorsqu’elle rentrerait au Japon, elle n’était pas sure que ces mauvaises idées ne reviendraient pas…
    C’est vraiment triste je trouve, et ton histoire m’a beaucoup marquée ! Je n’arrive même pas à comprendre comment des gens aient pu te faire des remarques pareilles, ça paraît irréel !! Je n’arrive pas à imaginer toute la souffrance que tu as du endurer à cause de ça. Et je trouve que tu as été très forte malgré tout, pour réussir à surmonter ça petit à petit. J’imagine que le combat est permanent et que ça doit être extrêmement difficile, mais j’espère de tout coeur que tout se passera bien pour toi maintenant, et que tu ne retomberas pas dans cet enfer de privation et de maladie.

    En tout cas, merci beaucoup pour cet article, il est très intéressant et fait beaucoup réfléchir. Il y a quelques années, j’étais comme qui dirait « une kikoolol addict du Japon qui pense que tout est parfait là-bas lololol » mais le fait d’étudier le japonais depuis 4 ans à la fac, et de découvrir mieux la culture de ce pays m’a ouvert les yeux (heureusement) et ça fait maintenant longtemps que j’ai pu obtenir un esprit critique sur la question. Je suis heureuse de voir des témoignages comme ceux de ton blog qui font part des problèmes de la vie au Japon, et j’espère qu’ils aideront beaucoup de personnes à ouvrir les yeux, sans pour autant se mettre à détester le Japon !

    Je crois que mon commentaire n’est pas vraiment organisé et n’a pas vraiment de but haha, mais je voulais juste te faire part de tout ça, et te dire que désormais je vais me mettre à suivre ton blog activement, car les quelques articles que j’ai pu lire m’ont rendue fan ! 🙂

    Bonne continuation et bon courage ! Et la prochaine fois que je viendrai au Japon, on se croisera peut-être quelque part à Tokyo. 🙂

  15. Aria

    Je commencerais en te disant bravo pour cet article. Je ne me concentre pas que sur la qualité, mais également sur le courage dont tu as dû faire preuve pour l’écrire.
    j’ai aussi des problèmes de poids mais au vu de ton « parcours » personnel, je dirais que je joue dans la petite catégorie.
    En tout cas, j’ai du respect pour toi et j’espère vraiment que tu arriveras à long terme à te remettre de ces années.
    J’espère aussi qu’avec ton article, des gens prendront conscience de ce problème et du leur si jamais ils sont aussi touchés par celui-ci.
    Et que certains comprendront que le Japon n’est pas le pays de nos rêves.
    Je te souhaitei bon courage pour tout et merci beaucoup pour tes articles dont je suis assidue depuis que je les connais.

  16. Yu

    Je pense que « Merci » est de rigueur, merci pour avoir partagé ce bout de vie personnelle avec nous, merci de faire ouvrir les yeux sur les dangers des TCA, merci de montrer cette vie « réelle » de là-bas. Je suis moi-même en surpoids (je ne pourrais pas dire de poids étant donné que depuis que j’ai vu 70kg affiché sur la balance je l’ai depuis fuit comme la peste), une balance est pour moi quelque chose de vide, on peux avoir beaucoup de muscle et peu de graisse comme l’inverse et afficher un poids similaire donc je ne m’y fit pas trop (je me voile aussi la face je pense !). Je fais du sport pour essayer d’éliminer ce que je peux car chez moi mes deux parents sont obèses et tout autour de moi dans ma famille règne le surpoids, je suis donc tout a fait en bonne voie pour finir obèse. Mais malgré tout j’essaie de faire de mon mieux pour ne pas grossir plus que de raison mis le stresse, le manque d’activité ou tout autre chose ne favorise pas cela. Je n’ai jamais vraiment grignoté ni eu de fringale ni quelques troubles alimentaire que ce soit (en plus j’adore les légumes et le poisson !) et pourtant je suis « grosse ». J’ai même toujours fais du sport assez physique (et adoré ça !). La seule chose que je hais profondément est bien les régimes, je ne vois cela que comme des bon moyens de grossir plus qu’avant. Mais j’avais commencé à me nourrir seulement un minimum étant donné que je n’ai que peu d’activités dans la journée (ahh les joies de la recherche d’emploi) mais après avoir vu ce que je risquais grâce à toi je vais vraiment attention. En plus quand je me regarde dans le miroir je me trouve pas si grosse ni si laide mais le regard des autres et ce qui me fait me sentir complexée (ahh la société !).
    Ton article est un bon déclic. J’espère un jour trouver un Mr Catastrophe qui m’accepte telle que je suis. Sinon je ferais attention le jour où je vais au japon, il faudra se préparer aux attaques sur le poids, mais maintenant que je le sais c’est déjà une bonne chose plutôt que de se retrouver désemparé le jour j.
    Merci et courage, j’espère que tu t’en sortira complétement et que tu n’aura pas de lourdes séquelles plus tard. Je tiens aussi à te dire que ton billet a sans doute aidé plus d’une personne donc vraiment même si cela a dû être très dur pour toi je pense que tu a bien fait de le faire, autant pour toi que tous les gens qui l’ont lu.
    Merci.

  17. sara

    Bonjour,
    J’ai lu ton article, je ne sais pas trop quoi dire c’est surement bête. Je trouve ça courageux d’avoir « exposé » ton vécu. C’est touchant, très.. J’ose écrire, si je peux dire. On m’a dit que justement je pouvais alors, je me lance, sûrement maladroitement.
    Je suis dans cette situation. Bien sûr, je ne suis pas au japon, donc je ne connais pas les difficultés que tu as eues et que tu peux surement avoir encore (même si je ne l’espère pas).
    Petite, j’étais dans la norme mais quand mes parents ont divorcé, ils nous ont tous les deux délaissés. Résultat: nous pouvions faire ce que nous voulions quand nous le voulions et manger en faisait parti.
    Du coup, à un moment, je suis devenue ronde, plus que les amie avec qui j’étais. Et je me faisais donc souvent critiquer (pour ne pas dire que j’entendais tous les jours « t’es grosse » « t’es moche! »). Enfin bref, tout cela, jusqu’à …. ce que je quitte l’école.
    Sauf qu’entre temps de la 4ème à la 1ère et 1 an après ma 1ère, je me suis mutilée (ce que je peux faire encore maintenant selon mon moral).
    Bref, il y a 3 ans de ça mon copain qui me … pourrissait mentalement et qui m’a complètement rendue …. « faible »… en me disant durant les soirées dans le creux de l’oreille: « regarde tes copines elles sont minces, tu pourrais faire un régime ! » tout en m’embrassant devant tout le monde. Les gens ont d’ailleurs pensé que j’étais celle qui était horrible avec lui.
    Tout cela a fait que, depuis 3 ans qu’il est parti, je me suis mise, au début (pendant plus de 3 mois) à ne rien manger. J’ai perdu beaucoup et quand j’ai vu ça, j’ai continué mais je suis aussi « gourmande » donc quand ça me prenait, j’achetais à manger et je vomissais ensuite. A la longue, j’ai commencé à savoir, comme toi, quels aliments sont plus simples à vomir et ceux qui sortiront le plus facilement. Quand je me retrouve à vider mes entrailles, au début, j’aime cette sensation de vide, beaucoup même. Je me sens mieux après. La partie que « j’aime » est le moment où le ventre se contracte car il n’y a plus rien à vomir et là, toute l’acidité arrive ….. c’est con mais d’un coté ça me fait me dire « je suis propre ».
    Je me pèse tout le temps, constamment, et quand je manque … OH MON DIEU, que j’ai peur.
    Je n’arrive plus à sortir ou quand je le fais, il ne me tarde que d’un truc: rentrer pour vomir, je peux retenir tout ce que j’ai pendant 1 à 2h et rentrer pour tout faire sortir sans soucis mais ça fait plus mal car tout est plus …. décomposé (je sais pas comment dire).
    Quand on me demande de sortir, wooo le calvaire ! Résultat: je me renferme encore plus sur moi-même que je ne le suis déjà.
    Cette semaine normalement je dois aussi comme toi passer un examen de santé pour mon travail et j’ai peur qu’elle ne regarde ma gorge, alors j’ai déjà des excuses mais j’ai peur qu’elle ne me croit pas. ^^ »
    Je me suis vue dans ton post sur beaucoup de choses. C’est vrai que d’avoir la tête dans les toilettes et pas génial sachant ce qu’on y fait XD Mais après … je me dis que je peux m’arrêter quand je veux, je pense enfin je crois je ne sais plus trop.
    Quand je mange avec des amis, je fais pareil: je rigole, je fais tout pour … me dire « n’y pense pas, n’y pense pas » puis inconsciemment, je contracte mon ventre pour tout faire remonter. Souvent on croit que je rote lol mais pas du tout. Juste, tout remonte… même l’eau par moment je ne peux pas la garder et dois la vomir (c’est le pire quand c’est trop liquide je trouve ><)
    Parfois … quand je passe de bons moments avec mes ami(e)s, je me dis "je suis bien, LA ! je suis peut être pas si "moche" " puis après, la réalité revient: ma famille n'est pas tendre avec moi avec des "t'es moche t'es con t'es idote, tu dis de la merde, puis pourquoi tu aimes pas les trucs que les gens normaux aiment!?". Bref ils me font retomber dans la réalité de la vie "pourquoi je suis grosse…?" et là, je recommence de plus belle a vomir. Vomir 3 fois par jour et parfois, je peux vomir plus …
    Puis après, j'aurais ma période où je n'aurais plus faim de rien alors je mangerai quasiment rien, voire rien du tout. Mais ça me convient. Je n'arrive pas à voir …. le mal que ça peux me faire si je perds du poids alors "tout me va" !
    D'autres fois, des amies viennent chez moi et je me retiens au point de me sentir juste trop mal. Quand elles viennent, je le leur avoue pour pouvoir faire ce que j'ai à faire tranquille. Mais encore aujourd'hui, pour elles, enfin je ne sais pas.. Je pense vraiment qu'elles l'ont mal pris. Elles ne veulent pas en parler donc je ne sais pas et je pense que ça les gêne. Je le comprends, ça me gêne aussi hein. Juste.. Je me sens mal qu'elles sachent ..
    Que ce soit ici ou quand j'étais au Japon, j'ai aussi consommé des sachets de pilules étranges, des compléments alimentaires et pilules en tous genre. J'ai plus de 3 boîtes différentes et je les mélange absolument tous peu importe les quantités "prescrites". J'en prends plus que ce qu'il faut et il
    y a même des fois où j'ai senti mon coeur s’accélérer au bout d'un moment. Chaque fois que je faisais ça, ma tête se mettait à tourner mais sur la balance, ça jouait fortement alors peu importait…
    Je trouve ça courageux d'en avoir parlé vraiment comme ça, dans les détails. C'est vrai que parfois, j'ai envie aussi de dire comment ça "marche" alors que tu l'aies fait, woh! Je ne sais pas trop si j'ai vraiment un problème. Je ne le vois pas. C'est "NORMAL ! " pour moi.
    Parfois quand vraiment j'ai eu un moment de "je me goinfre" alors là, après, je me sens bizarre genre "mais pourquoi? " puis j'oublie des fois. Je me dis aussi: "aujourd'hui je ne le fais pas" mais ça fait mal de garder de la nourriture qui pour moi ne sert a RIEN sauf me pourrir la vie !

  18. Jess

    Génial cet article! Vraiment, en dépit de ton expérience bien sur mais les messages que tu passes sont clairs et même si le Japon n’est pas la cause de ta maladie, c’est agréable de voir l’image « utopique » une nouvelle cassée!
    Perso, je n’ai pas de problème de poids, je ne m’en soucie guère bien que je sois en léger surpoids selon mon IMC en fait. Mais il est vrai que lors de mon premier séjour au Japon on se sent énorme à côté des japonaises et japonais! Mais il ne faut pas oublier qu’ils n’ont absolument pas la même morphologie que nous! Le Japon est un pays bien trop exigeant où on se voile la face constamment, c’est un pays, une population difficile à comprendre tant il y a d’aberrations. (Mon humble avis)
    Bien que la société japonaise n’aide pas ce qu’on peut blâmer c’est avant tout l’être humain. Par le passé j’ai eu des soucis de santé, une dépression, et quand j’ai voulu en parlé on s’est éloigné de moi… Les problèmes ça fait peur! (Comme si c’était contagieux) Bref, la meilleure thérapie c’est d’en parler, j’ai toujours réussi à surmonter mes malheurs en écrivant. Le partager comme tu l’as fait va, je l’espère, t’apporter beaucoup de soutien et, je l’espère encore plus, va permettre à celles et ceux qui ont de soucis de poids et d’image à faire attention et se tourner vers des solutions « plus intelligente ». « Faut souffrir pour être belle » bof, mais si on le veux vraiment « rien ne sert de courir il faut partir à point »… L’être humain est compliqué et je crois qu’on est tous déraisonnable à un moment et le prix à payer derrière peut être dévastateur.
    Après cette petite heure de lecture (de A à Z 50min environ) Merci Sonia mais aussi bon courage pour tout ce que tu vas entreprendre!

  19. GUS

    Bonjour Sonia,
    Je tombe sur ton blog totalement par hasard, en suivant des liens, et je viens de lire cet article, en entier.
    Je n’ai jamais eu de TCA, je ne suis pas mince, mais je ne suis pas grosse non plus. Je suis dans la fameuse « norme française », celles qui font du 40-42. Comme toutes les femmes, j’ai des complexes, j’aimerai rentrer dans du 38, mais je ne fais pas de régime.
    Cette présentation pour te dire que je ne devrais pas me sentir concernée par ce que tu as écris, et pourtant, je suis choquée par tout ce que tu as enduré, et surtout, par ton extrême solitude. Tu as traversé ça toute seule, sans personne qui se soit inquiété pour toi, et je trouve que c’est inhumain.
    C’est très étrange, car je ne te connais pas et n’aurais rien pu faire, mais je ressens le besoin de m’excuser pour cette solitude, de m’excuser au nom de tous ceux qui n’ont rien vu.
    Je serais désormais encore plus attentive aux personnes qui m’entourent.
    Et m’en vais de ce pas lire la suite de ton blog, en espérant que tu réussiras à sortir totalement de cet enfer.
    Quelque-part, une inconnue pense à toi et éprouve un réel sentiment de compassion…

  20. « Sans oublier que les Japonais sont de fins gourmets, adorent manger et qu’ici, aller manger au restaurant, ce n’est pas une fois de temps en temps comme chez nous, mais quotidien. »

    Euh… J’avais un article en tête sur ce mythe des Japonais gourmet. Non, juste non. Encore une arnaque. Quant au fait qu’ils aillent au restaurant, c’est surtout pour les hommes une totale incapacité à cuisiner qui en est la cause. Quand je dis en soirée que je cuisine, les meufs me regardent comme un extra-terrestre.

    Quant à la pub UNIQLO, elle est fondée : ce sont en général les Américains qui se plaignent non-stop de ne pas trouver leur taille en vêtement dans les enseignes, donc prendre une étrangère pour la taille XXL, ça fait sens.

    En tout cas bon courage à toi, j’ai complètement halluciné des réflexions qui t’ont été faites ici et je suis sûr que ton article aidera les personnes dans ton cas, c’est le sentiment que j’en ai eu dès le début.

  21. Persephonae

    Merci pour cet article. Je suis mère de 2 filles, une de 11 ans et une toute petite pour l’instant. Mais dieu que je fais attention aux conneries qu’on peut dire autour d’elle : oh j’ai grossi, oh je fais un régime, oh arrete de manger du nutella… depuis que j’ai des enfants ! Pour l’instant ma grande fille porte les vêtements qu’elle aime, porte des chapeaux au collège et trouve ses copines débiles de ne pas manger – déjà ! – parce qu’elles se trouvent trop grosses.
    Mais jusqu’à quand ? Ce que tu décris sur les cuisses qui ne se touchent pas arrive en France vitesse grand V : une petiote de ma patientèle, 9 ans, m’en parle déjà…

    Quand les femmes prendront surtout leur place dans cette société à leur juste valeur ? Et se regarder autrement que dans le regard supposé des hommes… mais plutôt avec un regard sain sur elles mêmes ? C’est un sujet bien plus vaste que la question du poids en fait mais bien celle de la place des femmes dans la société je trouve. Merci du coup !

  22. kira-xxx

    Bonjour,
    ça fait quelques temps que je suis ton (désolée si le tutoiement est gênant mais j’aurais du mal à vouvoyer…) blog que je trouve vraiment génial et intéressant.
    J’ai vu quelques commentaires, donc je sais que je ne suis pas la seule, mais je voulais te dire que ton histoire m’a vraiment touchée. Je ne sais pas pourquoi ,mais j’ai ressenti le besoin de te le faire savoir. Tu as un courage extraordinaire pour essayé réellement de t’en sortir.
    Je ne suis pas concernée pas les TCA et je n’ai jamais cherché à maigrir. Je me déteste physiquement mais mon poids est la seule chose avec laquelle je n’ai pas de problème (je serais même trop maigre)… Je ne suis à Tokyo que depuis très peu de temps (je comprends encore mieux tes articles d’ailleurs maintenant que je suis dans ce pays!), mais j’ai déjà pu constater des différences à propos des tailles de vêtements assez impressionnantes… En France, je rentre sans aucun problème dans du XS mais ici, je dois prendre du L pour être à l’aise! Et je vois dans la rue que je suis beaucoup plus épaisse que la plupart des filles: je suis considérée comme vraiment mince en France et suis au Japon au-dessus de la moyenne: comment font les filles de corpulence normale ou un peu plus épaisses (j’en ai vu quand même)? Désolée, c’est juste ma très faible perception du problème, mais j’ai déjà trouvé ça assez choquant de ne pas trouver plus que du L japonais dans les magasins, et maintenant que j’ai lu ton article, j’en réalise l’ampleur.
    Ton article et ta lutte contre ta maladie m’ont également beaucoup parlée, cela m’a énormément rappelée les sensations que j’ai éprouvées face au « mal du siècle » qu’est la dépression. Ce n’est pas vraiment la même chose, mais le fait de se dégouter, de ne pas arriver à changer de comportement, de recommencer les choses qu’on s’est promis de ne plus faire (si tu remplaces les vomissements par des coupures, et les laxatifs par d’autres cocktails…). J’ai l’impression de comprendre un peu ce que tu as dû ressentir. C’est peut être prétentieux de ma part, j’en suis désolée.
    Mais tu as réussi à trouver le courage de t’en sortir, et surtout de t’en sortir seule. Pour cela, tu mérites énormément de respect.
    Je viens de voir que j’ai fait un long commentaire dans lequel je parle beaucoup de moi, désolée… Je voulais juste te dire que ton histoire m’a vraiment touchée et j’espère pour toi que tu vas te sortir définitivement de ce cycle cauchemardesque!! Je suis sûre que tu as réussi à remuer les personnes concernées avec ton histoire, ça ne peut pas laisser indifférent!

  23. Ayumi

    Superbe article! Je ne vous connaissais pas avant, mais a la lecture de cet article, je suis admirative! Vous avez bien du courage pour avoir traversé tout ce qui vous est arrivé :c … J’ai toujours été un peu ronde… la plupart du temps en surpoid, juste une année, apres un régime intensif je suis devenue maigre, puis ai tout repris, faute de caractère pas assé fort pour refuser les tentations ^^’
    J’ai tres souvent été tentée de commencer de vomir pour maigrir… je l’avoue avec honte… essailler des régimes a base de pillules aussi… sachant pourtant bien que c’est tout sauf la solution…
    Cette lecture m’a ouvers les yeux bien grands !!! et je vous remercie du fond du coeur du vous être mise a nue pour nous et de m’avoir bien fais comprendre que vouloir maigrir par n’importe quel moyen, est réellement dangereux.
    Mille fois MERCI ♥

  24. Mia

    Bonjour Sonia,

    J’ai pris le temps de lire ton article en entier, alors qu’au début, je ne savais pas du tout où j’étais tombée.. Crois moi ou non, j’ai été extrêmement choquée et retournée par chacun de tes mots. Pour être honnête, je l’ai même lu une deuxième fois, et j’ai eu un frisson en remarquant que tu décrivais ma situation dans les premières lignes. A une différence près, je sais parfaitement que je suis loin d’être obèse, ou même grosse.
    Beaucoup de personnes me répètent sans arrêt que je suis très bien comme je suis, et que je n’ai pas à perdre du poids, sinon je serais trop maigre, trop fine, ça serait pas joli, hein ?
    S’ils savaient ce que j’ai du traverser pour en arriver là. J’ai commencé l’anorexie au collège, et elle ne m’a jamais quittée. Arrivé à ma première année de lycée, j’ai cru que je men étais sortie, que j’avais passé le cap, que c’était fini toutes ses conneries. Et puis, il a suffit que je sois amoureuse d’un abruti qui me vanne sans arrêt sur mon poids.
    Je n’ai jamais aimé quelqu’un à ce point, je l’aime même plus que moi-même. Je prendrais tout les risques pour lui, ne riez pas, je sais que je suis stupide.
    Je reçois des liens pour des sites où on propose des régimes miracles, des caricatures de femmes qui s’affolent sur les chiffres qu’elles aperçoivent sur la balance, des images google de personnes qui ne peuvent plus quitter leur siège ou se dresser sur leurs jambes. J’ai mal. Et sans arrêt, après avoir aperçu ses images, j’arrache mes vêtements, et je me précipite devant le miroir. Je n’y vois rien de beau. Je n’arrive plus à m’aimer moi-même. Peut-on vraiment recommencer à aimer quelque chose contre lequel on s’est toujours battu ?
    J’ai explosé ma balance contre un mur il y a un moment, et il m’arrive de faire des crises d’angoisse où je vide l’intégralité des placards de la salle du bain sur le sol pour la retrouver. Au fond de moi, je sais que le moindre petit gramme en plus me rendra encore plus dingue. Mais voilà, j’ai la chance (ou pas) d’avoir des personnes autour de moi qui ne sont pas aussi aveugles qu’ils ont pu l’être avec toi, à moins que je sois une moins bonne actrice ? Quoi qu’il en soit, je n’ai pas pu échapper à la visite chez le médecin, mais surtout, à la balance. Je l’ai dévisagée, je l’ai jaugée un moment avant de poser un pied dessus. J’avais la boule au ventre, et j’étais persuadée qu’elle me ferait peser plus lourd que ce que je pesais déjà. Avant , j’avais les cheveux très longs, ils m’arrivaient jusqu’en dessous des fesses. Mais après une pesée, il y a un an, j’ai craquée. J’ai attrapé des ciseaux et j’ai coupé aussi court que j’ai pu pour pouvoir voir le chiffre diminuer. Autant dire que j’aurai été capable de me couper un doigt. Idiote.
    Je me bats avec moi-même tout les jours, et je ne sais plus trop comment m’en sortir.
    Je n’arrive plus à avoir une bonne image de moi-même, les commentaires de mon Don Juan n’arrange rien. J’ai réussi à perdre 4kg en une semaine, mais lui non, il n’a rien vu. Alors j’ai repris le double en un temps record.
    Je fais 1m70 et je suis déjà grimpé jusqu’à 80kg pour réussir à descendre jusqu’à 37,5kg. Aujourd’hui, je pèse 50kg et je rêverais de descendre au moins à 45. Je me suis jurée de ne pas descendre plus bas que 40kg.
    Ma vie est rythmée d’une étrange façon. L’après repas du midi pendant les cours, j’ai mon petit matériel dans mon sac. Mouchoirs, parfum, bouteille d’eau, chewing-gum, maquillage. Oui, parce que, tu dois le savoir aussi bien que moi, il n’est pas rare que la douleur nous tire quelques larmes ou que, le merveilleux liquide du fond de cuvette nous saute à la figure. Pour ne pas eveiller les soupçons, je me remaquille correctement après chaque opération, m’asperge les mains et les cheveux de parfum pour camoufler cette odeur immonde que je dois être la seule à sentir, en fait. Le soir, l’opération est plus complexe parce que je suis surveillée, écoutée, suivie.
    Je trouve différente technique, je cache un peu d’effectif dans mon pantalon ou sous ma veste et je sors les poubelles. Je cours très vite pour sortir dans la rue et avoir le maximum de temps pour me glisser derrière mon buisson fétiche.
    J’ai fondu en larmes devant ton article, et très franchement, merci. ça me fait réfléchir sur ma situation.
    Je suis fière de toi, et je te donne tout le courage que j’ai pour que tu continue à marcher sur la route que tu as choisi. PRends soin de toi Sonia

    • Nastou

      Bonjour Mia,
      Je suis désolée mais après avoir lu l’article de Sonia puis ton commentaire, je ne pouvais pas ne pas répondre. Je pèse actuellement 57kg, mon poids de forme se situant autour des 50kg que tu pèses actuellement. J’insiste, j’ai une silhouette NORMALE (et ce en dépit de mes 7kg en trop) et je ne mesure pourtant que 1m60, soit 10cm de moins que toi. Alors je suis sûre d’une chose : 45kg pour 1m70, c’est DEJA trop maigre. 40kg, n’y pense même pas. Ca ne peut être que dangereux pour la santé.
      Je te souhaite à toi, à Sonia dont je viens de découvrir le blog et aux autres bon courage et bonne continuation.

  25. Marine

    Très bel article, qui m’a beaucoup touché. Merci d’avoir partagé cela

  26. X

    Ah, les TCA, je connais.
    Quand j’étais adolescente, j’étais hyperphage. Je bouffais tout le sucré qui me tombait sous la main. Bien sûr, les gens se moquaient de ma gourmandise, sauf que quand on continue à manger alors qu’on a déjà envie de vomir, c’est qu’il y a autre chose. Incidemment, cette « autre chose », c’était un mal être profond compensé par la nourriture.
    Voulant changer ça, j’ai demandé de l’aide à mon médecin de famille, qui m’a bien entendu rigolé au nez en me disant que je n’avais qu’à pas être aussi gourmande. La même doctoresse, quand j’ai arrêté de manger tout court, m’a dit « non mais c’est pas la peine de faire un régime, vous n’êtes pas si grosse ».
    Après des années à faire le yoyo +8 kg -8kg, pour finir par s’arrêter sur l’anorexie, et personne pour m’aider (mais beaucoup de monde pour m’enfoncer), je m’en suis sortie toute seule en utilisant la technique du conditionnement inverse. J’ai adopté des mécanismes de « nourriture qui est safe » = que je sais pouvoir manger sans me sentir mal (=blanc de poulet, tomates, salades, pâtes, riz), et au fil des années, j’ai rajouté des aliments. Pour me socialiser (parce que je n’allais plus dîner avec des amis de peur d’être malade, j’avais l’habitude de dîner de mon repas « safe » avant et de prendre une petite salade sans sauce au restaurant, tout en emportant des anti-vomitifs et un sac plastique dans mon sac à main pour me rassurer. Et j’ai commencé à me reconditionner le cerveau aussi en arrêtant de me balancer des insultes à chaque fois que je croisais mon regard dans la glace, j’ai appris à me sourire et à me dire un truc gentil. ça peut sembler idiot comme ça, mais c’est symptomatique des TCA et de la dysmorphophobie de dénigrer sa propre image. Remonter la pente a été un entraînement spartiate long, fastidieux, désespérant et très solitaire. Mais j’ai à peut près réussi à m’en sortir. Ces derniers temps, un traitement médical m’a fait prendre dix kilos, que je n’arrive pas à reperdre, ce qui a tendance à me pousser un peu vers les vieilles mauvaises habitudes, mais dès que je sens les TCA pointer leur nez, je repars sur mes repas « safe » le temps d’aller mieux.
    Et surtout, j’essaie, toujours toute seule parce que soyons claire, personne ne vous aide jamais, de faire un gros travail psychologique pour essayer de me libérer autant que possible des traumas d’éducation et sociaux et autres horreurs que des personnes extérieures nous ont imposées (et continuent de nous imposer dans le cas de la famille, même aimante, qui ne se rend pas forcément compte qu’elle a un comportement toxique) et qui poussent à se haïr soi-même.
    J’ai vécu au Japon aussi, je connais cette impression d’être un monstre obèse, j’en ai rêvé la nuit. C’est un pays que j’aime beaucoup, mais dans lequel je ne pourrais pas vivre, en grande partie en raison du profond sexisme de sa société qui fait peser un poids encore plus énorme qu’en occident (qui est loin d’être merveilleux, clairement) sur les femmes. Et contrairement à ce que disent beaucoup de crétins qui fantasment sur les asiatiques, ce que vous avez dit est tout à fait vrai. Non, elles ne sont pas toutes taille 34 de naissance. Beaucoup crèvent de faim pour rester non pas minces, mais maigres.
    Je ne sais pas si je pourrais faire quoi que ce soit pour vous aider, si vous voulez, vous pouvez toujours m’écrire pour parler, vous serez la bienvenue. Je m’en suis sortie, ce n’est pas parfait, c’est une lutte à vie, mais ça s’arrange au fil des années. Ne perdez pas espoir. Et si votre environnement est toxique, prenez vos jambes à votre vous et cassez-vous. Ce n’est pas un échec, c’est prendre soin de soi en choisissant un environnement où on peut s’épanouir. (Même si je sais à quel point il est dur de partir d’où on est, ça créé en soi une nouvelle angoisse. Mais c’est un mal pour un bien.)
    Désolée pour le long poste, c’est un truc qui me tient à coeur, dont je ne parle jamais, mais votre post m’a profondément touchée.
    Ne baissez jamais les bras, et n’oubliez pas que vous êtes une femme vraiment chouette.

  27. Je savais que les Français étaient cruels niveau poids, mais au Japon, je l’ignorais, en même temps, je mentirais si je disais que je me tenais super informé.

    Tu me fais mieux comprendre une chose. Perso, j’ai toujours été expat, de ma naissance, même maintenant, devenu majeur, je suis jamais passé par la case « habiter en France ». Etant dans des écoles internationales, j’ai vu tout passer, j’ai connu des gens qui venaient de tout les continents, et ceux qui avaient l’air les plus affecté par le choc culturel étaient les asiatiques, et, je te le donne dans le mille, surtout les japonais, qui me disaient qu’ils avaient l’impression d’entrer dans un univers parallèle tel l’épisode « Miroir, miroir » de Star Trek, ils s’attendaient à voir Monsieur Spock débarquer avec un bouc sur la gueule et Capitaine Kirk ordonnant un génocide. Pour la plupart n’ayant jamais vécu au Japon, ni même en Asie, ils parlaient la langue à la maison mais ne savaient pas l’écrire, en gros, une belle galère. Je dois t’avouer que quand certains me décrivait les différence, je les croyais à peine, et puis au bon d’un temps, leur ton et rires amusés devenaient désespérés et nerveux.

    N’aillant jamais eut autant de détail sur un des phénomènes de société et surtout son ampleur dans ce pays, je ne comprenais pas et maintenant, je m’en bouffe les doigts. Ca m’enrage, ça me désespère, ça me donne envie d’étrangler un hamster jusqu’à ce que ses petits yeux globuleux lui saute de la caboche.

    C’est compréhensible d’avoir autant de haine, surtout que ça me touche très personnellement mais pas de la manière dont on peut l’imaginer. Oui, j’ai un surpoids, j’en ai toujours eut mais on m’a jamais fait chier avec ça sincèrement, j’ai eut de la chance, j’ai dut tomber sur des gens chic, parce que le dernier commentaire mesquin sur mon poids dont je me rapelle, je devais avoir 8-9 ans, ça fait une petite pelletée d’année déjà donc. Non, ça me touche parce que ça fait un an et demi que presque tout les jours que Dieu fait, j’essaye désespérément d’aider une amie qui a ce genre de problème. N’étant plus sur le même continent, gardant contact par téléphone et internet, on fait de son mieux mais on peut pas mettre des baffes ni faire des câlins par téléphone. Elle fait la même taille que toi et elle est mince, elle est très bien comme elle est, je lui dit chaque jour qu’elle est belle, chaque jour je la supplie d’arrêter de faire ce qu’elle fait, chaque jour je lui dit de demander de l’aide à un spécialiste, que je ne pouvais pas lui garder la tête hors de l’eau tout seul. Je pourrais le faire, si j’avais pas tout le putain d’univers contre mois.

    Elle reçoit ces remarques à la con que t’as déjà entendu « Pers 20kg et tu seras parfaite » heu ouais, elle en perd 20 elle fera 40kg ou moins pour 1m75. Et ça on lui répète tout le temps, surtout en anonyme Il faut être courageux pour être aussi lâche. Et je suis complétement abasourdit qu’on puisse dire ça à quelqu’un qui a pas besoin de perdre de poids. Elle enchaîne les crises, et moi ça m’enrage, qu’à chaque fois que j’arrive à la motiver à s’en sortir, à avoir un tant soit peu d’estime d’elle même, des connards viennent tout gâcher. A ne pas oublier la connerie made in sa propre family, une mère pro-ana qui apprend à sa fille comment se faire vomir et s’affamer parce qu’elle a divorcer de son mari. Je veux bien qu’on se sente mal, qu’on complexe, que ça bouffe, mais pousser ton gamin, qui à rien demander à personne, à faire ce genre de truc, moi ça me dégoûte, grandir avec ce genre d’exemple est tellement dangereux. Et évidemment, l’enfant de cette femme est déjà atteinte et la pousse à l’anorexie, lui disant qu’elle devrait se faire vomir, que « l’anorexie lui irait tellement bien ». Ce genre de répliques qui me foutent sur le cul, j’en revient pas qu’on puisse dire ce genre de chose, il faut vraiment être atteint et à se point là, quand c’est devenu une norme on dirait qu’on frise le non-retour.

    Je vois ton article, ce que tu as traversé, j’ai peur que la même merde lui arrive même si elle est bien partie pour, je lui ait donné le lien pour qu’elle lise et se rende compte un peu. Les photos me font grincer des dents et frissonner. Je regarde ces filles en attendant d’un moment à l’autre qu’elles se brisent ou s’envolent parce qu’il y a un coup de vent. Ca me fait physiquement mal, j’ai l’impression que si je passe mes bras autour d’elles pour un câlin, elles vont se casser en deux avec ce « crack » morbide… brrr….

    T’es vraiment courageuse de revenir sur ton expérience personnelle, surtout en ces termes, tu as dure avec toi même, mais en même temps c’est pas en étant tendre que les choses avance, il faut savoir se botter le cul, y faire face et c’est pas facile d’y arriver seul.

    La bouffe est la pire des drogues, parce que contrairement aux autres, tu en as besoin quotidiennement pour vivre, elle ne fait pas que créer des symptômes de manque. Va donner de l’héro à un junkie en lui disant de ne pas dépasser la dose prescrite, tu vas voir s’il va t’écouter, tu lui dis une chose, les réponses chimiques dans son corps lui disent autre chose. Pareil pour la nourriture, c’est la drogue la plus vicieuse de toutes.

  28. julie

    Bonjour
    Pour moi c’est la première fois que je te lis Sonia
    J’ai des TCA, tout ca tout ca, suis extreme obese, tout ca tout ca…
    C’est affroyable ce qui se passe au Japon..mais j’aimerai revenir a toi…
    Pourquoi t’es tu imposé tout cela? je ne parle aps des tca.
    Je parle d’etre allée au Japon en sachant pertinemment ce que tu allais y vivre et revivre. pourquoi y etre restée?
    etait-ce une faocn de te punir de ce que tu es, encore et encore, en faisant dire aux gens ce que tu penses de toi meme?
    Moi j ai fait des etudes dans l esthetisme. comme dis ma mere  » tu t es jetée dans la gueule du loup » les profs m humiliaient..
    Tu t’es mise toi meme dans cette situation ultra violente d’aller ds ce pays qui te fait le plus grand mal et tu y es restée allant meme jusqu a bosser dans une entreprise evenementielle..Quelle violence envers toi!
    tu te sentais mieux en france mais tu as decide d y retourner.. et si tout etait la? sur ce simple fait là? comme du sado masochisme envers toi meme..?
    voila sinon les tca c est pas que alimentaire bien sur.. c est un simple symptome. comme el poids.
    je te souhaite de te traiter avec une extreme douceur a present..il parrait que c est le seul remede et je vais tenter ca
    « bon courage » pour subir la violence que tu t’infliges.
    J

  29. Linda

    Bonjour Sonia,
    Je suis arrivée sur ton article par hasard en ayant suivi le lien u’une amie a posté sur son facebook. Je voulais du fond du coeur te féliciter pour ton courage et pour te ténacité.
    Et aussi te souhaiter beaucoup de courage pour les années à venir parce qu’il est clair que tu en auras encore besoin pour laisser ces terribles habitudes derrière toi.

    Tu as été victime d’une société réputée raffinée et saine mais dont la plupart des citoyens ne comprennent en fait pas les vraies valeurs. Même si c’est toi qui a décidé de faire régime de façon de plus en plus drastique et dangereuse, c’est la société dans laquelle tu vis qui t’y a poussée, tu ne cherchais qu’à trouver ta place et à vivre en paix.

    Toutes les jeunes filles passent par un stade de dégout de soi. Je ne fais pas exception. Moi aussi j’ai fait des régimes et des trucs stupides pour rentrer dans un jean ou me sentir mince en bikini. Au final j’ai eu des problèmes de reins, des migraines, des carences… Moi aussi je me suis dite que je devais apprendre à m’aimer telle que je suis. J’aime la bouffe, j’aime le vin, je suis comme je suis et merde à ceux que ça dérange.
    Finalement je ne me suis jamais sentie aussi bien et aussi sexy que depuis que cette révolution a éclaté dans mon cerveau.

    Il y a beaucoup de cons sur terre et ils sont partout.
    Ils blessent les personnes fragilisées par l’image qu’ils ont d’eux-mêmes pour se sentir mieux dans leurs propres baskets et bien souvent ils sont en fait encore plus meurtris que ceux qu’ils blessent. C’est facile de se sentir mieux qu’un autre en se mosuant de son physique…
    Ce n’est pas toujours facile à voir mais les cons sont en réalité souvent victime de leur propre connerie. Il faut donc apprendre à résister à l’envie de leur faire plaisir car on risque alors de devenir con aussi…

    Je crois que tu as compris ça aujourd’hui et je suis sûre que chaque jour qui passe te rend plus clairvoyante et plus forte, comme des millions de filles à travers le monde, comme moi aussi.
    La route est longue pour s’accepter telle qu’on est mais putain qu’est-ce que ça fait du bien de se retourner et voir le chemin déjà parcouru!

    Encore toutes mes félicitations pour ton courage et ta force, du fond du coeur.

  30. Suki

    Merci pour cet article, je n’étais absolument pas au courant de ce problème au Japon, ça fait prendre conscience de certaines choses.. bien que je ne sois pas en surpoids à un moment de ma vie je me suis approchée dangereusement de ces troubles, heureusement j’ai réussi à me reprendre en main avant de franchir le pas, mais cet article m’a beaucoup fait réfléchir, alors merci pour toutes les personnes que ça pourras aider, et merci d’avoir partagé ton expérience sans aucun tabou, je te souhaite beaucoup de courage pour la suite, et continue à nous faire partager ta vie au Japon, c’est un plaisir à chaque nouvel article .

  31. Audrey

    Quand je suis arrivé sur cet article, je me suis dit : « Chouette (ce « chouette » est à relativisé bien sure), un article qui ne fait pas l’apposer de l’Asie, mais qui parle de vrai. »
    J’ai commencer à le lire en mangeant (quelle ironie), et il m’a tenue en haleine, même s’il est très long. Je me sens assez concerné par ce genre de problème étant donné que je fais le Yoyo depuis quelques années déjà (mais jamais avec des poids astronomique, j’ai atteint mon plus haut poids au mois de Juin dernier avec un peu plus de 80kg pour 1m65), j’ai une tendance à prendre du poids facilement, et à utilisé la nourriture comme un refuge. J’en était arrivé par une période à manger pour me remplir, et j’en suis arrivé à tellement m’en vouloir que je voulais aller tout vomir, mais ayant eu des amies anorexique ou anciennement anorexique, je me suis mentalement remonter les bretelles rapidement, même si je ne leur en ai pas parler à se moment la, ayant bien trop honte de moi, je sais qu’aujourd’hui je peux leur en parler autant que je veux, et c’est bon de se sentir soutenues.
    Je suis moi aussi passé par le régime Dukon, que je n’ai fait que le temps des vacances d’été avant ma rentrée en terminal, j’ai perdu 10kg, j’étais contente, remotiver, j’avais pris rdv avec une diététicienne pour continuer sur ma lancer (même si la perte serais plus lente), j’avais repris le sport, et catastrophe… Je suis tombé de cheval, fracture de l’épaule, 3 mois d’immobilisation, plus mise en place d’un implant contraceptif… J’ai tout repris. Et je sais à quelle point c’est culpabilisant.
    De plus cette année je double ma première année de médecine (d’ailleurs mes cours sur le développement embryonnaire m’attendent T-T), et l’année dernière à cause du stress et de l’enfermement pendant les période de révision, le chocolat est devenu mon meilleur ami, mais aussi mon meilleur ennemie.
    A l’heure actuelle je suis un régime à base de complément alimentaire (oui dit comme ça on pourrait croire que je fais aussi de la merde), seulement ceux si ne sont ni hyper-protéiné, ni plein de merde sensé faire maigrir, ce sont des repas complet (certes, en poudre) qui son hypo-calorique. Et franchement, après avoir été frustrer pendant des mois avec des régimes, même en ayant repris le chemin de la fac, je suis fière de pouvoir dire que se régime je le suis, et qu’il marche sans me frustrer outre mesure. Et surtout, je ne suis plus pressé par les chiffres. Je me pèse une fois tous les 15j, ou les 3 semaines, mesures les cm perdu, et si je n’ai pas perdu autant que le mois d’avant, ce n’est pas grave, car chaque petite avancer me rend heureuse et ça me suffit (Ce matin par exemple j’ai réussi à rentrée dans un jean que je ne pouvais plus porter depuis 1 ans et demi, et j’en suis juste hyper heureuse.)
    Enfin bref, je raconte un peu beaucoup ma vie. Tout ça pour dire que je suis contente de pouvoir lire un article comme ça, et pouvoir me rendre un peu plus compte et me préparer mentalement. Tu parlais du Japon, moi je compte m’expatrier en Corée (Car le métier que je veux faire n’est pas reconnu en France, mais l’est en Corée), et je pense que les choses ne sont pas très différente quand il est question de poids et de fringues. Et le savoir est déjà une façon de se blinder, parce qu’on ne sera pas surpris, pas pris au dépourvus.

    Enfin voila, tout ça pour dire que tu as eu beaucoup de courage pour en parler aussi ouvertement, même si je pense qu’en parler est un pas de plus vers la guérison.
    Doucement, mais surement, j’espère que tu arriveras à retourner à ton poids de croisière. Et je te souhaite tout plein de bonheur avec ton Mr Catastrophe, qui m’a l’air d’être un amour.

    Bon courage pour la suite !

  32. Rika

    Tout d’abord, bonjour 🙂
    Et merci d’écrire tout tes posts bien drôle, mais de savoir aussi aborder des sujets importants.
    J’aimerais beaucoup un jour avoir une loooooongue conversation avec toi, histoire que, peut être, tu arrives a me mettre une baffe psychologique aussi.
    Je suis un peu comme toi, une fille censée, qui a conscience des risques, mais qui une fois qu’elle fait n’importe quoi, le fait comme il faut.
    Je ne suis pas encore à avoir des problèmes de TCA, mais j’avoue avoir été tentée plus d’une fois. Récement, j’ai du me faire vomir après un repas où j’avais vraiment abusé, et ce qui m’as fait peur, c’est ce sentiment de soulagement que l’on ressent après qui m’a presque donné envie de continuer.
    Ajoute à ça un amour pour la danse réffréné par ce que tu appelle si justement  » la dondon au milieu des minces et graciles danseurs » accouplé a une volonté de faire du sport qui meurt dans l’oeuf à cause des souffrance ( même a petites doses) qu’elle m’entraîne, et tu verra que j’ai encore du chemin a faire.
    J’ai eu beaucoup de mal a assumer ma reprise de poids après avoir perdu 13 kilos en un an, juste en mangeant mieux. J’avais réussis a atteindre 62 Kilos, et a les stabiliser, même si mon idéal avait toujours été 58, j’étais fière de moi …
    Et puis, vie estudiantine et week end chez papa oblige, petit a petit , sans que je m’en rende compte au début, les bons vieux complexe sont revenu avec mes kilos.
    J’ai envie de reprendre un régime, une vie saine pour enfin me sentir de nouveau mieux et suivre mes envies, mais j’ai peur de jusqu’où je peux aller. Parce que, quand je commence, je fais pas a moitié T-T
    Et, pour être sûre de me térroriser à fond, (Culpabilise pas, c’est important que j’ai conscience de ça) tu me parles de ton échange universitaire quand moi même je postule pour le mien…
    Du coup, je me dit que discuter avec toi me rendra peut être moi idiote (ou pas, mon cas est désespéré mwahaha)

    Et aussi , je vois que tu répond à tout commentaires, félicitation, moi , j’aurais trop la flemme 🙂

    Bon courage pour faire face à notre merveilleuse et si « talentueuse » hypocrisie japonaise, même si je crois pouvoir avancer que parmis eux il y a certaines personnes bien (spécial dédicace a ma fieulle japonaise, qui même si elle aime la France a ranger ses clichés en venant ici, et a son amie qui m’as suportée toute la journée en parc d’attraction, qui fini ses assiettes et qui n’as pas eu peur de me dire que même si elle aime la France, elle est contente d’être rentrée).
    Sur ce, passe une bonne soirée à lire mon pavé 😀
    ps: lol , ptdr, XD , j’aime Versailles et la tour Eiffel d’Osaka!

  33. Isabelle

    « si je pouvais vous remuer dans vos culottes et dans vos crânes l’espace de cinq minutes »
    Bon, je ne sais pas sur quelle planète tu vis, mais ici, sur Terre, j’ai mis 1h15 pour tout lire.

    Trêve de plaisanterie, ce que tu as vécu est terrible.
    Mais écrire est une forme de thérapie. J’espère que peu à peu tu iras mieux.

    Je te souhaite tout le courage nécessaire !

  34. Cerise

    Je suis partie au Japon pour un mois en 2007. Je pesais environ 42g pour 1m52. Je dois dire que ce fut un choc de constater que je devais m’habiller en M et même en L parfois. Mes os sont loin d’être épais pourtant (même le contraire) et niveau taille je suis plus petite que la moyenne des asiatiques je pense. De plus, j’étais mince, trop mince, ayant aussi à l’époque des TCA. Je me suis demandée comment faisaient les filles « normales » pour s’habiller là-bas. Je ne parle même pas de celles en surpoids…

  35. Chère Sonia, votre article m’a fait beaucoup pleurer.
    Alors juste un mot ; merci.

  36. Bonjour,
    Je n’ai jamais rencontré les même soucis que toi même si je ne fais pas exactement dans le modèle de poche :-). Je voulais juste te remercier pour cet article édifiant et ta sincérité (je dirai ta lucidité également) sur ce qui t’est arrivé.
    Je te souhaite le meilleur pour la suite

  37. Anonyme

    Bonjour Sonia,
    Je suis tombé par hasard sur ton billet, mais le hasard fait bien les choses.
    Je ne suis pas adepte des blogs et lire un article aussi long sur Internet ne m’arrive jamais.
    Pourtant ce matin je l’ai fait!
    Du début jusqu’à la fin j’ai été impressionné par ton témoignage et ce que tu as vécu, pour moi tu as été très courageuse.
    N’étant pas une femme je n’ai pas la même façon d’exprimer ce que je ressens, mais ayant moi même une obsession maladive pour mon poids ce que tu as écris je le comprends.
    Je ne suis jamais allé aussi loin que toi, d’ailleurs j’ai du mal à faire des efforts, pour remédier à mon soucis mais ton billet est très important pour toutes les personnes qui ont un mal-être de ce type.
    Je te trouve très courageuse tant dans le fait d’avoir écris ce témoignage que dans ce que tu as du surmonter.
    Je te souhaite de continuer à te battre avec les bonnes armes!
    Merci

  38. Yucca

    J’aurais jamais pensé qu’il y avait un tel dictât de la maigreur au japon.
    En tout cas j’ai été hallucinée en lisant l’article, tu as eu le cran de pouvoir tenir jusqu’au bout tout de même !

    Bravo !
    (Bon maintenant je vais découvrir le reste de ton site :3)

  39. Yaojima

    Bonjour

    J’ai lu ton article jusqu’au bout et je trouve que tu as été très courageuse.Je n’ai jamais eu de TCA
    J’ai déjà fait des régimes plus ou moins extrêmes, a
    cause de réflexions sur mon poids (même si je n’étais pas grosse d’un point de vue français)
    Mais plus on perd, plus on veut perdre,plus on réduit ses apports caloriques.
    Je suis descendue a 44 kg pour 1m60, en mangeant 400 calories par jour sur 2 repas.
    Ensuite on tente les laxatifs, mais ça fait tres mal au ventre.
    Donc même sans être en surpoid en France, on peut avoir des réflexions sur le poids .

  40. Feint

    Bonjour à toi,

    Cela va faire quelques jours qu’une amie partage ce billet sur Facebook. A force de le voir s’afficher dans mes actualités je me suis dis que je pouvais y jeter oeil. Alors je viens de passer une partie de ma nuit à lire ton histoire. Je ne pouvais pas partir sans y laisser un message, bien qu’insignifiant soit il. Ton histoire m’a énormément touchée, je n’aurais jamais penser pouvoir entendre une histoire pareil… A travers ce qui t’es arrivée, je trouve incroyable le fait que tu puisses rester debout et garder cette hargne en toi de vouloir changer les choses pour ton bien être. Alors oui ton billet va aider certaines personnes, peut etre même plus que ce que tu ne pensais. La pluspart auraient déjà sombré et abandonné! Je ne pensais pas que les japonais pouvaient être aussi fourbes et degueulasses de ce coté là… Je suis un peu perdu dans mes mots car je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus à quelqu’un comme toi, tu es juste incroyable! Je te souhaite de tout coeur de continuer à garder cet esprit de combativité, cette hargne de vouloir résister, surpasser des choses que tu ne peux pas contrôler! Et je te souhaite de pouvoir vivre enfin, de pouvoir te sentir libre pleinement et d’être heureuse ! De pouvoir te dire un jour, le sourire aux lèvres, que tu t’en es enfin sortis! C’est tellement « bon » de savoir que des gens comme toi existent, que grace à ce billet tu en aideras d’autre en plus de t’aider toi meme! Alors merci pour ce partage!!

  41. Alors, comme la plupart du temps, je ne suis pas au courant d’un quart du tiers de ce que tu vis au quotidien (contrairement à ce que tu peux penser, bobinette sait très bien garder les « secrets ». Tite bobinette ) mais je suis vraiment désolée que tu sois passée par des épreuves pareilles.
    Je t’aime mon ti soeur.

  42. MlleJ

    Bonjour Sonyan,
    J’ai découvert ton blog aujourd’hui et je me reconnais énormément dans ton article.
    A l’origine j’ai un physique mince, voire maigre, et sans dire que j’en étais fière, je n’avais jamais aucun problème avec mon corps.
    En arrivant au Japon, loin de mon petit ami, et balancée dans un monde dont je ne comprenais ni les codes ni même la langue, j’ai adopté un comportement complètement boulimique. Il y avait un conbini en bas de chez moi et j’y allais plusieurs fois par jour, chaque fois je me cachais car j’avais peur de croiser un ami de la fac qui saurait que j’y était déjà allée. On passait notre temps au restaurant et je finissais les assiettes de tout le monde. Un jour à la salle de gym (j’y suis allée pour la première fois de ma vie, je n’avais jamais fait de sport avant) un ami m’a dit « tu devrais surtout travailler les fesses et les cuisses. C’est par là que tu pêches » j’en ai pleuré toute la soirée.
    Au bout de 4 mois, j’avais pris 8 kilos, je me pesais matin et soir, notais dans un carnet toutes les calories que je consommais et je me haïssais: j’étais faible, je n’avais pas de volonté. D’ailleurs je rajouterai que le Japon favorise les régimes car absolument chaque aliment indique les calories qu’il contient (et ça on le comprend même quand on ne pipe pas un mot de japonais).
    Je suis rentrée deux mois en février-mars en France et j’ai quasiment tout perdu car je me sentais à nouveau bien dans ma tête et je mangeais sans y penser. Dès que je suis retournée au Japon ça a recommencé, j’ai eu des soucis de santé à cause de toute cette junk food (problèmes gastriques, migraines, etc…)
    ça va faire deux mois que je suis rentrée en France maintenant, je garde un souvenir incroyable du Japon mais j’ai gardé plusieurs kilos en trop, une baisse de ma confiance en moi et une floppée de jeans importables. Je n’ai plus d’obsessions pour la nourriture et je sais que mon poids va se stabiliser maintenant donc j’essaye de ne pas y penser, mais je comprend l’enfer que c’est d’être seule et de ne pas se sentir soutenue (la plupart des gens se disent que c’est une question de volonté mais ça n’a absolument rien à voir, si mes problèmes avaient continué, je serai allée consulter un psy je pense).
    Pour finir sur une note positive: ton blog est ouf, ça me fait plaisir de te lire et ça me fait beaucoup penser au Japon, c’est d’autant plus amusant que maintenant je comprend des choses que j’avais jamais saisies (je ne parle pas très bien japonais ^^ »)
    Plein de courage!!
    Bref, plein de bisous et de courage, et si

  43. Marilyne

    En occident j’ai toujours ressenti 2 injections contradictoires entre les mannequins filiformes et les femmes pulpeuses…
    Au final, s’aimer soi-même est un chemin long et difficile mais la seule voie viable, il me semble.
    Merci de parler de tout ça et de sensibiliser !

  44. Wouah ! sacré témoignage. Ton corps a subit énormément de phases de stress et de privations, à chaque fois il a essayé de se défendre à sa façon.

    J’en profite pour donner quelques infos à ceux qui liront les commentaires :

    Pour être en bonne santé il faut arrêter de penser en calories, c’est pas plus grosse erreur. Il faut plus chercher à savoir le nombre de grammes de glucides / protéines / lipides que votre corps a besoin réellement.

    Ne pas mettre son corps en mode privation, en régime hypocalorique ou en régime déséquilibré type Dukan…. Quand le corps tire la sonnette d’alarme il va vouloir se réalimenter de façon complètement déraisonné, vous allez prendre cher.

    Apprendre à savoir ce que l’on perd. Perdre des kilos, oui, mais quoi (eau, graisse, muscle) ? En se privant, le corps commencera par détruire du muscle avant de s’attaquer à la graisse. Quand on sait le temps que le corps à besoin pour fabriquer du muscle, c’est du suicide. Le corps brulera des graisses uniquement si il n’est pas en mode stress.

    Pour ne pas être en mode stress il faut manger 4 repas équilibrés par jour ( plus on avance dans la journée moins les repas sont riches ).

    Les résultats rapides amènent des reprises de poids tout aussi rapide. On ne peut pas « contrôler » son corps à 100% il faut le comprendre, l’écouter et être patient ( nous avons tous des métabolismes différents, ce qui marche pour le voisin ne marchera pas pour vous ).

  45. Steff

    Ce qui est triste dans tout cela c’est que ce témoignage comme tous d’ailleurs ne changeront rien. C’est comme l’appel du vide, on est obligé de se prendre un mur pour comprendre que ça fait mal.

    Par contre, que l’on souffre ou non de trouble ça fait du bien de savoir que quelqu’un dans ce monde est capable de comprendre ce que l’on ressent, de la douleur que c’est d’être obèse parce qu’a défaut d’être invisible dans la société, on en devient même persécuté. C’est subtile, c’est le fait de ne pas pouvoir s’habiller, c’est de la gentillesse insultante ou encore dissimulé sous une couche de « c’est parce qu’on veut votre bien ». Il y a les reportages sur la hausse de poids, les émissions qui aident les gens à perdre du poids par contre personne ne c’est jamais posé la question de savoir ce que l’on ressentait. Toi tu l’as fait et tu l’as bien fait, c’est surement pour ça aussi que j’ai été ému.

    Merci

  46. Vera

    Juste… merci.

    J’ai vomi deux fois aujourd’hui. En silence. Sans pleurer. Je ne cherche même plus à me cacher. Ca fait presque 4 ans (ou plus) que je suis boulimique vomitive. Il y a un mois j’ai perdu un bout de dent. Mes gencives saignent à balle dès que je me brosse les dents. Ma mère me demande sur skype (je poursuis des études aux États-Unis, pour le coup, l’opposé exact de ce que tu as vécu au Japon) si je continue de me faire vomir. Tout ça, je le dois à mon ancienne meilleure amie, anorexique mannequin, qui m’a un jour dit le plus naturellement du monde qu’elle se faisait vomir.
    J’ai toujours été bouboule, enrobée, « grosse », j’ai subi les moqueries comme toi, les remontrances des parents, des docteurs, le fliquage, les régimes, le régime protéiné, les promesses, les échecs, le sport à outrance, le début de la boulimie et les kilos qui s’envolent, le déni, l’excitation de la perte rapide, les premiers électrochocs, les heures dans les magasins, les calculs de calories au restau, vomir au restau d’ailleurs, vomir partout, décaler des rendez-vous, refuser de voir des amis, se vider, se sentir vide le soir, les laxas, l’envie de se faire interner, le regard des autres, les gens normaux, les proches qui ne comprennent pas, les amis qui ne savent pas ou quand ils savent, ne font rien ou ne veulent pas en parler, les remarques désobligeantes « bah ça va tu te fais plaisir » « boulimie boulimie 😉 », les copines qui se disent trop grosses, les privations en tout genre (passer des étés entiers toute habillée à la plage, les restaus en famille qui tournent au cauchemar, et putain… les mariages… Noël… un enfer à chaque fois). Et j’ai 20 ans. J’ai 20 ans et on m’a toujours fait sentir que j’étais grosse, que ce soit mes proches, les gens dans la rue, ou les médias. J’ai eu la chance de rencontrer un médecin spécialisé, qui a su m’écouter, briser le silence entre mes parents et moi. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont initié au sport, au comportement combatif. Je ne lâche rien. Que ce soit à l’école, ou ailleurs. La boulimie ça représentait quoi? Une soupape, mon défouloir. C’est ce que je croyais dur comme fer. Ça me permettait de perdre du poids, de manger des trucs « interdits » sans payer les conséquences, de m’occuper. J’ai toujours besoin d’être en activité, ça peut tourner au surmenage parfois. C’est toujours tout ou rien.
    J’ai développé une sorte de comportement bipolaire, passif-agressif. Limite de l’autisme. J’ai tellement cogité à cause de mes petits problèmes de bouffe. Je fais 1m68. Je crois (je fuis les balances comme la peste) que je pèse 75 kilos. Je me déteste. J’ai des pensées suicidaires très très régulièrement. J’ai regardé les modalités de rapatriement du corps. J’ai googlé je ne sais combien de fois des méthodes de suicide rapide, des témoignages. Je me suis déjà inscrite sur des forums parlant de TCA, j’ai eu un skyblog où je notais tout ce qui rentrait dans mon corps, mes ressentis, mes calories dépensées. Je regardais évidemment l’évolution des autres filles sur skyblog. Des filles en psychiatrie, en HP, des filles qui s’en sortaient, certaines qui en sont mortes, d’autres qui stagnaient, des filles pires que moi, d’autres qui faisaient semblant.

    J’ai trouvé une sorte de parade quand je vivais à Paris. Vivant en colocation, je pouvais moins me livrer à mes petits rituels de névrosée.
    Paris offrant une multitude d’activités; j’ai embrassé son hyperactivité.
    Je voulais sortir tous les soirs, m’oublié, boire, ne pas manger, danser jusqu’au petit matin, repousser les limites. Des mecs s’intéressaient à moi, mais je ne pouvais m’enlever de la tête cette idée que les mecs se rabattent sur les petites grosses qui, elles, accepteront toujours qu’on leur mette une main sur le cul, parce qu’elles sont désespérées. J’ai perdu ma virginité la semaine de mes 20 ans. Un coup d’un soir. Le mec était magnifique, j’ai pas compris.
    Depuis ça m’a un peu débloqué.

    Il y a quelque chose dont tu ne parles pas dans ton article.
    Les TCAs, je pense, ne se déclenchent pas « comme ça ». Ça vient de quelque part.
    Le plus dur étant de déterminer d’où ça vient. Sans forcément dire « à qui la faute », mais « pourquoi j’ai besoin de compenser ÇA avec la bouffe ».
    J’ai une peur maladive du rejet, de l’abandon.
    Un mec qui a du désir pour moi, me le fait sentir, me fait l’amour, me parle, me regarde dans les yeux, bordel, ça a tout changé.

    Où j’en suis maintenant?
    La boulimie a repris depuis un mois, après plusieurs mois (7 je dirais) de calme.
    Boulimie vomitive x sport x déni. Ça fait mal de se sentir rechuter. J’essaie de pas y penser, de me dire que je sais comment faire pour m’en sortir, que je connais le mécanisme. Toujours est-il que ça te marque. Que tu peux pas faire tes courses comme les autres, bouffer quelque part sans flipper, sans scruter la carte, sans réfléchir à comment tu vas agencer ce gain de calories avec le reste.
    Puis surtout, personne avec qui en parler.

    Donc merci.

    Merci d’avoir sorti des tripes, d’avoir écrit tout ça, j’imagine même pas l’adrénaline et la peur que tu as ressenti, j’imagine pas toute la haine que tu as dû ressentir là-bas, la haine envers toi-même surtout. J’aimerais juste te prendre dans mes bras et te dire que tout ça, ça n’est pas arrivé, que ça ne devrait arriver à personne, qu’on devrait juste pouvoir s’en foutre, peser le poids qu’il nous chante, porter les fringues qu’on veut, marcher dans la rue sans avoir la peur qui te martèle le coeur.
    Je pense que j’aurai fait de la grosse merde en étant au Japon. Je trouve ça absolument révoltant, ça me débecte et j’ai des frissons rien qu’en pensant au nombre de personnes qui vivent cet enfer au quotidien.

    Je vais m’arrêter là.
    Encore merci pour ce billet.

  47. M.

    Bonsoir, je viens de voir ton article partagée par une contacte sur FB.
    Je dois avouer que d’habitude je ne lis que très rarement les articles trop « personnels » (le genre d’articles que seule la personne qui écrit et ses proches peuvent comprendre les différents clins d’œils évoqués), mais là, j’ai commencé à lire…et j’ai tout lu.
    Non, je ne suis pas obèse, pas boulimique, Anorexique, je l’ai été, pas mentalement, (je ne me faisais pas vomir) mais physiquement, à 8 ans je faisais tout juste 20kg. Je ne mangeais rien.
    Et puis, au fil des ans, mon corps s’est transformé, maintenant, j’ai 26 ans, je fais 1m60 pour 55kg. J’estime être dans la norme de poids « européen ».
    J’ai eu l’occasion d’aller au Japon en vacances, je n’ai pas ressenti de regards froids ni de travers…Après je pense que chaque personne à sa propre vision des choses. 🙂

    En tout cas, pour en revenir à toi, je trouve que tu es très courageuse. A la fois d’oser raconter ça à coeur ouvert sur la toile, mais également d’évoquer un sujet « tabou » comme celui du poids.
    Merci pour cet article. 🙂

  48. Meds

    Bonjour Sonia!
    J’ai découvert votre blog il y a peu. Je trouve votre style d’écriture très agréable et j’aime beaucoup lire vos articles. Jusqu’à maintenant je ne laissais pas de trace de mon passage, mais cet article m’a profondément touchée.
    Je suis une femme petite (1m57), et j’ai pesé moins de 40kg jusqu’à mes 20 ans. Ce n’était pas dû à une maladie quelconque, juste à une pratique du sport depuis longtemps et un régime alimentaire sain (je pense…). Quand je suis allée au Japon l’été dernier, si mon visage avait eu les trais asiatiques, je pense que j’aurais pu me fondre dans la masse. Je prends la peine de me décrire ainsi pour vous dire que je suis, physiquement parlant, de la même trempe que ceux qui vous ont humilié. Heureusement, tous les gens de cette carrure ne sont pas comme les monstres que vous avez rencontré.

    Je suis outrée par la réaction de la société japonaise. Certes, les Japonais véhiculent une image de minceur à l’extrême dans le monde entier (et malgré mon physique, je l’ai bien ressentie aussi quand j’étais là bas par rapport aux différences de tailles: le S devient du M, le M devient du L, le L du XL… De quoi se trouver plus grosse que d’habitude rien qu’à l’essayage des fringues), mais je pense qu’ils ne devraient pas prendre la grosse tête en pensant qu’ils sont la norme. Y a t’il vraiment une norme en ce qui concerne le physique d’ailleurs? D’après les médias, les publicités et autres, oui, et cette norme serait la minceur anorexique, qui représente la beauté.
    Pour moi, la vrai beauté réside dans le sourire des gens. Sont-ils heureux de vivre? Sont-ils capables de surmonter leurs difficultés? Aiment-ils et sont-ils aimés en retour?
    A quoi bon se bourrer la tête de complexes? Je sais que c’est facile à dire pour une personne comme moi. Mais j’ai mes complexes aussi. Et quand les gens me les font remarquer, ils se prennent ma susceptibilité et ma mauvaise foi en pleine face. « Et alors? Tu te crois mieux que moi? ». Ces petites remarques sont blessantes, mais finalement m’ont permis de développer un sens de l’humour assez acerbe que je n’avais pas avant. De quoi renvoyer chier diplomatiquement tous les emmerdeurs. Et avec le sourire, s’il vous plait!

    Il y a des gens méchants partout, peut importe le pays. Mais les gens méchants sont souvent des imbéciles. Des gens qui se branlent le cerveau devant Secret Story, et qui parlent de choses dont ils ne connaissent rien, tout simplement parce qu’ils ont entendu ça aux infos.
    Je suis désolée pour vous que personne, dans votre entourage, n’ait été capable de vous aider lorsque vous en aviez besoin. L’empathie n’est pas un don populaire, semble-t-il. Leur manque de soutien vous a plongé dans une solitude qui n’a fait que creuser un peu plus profondément l’enfer dans lequel vous étiez déjà. J’espère pour ces soit-disant « amis » que vous n’êtes pas rancunière comme moi, sans quoi, au vu de votre style d’écriture et du caractère « je ne me laisse pas marché sur les pieds » qui en ressort, ils doivent s’en mordre les doigts à l’heure qu’il est.

    Je vous souhaite, avec toute mon amitié, d’être heureuse et d’arriver à vous détacher de l’image que les gens peuvent avoir de vous. Exceptés ceux qui vous aiment, les autres n’ont aucun droit de vous juger. Et s’ils le font, qui sont-ils pour que vous preniez la peine de les écouter? 🙂

    Je souhaite aussi vous remercier d’avoir partagé votre expérience. Cela me permet de mieux comprendre les problèmes que certaines de mes amies ont avec leur poids, et je pense que je serais plus apte à les aider désormais.

    Je continuerais à lire vos articles! Prenez soin de vous!

  49. Katia

    Salut j’aime vraiment ton article. J’ai pas vraiment été touché par le TCA mais pas loin. j’ai toujours eu un légé sur point et déjà été obèse du à une dépression j’ai passé de 145 lbs(65 kilo) à 230 lbs(104 kilo) en moins d’un ans. Et tout sa à cause d’un débile de connard! Quand je l’ai laissé je venais de perdre mon emploie donc pus d’argent pour subvenir a mes besoins, il ma laissé 2 semaines sans mangé(faut précisé que avait déjà pu rien dans le frigo…quand c rendu que la seule chose que tu manges en 2 jours c’est des biscuit soda c’est un grand signe de faire la commande) pcq il voulait m’évité ¬.¬ donc j’ai perdu 20lbs soit 9 kilo en 2 semaine. Quand j’ai vue que je perdais du pois vite et en masse j’ai continué.Je mangeais un vrai repas par mois le reste je grignotais ou mangeais pas du tout. Le pire dans tout sa c’est que c’étais normal selon les gens de mon entourage. Quelque année plus tard je me suis marier j’ai repris du poil de la bête avec de l’aide pour mangé normalement. J’ai repris du poids avec le travaille d’esthéticienne donc travaillé des 12-13h sans mangé pcq tu temps c’est de l’argent et quand j’arrivais chez moi je dévorais n’importe quoi en 15 minutes. Donc je suis passé de 145 lbs(65kilo) à 170(77 kilo) pour 1m73 en 1 an. J’ai gardé mon poids stable depuis. 1 an plus tard ce connard de mari me ramène en visage que je serais plus belle et sexy avec 20 kilo en moins quand il c’est très bien que j’aimais pas mon corps… 2 ans plus tard je demande le divorce pcq il est devu le parfait douche bag. En plus de ma légère boulimie j’ai eu des médoc toute mon adolescence dont les effets secondaire sont coupe faim…quand ta fille de 12 ans mange 1 repas par jour en t’en que parents tu te pose des sales questions jus qu’a ce que le médecin te dise que c’est normal et diminue la dose. C’est vraiment chian et tout autres qualificatifs lorsque ton mari, celui qui est sensé t’aimé pour qui tu es et non pour qui tu ressemble te fou en pleine face redeviens anorexique pcq tu étais plus belle à l’époque.

    Bref je te souhaite beaucoup de courage dans ta luttes contre les aliments!!!!

  50. Nodoka

    Coucou,
    Je suivais ton blog il y a un moment mais cela faisait quelques mois que je n’étais plus revenue dessus. C’est donc avec grande surprise que je découvre ce post aujourd’hui et que je m’empresse de le lire.
    En effet, je suis atteinte de TCA (anorexie et boulimie non-vomitive) depuis l’été 2012; or je pars en échange au Japon (projet qui me tient à coeur depuis déjà quelques années) cet été, pour un total d’environ 8 mois à 8 mois et demi.
    Bien évidemment, étant mineure et encore lycéenne, mes parents ont accepté de me laisser partir mais ma mère s’inquiète quand même à certains moments…
    Quand mes TCA ont commencé, je pesais environ 58 kilos pour 1m64 (ce qui est normal, j’en suis consciente), et j’avais en fait pris 10 kilos en seulement quelques mois, situation jusque-là inédite pour moi. Je suis descendue à un peu moins de 49 kilos je crois, au bout de très peu de temps. J’étais alors « seulement » anorexique. Puis après je suis tombée malade pendant plusieurs semaines, et la boulimie non-vomitive a rencontré mon chemin, pour venir se coupler à l’anorexie mentale. Depuis, je dirais que ma situation va mieux. Mais je reste très accro à la balance, j’y passe tous les jours, et même une dizaine de fois parfois. A certains moments, la nourriture me stresse énormément. Parfois, j’ai du mal à manger avec les autres… Etant petite, j’avais déjà eu pas mal de problèmes avec la nourriture mais sans maigrir ou grossir.
    Et puis évidemment, ces TCA ont eu des effets sur ma santé: détérioration de mes cheveux et de mes dents (modérée toutefois puisque je ne me fais pas vomir – j’ai déjà pris des laxatifs mais c’est « tout » -), aménorrhée, troubles digestifs alors qu’avant je n’étais pas du tout sujette à ça (tendance à la constipation tout de même, mais pas réellement de troubles associés), maux de dos et au corps en général, tensions importantes, crises d’angoisse et problèmes de sommeil (du mal au moment de l’endormissement: mon corps a du mal à « lâcher prise », ce qui fait que parfois j’hurle – inconsciemment, ce qui me réveille – au moment de l’endormissement; et réveil plusieurs fois par nuit)…
    Avant de lire cet article j’étais déjà consciente d’une partie du « phénomène » des TCA au Japon, mais j’avoue que tu m’as bien éclairée sur certains points.
    Actuellement, mon objectif est vraiment d’essayer de me « blinder » pour encaisser au mieux les éventuels problèmes que je serais amenée à rencontrer une fois sur place (je suis suivie en consultation dans une clinique par une personne spécialisée dans les TCA et j’avoue que c’est très intéressant et ça m’a fait comprendre beaucoup de choses sur moi-même). Ceci étant, ma situation va quand même mieux qu’avant, mon poids est stabilisé entre 49.5 et 50.5 kilos, mais ça reste tout de même dur… Et le plus problématique reste l’angoisse au moment de m’endormir.
    Bref, tout ce blabla pour dire que j’ai été énormément touchée par ce que tu as vécu et ce que tu vis toujours, par ton parcours. Je te souhaite sincèrement d’arriver à cet état d’esprit qui te permettra de sortir de tout ça et de t’épanouir pleinement. Le chemin est ardu mais pas impossible, il faut y croire…

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